Communiqué de l’AFPS (Association France-Palestine solidarité)
Quel spectacle révoltant nous ont offert ce 28 janvier Trump et
Nétanyahou, qui prétendaient présenter ensemble un « plan de paix »
concernant au premier chef les Palestiniens …sans la moindre présence
palestinienne. Ces deux individus, tous deux sous le coup de poursuites
pour des actes commis dans le cadre de leur activité politique, tous
deux obnubilés par l’échéance électorale à venir, unis par leurs
conceptions racistes et suprémacistes.
Une seule réalité : Trump fait un cadeau électoral à Nétanyahou en
lui donnant sa bénédiction à l’annexion de toutes les colonies et de la
Vallée du Jourdain. Cynique jusqu’au bout, il l’adosse à la promesse
d’un supposé État palestinien fractionné et dépouillé de sa capitale
Jérusalem et de toutes ses ressources…
L’annexion ? C’est dès que vous voulez, dit-il aux Israéliens.
Le supposé État de Palestine, même dépouillé de tout pouvoir et de toute ressource ? C’est pour dans 4 ans si vous êtes sages.
Pas besoin d’en dire plus, on avait compris depuis longtemps : il s’agit
d’aller toujours plus loin dans la dépossession des Palestiniens de
leurs terres, de leurs ressources et de leurs lieux emblématiques, de
perpétuer le régime d’apartheid, de maintenir les Palestiniens sous
occupation.
En entendant liquider la cause palestinienne, ce n’est pas seulement
toute perspective de paix que Trump enterre, c’est une conception des
relations internationales fondée sur le droit. Ce n’est pas seulement en
Israël et Palestine que la paix est menacée : le suprémacisme est à
l’œuvre, il mine nos démocraties, il menace la paix dans le monde
entier.
La voie de la paix est toute autre : elle passe d’abord par la
reconnaissance de l’Autre, de l’injustice et des torts qui lui ont été
faits, elle passe par le respect du droit à l’autodétermination du
peuple palestinien et du droit au retour des réfugiés palestiniens, elle
passe par la fin de l’occupation, de la colonisation, du blocus de
Gaza. Ce n’est que sur cette base-là, celle du Droit que Palestiniens et
Israéliens pourront inventer leur avenir commun.
La première réaction de la France est de
« saluer les efforts du président Trump » ! C’est indigne !
La
seule réaction possible au « plan Trump » de la France, de l’Europe, de
tous les États qui affirment refuser la loi de la jungle et la loi du
plus fort, est un rejet clair et net, sans détour, assorti de menaces de
sanctions si l’État d’Israël s’avisait de le mettre en œuvre. Il est
inconcevable que la France se rende ainsi complice d’un tel plan. C’est
une solution basée sur le droit qui doit s’imposer.
Le Bureau national, 29 janvier 2020