20 mars 2012

Construire l'univers



Une litho réalisée du côté de Caussade par les marcheurs indignés 


En 2012, soyons tous candidats !

Avons-nous encore envie de limiter notre expression politique au seul fait de voter ? Devant la violence et la détresse générées par notre modèle de société, n’avons-nous pas plus à apporter qu’un simple bulletin dans une urne, en soutien à une politique soumise aux diktats de la finance et qui n’est plus en phase avec la réalité du monde ? En 2002, je m’étais laissé convaincre de présenter ma candidature à la présidentielle. Sans jamais croire à mon élection, nous avions profité de cette échéance pour jeter les bases d’un programme non conventionnel, en appelant à "l’insurrection des consciences". Notre appel à incarner l’utopie avait été reçu bien au-delà de nos espérances. En deux mois et demi, nous avions collecté près de deux cents signatures d’élus, organisé quelque quatre-vingt-seize comités régionaux. Puis en 2007, lorsque l’on m’a de nouveau suggéré de me présenter, j’ai refusé. En effet, qu’aurais-je fait si j’avais collecté les cinq cents signatures requises, dans un contexte politique bien plus déterminé que déterminant ?

Je constate en revanche que la société civile est porteuse du changement auquel nous sommes de plus en plus nombreux à aspirer. Son génie créateur est inouï et plus puissant que nous l’imaginons, face à un sentiment d’impuissance qui http://www.marche-paris-2012.com/s’installe insidieusement. Nous ne voulons plus être les spectateurs déresponsabilisés d’une société en déliquescence. Nous voulons prendre notre avenir en main. Mais pour cela, nous devons nous exprimer par la force de notre créativité concrète, et pas seulement par une protestation dans les rues, dont nous ne récusons pas la légitimité. C’est le changement humain qui détermine le changement de la société, ce qui nous renvoie à notre propre changement. L’évolution du monde ne permet plus l’ajournement d’une convivialité planétaire respectueuse des fondements de notre survie collective.

Ce sont les raisons pour lesquelles nous avons imaginé, pour 2012, une campagne parallèle qui n’aurait pas pour but de se substituer à la campagne officielle, mais de ressusciter le débat en permettant que s’organisent, dans chaque région, des tribunes pour donner la parole à tous ceux qui aspirent à construire un avenir vivable et viable pour tous. Cette campagne ne vise pas à ajouter des vœux pieux à des vœux pieux, des analyses à des analyses sur le monde qui va mal. Elle se veut concrète, incarnée, positive. Chacun est invité à s’y exprimer, en affirmant sa candidature pour contribuer au changement, comme un colibri, en expérimentant des solutions pour le futur. Ne nous habituons pas à penser que le monde va mal, que nos options sont réduites. Nous voyons partout les bonnes volontés se relier, entrer en résistance pacifique, proposer des alternatives. Cette convergence nous permettra de donner une lisibilité à la force du changement.

En 2012, soyons tous candidats.

Pierre Rabhi






 

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