13 juin 2012

L’instrumentalisation du religieux, poison récurrent du Moyen-Orient

 
NDLR - Cela fait quelques années que votre journal ReSPUBLICA met en avant comme l’une des caractéristiques de la phase actuelle du capitalisme - que certains appellent turbocapitalisme - l’alliance entre les forces néolibérales d’une part et les communautarismes et intégrismes religieux d’autre part.
Cela fait des années que votre journal ReSPUBLICA “ferraille” sur ce point avec la partie de la gauche de gauche qui intériorise petit à petit qu’elle aussi pourrait, comme les néolibéraux, s’allier avec les communautarismes et intégrismes religieux.
Il manquait alors une analyse du temps présent sur la Libye et la Syrie. Voilà qui est fait avec l’article suivant, publié le 8 juin dans L’Humanité. (Entretien réalisé par Pierre Barbancey)

Quel bilan tirez-vous de ce que l’on appelle les printemps arabes ?

 
Georges Corm. Il s’est effectivement passé de grands événements depuis un an et demi. Ce que j’ai appelé révolte arabe, plutôt que révolution, s’est déroulé en plusieurs phases. D’abord lorsque toutes les sociétés arabes, au cours de janvier, février et début mars 2011, se retrouvent dans la rue, toutes tranches d’âges et toutes classes sociales confondues, pour contester les pouvoirs en place. Elles dénoncent tout à la fois l’autoritarisme politique et le manque de liberté mais, surtout, les conditions socio-économiques et, notamment, le très fort taux de chômage qui caractérise les économies arabes. Celui-ci atteint les 30 % chez les 15-24 ans. Il y avait donc à la fois une demande de dignité sociale et une demande de libéralisation politique. Ces mouvements, qui se sont pratiquement déroulés d’Oman jusqu’à la Mauritanie, ont inspiré aussi différents mouvements européens contestant le néolibéralisme, les politiques d’austérité, la montée du chômage, la précarité de l’emploi des jeunes… On a eu là un très beau moment où les deux rives de la Méditerranée se sont mises à l’unisson pour contester des pouvoirs en place. (...)

Lire la suite : ReSPUBLICA | mardi 12 juin 2012 |  Par Georges Corm


 

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