17 octobre 2015

Le souverainisme et l’espoir dans la société française


Extrait de "François Hollande à nu?" :

Mais, il faut aussi noter l’attaque haineuse contre le souverainisme à l’occasion de ce discours. Or, qu’est-ce que le souverainisme ?
Le souverainisme se définit étymologiquement comme l’attachement de quelqu’un à la souveraineté de son pays. Cela pourrait en faire un équivalent de patriotisme. Mais, dans sa signification actuelle, il définit un attachement et une défense de la souveraineté du peuple, qui est le fondement principal de la démocratie. Le souverainisme est donc l’expression de la volonté d’une communauté politique (le peuple) à pouvoir décider de lui même, par lui-même et pour lui-même sur les questions importantes. C’est donc une notion qui s’enracine profondément dans une vision de gauche de la société.
Le souverainisme, et plus encore la notion de souveraineté, sont devenus aujourd’hui des thèmes centraux de la vie politique française. Il en est ainsi car, après des années de petits empiètement et de gros dénis de démocratie (comme le fait d’avoir fait adopter par le Traité de Lisbonne ce que les français avaient rejeté lors du référendum de 2005), la crise grecque a montré que les institutions européennes piétinaient ouvertement la souveraineté d’un peuple. La crise grecque de l’été 2015, avec comme double point d’orgue le référendum du 5 juillet et la capitulation d’Alexis Tsipras le 13 juillet sous la contrainte financière exercée par la BCE, a mis la question de la souveraineté sur le devant de la scène. La crise grecque a donc fait office de révélateur et des français, de plus en plus nombreux, comprennent que la somme des petits empiètements du passé a donné naissance à une rupture qualitative en matière de souveraineté.

Le souverainisme c’est reconnaître la vertu des frontières. Car, la frontière est en réalité la condition nécessaire à la démocratie. C’est elle qui met l’étranger voulant vivre dans un autre pays devant le choix de s’intégrer ou d’être privé de droits politiques. Elle est une séparation entre l’intérieur et l’extérieur, séparation sans laquelle aucune organisation, et je rappelle qu’un Etat est une organisation, ne saurait – tout comme tout être vivant – exister. Même les protozoaires ont une membrane qui les isole de leur environnement. Elle est, comme l’a si bien dit Régis Debray, une condition et un produit, de la civilisation. Nier les frontières, et donc nier la souveraineté, c’est vouloir nous ramener à l’état de tribu et d’ethnies.

lire l’ensemble de l’article: http://arretsurinfo.ch/francois-hollande-a-nu/


François Hollande à nu?

François Hollande a donc prononcé, ces jours derniers, un discours devant le Parlement européen. De ce non-événement, il y aurait peu à dire, si ce discours n’était pas en réalité révélateur du per…

  

8 mai 2012

Après la défaite de Sarkozy : vers un juin 1936 européen

Attac France | 6 mai 2012

Attac se réjouit de la défaite de Nicolas Sarkozy, qui pourrait représenter la première défaite politique en Europe pour les tenants de l' hyperaustérité. Elle sanctionne l’arrogance d’un président au service d’une oligarchie insatiable. Elle exprime la résistance populaire aux politiques d’austérité, qui s’est manifestée en France par le grand mouvement de 2010 contre la réforme des retraites. Elle suscite l’espoir des peuples d’Europe du Sud, confrontés aux terribles ravages des politiques de la « Troïka », Commission européenne, BCE et FMI. Surtout qu’au même moment se dessine une percée historique de la gauche de résistance aux élections législatives en Grèce, avec une chute des deux partis de gouvernement qui ont mené aux plans d’austérité et à la débâcle du pays.

Mais si le soulagement est grand, l’espoir est fragile. La pression des marchés financiers va monter dans les semaines qui viennent pour contraindre François Hollande à ratifier le Pacte budgétaire imposé par Angela Merkel et Nicolas Sarkozy, avec en guise de « renégociation » quelques vagues déclarations et mesurettes européennes sur la croissance. Ce nouveau traité qui interdit les déficits publics et impose une austérité sans limite, doublée d'un productivisme aveugle qui met à mal la nature, le travail et le travailleur, va pourtant enfoncer l’Europe dans la dépression.

La social-démocratie française et européenne n’a pas encore pris la mesure des ruptures nécessaires pour inverser la tendance. Pourtant les forces progressistes n’ont aucun droit à l’erreur. En cas d’échec en France, la droite et l’extrême droite, dont les convergences xénophobes et autoritaires s’affirment aujourd'hui sans ambigüité, ramasseront la mise de la déception et du désespoir.

Il y a un moyen, et un seul, pour les citoyens d’empêcher cela : la mobilisation sociale, l’intervention directe dans les affaires de la cité. A l’image de juin 1936, mais dans une dynamique d’emblée européenne, nous pouvons imposer nos exigences pour répondre aux urgences sociales, écologiques et démocratiques mises à mal par les politiques actuelles. Renforçons nos syndicats, nos associations, nos partis progressistes ; occupons les places, les espaces publics ; imposons un débat démocratique sur les politiques économiques et sociales, en particulier au plan européen, avec un référendum sur le Pacte budgétaire. Les 18 et 19 mai nous serons des dizaines de milliers à Francfort, à l’appel des mouvements sociaux allemands, pour dire à la Banque centrale européenne : stop à l’austérité, oui à la solidarité !

Attac France, le 6 mai 2012

 

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