7 février 2017

De Pantin à Aulnay, la BST 93 et ses crimes

copie d'écran

À Aubervilliers, à Pantin, à Aulnay-sous-Bois, tout le monde déteste la BST et personne n'oublie ses crimes. Derrière l'acronyme, il y a la police de proximité façon Sarkozy ; la « Brigade Spécialisée de Terrain ». Par « spécialisée » il faut comprendre habilitée à cogner fort, et par « terrain », les quartiers populaires, la banlieue, là où l'État déploie sans états d’âme le pire de sa violence supposée « légitime », là où s’expérimentent les plus détestables techniques de domination policière avant d’être déployées en centre-ville, par exemple lors des manifestations.

À Aubervilliers on connaît bien la BST et ses pratiques ultra-violentes, le Bondy Blog consacrait en 2014 déjà un article à cette police détestée des habitants. En décembre 2015, une famille est passée à tabac à Pantin ; deux enfants de 15 et 18 ans et leur mère. La scène est filmée par une voisine. Zahra Kraiker, la mère de famille, est furieuse ; « Regardez comment ils frappent. Je sépare mon fils parce qu'ils sont en train de le massacrer. On m'a gazé. On m'a mis au sol. » (...)

Suite du reportage sur Radical cinema
 

14 novembre 2016

Lanceur d'alerte (film)


Source Youtube

Court métrage de fiction

En piratant la jeunesse dorée, Manon et Léo tombent par hasard sur un mail qu'ils n'auraient pas du voir...

L'histoire a été inspirée par ce mail :
https://wikileaks.org/clinton-emails/...

Avec Ernst Umhauer, Adrien Melin, Roxane Bret, Jean-Erns Marie-Louise, Christelle Cornil, Guillaume Franchin, Benjamin Haddad, Sophie Kircher, Sidney Zaoui, Elisa Sergent et Elliot Delage.

Scénario : Guillaume, Jeremy, Bastien
Réalisation : Guillaume Desjardins & Jeremy Bernard
Assistant réal : Jeremy Bernard
Producteur exécutif : Bastien Ughetto
Son : Vincent Da Silva & Pierre Hermand
Musiques : Edouard Joguet - edjmusic.com
FX : Arnaud Huck

Pour aider les réalisateurs:
TIPEEE ► http://tipeee.com/les-parasites

SITE ► http://lesparasites.net
 

19 octobre 2016

L'actu animée : Hillary Clinton (vidéo)


https://www.tipeee.com/l-actu-animee
 

21 juillet 2016

ATTENTAT de NICE : au bal des menteurs (communiqué du Syndicat National des Journalistes CGT)

Christian Estrosi n’hésitait pas à claironner en janvier 2015 : « Avec 999 caméras et une caméra pour 343 habitants (…) je suis à peu près convaincu que si Paris avait été équipée du même réseau que le nôtre, les frères Kouachi n’auraient pas passé trois carrefours sans être neutralisés et interpellés ».

Aujourd’hui, avec 1257 caméras, le tueur fou de Nice a pu effectuer deux itinéraires de reconnaissance et mener à bien, hélas, son parcours assassin et sanglant sans être ni neutralisé, ni interpellé.

De son côté, Nicolas Sarkozy n’hésite pas à manipuler l’opinion en promettant (lorsqu’il sera à nouveau aux commandes) des mesures de lutte contre le terrorisme, alors que lorsqu’il était au pouvoir il a réduit les forces de police et de gendarmerie de plus de 12 000 postes.

Et pourtant, depuis l’attentat de Nice, ces deux matamores occupent les écrans et les grands médias pour se présenter comme des hommes providentiels qui, une fois revenus au pouvoir, assureraient la sécurité des Français.

On croit rêver. Le régime de faveur accordé aux leaders de la droite est indécent et contraire à toutes les règles éthiques de la profession.

Quand un homme politique ose avancer des arguments fallacieux ou ment de façon délibérée, il appartient aux journalistes de rétablir la vérité.

Le SNJ-CGT ne peut se satisfaire d’une information partiale, toujours au bénéfice des mêmes. Il dénonce ceux qui, dans la profession, se satisfont d’être ravalés au rang de teneurs de micros ou de porte-plumes.

Montreuil, le 19 juillet 2016
Source  : www.communcommune.com/2016/07/attentat-de-nice-au-bal-des-menteurs-communique-du-syndicat-national-des-journalistes-cgt.html
 

En lien ci-dessous le communiqué en PDF:

22 décembre 2015

Assassinats ciblés, la dérive néocon du gouvernement (interview)


Pouvoirs : François Hollande ordonne secrètement des assassinats ciblés !


Selon Vincent Nouzille, François Hollande serait le président le plus guerrier et va-t-en-guerre de la cinquième république et celui qui utilise le plus des assassinats ciblés via des cellules secrètes des services de renseignement français. Il souligne aussi la dérive néoconservatrice à l’américaine du gouvernement français et la mise en place du Patriot Act à la française.
 
sources,
 

16 décembre 2015

« La DGSE a facilité le convoyage de la bombe utilisée au Bd Amirouche »

Interview – Jean-Loup Izambert : « La DGSE a facilité le convoyage de la bombe utilisée au Bd Amirouche »
Algérie Patriotique
  
Algeriepatriotique : Une série d’attentats terroristes, sans précédent, a frappé la capitale française. Quelle analyse faites-vous de ces attaques ?

Jean-Loup Izambert
: Ces attaques ne sont qu’un petit échantillon du drame que vivent chaque jour les citoyens syriens, irakiens, palestiniens et des pays du Maghreb comme l’ont surtout vécu les Algériens dans les années noires de 1990. Elles sont le fait de groupes de la même mouvance idéologique que ceux que les dirigeants occidentaux, tout particulièrement étasuniens, anglais et français, protègent depuis la fin des années quatre-vingt. Ces groupes sont tous, d’une manière ou d’une autre, en rapport avec les services occidentaux des mêmes pays, principalement étasuniens. Dès 1945, les services étasuniens ont utilisé les Frères musulmans contre les pays socialistes. Puis, à la fin des années quatre-vingt, les Anglais et les Français ont collaboré avec la CIA, les services pakistanais et saoudiens pour renverser la jeune République laïque afghane. En 1982, le président François Mitterrand a fait sélectionner et exfiltrer d’Afghanistan des chefs de groupes criminels par la DGSE (...)
 
 

4 juillet 2015

Que l’étincelle grecque embrase toute l’Europe !

 
par Mohamed BELAALI, 4 juillet 2015 | Voir sur son blog | Via le Grand Soir

La Grèce, pays de Thalès, de Socrate, de Démocrite et d’Épicure, pour ne citer que ceux-là, est aujourd’hui mise à terre, méprisée et humiliée par une horde de barbares, comme des vampires sans foi ni loi, qui pompent et vident le peuple grec de sa substance vitale. Ils portent des noms étranges : Fonds vautours, hedge funds, Zinzins, Troïka etc. Certains sont même sans visage : marchés financiers, Fonds de pension, Fonds de placement, agences de notation, Fonds souverains, Fonds européen de stabilité financière etc. Ils utilisent un langage dont les mots signifient souvent le contraire de ce qu’ils annoncent : réforme, stabilité, solidarité, assistance, dialogue, modernisation, aide, sauvetage. Le caractère monstrueux de ces mensonges reste, pour l’immense majorité des citoyens, invisible. Leurs discours omniprésents et omnipotents n’ont de sens que dans le contexte de la propagande, en dehors de ce cadre ils restent des sons vide de tout sens. Avec ou sans visage, ils poursuivent tous inlassablement un seul et même objectif : confisquer les richesses de tout un peuple pour les transférer par des mécanismes complexes aux banquiers, aux créanciers, aux spéculateurs, aux usuriers et autres parasites du monde entier.

Ces monstres sont soutenus, encouragés et protégés par des hommes et des femmes plus ou moins impliqués dans des affaires de corruption, de scandales fiscaux, de mœurs comme Dominique Strauss khan ancien président du FMI, remplacé par Christine Lagarde (affaire Tapie-Crédit lyonnais), Jean Claude Juncker président de la Commission européenne (affaire LuxLeaks, accords secrets passés avec 340 multinationales qui leur permettent de transférer leurs profits au Luxembourg pour échapper à l’impôt sur les bénéfices) etc.

Ces dirigeants corrompus ou dissolus s’appuient eux-mêmes sur des politiciens dont la seule et unique mission est de servir les puissants : A. Merkel, W. Schäuble (ministre allemand des finances) N. Sarkozy, F. Hollande, D. Tusk (président du Conseil européen), George Papandréou et Antonis Samaras (anciens premiers ministres grecs chantres de l’austérité) etc.

Leur soif du sang grec est insatiable. Plus ils en sucent, mieux ils se portent. Plus la situation économique est catastrophique plus ils exigent de se servir davantage et cela jusqu’au dernier euro. Même les plages, les forêts, les ports, les sites culturels, les autoroutes, les îles, la Poste, les chemins de fer, les aéroports etc. doivent passer entre les mains de spéculateurs dont le visage hideux change constamment. La privatisation doit être totale, intégrale.

La meute, comme les chacals, ne quitte jamais sa proie avant de l’épuiser pour mieux la dévorer ; c’est la curée. Elle s’attaque d’abord aux maillons faibles, les PIGS (cochons) comme les appellent avec mépris les technocrates de Bruxelles : Portugal, Italie, Grèce et Espagne avant de se retourner contre les autres pays membres de l’Union. La Grèce ne constitue que le point de départ vers un modèle qui sera généralisé et où la meute des spéculateurs, des banquiers et autres créanciers dominera les peuples d’Europe qui perdront leur autonomie, leur souveraineté et la maîtrise de leur destin. Ils seront ainsi réduits à travailler sans relâche, comme des esclaves, pour le plus grand bonheur des détenteurs du capital.

Le peuple grec s’est montré cependant plus résistant et plus combatif que ne l’imaginaient ses oppresseurs. Il s’est dressé courageusement face à ses tyrans qui veulent le réduire à l’esclavage. Mais dans ce combat inégal, le peuple grec est quasiment seul. Les bourgeoisies de tous les pays et leurs institutions se sont coalisées contre ce petit pays. Non seulement elles lui imposent une succession de plans d’une extrême austérité qui ont ruiné son économie, mais elles lui dictent ses choix politiques et la manière même de choisir ses propres dirigeants. J.C Juncker, président de la Commission européenne, avait appelé pour les élections législatives anticipées du 25 janvier 2015 à voter contre A.Tsipras dont le programme s’opposait justement à cette terrible politique d’austérité qui a plongé la Grèce dans la misère et le désespoir. Et lorsque A. Tsipras, face aux ultimatums de la meute des créanciers et leurs représentants, a décidé de faire appel au peuple pour dire « Non » à un énième plan d’austérité en organisant un référendum, J.C Juncker, encore lui, appelle à voter pour le plan des créanciers ( réduction des pensions de retraite, augmentation de la TVA supportée essentiellement par les plus démunis, baisse du nombre et des salaires des fonctionnaires etc.).

Le combat du peuple grec montre d’une manière éclatante combien les institutions européennes sont antidémocratiques. Le mépris de la volonté des peuples et de la démocratie est une constante de l’Union. Rappelons pour mémoire que les peuples danois, français, néerlandais et irlandais ont rejeté par référendum le traité de Maastricht, le projet de traité constitutionnel et le traité de Lisbonne en 1992, en 2005 et en 2008. Mais cette volonté populaire a tout simplement été ignorée par l’Union européenne. Sa réaction épidermique et agressive contre le référendum grec du 5 juillet 2015 montre combien il lui est insupportable d’accepter le moindre processus permettant aux peuples d’exprimer leur volonté. La plupart des décisions de l’Union européenne sont prises dans l’ombre pour ne pas dire dans l’obscurité la plus totale. Les négociations qu’elle a menées avec les États-Unis pour conclure un accord de libre échange (Trans-Atlantic Free Trade Agreement ou TAFTA) est un exemple éloquent de cette opacité. Les intérêts qu’elle défend sont en totale contradiction avec ceux des peuples. L’ Union se présente ainsi comme un pouvoir indépendant et au-dessus des citoyens. Elle est l’ennemie des peuples et de la démocratie. La démocratie du capital reste un concept creux sans contenu réel utilisé par la classe dominante comme instrument idéologique au service exclusif de ses intérêts.

Le combat du peuple grec n’est donc pas seulement économique, il est aussi politique et constitue une véritable lutte pour des valeurs et des principes de démocratie et de souveraineté des peuples : « Notre responsabilité dans l’affirmation de la démocratie et de la souveraineté nationale est historique en ce jour, et cette responsabilité nous oblige à répondre à l’ultimatum en nous fondant sur la volonté du peuple grec. » a déclaré A.Tsipras dans la nuit du 26 au 27 juin sur la télévision publique grecque (1).

Cette lutte inégale qui semble perdue d’avance reste cependant porteuse d’espoir. Elle élargit un peu plus les fissures , encore minuscules, qui apparaissent dans cette construction hideuse qu’est l’Union européenne. Ce combat nous enseigne également que la social-démocratie sous toutes ses formes (PASOK, SPD, PS, PSOE, Parti travailliste etc.) porte une lourde responsabilité dans l’étouffement des mouvements sociaux et constitue un frein à toute transformation qualitative de la société. Elle est au service de la classe dominante (2). Il faut donc construire une alternative en dehors de ce courant politique. Les contradictions entre les intérêts des peuples et ceux des institutions européennes n’exploseront pas d’elles-mêmes. Le combat du peuple grec peut servir d’étincelle qui embraserait toute l’Europe si les autres peuples prenaient conscience de l’urgence du changement. Mais même la conscience la plus lucide, reste impuissante tant qu’elle ne s’appuie pas sur des forces sociales organisées et déterminées à mener ce combat jusqu’à son terme. Seule la classe ouvrière, négation vivante de l’ordre établi de part sa position dans le processus de production, a objectivement intérêt à se préparer à cette lutte que lui impose le capital. Elle trouvera en face d’elle une classe puissante qui possède tous les pouvoirs et qui est déterminée à briser la moindre résistance afin de perpétuer ses privilèges. La classe ouvrière, même affaiblie par un chômage de masse, n’a d’autres choix que de se dresser contre la dictature du capital si elle ne veut pas que sa situation matérielle déjà dégradée ne s’aggrave encore davantage. Mais ce combat de longue haleine ne peut-être mené efficacement que dans l’unité de l’ensemble des travailleurs.

Prolétaires de toute l’Europe unissez-vous.

Mohamed Belaali
 

3 juillet 2015

Police… Renseignement… Police du renseignement… Loi sur le renseignement… Entretien choc…



Résistance 71 | 3 Juillet 2015

Excellent entretien réalisé par le média indépendant Thinkerview qui s’entretient avec le Gardien de la Paix Alexandre Langlois, secrétaire général du syndicat CGT de la Police Nationale sur les conditions de travail de la PN, les services spécialisés, le renseignement, la dérive liberticide et totalitaire de la loi sur le renseignement et l’avènement futur d’une NSA sauce française.

Un entretien à voir et à diffuser sans modération. Merci à ce fonctionnaire (DEUG de droit et licence en science politique) visiblement soncère, de renseigner le peuple sur le renseignement puisqu’il ne fait surtout pas compter sur le « gouvernement » pour le faire bien évidemment. Ceci nous montre également que lorsque « le ventilateur touchera la merde ambiante », bien des policiers se rangeront du côté de l’intérêt général, c’est à dire du peuple…

Vidéo de l’entretien:



 

15 janvier 2015

Nucléaire : l'effet d'annonce risible de Ségolène Royal



Il a donc suffit d'un simple effet d'annonce de Mme Royal - "Il faut programmer la construction d’une nouvelle génération de réacteurs qui prendront la place des anciennes centrales lorsque celles-ci ne pourront plus être rénovées" - pour que les zélateurs habituels de l'atome s'enflamment et titrent ici où là sur le "grand retour de l'atome"... annoncé depuis 15 ans mais jamais au rendez-vous.

Rappelons donc que, le 25 septembre 2008, alors Président de la République, M Sarkozy s'autorisait déjà exactement ce même effet d'annonce sans lendemain : "Le remplacement de nos centrales nucléaires par les centrales de la nouvelle génération sera accéléré" (cf ci-dessous dépêche AFP du 25/09/2008).

Jamais avare de vaines déclarations, M. Sarkozy avait même annoncé quelques mois plus tard le choix du site de Penly pour un second EPR en France : "Le président de la République confirme le lancement à Penly, en Seine-Maritime, de la réalisation d’une deuxième centrale nucléaire de type EPR en France" (cf ci-dessous dépêche AFP du 29/01/2009). Tout ceci a été abandonné entre temps.

Six ans et demi plus tard, non seulement les rêves des nucléocrates n'ont pas progressé d'un pouce, mais la situation de l'atome hexagonal s'est tellement dégradée que l'annonce de Mme Royal n'est plus seulement vaine (comme celles de M. Sarkozy), elle est aussi totalement ridicule.

Suite du communiqué de l'Observatoire du nucléaire: Nucléaire : l'effet d'annonce de Mme Royal est encore plus risible que celui de M. Sarkozy en 2008
    

17 novembre 2014

Sarkozy-Kadhafi : Le document authentifié dont les médias ne parlent pas

Source photo

Agoravox | 17 novembre 2014, par Fatizo

Il y a quelques jours nous apprenions par Médiapart, que le document qui prouverait que Nicolas Sarkozy aurait reçu 50 millions d’euros de la part de Mouammar Kadhafi, a été authentifié par des experts judiciaires en écriture.

Souvenez-vous, entre les deux tours de la présidentielle 2012, le site avait publié un article expliquant que le régime libyen avait financé la campagne de Sarkozy en 2007.

Pour étayer cette information, Médiapart se basait sur un document « officiel libyen » signé par Moussa Koussa, l’ancien chef des services secrets du régime Kadhafi.

Ce papier évoquait un « accord de principe » du versement des fonds. Mediapart y voyait « la preuve du financement ».

Nicolas Sarkozy avait, à l’époque, porté plainte contre Mediapart , pour « faux et usage de faux ». Le site d’informations avait répliqué avec une plainte croisée pour « dénonciation calomnieuse ».

Depuis le début de cette affaire, de nombreux médias ont souvent mis en doute l’authenticité du manuscrit . En septembre dernier c’est Vanity Fair, par l’intermédiaire d’Hevé Gattegno, qui écrivait : « Sarkozy-Kadhafi : le document libyen de ‘Mediapart’ qui accuse l’ex-président pourrait bien être un faux ».

L’article de Gattegno faisait suite à la déclaration de Moussa Koussa, qui avait contesté sa signature, tout en déclarant que ‘le contenu’ du document n’était ‘pas faux’ ».

A l’époque le journaliste du site d’Edwy Plenel, Fabrice Arfi, avait peu apprécié le papier en question, et l’avait fait savoir sur tweeter.

Alors qu’aujourd’hui des experts viennent avaliser que le document « a bien été signé ‘de la main de Moussa Koussa’ », Fabrice Arfi est toujours en colère, mais cette fois-ci après l’AFP, qui n’a pas repris l’information.

Le journaliste nous dit : « l’Agence France Presse (AFP) m’a fait savoir par écrit aujourd’hui qu’ « après lecture attentive » de cet article les conclusions des quatre experts sur l’authenticité du document libyen n’étaient pas une information digne d’être reprise et de faire l’objet d’une dépêche. D’où la faible reprise de cette révélation à la radio, à la télé, dans les journaux ou sur d’autres sites. Il est vrai que la traque d’un faux tigre mérite bien plus toutes les attentions médiatiques… »

Il est vrai qu’il n’est pas question de déranger l’ancien président alors qu’il fait tout ce qu’il peut pour reconquérir la droite, n’hésitant plus à faire dans la surenchère démagogique pour prendre à Hervé Mariton les opposants au mariage pour tous.

L’AFP et nos médias en font des tonnes sur le sujet, ils en font encore plus sur la rencontre Fillon- Jouyet qui serait pour certains une affaire d’Etat, tout cela parce que l’ancien Premier Ministre aurait demandé que l’on accélère la procédure contre son ancien président. François Fillon serait discrédité dans la course à l’Elysée, d’après les éditorialistes de génie qui nous informent.

Mais en ce qui concerne Nicolas Sarkozy, dont le nom apparaît dans de multiples affaires,il a comme une bienveillance ou une crainte de la part de toutes ces belles plumes. Pour lui, pas question de course à l’Elysée interrompue. Il peut tout dire, tout faire, rien n’y fait, il reste en course. On le critique mais point trop n’en faut, comme si on tenait à le ménager.

Mais pourquoi ?

15 novembre 2014

A Elne (Pyrénées orientales), l’esprit de Vichy est de retour.


Par Raoul Marc Jennar | son blog | 11 novembre 2014

Lors de la séance du Conseil municipal d’Elne, le 29 septembre 2014, la nouvelle municipalité d’Elne a décidé l’annulation d’une délibération prise par l’ancienne municipalité (24 février 2014) donnant aux rues d’un lotissement en construction, des noms de femmes célèbres qui, au-delà de tout parti-pris idéologique, se sont illustrées pour leur combat dans l’humanitaire, la résistance ou le droit des femmes.

Ainsi les noms de :
Lucie Aubrac, résistante ;
Geneviève De Gaulle-Anthonioz, résistante, déportée, fondatrice et présidente d’ATD Quart-Monde ;
Martha Desrumaux, résistante, déportée ;
Lise London, résistante, déportée ;
Madeleine Fillols, célèbre sage-femme qui accoucha nombre d’enfants à la Maternité d’Elne ;
Mère Teresa de Calcutta dont on connaît l’oeuvre humanitaire ;
Rosa Park, noire américaine qui refusa de laisser sa place à un blanc dans un bus aux USA à une époque où elle avait obligation de le faire ;
Olympe de Gouges, héroïne de la Révolution Française, auteure de la « déclaration des droits de la femme et de la citoyenne », guillotinée en 1793 ;
…seront désormais remplacés par des noms de « pics » pyrénéens tel « Canigou », « Costabonne », « Carlit », « Fontfrède »…

L’esprit de Vichy est de retour. Voilà où conduisent des discours comme ceux de Sarkozy (à Grenoble) ou de Valls (sur les Roms); voilà où conduisent des ouvrages comme ceux de Zémour; voilà où conduit la banalisation du racisme, de l’antisémitisme, de l’islamophobie, des thèses révisionnistes. L’esprit des Lumières est, comme aux pires heures des années 1932-1945, battu en brèche dans un pays où droite décomplexée et droite complexée alternent pour pratiquer les mêmes politiques qui portent aux nues le chacun pour soi et qui dénoncent comme « archaïques » et « passéistes » les politiques fondées sur la solidarité.

rmj

 http://www.jennar.fr/?p=3993


Pétition:

Elne : Noms de rues et direction de la culture.


Lors de la séance du Conseil municipal d’Elne, le 29 septembre 2014, la nouvelle municipalité d’Elne a adopté deux décisions politiques graves :

1- L’annulation d’une délibération prise par l’ancienne municipalité (24 février 2014) donnant aux rues d’un lotissement en construction, des noms de femmes célèbres qui, au-delà de tout parti-pris idéologique, se sont illustrées pour leur combat dans l’humanitaire, la résistance ou le droit des femmes. Lucie Aubrac, Madeleine Fillols, Lise London, Olympe de Gouges, Mère Teresa, Geneviève De Gaulle-Antonioz, Martha Desrumeaux, Rosa Park.

2- La suppression du terme « culture » de l’organigramme des services municipaux et du même coup la suppression du poste de direction de la culture, qui devient direction du développement économique et patrimonial. Cette suppression s’accompagne de la baisse conséquente d’une bonne part de ses moyens financiers (gel des crédits d’acquisition de la médiathèque, suppression de manifestations artistiques, recul sur la Maternité….).

Ces deux actes, dont on peut craindre qu’ils découlent d’une « lepenisation » des esprits, nient la notion de service public local, nient que la culture et l’art sont des vecteurs du développement individuel et collectif, nient qu’ils sont essentiels au « vivre ensemble », nient qu’ils contribuent à la formation du jugement du citoyen et donc à la démocratie.

La culture est en danger, non seulement par la précarisation des statuts de ses principaux acteurs (le statut des artistes et techniciens intermittents du spectacle en est l’un des exemples) mais aussi par la disparition, lente mais sûre de la culture, des décisions, actes publics et des projets politiques.

En signant cette pétition, je demande à la nouvelle municipalité d’Elne et à son maire de redonner les noms aux rues, tel que prévu, dans la délibération du 24 février 2014 et de renoncer à la suppression du poste de direction de la culture.
 

12 décembre 2013

France-Afrique : piqure de rappel


4 octobre 2013

La casse scandaleuse des hôpitaux et de l’assistance publique


Les attaques contre le système de santé et contre l’hôpital public sont anciennes, mais deviennent ces dernières années particulièrement violentes. C’est notamment le cas de l’AP-HP, l’Assistance Publique-Hôpitaux de Paris, qui sous le gouvernement de Nicolas Sarkozy a été victime d’un plan de réorganisation, lequel a conduit à la supression de plus de 4000 emplois en 4 ans. (...)

5 avril 2013

Aminata Traoré : « On demande au Mali de gérer les turpitudes de la France ! »



Politis | Par Patrick Piro - 1er avril 2013

 La militante critique l’opportunisme de l’intervention militaire française au Mali, résultat de l’inconséquence de la guerre engagée par Sarkozy en Libye.





Mi janvier, nous avions cherché à contacter Aminata Traoré pour connaître sa position sur l’intervention militaire française au Mali. Sans succès. A-t-elle préféré laisser passer la déferlante médiatique ? Il est vrai que son avis sur la question tranche radicalement avec l’enthousiasme ambiant, qui perdure en France et sur place.

La population malienne manifeste une reconnaissance assez unanime envers l’armée de l’ex-puissance coloniale qui a arrêté la progression des groupes islamistes en marche vers Bamako. Aminata Traoré, femme politique altermondialiste, ex-ministre, écrivaine, est une grande voix du Mali. Elle est très critique envers le débarquement de la « grosse artillerie » française. Mais ne fallait-il pas protéger les populations ?, insiste-t-on.

Aminata Traoré n’a pas la partie facile, argumentant contre la logique humanitaire caressée d’abondance par les discours officiels. Non par dogmatisme anti-impérialiste, mais dans l’intention de dénoncer l’entourloupe. On ne peut pas considérer les droits humains comme une question isolée, défend-elle, « tout est lié ».

« On a bafoué au Mali les droits économiques, politiques et sociaux. (…) J’aurais mille fois applaudi à l’intervention de la France, si elle s’était souciée en amont de la prolifération des armes au Nord Mali », arsenal issu de l’opération militaire en Libye décidée par Sarkozy.

8 mai 2012

Après la défaite de Sarkozy : vers un juin 1936 européen

Attac France | 6 mai 2012

Attac se réjouit de la défaite de Nicolas Sarkozy, qui pourrait représenter la première défaite politique en Europe pour les tenants de l' hyperaustérité. Elle sanctionne l’arrogance d’un président au service d’une oligarchie insatiable. Elle exprime la résistance populaire aux politiques d’austérité, qui s’est manifestée en France par le grand mouvement de 2010 contre la réforme des retraites. Elle suscite l’espoir des peuples d’Europe du Sud, confrontés aux terribles ravages des politiques de la « Troïka », Commission européenne, BCE et FMI. Surtout qu’au même moment se dessine une percée historique de la gauche de résistance aux élections législatives en Grèce, avec une chute des deux partis de gouvernement qui ont mené aux plans d’austérité et à la débâcle du pays.

Mais si le soulagement est grand, l’espoir est fragile. La pression des marchés financiers va monter dans les semaines qui viennent pour contraindre François Hollande à ratifier le Pacte budgétaire imposé par Angela Merkel et Nicolas Sarkozy, avec en guise de « renégociation » quelques vagues déclarations et mesurettes européennes sur la croissance. Ce nouveau traité qui interdit les déficits publics et impose une austérité sans limite, doublée d'un productivisme aveugle qui met à mal la nature, le travail et le travailleur, va pourtant enfoncer l’Europe dans la dépression.

La social-démocratie française et européenne n’a pas encore pris la mesure des ruptures nécessaires pour inverser la tendance. Pourtant les forces progressistes n’ont aucun droit à l’erreur. En cas d’échec en France, la droite et l’extrême droite, dont les convergences xénophobes et autoritaires s’affirment aujourd'hui sans ambigüité, ramasseront la mise de la déception et du désespoir.

Il y a un moyen, et un seul, pour les citoyens d’empêcher cela : la mobilisation sociale, l’intervention directe dans les affaires de la cité. A l’image de juin 1936, mais dans une dynamique d’emblée européenne, nous pouvons imposer nos exigences pour répondre aux urgences sociales, écologiques et démocratiques mises à mal par les politiques actuelles. Renforçons nos syndicats, nos associations, nos partis progressistes ; occupons les places, les espaces publics ; imposons un débat démocratique sur les politiques économiques et sociales, en particulier au plan européen, avec un référendum sur le Pacte budgétaire. Les 18 et 19 mai nous serons des dizaines de milliers à Francfort, à l’appel des mouvements sociaux allemands, pour dire à la Banque centrale européenne : stop à l’austérité, oui à la solidarité !

Attac France, le 6 mai 2012

6 mai 2012

ON A VIRE SARKO, SURVEILLONS HOLLANDE !

Conscience Citoyenne Responsable | 6 mai 2012


ON A VIRE SARKO, SURVEILLONS HOLLANDE ! dans Politique Ca y est, on en est débarrassé ! On a viré Sarkozy ! C’est vrai que son bilan pour la classe ouvrière était indéfendable : huit millions de pauvres, trois millions de précaires, trois millions de temps partiels, cinq millions de chômeurs, et des salaires de misère pour la majorité des salariés. Et malgré cela une partie de ces laissés pour compte a voté pour lui, car il fait quand même le score inimaginable de 48%. Allez comprendre ! Si seulement ceux pour lesquels il défend les intérêts avaient voté pour lui, il aurait fait 3% et aurait été éliminé dés le premier tour. Comme dit Chomsky « si les gens pensaient tout changerait ».

C’est vrai aussi qu’en l’espace de quelques années, il avait réussi un véritable tour de force : transformer les opprimés et les déshérités en ennemis des classes populaires. La femme de ménage épuisée était remontée contre le RMIste, l’ouvrier au chômage haïssait le travailleur étranger, les militants syndicaux étaient montrés du doigt et le fonctionnaire traité de privilégié. Diviser, diviser, pour détourner l’attention du citoyen et faire des cadeaux aux copains. Sarkozy nous a manipulés et endettés délibérément ! On se rappellera aussi que Sarkozy fut le premier Président de la Vème République à appeler l’extrême droite à voter pour lui.

Le ralliement de Bayrou a-t-il pesé dans la balance ? François anticipe-t-il les difficultés de François dans les mois à venir, pour se poser en interlocuteur incontournable ? Mais que les électeurs de Bayrou se rassurent, Hollande n’est pas plus à gauche que le plus à gauche du Modem, et je suis même sûr que sur certains sujets il est plus à droite que le Béarnais ! Qui est le vrai Hollande ? Quel sont ses intentions ? Pour qui gouvernera-t-il ?

Car n’oublions pas qu’Hollande fait partie d’une famille politique qui a accompagné le libéralisme. Le PS en a favorisé l’avènement par ses capitulations successives et ses décisions qui ont libéré les flux financiers. Il a mis en œuvre une politique qui a été douce pour les détenteurs de stock-options, qui a privatisé à tour de bras, qui a œuvré avec zèle pour l’Europe du libre-échange et de la finance toute puissante. Au gouvernement, les socialistes font des cadeaux de riches aux riches et des cadeaux de pauvres aux pauvres. Seulement les cadeaux pour les pauvres ne durent jamais très longtemps et la contrepartie est toujours douloureuse !

Mais Hollande a une lourde responsabilité, l’Europe va vouloir des gages, l’Europe des capitalistes veut notamment la suppression du CDI. Et si la politique mise en place par le PS n’apporte aucun espoir aux salariés, dans cinq ans le FN emportera la mise ! Mais ce n’est pas seulement la responsabilité du parti socialiste et de ceux qui participeront au gouvernement qui est engagée, c’est de notre responsabilité collective qu’il s’agit. Car il faut se souvenir que les grandes avancées sociales, notamment en 36, ont été arrachées par la lutte, et non par la volonté d’un gouvernement, fût-il de gauche.

Les verts iront au gouvernement, mais que fera le Front De Gauche dont la « marque » est déjà un enjeu entre le PG qui l’a déposée et le PC. Irons-nous vers une nouvelle gauche plurielle après les législatives ? Déjà, sous prétexte de faire barrage au FN, ça discute ferme pour les circonscriptions… alors qu’il n’y a pas si longtemps Mélenchon préconisait une dose de proportionnelle qui ouvrait de fait les portes au FN ! Le plus drôle c’est lorsque Pierre Laurent dit « il n’y aura ni soutien, ni participation, ni opposition » ! Ça veut dire quoi? Simple gesticulation politicienne ?


Nous devons donc être vigilants. L’avenir ne sera que ce que nous en ferons, et pour le futur de nos enfants et petits enfants, nous ne devons donner de chèque en blanc à aucun homme politique. Il faut que tous ensembles nous nous occupions de politique, sans se la faire confisquer par une poignée de professionnels qui tôt ou tard finissent toujours par nous oublier !

« Le socialiste est un charlatan qui veut réduire la misère sociale sans toucher ni aux profits ni au capital »…Engels

Badiou : Le racisme des intellectuels

Le Monde.fr | Alain Badiou | 05 mai 2012

badiou.jpgL'importance du vote pour Marine Le Pen accable et surprend. On cherche des explications. Le personnel politique y va de sa sociologie portative : la France des gens d'en bas, des provinciaux égarés, des ouvriers, des sous-éduqués, effrayée par la mondialisation, le recul du pouvoir d'achat, la déstructuration des territoires, la présence à leurs portes d'étranges étrangers, veut se replier sur le nationalisme et la xénophobie.

C'est déjà du reste cette France "retardataire" qu'on accusait d'avoir voté non au référendum sur le projet de Constitution européenne. On l'opposait aux classes moyennes urbaines éduquées et modernes, qui font tout le sel social de notre démocratie bien tempérée.

Disons que cette France d'en bas est quand même, en la circonstance, le baudet de la fable, le pelé et le galeux "populiste" d'où nous vient tout le mal lepéniste. Etrange, au demeurant, cette hargne politico-médiatique contre le "populisme". Le pouvoir démocratique, dont nous sommes si fiers, serait-il allergique à ce qu'on se soucie du peuple ? C'est l'avis dudit peuple, en tout cas, et de plus en plus. A la question "les responsables politiques se préoccupent-ils de ce que pensent les gens comme vous ?", la réponse entièrement négative "pas du tout" est passée de 15 % de l'ensemble en 1978 à 42 % en 2010 ! Quant au total des réponses positives ("beaucoup" ou "assez"), il est passé de 35 % à 17 % (on se reportera, pour cette indication statistique et d'autres d'un très grand intérêt, au numéro hors série de la revue La Pensée titré "Le peuple, la crise et la politique" et réalisé par Guy Michelat et Michel Simon). La relation entre le peuple et l'Etat n'est pas faite de confiance, c'est le moins qu'on puisse dire.

Faut-il conclure que notre Etat n'a pas le peuple qu'il mérite, et que le sombre vote lepéniste atteste cette insuffisance populaire ? Il faudrait alors, pour renforcer la démocratie, changer le peuple, comme le proposait ironiquement Brecht...

Ma thèse est plutôt que deux autres grands coupables doivent être mis en avant : les responsables successifs du pouvoir d'Etat, de gauche comme de droite, et un ensemble non négligeable d'intellectuels.

En définitive, ce ne sont pas les pauvres de nos provinces qui ont décidé de limiter autant que faire se peut le droit élémentaire d'un ouvrier de ce pays, quelle que soit sa nationalité d'origine, de vivre ici avec sa femme et ses enfants. C'est une ministre socialiste, et tous ceux de droite ensuite qui se sont engouffrés dans la brèche. Ce n'est pas une campagnarde sous-éduquée qui a proclamé en 1983, que les grévistes de Renault - en effet majoritairement algériens ou marocains - étaient des "travailleurs immigrés (...)agités par des groupes religieux et politiques qui se déterminent en fonction de critères ayant peu à voir avec les réalités sociales françaises".

C'est un premier ministre socialiste, bien entendu à la grande joie de ses "ennemis" de la droite. Qui a eu la bonne idée de déclarer que Le Pen posait les vrais problèmes ? Un militant alsacien du Front national ? Non, c'est un premier ministre de François Mitterrand. Ce ne sont pas des sous-développés de l'intérieur qui ont créé les centres de rétention pour y emprisonner, hors de tout droit réel, ceux qu'on privait par ailleurs de la possibilité d'acquérir les papiers légaux de leur présence.

Ce ne sont pas non plus des banlieusards excédés qui ont ordonné, partout dans le monde, qu'on ne délivre aux gens des visas pour la France qu'au compte-gouttes, pendant qu'on fixait ici même des quotas d'expulsions que devait à tout prix réaliser la police. La succession des lois restrictives, attaquant, sous prétexte d'étrangeté, la liberté et l'égalité de millions de gens qui vivent et travaillent ici, n'est pas l'oeuvre de "populistes" déchaînés.

A la manoeuvre de ces forfaits légaux, on trouve l'Etat, tout simplement. On trouve tous les gouvernements successifs, dès François Mitterrand, et sans répit par la suite. En la matière, et ce ne sont que deux exemples, le socialiste Lionel Jospin a fait savoir dès son arrivée au pouvoir qu'il n'était pas question d'abolir les lois xénophobes de Charles Pasqua ; le socialiste François Hollande fait savoir qu'on ne décidera pas les régularisations de sans-papiers autrement sous sa présidence que sous celle de Nicolas Sarkozy. La continuité dans cette direction ne fait aucun doute. C'est cet encouragement obstiné de l'Etat dans la vilenie qui façonne l'opinion réactive et racialiste, et non l'inverse.



Je ne crois pas être suspect d'ignorer que Nicolas Sarkozy et sa clique ont été constamment sur la brèche du racisme culturel, levant haut le drapeau de la "supériorité" de notre chère civilisation occidentale et faisant voter une interminable succession de lois discriminatoires dont la scélératesse nous consterne.

Mais enfin, nous ne voyons pas que la gauche se soit levée pour s'y opposer avec la force que demandait un pareil acharnement réactionnaire. Elle a même bien souvent fait savoir qu'elle "comprenait" cette demande de "sécurité", et a voté sans état d'âme des décisions persécutoires flagrantes, comme celles qui visent à expulser de l'espace public telle ou telle femme sous le prétexte qu'elle se couvre les cheveux ou enveloppe son corps.

Ses candidats annoncent partout qu'ils mèneront une lutte sans merci, non tant contre les prévarications capitalistes et la dictature des budgets ascétiques que contre les ouvriers sans papiers et les mineurs récidivistes, surtout s'ils sont noirs ou arabes. Dans ce domaine, droite et gauche confondues ont piétiné tout principe. Ce fut et c'est, pour ceux qu'on prive de papiers, non l'Etat de droit, mais l'Etat d'exception, l'Etat de non-droit. Ce sont eux qui sont en état d'insécurité, et non les nationaux nantis. S'il fallait, ce qu'à Dieu ne plaise, se résigner à expulser des gens, il serait préférable qu'on choisisse nos gouvernants plutôt que les très respectables ouvriers marocains ou maliens.

Et derrière tout cela, de longue date, depuis plus de vingt ans, qui trouve-t-on ? Qui sont les glorieux inventeurs du "péril islamique", en passe selon eux de désintégrer notre belle société occidentale et française ? Sinon des intellectuels, qui consacrent à cette tâche infâme des éditoriaux enflammés, des livres retors, des "enquêtes sociologiques" truquées ? Est-ce un groupe de retraités provinciaux et d'ouvriers des petites villes désindustrialisées qui a monté patiemment toute cette affaire du "conflit des civilisations", de la défense du "pacte républicain", des menaces sur notre magnifique "laïcité", du "féminisme" outragé par la vie quotidienne des dames arabes ?

N'est-il pas fâcheux qu'on cherche des responsables uniquement du côté de la droite extrême - qui en effet tire les marrons du feu - sans jamais mettre à nu la responsabilité écrasante de ceux, bien souvent - disaient-ils - "de gauche", et plus souvent professeurs de "philosophie" que caissières de supermarché, qui ont passionnément soutenu que les Arabes et les Noirs, notamment les jeunes, corrompaient notre système éducatif, pervertissaient nos banlieues, offensaient nos libertés et outrageaient nos femmes ? Ou qu'ils étaient "trop nombreux" dans nos équipes de foot ? Exactement comme on disait naguère des juifs et des "métèques" que par eux la France éternelle était menacée de mort.

Il y a eu, certes, l'apparition de groupuscules fascistes se réclamant de l'islam. Mais il y a tout aussi bien eu des mouvements fascistes se réclamant de l'Occident et du Christ-roi. Cela n'empêche aucun intellectuel islamophobe de vanter à tout bout de champ notre supérieure identité "occidentale" et de parvenir à loger nos admirables "racines chrétiennes" dans le culte d'une laïcité dont Marine Le Pen, devenue une des plus acharnées pratiquantes de ce culte, révèle enfin de quel bois politique il se chauffe.

En vérité, ce sont des intellectuels qui ont inventé la violence antipopulaire, singulièrement dirigée contre les jeunes des grandes villes, qui est le vrai secret de l'islamophobie. Et ce sont les gouvernements, incapables de bâtir une société de paix civile et de justice, qui ont livré les étrangers, et d'abord les ouvriers arabes et leurs familles, en pâture à des clientèles électorales désorientées et craintives. Comme toujours, l'idée, fût-elle criminelle, précède le pouvoir, qui à son tour façonne l'opinion dont il a besoin. L'intellectuel, fût-il déplorable, précède le ministre, qui construit ses suiveurs.

Le livre, fût-il à jeter, vient avant l'image propagandiste, laquelle égare au lieu d'instruire. Et trente ans de patients efforts dans l'écriture, l'invective et la compétition électorale sans idée trouvent leur sinistre récompense dans les consciences fatiguées comme dans le vote moutonnier.

Honte aux gouvernements successifs, qui ont tous rivalisé sur les thèmes conjoints de la sécurité et du "problème immigré", pour que ne soit pas trop visible qu'ils servaient avant tout les intérêts de l'oligarchie économique ! Honte aux intellectuels du néo-racialisme et du nationalisme bouché, qui ont patiemment recouvert le vide laissé dans le peuple par la provisoire éclipse de l'hypothèse communiste d'un manteau d'inepties sur le péril islamique et la ruine de nos "valeurs" !

Ce sont eux qui doivent aujourd'hui rendre des comptes sur l'ascension d'un fascisme rampant dont ils ont encouragé sans relâche le développement mental.

Voir en ligne

Né en 1937, professeur de philosophie à l'Ecole normale supérieure, Alain Badiou articule pensée formelle et récit littéraire, argumentation conceptuelle et intervention politique. Il est notamment l'auteur d'Entretiens I (Nous, 2011), de La République de Platon (Fayard, 596 p., 24,50 €) et, dans la série "Circonstances", aux Nouvelles Editions Lignes, de Sarkozy : pire que prévu, les autres : prévoir le pire (94 p., 9,50 €).

5 mai 2012

Pour l’égalité des droits : Non à Nicolas Sarkozy !

LDH Toulon | jeudi 3 mai 2012



Un appel au refus des dérives xénophobes, des amalgames, et de l’instrumentalisation de l’immigration.

Pour l’égalité des droits : Non à Nicolas Sarkozy !

Pour signer cet appel, écrire à Tarek Ben Hiba : t.benhiba@gmail.com.

Pour une société solidaire, ouverte sur le monde [1]


Le premier tour des élections présidentielles vient de s’achever et les résultats donnent un avantage non négligeable à la gauche. Ils font apparaître également à la fois un rejet de la politique menée par Sarkozy et l’UMP et une forte et inquiétante poussée de l’extrême droite autour du FN. Si pour Le Pen et le FN la question de l’immigration a de tout temps été un fonds de commerce politique et électoral, le candidat Sarkozy a pour sa part voulu, à son tour et à nouveau comme en 2007, instrumentaliser ce thème. En vain puisque contrairement à 2007 les électeurs ont préféré porter leurs suffrages sur l’original plutôt que sur une copie.

Si la Gauche, dans toutes ses composantes, a su convaincre une majorité d’électeurs-trices - parmi lesquels, faut-il le rappeler, de nombreux habitant-es des quartiers populaires et/ou issus de l’immigration - c’est, entre autres raisons, parce qu’elle a marqué son rejet du bilan désastreux des cinq années de Sarkozy, qu’elle a commencé à pointer les vrais causes des problèmes économiques et sociaux et dont les conséquences sont supportées par la grande majorité des Français, mais également parce qu’elle s’est prononcée sur les questions sociétales et, entre autres, sur sa volonté d’accorder aux étrangers-ères non-communautaires le droit de vote aux élections locales . En accordant majoritairement leurs suffrages à la gauche et à François Hollande le 22 avril 2012 une majorité d’électeur-trices se sont clairement prononcés pour une société fondée sur plus de justice et plus d’égalité.

Nous sommes aujourd’hui à la veille du second tour de l’élection présidentielle et il y a lieu d’être particulièrement vigilants face aux dangers de dérives xénophobes dont nous avons malheureusement été trop habitués dans le passé. La course aux voix des électeurs du FN peut y conduire et certains n’auront d’ailleurs aucun scrupule, pour arriver à leurs fins, à manier surenchère et démagogie.

Il y a d’autant plus lieu d’être vigilant-es que ces dérives ne sont pas le fait des seuls politicien-nes de droite. Nos craintes sont aussi ailleurs. Que de fois, en d’autres circonstances analogues, n’avons-nous été trompés non seulement par les promesses non tenues (Mitterrand en 1981) mais aussi scandalisés par les déclarations inqualifiables selon lesquelles l’extrême droite « posait les bonnes questions mais ... »

Nos craintes sont d’autant plus fondées si l’on se réfère aux récentes déclarations de certains responsables du parti socialiste n’hésitant pas à affirmer que des habitants des quartiers populaires qui souffrent de l’insécurité, « qui souffrent d’une immigration clandestine non maîtrisée ». Les mêmes « émettent des doutes » quant au droit de vote ou à la nécessité de régulariser les sans-papiers.

Nous n’acceptons pas que les questions liées à l’immigration soient ainsi manipulées à des fins électoralistes. Revenir sur les promesses et les propositions des candidats c’est non seulement trahir la confiance de millions d’électeur-trices qui ont voté pour la gauche mais qui plus est cela n’aidera pas à gagner les électeurs du FN. Les raisons du désarroi et de la désespérance des millions de gens qui se sont soit abstenus, soit pour une partie de ceux qui ont voté FN sont à chercher ailleurs. C’est le modèle ultra-libéral et le système financier dominant qui ont fini par déposséder les pays et les états de leur souveraineté ainsi que les peuples et les gens de leur citoyenneté réelle. Plutôt que de s’en prendre à l’idée d’accorder le droit de vote aux étrangers non-communautaires aux élections locales n’y a-t-il pas lieu au contraire de revendiquer encore plus de citoyenneté, premier pas pour recouvrer plus de souveraineté pour tous et toutes ?

Nous mettons en garde toutes celles et tous ceux qui seraient tentés par les dérives démagogiques et les anathèmes contre les immigrés en vue de gagner les suffrages des électeurs FN qu’ils risquent de perdre et leur âme et la confiance de ceux et celles qui les ont soutenus.

Tout en restant extrêmement vigilant-es et fermement opposé-es à ces amalgames et instrumentalisations des immigrés, nous sommes conscients de la gravité de la situation et la nécessité de mettre fin au quinquennat désastreux de M Sarkozy sur le plan économique, social et surtout moral en matière de respect des droits de l’homme et d’égalité des droits. C’est pourquoi nous appelons à la mobilisation générale et citoyenne pour voter massivement pour François Hollande. Mais nous veillerons à ce qu’une fois élu - ce que nous souhaitons - il demeure fidèle à tous ses engagements.

9 mars 2012

Nicolas Sarkozy au Pays basque









par Camille Fakrizadeh, Oriana Melikian , le 9 mars 2012

Le 1er mars 2012, les journalistes étaient nombreux à Bayonne pour la visite du candidat Nicolas Sarkozy. Pourtant, pour beaucoup d’observateurs, le passage du Président dans la ville basque révèle un décalage flagrant entre le traitement journalistique et les faits tels qu’ils se sont réellement déroulés. Inexactitudes, contrevérités, silences, d’autant plus significatifs qu’une autre manifestation, qui s’était déroulée le matin même, n’a même pas été couverte par de « grands » médias nationaux.


Approximations et contrevérités à Bayonne

« Hué et chahuté, le président-candidat a trouvé refuge dans le Bar du Palais pendant [plus ?] d’une heure avant d’être évacué. », déclare, pour Lexpress.fr, Diane Saint-Réquier. « Nicolas Sarkozy, qui a dû se réfugier dans un bar, dénonce “la violence d’une minorité” », ressasse Libération, « avec AFP ». « Nicolas Sarkozy est retranché dans le bar du Palais » surenchérit en direct Jérémy Brossard pour BFM.

Cette présentation est pour le moins abusive : l’étape du Bar du Palais était prévue dans la visite de Nicolas Sarkozy, et plusieurs habitants l’attendaient à cet endroit pour une discussion à bâtons rompus. La presse était au courant. Dès le matin, les télévisions (comme l’équipe de TF1) repéraient les abords du bar en question. On a d’autant plus de mal à croire que les journalistes n’étaient pas informés de cette étape qu’elle avait été annoncée par le QG de campagne, et que c’est dans ce bar que s’étaient donnés rendez-vous les militants de l’UMP.

Contrairement à ce que laisse entendre l’affirmation, maintes fois répétées, selon laquelle Sarkozy aurait été « chahuté », à aucun moment Sarkozy n’a été malmené ni bousculé. Les manifestants présents le jour en question se sont contentés de le huer et de le siffler, sans aucun contact physique avec le Président en campagne.

« Les CRS sont en train d’intervenir pour faire reculer des indépendantistes basques », rapportait, lors de son direct de 16 h 15, BFM [1]. Et, à l’instar de cette chaîne, la plupart des médias ont réduit la population venue montrer son mécontentement à un groupe de nationalistes basques. Or les habitants de Bayonne ont su la veille que Sarkozy se rendait dans leur ville. La manifestation était spontanée, non organisée, et aucun appel n’avait été lancé par des organisations syndicales, politiques ou autres. On peut même dire que les abertzale (nationalistes basques) étaient sous-représentés dans le cortège : pas un drapeau basque, pas un message sur la revendication, par les nationalistes et leurs sympathisants, d’un rapprochement des prisonniers politiques du Pays basque... Les images parlent d’elles-mêmes : un public de tous âges, en vêtements de ville tout à fait ordinaires... On distingue, en particulier, une cinquantaine de militants du Parti socialiste brandissant des programmes de François Hollande [2].

Une manifestation non-violente : aucune vitrine cassée, pas la moindre plainte au commissariat de Bayonne. Si les brigades de CRS ont mené des petites charges, leur attitude était pour le moins contenue, et la violence tant décriée s’est résumée à des mouvements de foule bon enfant. Jérôme Jadot, pour France Info, qui rapportait à juste titre « un affrontement oral », décrivait plutôt bien la nature diverse des manifestants présents [3]. Les autres journalistes ont été dupés par les tracts distribués par l’association Batera, assimilant tous les manifestants à la coalition en question, ou ont préféré (mais pourquoi ?) s’en tenir à cette version. Aucun n’a pris soin de de préciser que Batera n’est pas une organisation « avec du sang sur les mains », contrairement à ce qu’affirmait Sarkozy, mais regroupe des élus de droite et de gauche, et que 52 % des 159 maires du Pays basque de France sont favorables à une collectivité propre au Pays basque [4].

« J’ai regardé Nicolas Sarkozy dans les yeux et je lui ai dit : “Ton bilan est mauvais. Tu seras bientôt sur le banc des accusés de l’affaire Karachi” », raconte Adrien, 30 ans, éducateur. Pourtant on compte sur les doigts d’une main les médias qui ont demandé à des manifestants la nature de leurs revendications, alors que les commentaires de Sarkozy sont complaisamment rapportés [5]. Parfois même, comme dans les reportages de BFM, on ne laisse pas entendre le son des slogans des 2 000 personnes présentes.

Soudain, au troisième étage d’un immeuble qui fait face au Bar du Palais, trois militants du collectif de désobéissance civile Bizi ! déploient une longue banderole où l’on peut lire « Sarkozy, travailler sept jours sur sept jusqu’à 77 ans. Y’a bon, y’a bon la croissance ». L’émotion est grande, la foule crie « Bizi ! Président ». Ce spectaculaire pied de nez à la politique de l’UMP, sous les yeux Sarkozy, n’a presque pas été évoqué. Pas plus que l’intrusion des forces de l’ordre dans l’appartement pour faire retirer la banderole.

Plus grave encore : aucun des journalistes présents au Bar du Palais n’est revenu sur les propos particulièrement durs, voire faux, de Sarkozy à l’encontre « d’indépendantistes, dans des manifestations de violence pour terroriser de braves gens. […] » Aucun n’a interrogé Michèle Alliot-Marie, députée UMP de Saint-Jean-de-Luz, ni Max Brisson, élu UMP à Biarritz, qui savaient pertinemment que les manifestants scandant « Casse-toi, pauvre con » à l’extérieur du Bar du Palais ne pouvaient en rien être assimilés aux seuls nationalistes basques.

Enfin, peu de médias se sont réellement posé ces quelques questions dérangeantes : pourquoi Sarkozy a-t-il choisi un parcours au travers de rues étroites, dans une région où il sait la population relativement hostile ? Pourquoi, sachant que le député-maire de Bayonne, Jean Grenet, lui avait déconseillé quelque jour auparavant ? Pour un Président qui a pris tant de précaution à choisir les ouvriers dans les usines qu’il visitait, les journalistes et les « citoyens » qui l’interrogent sur les plateaux télé, comment expliquer tant de naïveté à Bayonne ?

Et comment expliquer que des journalistes nationaux n’ont pas vu la manifestation du matin ?

Silence et désinvolture à Itxasu

Le matin même de son séjour à Bayonne, Sarkozy, en effet, était attendu pour visiter la ferme dans la campagne basque, à Itxasu. La plupart des journalistes s’étaient retrouvés au très bon Restaurant du Chêne. Soudain, on fait savoir qu’un cortège de manifestants basques et de citoyens opposés à la ligne TGV Paris-Madrid tentait de franchir à pied l’un des nombreux barrages policiers mis en place le jour en question. Le secteur avait été bouclé dans la matinée par une trentaine de camions de CRS et de gendarmes. La presse nationale, bien assise, n’a pas cru bon d’aller voir ce qui se passait à l’extérieur du restaurant. Seuls quelques journalistes locaux ont quitté la table pour « couvrir » ce qui se passait et qui était pourtant très significatif.

En effet, un groupe de jeunes militants contournait alors à travers champs le bouclage policier. Le jeu du chat et la souris durera plusieurs heures, marqué par des affrontements avec les forces de l’ordre d’une violence notable. Le terme de violence est cette fois justifié. Ces images, sur lesquelles on peut apercevoir l’une des rares journalistes présentes, Anne-Marie Chancerel, de France Bleu Pays basque, ont été seulement filmées par la presse militante [6] : elles n’apparaîtront sur aucun écran des « grandes » télévisions. Or, contrairement à la manifestation de Bayonne, celle-ci regroupait sans aucun doute de jeunes militants indépendantistes. En effet, pour sa visite dans le Pays basque intérieur, Sarkozy était attendu sur la question du rapprochement des prisonniers politiques et de l’ETA. « Sur le principe, je suis favorable au rapprochement des détenus de leur famille. On doit faire le maximum pour satisfaire cette revendication », a-t-il répondu à la journaliste de France Bleu Pays basque.

Une fois de plus, le clivage a été manifeste entre, d’une part, les journalistes politiques qui suivent jour après jour la campagne de Sarkozy, et d’autre part les correspondants locaux et la presse quotidienne régionale. La réponse de Sarkozy en faveur du rapprochement des prisonniers de l’ETA était pourtant inédite. Elle signait un relâchement dans la position jusqu’ici très ferme du gouvernement français sur la question basque, mais elle n’a pas été rapportée dans les médias généralistes. Pourquoi ? Peut-être parce que « la presse politique n’est intéressée que par les petites phrases, cultive une vision sensationnaliste de la campagne et n’a aucune idée de ce qu’est le Pays basque », conclut une journaliste bayonnaise.

Oriana Melikian et Camille Fakrizadeh

Notes

[1] Voir sur le site de BFM-TV : « Nicolas Sarkozy chahuté à Bayonne par des indépendantistes ».

[2] Voir la vidéo sur Youtube.

[3] Voir sur le site de France Info.

[4] Parmi les figures de Batera, Jean-René Etchegaray, avocat et élu Modem à la mairie de Bayonne : pas vraiment un militant radical.

[5] Comme on peut le voir sur cette vidéo d’i-télé.

[6] Voir la vidéo sur Youtube.
Tourne avec Spip

30 janvier 2012

les mauvais comptes du président-candidat

Attac |

TVA=13, TTF=1 : les mauvais comptes du président-candidat

Nicolas Sarkozy a tranché : avec la hausse prévue de la TVA, les patrons verront leurs coûts salariaux diminuer de 13 milliards d'euros. En revanche, la fameuse taxe Tobin à la française ne rapporterait qu'1 milliard d'euros. Même en y ajoutant la hausse de la CSG sur les revenus du capital (qui devrait rapporter moins de 2 milliards), le compte n'est pas bon pour la justice fiscale.

En effet qui va payer la hausse de la TVA ? Pour l'essentiel, les consommateurs. Certes, le candidat-président s'est dit « prêt à prendre tous les paris » qu'il n'y aurait pas de hausses de prix. Malheureusement, il est vraisemblable que les entreprises en profitent pour améliorer leurs marges en ne baissant pas les prix hors taxes. Telle est sans doute l'intention des chefs d'entreprise ou du Medef, qui réclament depuis bien longtemps cette mesure à cor et à cri.

La TVA « sociale » réduira donc la consommation et aggravera la récession dans laquelle la France est engagée depuis quelques mois. C'est la première raison de la rejeter. La deuxième tient à son injustice : en augmentant la TVA, on réduit encore la progressivité du système fiscal. Car la TVA pèse plus lourdement sur les ménages populaires, qui consomment tout leur revenu, que sur les ménages aisés qui en épargnent une bonne partie.

Cette stratégie de TVA « sociale » s'inscrit dans la logique de dumping social et fiscal caractéristique de l'Union européenne et de la mondialisation néolibérale : or c'est précisément la course vers le bas des coûts salariaux qui entraîne l'Europe et son modèle social vers le gouffre. La hausse de TVA, déjà pratiquée en Grèce, en Espagne, au Portugal, en Italie, n'est qu'un volet des plans d'austérité qui sont en train d'enfoncer l'Europe dans la dépression.

Quant à la taxe sur les transactions financières, elle rapportera certes plus que le dérisoire impôt de Bourse, qu'avait supprimé le même Nicolas Sarkozy en 2008. Mais elle ne s'appliquera ni aux transactions sur les obligations, ni à celles sur les devises, et de façon marginale aux produits dérivés, qui sont surtout échangés à Londres et à Francfort. Le produit servira à combler les déficits et pas à financer les politiques de solidarité et de préservation de la planète : ce qui sera prélevé à la finance lui sera redistribué en intérêts de la dette publique. On est bien loin d'un projet crédible et efficace, qui suppose une réelle volonté de désarmer la finance et de redistribuer les richesses.

Attac France, le 30 janvier 2012

Pour plus d’information :

- Le dossier d’Attac France sur la TVA Sociale

- Le dossier d’Attac France sur la TTF

 

blogger templates