14 mai 2016

Terrorisme et mondialisation : crise ou normalité ?

Richard LABÉVIÈRE

Souffrant, Michel Rocard s’était fait excuser. Malgré tout, s’est tenu – samedi dernier à la Sorbonne – le premier colloque du Centre International de géopolitique et de prospective analytique (CIGPA), consacré à un bilan des « printemps arabes » et aux évolutions de la menace terroriste : une vraie réussite tranchant avec le blabla habituel... Fondé par Mezri Haddad, ancien ambassadeur de Tunisie à l’UNESCO avec un groupe d’universitaires et de chercheurs, ce nouveau centre de recherche dispose déjà d’une quinzaine de bureaux de liaison dans les capitales arabes, africaines, européennes et latino-américaines.

L’ancien premier ministre algérien Sid-Ahmed Ghozali a rappelé la préhistoire de l’organisation « État islamique », soulignant que les égorgeurs des GIA (Groupes islamiques armés) avaient, à l’époque déjà autoproclamé un califat en Algérie. Entre 1988 et 1998, cette terrible guerre civile causa ...
 

19 octobre 2014

Hong Kong : un virus sous le parapluie

Source photo: RFI

Le 3 février 2011, entre la chute de Ben Ali et l’imminence de celle de Moubarak, le sénateur américain John McCain fit une étonnante déclaration en pleine ébullition de la rue arabe : « Ce virus se répand à travers le Moyen-Orient » [1]. Il ne parlait pas du virus d’Ébola, ni d’une quelconque autre maladie hautement contagieuse, mais plutôt du fameux « printemps » arabe. Cette comparaison « épidémiologique » n’est, à vrai dire, aucunement fortuite de la part de ce spécialiste de l’« exportation » de la démocratie.


 Suite sur Le Grand Soir ....
 

26 octobre 2013

La désintégration de la Libye




par Polina Lavrentieva | Réseau Voltaire | 9 octobre 2013


À l’été 2011, Thierry Meyssan assurait qu’il n’y avait pas de printemps arabe en Libye, que la population ne se levait pas contre Mouamar el-Kadhafi, mais que les Occidentaux jouaient avec le mouvement séparatiste de la Cyrénaïque. Deux ans plus tard, c’est fait : Tripoli a perdu tout contrôle à la fois sur la Cyrénaïque et le Fezzan, comme l’ont constaté les envoyés spéciaux des Nations Unies. Les richesses du pays sont désormais aux mains des gangs et des seules multinationales US.
 
Réseau Voltaire | Moscou (Russie) | 9 octobre 2013


L’on n’arrive pas à arrêter le processus de désintégration de la Libye commencé depuis l’assassinat de Mouamar el-Kadhafi. Un nouveau rapport de l’ONU en témoigne : sur fond de séparation de provinces au sein de la Libye « libérée du dictateur », ont cours des exécutions expéditives, une oppression politique massive et des tortures.

D’après le rapport commun de la Mission d’appui des Nations Unies en Libye (MANUL) [1] et du Haut-Commissaire de l’ONU pour les Droits de l’Homme, près de 27 personnes sont mortes en prison dans le pays pour la seule fin de l’année 2011 [2]. 8 000 personnes sont détenues dans les geôles du pays. Elles y ont été jetées en 2011 en tant que « partisans de Kadhafi ». La plupart d’entre elles n’a même pas été officiellement l’objet d’une enquête et personne ne sait combien de temps elles resteront à l’ombre, puisque le système judiciaire ne fonctionne quasiment plus.

Le New York Times indique que des gens sont arrêtés maintenant, pour des raisons religieuses ou ethniques, ou s’ils sont suspectés de ne pas être loyaux envers « la démocratie ». Les prisonniers avec lesquels les inspecteurs de l’ONU ont pu parler ont relaté qu’ils étaient battus et torturés par le feu et par la faim dans les prisons.

En avril de cette année, une loi a été votée en Libye pour interdire les tortures et condamner les enlèvements. Mais elle n’a pas de portée effective. Ce n’est qu’une partie du tableau de la désintégration de l’État libyen. Des régions se retirent peu à peu, comme nous le prévoyions il y a deux ans dans ces colonnes. Et cela ne se passe pas non plus sans effusions de sang.

Ainsi, le 27 septembre, le Fezzan a proclamé son indépendance, ou tout au moins sa complète autonomie [3] ; les chefs tribaux en ont ainsi décidé « du fait du mauvais travail du Congrès ». En juin, c’était la région [riche en pétrole] de la Cyrénaïque [4] qui reprenait sa liberté. Des trois régions historiques de la Libye, seule la Tripolitaine en fait toujours partie. Pour l’heure, il n’y a pas de force capable de réunir à nouveau ces trois États historiques qui formaient la Libye depuis 1951.
Source
Odnako (Fédération de Russie)
Hebdomadaire d’information générale. Rédacteur en chef : Mikhail Léontieff.


[1] Site internet de la Manul en anglais et en arabe.
[2] “Torture and Deaths in Detention in Libya”, Unismil Report, Octobre 2013.
[3] « Libye "nouvelle" : la région de Fezzan proclame son indépendance », Irib, 27 septembre 2013.
[4] « Ливии официально больше нет. Восток объявил "нефтяное государство" » (La Libye officiellement n’est plus, l’Est se déclare en pétro-État), Odnako, 7 mars 2012.

7 février 2013

TUNISIE, deuxième assassinat politique après la révolution !



AgoraVox | Salah HORCHANI | 06-02-2013


EN DEUIL pour ma TUNISIE, pour le deuxième assassinat politique après la révolution !

Chokri BELAÏD, figure emblématique de l'opposition de gauche tunisienne, critique hors normes d’Ennahdha (Parti Islamiste tunisien au pouvoir) et tribun hors pair, Avocat de formation âgé de 48 ans, Secrétaire Général du Parti des Patriotes Démocrates Unifiés (Front Populaire) a été assassiné, de plusieurs balles à bout portant, aujourd’hui mercredi 6 février 2013, à 7h 30, à la sortie de son domicile, dans le quartier résidentiel d’El Menzah 6 à Tunis. Son frère Abdelmajid accuse, explicitement, Rached Ghannouchi, Président-Fondateur et Grand Gourou d’Ennahdha , d’être derrière cet Assassinat.

Hier, mardi 5 février 2013, Chokri BELAÏD a démontré, preuve à l’appui, lors d’un Débat qui a eu lieu en prime time sur Nessma TV , à consonances visionnaires, sonnant comme un testament politique, que "La violence politique en Tunisie est liée à la crise interne que traverse Ennahdha", en affirmant que le Communiqué Final de la réunion du Conseil de la Choura d’Ennahdha (l’équivalent du Comité Central), Communiqué rendu public le samedi 2 février 2013, "contient un feu vert officiel pour les agressions et les violences", du fait qu’il appelle à la libération des membres de la Ligue de Protection de la Révolution de Tataouine (un des deux bras armés d’Ennahdha, l’autre étant les Salafistes), accusés de l’assassinat de Lotfi NAGDH, Coordinateur Régional de Nida Tounès (Parti politique d’opposition) et Secrétaire Général de l'Union Régionale des Agriculteurs de Tataouine (ville du sud de la Tunisie) ; voir, à ce sujet, mon Article intitulé "À propos du crime de Tataouine : Les Islamistes tunisiens sont passés de l’Appel au Meurtre à l’assassinat de leurs opposants" paru sur le Lien :

http://www.legrandsoir.info/a-propos-du-crime-de-tataouine-les-islamistes-tunisiens-sont-passes-de-l-appel-au-meurtre-a-l-assassinat-de-leurs-opposants.html

Salah HORCHANI

6 février 2013

Au Bahreïn, personne ne crie "vive le roi " (vidéo)


13 juin 2012

L’instrumentalisation du religieux, poison récurrent du Moyen-Orient

 
NDLR - Cela fait quelques années que votre journal ReSPUBLICA met en avant comme l’une des caractéristiques de la phase actuelle du capitalisme - que certains appellent turbocapitalisme - l’alliance entre les forces néolibérales d’une part et les communautarismes et intégrismes religieux d’autre part.
Cela fait des années que votre journal ReSPUBLICA “ferraille” sur ce point avec la partie de la gauche de gauche qui intériorise petit à petit qu’elle aussi pourrait, comme les néolibéraux, s’allier avec les communautarismes et intégrismes religieux.
Il manquait alors une analyse du temps présent sur la Libye et la Syrie. Voilà qui est fait avec l’article suivant, publié le 8 juin dans L’Humanité. (Entretien réalisé par Pierre Barbancey)

Quel bilan tirez-vous de ce que l’on appelle les printemps arabes ?

 
Georges Corm. Il s’est effectivement passé de grands événements depuis un an et demi. Ce que j’ai appelé révolte arabe, plutôt que révolution, s’est déroulé en plusieurs phases. D’abord lorsque toutes les sociétés arabes, au cours de janvier, février et début mars 2011, se retrouvent dans la rue, toutes tranches d’âges et toutes classes sociales confondues, pour contester les pouvoirs en place. Elles dénoncent tout à la fois l’autoritarisme politique et le manque de liberté mais, surtout, les conditions socio-économiques et, notamment, le très fort taux de chômage qui caractérise les économies arabes. Celui-ci atteint les 30 % chez les 15-24 ans. Il y avait donc à la fois une demande de dignité sociale et une demande de libéralisation politique. Ces mouvements, qui se sont pratiquement déroulés d’Oman jusqu’à la Mauritanie, ont inspiré aussi différents mouvements européens contestant le néolibéralisme, les politiques d’austérité, la montée du chômage, la précarité de l’emploi des jeunes… On a eu là un très beau moment où les deux rives de la Méditerranée se sont mises à l’unisson pour contester des pouvoirs en place. (...)

Lire la suite : ReSPUBLICA | mardi 12 juin 2012 |  Par Georges Corm


 

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