17 août 2014

Fukushima: C'est fait, déversement massif dans le Pacifique

 La barrière flottante du port de Fukushima au 10 avril 2011
 Par Philippe Hillion, vendredi 8 août 2014 

Tepco a déversé un record d’eaux extrêmement radioactives : 700 millions de Bq de tritium dans le Pacifique

 Pour le souvenir : la photo des moyens en 2011

Au matin du 5 août 2014, Tepco a déversé 2 007 tonnes d’eaux extrêmement radioactives de la dérivation. Suivant les recherches du Fukushima Diary, c’est le déversement record.
A la fin de juillet dernier, aucune diminution du niveau des eaux souterraines n’a été constaté près de la dérivation des eaux souterraines. (cf. Les eaux de la dérivation n’ont pas fait baisser les eaux extrêmement radioactives, elles ne font que contaminer le Pacifique])
Or, les volumes de leurs déversements continuent d’augmenter.
Selon une organisation tierce, la dernière radioactivité en tritium connue pour les eaux déversées était de 340 Bq/l.
Cette fois, on est à 682 380 000 (#700 millions) de Bq de tritium déversés en mer par cette décharge.

Malheureusement, le Pacifique (on s'en doutait) est devenu une poubelle.

Les liens : article 1 de Tepco
                 article 2 de Tepco explication du by-pass



Adresse de cet article:
 http://hillion-fukushima.blogspot.fr/2014/08/cest-fait-deversement-massif-dans-le.html?spref=tw

27 octobre 2012

La menace sur les aquifères s’intensifie à Fukushima-Daiichi

Fukushima : la menace aquifère s'intensifie
Le site abrite actuellement 200.000 tonnes d’eau contaminée, ce qui représente environ 4000 de ces citernes de 50 tonnes ! (d.r. Zuma)

Gen4 | 24 octobre 2012

Tepco envisage de rajouter une nouvelle fois des réservoirs surnuméraires


Les 200.000 tonnes de stockage actuelles – soit l’équivalent de 80 piscines olympiques – ne suffisent plus en effet à contenir l’eau radioactive sortant des réacteurs éventrés de la centrale de Fukushima-Daiichi. Yuichi Okamura, responsable des eaux radioactives à Fuksuhima-Daiichi (sic) vient en effet d’annoncer qu’il était désormais nécessaire d’ajouter quelques nouvelles citernes de 50 tonnes supplémentaires mais qu’il risquerait peut-être d’y avoir malgré tout comme un léger problème car la place de stockage disponible commence à manquer sur le site, pourtant assez étendu (2).


 

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22 septembre 2012

Accident au réacteur 3 de Fukushima

Un cadre en acier est tombé par accident dans la piscine de combustible usagé du réacteur 3 de Fukushima

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13 novembre 2011

Le Pr. Chris Busby à propos de Fukushima

Via L'éveil 2011 | 12 nov 2011



Le Pr. Chris Busby à propos de Fukushima par Super_Resistence


29 septembre 2011

arrestation à Tokyo d'un militant anti-nucléaire

par cyber@acteurs | 28 sep 2011

Le 23 septembre, Sono Ryota, un des organisateurs de plusieurs
manifestations à Tokyo et initiateur des « 50 jours de manifestations
consecutives pour la liberté » sur un thème différent chaque jour, a
été arrêté et emprisonné.

 Sono Ryota est un militant anti-nucléaire, syndicaliste du « Freeter Union » (syndicat des jeunes précaires) et membre de NoVox Japon. Le 23 septembre, la coordination des mouvements sociaux contre toute sorte de discrimination et pour la solidalité internationale avec le slogan « il n’y a pas de frontière pour le droit de vivre » a organisé une manifestation pacifiste dans un quartier populaire et multiculturel de Tokyo, souvent la cible d’attaques par les mouvements extrême droite. Ce jour-là, cette manifestation contre le racisme exigeait aussi la libération de militantEs arrêtés au Mali contre accaparement de leur terres et pour apporter son soutien aux familles en lutte explusées de leurs logements où à la rue en France.
Pendant la manifestation, les policiers sont intervenus violement.
Cette intervention brutale des policiers a eu lieu suite à un ordre «arrêtez-le » visant directement Sono Ryota.

Pour se saisir de Sono, les policiers ont tabassé les manifestantEs qui essayaient de le protéger, puis ils l’ont menotté et conduit avec force dans la voiture de police. Selon l’avocat qui a pu le rencontrer, Sono était bléssé au visage et son corps couvert de bleus. Une prise forcée de ses impreintes digitales et des photos ont été pratiquées pourtant elles ne sont autorisées que lors des arrestations pour les criminels et les étrangers. A sa contestation contre la violation des droits humains fondamentaux, un policier lui a répondu « tu n’as pas de droit humain » .

Manifestement la police sur ordre a décidé en mettant ce militant en prison de faire taire une voix importante du mouvement anti-nucléaire et des sans voix du réseau NoVox Japon.
Nous vous appellons à envoyer des messages à l'ambassade du Japon pour exiger sa mise en liberté et le respect du droit de manifester, de s’exprimer pour que vive la démocratie.

6 septembre 2011

Fukushima : le scandale des eaux usées


Guillaume Duhamel | Zegreenweb | Lundi 5 septembre 2011 
Incroyable mais vrai : une partie des boues radioactives issues de la centrale de Fukushima 1 est revendue sous forme d'engrais à des agriculteurs japonais
« Avaler » le flux de boues radioactives qui s’accumulent sur le site de Fukushima 1 et les retraiter aussi vite que possible. Ce défi herculéen, l’opérateur TEPCO (Tokyo Electric Power COmpany), en pleine déliquescence depuis l’accident de la centrale, gérée pendant des années avec une légèreté coupable, ce qu’il a finalement payé au prix fort, ne pouvait le relever seul.

L’exploitant, qui n’est pas un acteur du nucléaire à proprement parler, a pu compter sur les renforts du numéro un mondial de l’atome Areva et de l’entreprise américaine Kurion, co-concepteurs d’un système de décontamination malheureusement en proie à de nombreux problèmes techniques. Les quantités à retraiter sont-elles trop importantes au regard de ses capacités d’absorption ? Ce dispositif est-il trop complexe ou au contraire trop rudimentaire pour être durablement efficace ? Toujours est-il qu’il a connu de multiples défaillances (certes de gravité inégale) depuis sa mise en service au début de l’été, rendant plus aléatoire encore la réussite des plans de TEPCO, dont il ne fait plus de doute aujourd’hui qu’il ne respectera pas la feuille de route initiale.


Dans le même temps, et dans l’indifférence générale, les travailleurs de l’usine de Saitama, située à deux cent soixante-dix kilomètres de la centrale accidentée et qui fait partie de la douzaine de sites en partie sinon totalement dédiés à leur accueil, voient défiler chaque jour d’importantes quantités d’eaux usées, dont une partie provenant de Fukushima 1 et de ses environs, celles-ci étant par essence contaminées. Une pollution impossible à traiter dans sa totalité et à évacuer dans les égouts que ces employés qui n’ont reçu aucune formation spécifique recouvrent de bâches imperméables, lesquelles s’étendent déjà sur un kilomètre de long ! Les usines dévolues au traitement desdites eaux usées devant pour certaines prochainement atteindre leurs capacités limites de stockage, on peut d’ores et déjà s’interroger sur l’avenir des opérations. Et ce n’est pas tout : d’après un reportage réalisé par nos confrères de la chaîne de télévision qatarie Al-Jazeera, une quantité non négligeable de ces eaux usées, considérée comme « plus sûre », serait transformée avant d’être revendue sous forme d’engrais à des agriculteurs japonais.

Le nouveau gouvernement de Yoshihiko Noda aura-t-il la décence de prendre les mesures nécessaires pour mettre un terme à cet abject recyclage, susceptible de faire courir des risques inacceptables à des millions de Japonais ? On ne pouvait en tout cas pas mieux faire pour entretenir la pollution radioactive dans les terres, la crise alimentaire - promise à devenir une dépression si cette aberration devait persister – bref aggraver les menaces nées du plus grave accident nucléaire qu’ait connu l’humanité depuis un quart de siècle. Ils voudraient entretenir le cercle vicieux qu’ils ne s’y prendraient pas autrement…

illustration: 410 Nonuke

14 juillet 2011

Tepco avait raboté la falaise protégeant le site des tsunamis

Par 20 minutes.fr, le 13/07/2011

Une falaise qui protégeait Fukushima contre les tsunamis rabotée lors de la construction de la centrale
 
La centrale de Fukushima dévastée, un mois après le tsunami du 11 mars 2011. NEWSCOM/SIPA

JAPON - Un ancien salarié de Tepco dénonce une manoeuvre purement économique...

La nature est bien faite: à Fukushima, bien avant que cette région japonaise ne devienne tristement célèbre, une falaise haute de 35m formait un barrage naturel contre l’océan et les tsunamis relativement fréquents dans cette zone sismique. Mais les intérêts économiques vont parfois à l’encontre de la nature: un ancien employé de Tepco, Katsumi Naganuma, âgé de 70 ans, a déclaré mardi au Japan Times avoir assisté au rabotage de la falaise lors de la construction de la centrale, il y a quarante ans. Ce serait notamment pour réduire les coûts de transport de l’eau de mer servant au refroidissement de la centrale que Tepco a écrêté la falaise de 25m.

24 juin 2011

EcologieInédit Un AZF nucléaire est possible en France

Par OWNI

Eric Ouzounian est journaliste. Il est l’auteur du livre Vers un Tchernobyl Français? (Nouveau Monde Editions, 2008)

Même les scientistes les plus extrémistes en conviennent, le risque zéro n’existe pas en matière nucléaire. Au Japon, il est particulièrement important. L’archipel nippon est situé au confluent de quatre plaques tectoniques, et on y enregistre 20% des séismes les plus violents de la planète. Les centrales nucléaires situées au bord de la mer ne pouvaient résister à un tsunami de cette violence, et aucune mesure de sécurité n’était capable d’empêcher un accident de l’ampleur de celui qui se déroule à Fukushima. Le risque a été délibérément sous estimé par les autorités japonaises, qui n’ont jamais vérifié sérieusement les affirmations de l’opérateur japonais TEPCO, pour d’évidentes raisons économiques.

En France, le risque sismique est bien moindre. Les antinucléaires évoquent pourtant des situations potentiellement dangereuses à Fessenheim ou Cadarache et surtout, il est maintenant avéré qu’EDF a sciemment minoré ce risque en se fondant sur d’autres chiffres que ceux qui figurent dans la base SisFrance, qui sert de référence. La loi fait pourtant obligation à l’ASN (Autorité de Sureté Nucléaire) de définir et d’actualiser les règles fondamentales de sécurité (RFS). L’ASN détermine le séisme de référence et doit contrôler qu’EDF rend ses centrales conformes aux normes édictées. Or, l’attitude d’EDF est étrange. Pourquoi avoir fourni des chiffres tendancieux sur la réalité des risques ? Pourquoi avoir tenté de passer outre les avis des experts de l’IRSN (Institut de Radioprotection et de Sûreté Nucléaire) ? Les coûts envisagés pour mettre à jour la sécurisation des centrales seraient extrêmement lourds et si EDF ment, pour des raisons d’économies, sur un risque où elle n’a pas grand-chose à craindre, quelle crédibilité peut on lui donner sur des types de risques autrement plus élevés ?



La France compte 58 centrales nucléaires qui produisent plus de 80% de l’électricité et permettent au consommateur Français de payer l’une des factures les moins chères du monde. En trois décennies, aucun accident d’envergure ne s’est produit, la technologie française est reconnue pour sa sureté, et son savoir faire s’exporte aux 4 coins du monde. Pourtant, si depuis 30 ans, aucun accident majeur ne s’est produit, c’est parce que les procédures de sureté mises en place par le CEA dans les années 60 et 70 ont été scrupuleusement respectées et que le matériel était récent. Or le parc nucléaire est vieillissant et il se dégrade lentement, faute d’un entretien suffisant. Les restrictions budgétaires font que les procédures routinières de sécurité ne sont plus systématiquement effectuées. La sous-traitance a augmenté de manière inflationniste, les personnels non statutaires sont moins bien formés et travaillent dans des conditions de stress inquiétantes.
Le tournant financier

Ce point est le plus alarmant. La maintenance est pratiquement entièrement externalisée. Lors des arrêts de tranche (rechargement en combustible), la pression est très forte pour que les délais soient respectés et que les centrales se remettent à tourner au plus vite. Les sociétés sous-traitantes reportent la pression sur les intérimaires qu’ils emploient et la souplesse de ces derniers est un élément clé de leur emploi.

Il faut accepter de travailler le samedi et le dimanche et ceux qui refusent risquent leur job. Quand un prestataire commence un travail sur un lieu donné, EDF ne tient aucun compte du fait que le salarié peut effectuer un trajet de 500 km pour s’y rendre. Il doit quitter sa famille le dimanche après midi et l’ambiance le lundi à l’embauche est tendue. La prise d’antidépresseurs est courante, la consommation d’alcool et de cannabis également. Les employés viennent souvent avec des caravanes et se retrouvent au camping. Parce que les frais journaliers ne dépassent pas 53 euros et qu’avec cette somme, il est impossible de se nourrir et de se loger. Un employé de la centrale de Bugey confiait récemment :

A ce compte là, il ne faut pas se demander si un accident va arriver, mais quand il va survenir.

De son côté EDF assure que le seul critère pour sélectionner ses prestataires est celui du mieux disant en matière de sécurité. Cependant les salariés sur le terrain, comme les représentants syndicaux au sein des CHSCT (Comité d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail), constatent chaque jour que les sous-traitants retenus le sont parce qu’ils présentent des devis moins élevés. Dans son rapport annuel de 2009, l’ASN d’ailleurs avait exigé d’EDF de réaliser des progrès à ce sujet.



Lorsqu’ EDF est créée le 8 avril 1946, son rôle est de produire de l’électricité au moindre coût pour les français. C’est au cours des années 90 que la question de la répartition des bénéfices que dégage l’entreprise nationale commence à être évoquée. L’Etat, dont l’endettement devient inquiétant, exige une meilleure rémunération. Ensuite, l’ouverture du capital et la transformation du statut d’EDF amènent la société à mettre en tête de ses objectifs la croissance des bénéfices dans les années 2000.

EDF passe en 2004 du statut d’entreprise publique à caractère industriel et commercial à celui de société anonyme. Son capital reste détenu à 84, 48% par l’Etat, mais le leader mondial de l’électricité recherche désormais à maximiser ses profits, fragilisé par la croisade que mène l’Union Européenne contre les monopoles d’Etat et les services publics. Ce qui avait auparavant été considéré comme une bonne gestion : redistribuer les bénéfices aux usagers en faisant en sorte de ne pas augmenter les prix, est à présent caduc. La recherche effrénée d’économies, le “cost killing” désorganisent le fonctionnement et altèrent jusqu’à la culture de sécurité qui prévalait jusque là.

Les risques sont bien réels. Le nucléaire est une industrie dangereuse et elle ne peut être confiée qu’à des entreprises commerciales. Le manque de transparence de l’entreprise Tepco au Japon est égale à celle des entreprises françaises, Areva ou EDF. L’opacité est de rigueur et le contrôle effectué par les pouvoirs publics est insuffisant. En France, en 2011, un AZF nucléaire n’est pas à exclure.
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Crédits photo: etgeek, carolinadoug, Emmanuel Salomon

 

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