16 janvier 2022

☢️ LE NUCLÉAIRE, ÉNERGIE VERTE ?


" Notre époque est orwellienne : les mots n’ont plus de sens, le réel est renversé. La Commission Européenne vient de classer l’industrie nucléaire comme une «verte», en lui offrant le label «énergie de transition». Le 31 décembre, la Commission Européenne terminait son projet final sur la classification des différents types d’énergies et leurs impacts environnementaux. La France a fait un lobbying pour que le nucléaire entre dans une catégorie «verte» et a obtenu gain de cause. Le nucléaire ne poserait donc pas plus de problèmes environnementaux que les énergies renouvelables ! (…) "

▶ http://www.preview-nantesre.nantes-revoltee.com/☢️-le-nucleaire-energie-verte/

8 février 2014

Condamné à la demande d'Areva, l'Observatoire du nucléaire fait appel



Justice : le poids de l'atome... Source, Observatoire du nucléaire


Observatoire du Nucléaire |Communiqué du 7 février 2014

Condamné à la demande d'Areva, l'Observatoire du nucléaire fait appel de ce jugement mettant gravement en cause le droit de dénoncer les méfaits du lobby nucléaire


Vendredi 7 février 2014, malgré les preuves accablantes rendues publiques par l'Observatoire du nucléaire (cf http://www.observatoire-du-nucleaire.org ), la 17ème chambre correctionnelle du Tribunal de Paris a jugé utile de condamner (à plusieurs milliers d'euros de pénalités financières, détails sous peu) pour "diffamation" cette association à la demande pressante de la multinationale radioactive Areva.

Il est édifiant de constater que ce n'est pas seulement la Justice mais la quasi-totalité de la société française, les principaux partis politiques et la plupart des "grands" médias en tête, qui détourne consciencieusement les yeux pour profiter du pillage de l'uranium du Niger, Areva n'était finalement que l'exécutant du sale boulot.

La France est trop heureuse de pouvoir alimenter ses réacteurs nucléaires en s'accaparant à un prix dérisoire l'uranium du Niger : ce sont probablement des centaines de milliards d'euros qui devraient être remboursés au Niger, surtout si l'on tient compte des graves atteintes à l'environnement (contaminations, assèchement de la nappe phréatique) et à la santé publique (cancers multiples, déplacement des populations autochtones, etc).

Le parti prétendument "écologiste" EELV, par l'intermédiaire des ses deux ministres et par le silence complice de ses groupes parlementaires, est directement le complice d'Areva et du lobby nucléaire. Interpellé sur France-Inter, le ministre du "développement" Pascal Canfin a carrément pris fait et cause pour Areva (matinale du 21 janvier 2013, http://www.franceinter.fr/player/reecouter?play=545845 )

La CGT-énergie, pour sa part, bafoue allègrement toutes les valeurs syndicales et altermondialistes en soutenant le pillage du Niger au profit de l'industrie nucléaire… et de ses lucratifs comités d'entreprises mis en coupe réglée par ce syndicat au méthodes plus que curieuses.

Les médias dominants ont une responsabilité écrasante puisqu'ils entretiennent en particulier le mythe de la supposée "indépendance énergétique apportée par le nucléaire" alors que 100% du combustible est importé (pillage du Niger, compromission avec les dictateurs d'Asie centrale, etc).

Pour ce qui est de la fameuse affaire du "don d'Areva" jugée ce jour, il convient de rappeler que personne n'aurait entendu parler de ce véritable scandale d’État sans l'engagement courageux de l'Observatoire du nucléaire. Ce versement de 35 millions d'euros, fait fin 2012 par Areva au budget du Niger dans des conditions controversées, et préaffecté à l'achat d'un avion pour le Président du Niger (un ancien cadre d'Areva !), illustre parfaitement le mépris de la France nucléaire pour le peuple du Niger.

Il convient aussi de rappeler qu'Areva a modifié à plusieurs reprises sa version des faits, niant d'abord le versement (cf AFP 12/12/2012, http://bit.ly/1fNXSUg ), avant de le reconnaître (AFP 14/01/2013, http://bit.ly/1eEzLHk ) puis de le "justifier" par une nouvelle version tenant compte de l'actualité (guerre au Mali, AFP 9 mars 2013, http://bit.ly/1jk54uE).

Seules les personnes les plus naïves peuvent croire que ce nauséabond "don d'Areva" - finalement jamais versé suite aux révélations de l'Observatoire du nucléaire - visait à aider la population du Niger, l'une des plus pauvre du monde alors qu'Areva fait un juteux business avec l'uranium de ce pays.

Chacun comprend immédiatement que ce versement avait pour seul but d'amadouer les dirigeants du Niger qui tentent actuellement mollement - le président Issouffou ayant besoin d'Areva pour assurer sa réélection en 2017, comme démontré par un document confidentiel publié par l'Observatoire du nucléaire, http://bit.ly/1aD1lW3 - d'obtenir une augmentation du dérisoire prix payé par Areva pour l'uranium extrait. C'est en ce sens que l'Observatoire du nucléaire a parlé de "méthode relevant de la corruption, au moins moralement si ce n'est pas juridiquement".

L'Observatoire du nucléaire a décidé de faire appel de ce jugement affligeant mettant gravement en cause la liberté d'expression et le droit de contester les méfaits des entreprises du lobby nucléaire.

 

18 décembre 2013

L'Observatoire du nucléaire met en ligne un enregistrement audio accablant pour Areva

Avion offert par AREVA au Pdt du Niger (Les Moutons enragés)


Observatoire du nuléaire - Communiqué du mercredi 18 décembre 2013


 
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Issoufou (ex-Areva) et Hollande (Areva) :
"Vous prendrez l'avion mon cher ?"


A deux jours du procès qui l'opposera à Areva vendredi 20 décembre au Tribunal de grande instance de Paris, l'Observatoire du nucléaire met en ligne sur son site web un nouveau document accablant pour Areva.

Il s'agit de l'enregistrement audio (et du script correspondant) de la séance du 4 décembre 2012 à l'Assemblée nationale du Niger, et plus particulièrement de l'intervention du ministre des finances Gilles Baillet.

Ce dernier annonce une modification du projet de budget 2013 car, "au dernier moment, (...) Areva a promis un don". Mais, alors que personne ne le lui demande, le ministre se sent comme obligé d'affirmer qu'il n'y aurait aucune contrepartie à ce curieux don : "je dois également préciser que ce don ne lie en rien du tout le gouvernement dans son engagement à avoir des conventions "gagnant-gagnant" avec Areva".

Mais Gilles Baillet ajoute immédiatement : "Bon, ça, vous êtes libres de penser ce que vous voulez…Hé hé hé..."

De même, alors qu'à nouveau personne ne lui en fait la demande, le ministre des finances se sent aussi obligé de préciser que "le montant du don d'Areva n'est lié à aucune dépense. Areva n'a pas dit "Je vous donne pour acheter x ou pour couvrir telle dépense"."

Mais Gilles Baillet reconnait qu' "il y a déjà une première inscription pour l'avion présidentiel dans le budget 2013"... tout en prétendant que cette inscription serait "insignifiante". On peut au contraire la trouver parfaitement signifiante et édifiante...

Pour mémoire, les documents révélés par l'Observatoire du nucléaire depuis le début de cette affaire - en particulier le compte-rendu d'une rencontre secrète tenue le 9 novembre 2012 entre Areva et le chef de cabinet de la présidence du Niger - ont permis de constater que le "don d'Areva" s'est finalement monté à 35 millions d'euros, une troisième tranche de 9 millions d'euros étant venue compléter les deux premières tranches respectivement de 16 et 10 millions.

Or, répondant à l'Agence France Presse le 12 décembre 2012 (cf dépêche AFP), Areva a menti en niant carrément l'existence de ce fameux don alors que celui-ci avait été offert un mois plus tôt et évoqué à l'Assemblée nationale du Niger 8 jours avant le 12 décembre 2012 (comme en atteste le document audio révélé ce jour).

C'est donc sur la base de son propre mensonge que Areva a assigné en justice l'Observatoire du nucléaire pour une prétendue "diffamation" (d'où le procès de ce 20 décembre 2013). La société nucléaire n'a reconnu que le 14 janvier 2013 (dépêche AFP du même jour), acculée par les éléments produits avoir effectivement fait ce fameux "don".

Rappelons que l'Observatoire du nucléaire a déjà publié lundi 16 décembre 2013 la lettre d'amendement au projet de budget 2013 de l'Etat du Niger, document déjà accablant pour Areva.

L'Observatoire du nucléaire maintient que, loin des dizaines de milliards d'euros que la France et Areva devraient verser au Niger pour l'avoir spolié et contaminé par l'extraction de l'uranium depuis 50 ans, le versement de ce curieux "don" est une pratique relevant de la corruption, au moins moralement si ce n'est juridiquement.

L'objectif d'Areva est assurément d'inviter les dirigeants du Niger à continuer à porter de façon très modérée les revendications du peuple nigérien qui ne supporte plus d'être contaminé et spolié par l'industrie nucléaire française. Cette dernière alimente ainsi à bon compte son parc de centrales dans le cadre d'une fausse "indépendance énergétique" basée... sur l'importation de l'uranium.



Lire également,
Urgent - Procès d'Areva contre l'Observatoire du nucléaire, Vendredi 20 décembre 2013 à 13h30

8 novembre 2013

Nous sommes tous les otages d’AREVA !


Mali, Niger, Françafrique : nous sommes tous les otages d’AREVA !


ACDN | 7 novembre 2013


Fin octobre, début novembre 2013, trois événements graves, l’un heureux, les deux autres tragiques, sont survenus dans la même semaine. Deux ont fait la Une des journaux et des médias français.


C’est le troisième événement, rapporté par l’AFP et un large panel de journaux mais éclipsé dans les médias par la libération des otages d’Arlit, qui permet de faire le lien entre les deux autres. Nous y viendrons plus loin. Il met en lumière le triste rôle, en Afrique comme en France, du "leader mondial de l’industrie nucléaire" à capitaux français : AREVA.

Toutes les vies ne se valent pas

Mardi 29 octobre, on apprend la libération, après trois ans de captivité et d’angoisse, des quatre derniers otages français enlevés au Niger le 16 septembre 2010, sur le site uranifère d’Arlit exploité par AREVA, et encore retenus par Al Quaïda au Maghreb Islamique (AQMI). Ramenés à Niamey, capitale du Niger, depuis le nord Mali où ils étaient détenus, ils retrouvent bientôt leurs familles en France. Enfin ! Sains et saufs ! On partage la joie de Thierry Dol, Marc Féret, Daniel Larribe, Pierre Legrand et de leurs proches.

Dimanche 3 novembre, on apprend l’enlèvement la veille à Kidal (nord Mali) de deux journalistes de RFI, Ghislaine Dupont et Claude Verlon, et leur assassinat presque immédiat. Brutal rappel à l’ordre. L’horreur et l’incompréhension saisissent la communauté nationale. Pourquoi cet acte barbare ?

De fait, le dénouement heureux pour "Thierry, Marc, Daniel et Pierre", comme dit AREVA sur son site Internet, ne saurait faire oublier d’autres réalités beaucoup moins réjouissantes.

D’abord, l’assassinat probable d’autres otages d’AQMI : Edwin Dyers, Michel Germaneau, et Philippe Verdon, exécuté par les ravisseurs des "sept d’Arlit" après la mort de leur chef Abou Zeid, tué pendant l’opération Serval.

Ensuite, le maintien en détention d’autres otages, français ou étrangers, en Afrique, en Syrie, en Asie, en Amérique latine et ailleurs. Leur liste ne cesse de se renouveler et ne se limite ni aux Français, ni aux salariés d’AREVA ou Vinci. Ne les oublions pas.

Et maintenant, l’assassinat de deux journalistes français chevronnés, de 55 et 57 ans, qui faisaient remarquablement, de l’avis général, leur métier d’observateurs éclairés et d’informateurs honnêtes en Afrique.

Début du questionnement. Que vaut la politique de la France, liée à celle d’AREVA en Françafrique ?

Il faut l’avouer, dans leur malheur les "sept d’Arlit" ont eu une chance insigne : travailler, directement ou indirectement, pour AREVA. Ils ont été enlevés parce qu’ils étaient les employés d’AREVA ou d’un sous-traitant du groupe VINCI, mais conservés en vie et libérés pour la même raison. En effet, malgré les démentis officiels, la presse, le Monde en tête, s’accorde à dire que leur employeur a versé 12,5 ou 13 millions d’Euros pour obtenir en février 2011 la libération de trois premiers otages d’Arlit, dont Françoise Larribe, et 20 à 25 millions pour les quatre derniers. Au moins 4,5 millions d’Euros, telle était la valeur marchande attribuée à chacun d’eux, négociée et consentie par AREVA.

Ghislaine Dupont et Claude Verlon ne valaient sans doute pas tant, car RFI n’a ni les moyens financiers ni l’autonomie de décision dont dispose AREVA. Mais ils représentaient, eux aussi, la France aux yeux de leurs ravisseurs, et ils l’ont payé de leur vie. On en apprendra sans doute davantage sur l’identité et les motivations des assassins et leurs liens éventuels avec AQMI, mais un fait est déjà sûr, qui peut servir de leçon : désormais, nul Français n’est à l’abri d’un enlèvement et d’un assassinat.

A cet égard, la responsabilité d’AREVA est immense. Certes, à en juger par la rançon qu’elle a versée à AQMI, la multinationale de l’uranium attache un grand prix à la vie humaine. Rien de moins sûr pourtant. Qu’on en juge.

Le prix d’une rançon

Au même titre que la prime d’assurance "K & R" (Kidnapping and Rescue) et les 35 millions d’Euros supplémentaires remis par AREVA au Niger en mars 2013 pour renforcer la sécurité de ses sites, les 33 millions (ou plus) versés à AQMI entreront dans le coût de revient du kilowattheure nucléaire payé par les clients d’EDF, à côté de nouvelles taxes éventuellement concédées au président Mahamadou Issoufou (on s’en réjouirait pour le Niger...) à l’occasion ou à la suite des tractations conduites par son homme de confiance, Mohamed Akotey, pour obtenir la libération des derniers otages d’Arlit.

En ce sens, en tant que consommateurs d’électricité d’origine nucléaire, les Français sont devenus, financièrement, solidaires des otages d’AREVA. On ne s’en plaindra pas. Mais il y a plus grave.

Alimentant les caisses d’AQMI, ces 33 millions (ou plus) vont renforcer son armement et ses moyens logistiques pour procéder à de nouveaux enlèvements de Français. Les guerres de l’uranium ne faisant que commencer, nous sommes tous potentiellement exposés à devenir les otages des ennemis d’AREVA. Que nous soyons collaborateurs d’AREVA, de VINCI, d’EDF, ou journalistes, ou simples touristes en Afrique ou ailleurs.

Plus grave encore (au moins collectivement), nous sommes devenus les otages politiques d’AREVA.

Car AREVA décide des affaires du Niger comme de celles de la France. Mohamed Akotey préside le conseil d’administration d’Imouraren SA, la filiale d’AREVA qui prépare au Niger l’exploitation de la plus grande mine d’uranium du monde. Quant à Mahamadou Issoufou, c’est un ingénieur des mines formé en France. Il fut directeur national des Mines au ministère nigérien des Mines et de l’Énergie de 1980 à 1985, puis directeur d’exploitation de la mine d’Arlit (appartenant à AREVA), puis secrétaire-général de la Société des mines de l’Aïr (SOMAIR, filiale d’AREVA) jusqu’en 1991. Il interrompt alors ses activités minières pour se lancer dans la politique, fondant le parti socialiste nigérien... Le lui a-t-on suggéré ? Parvenu à la tête du Niger le 12 mars 2011 -cela mérite bien un avion présidentiel- Mahamadou Issoufou est "l’homme d’AREVA".

François Hollande, placé à la tête de la France, l’est aussi.

AREVA, un Etat dans l’Etat

Lorsque le PS signe en novembre 2011 un accord de mandature avec EELV incluant la fermeture de la filière dite de retraitement (visant en fait à séparer le plutonium des autres sous-produits de nos centrales) et de fabrication du MOX, AREVA fait savoir à François Hollande, d’un simple coup de fil, que ce point est inacceptable. Aussitôt celui-ci l’abroge unilatéralement, puis le rétablit pour un week-end, le temps d’obtenir l’aval du Conseil fédéral d’EELV à l’accord, et l’abroge derechef sitôt après, se déclarant seul juge, s’il est élu, de l’application de l’accord.

Soutien résolu d’AREVA, partisan acharné du nucléaire sous toutes ses formes, il n’est pas étonnant que François Hollande ait reçu à bras ouverts à l’Elysée le 11 juin 2012, le 13 novembre 2012, le 10 mai 2013, son homologue nigérien, par ailleurs vice-président de l’Internationale socialiste, "un ami" qu’il connaissait bien avant que chacun d’eux devienne président. Pas étonnant qu’il lui rende un hommage appuyé après la libération de "Thierry, Marc, Daniel et Pierre". On est en famille.

Le 10 mai 2013, François Hollande, déclare : "C’est la troisième fois que je reçois M. Mahamadou ISSOUFOU, le Président du Niger. C’est vous dire la qualité de la relation entre nos deux pays et la confiance que nous nous témoignons mutuellement. Cette confiance nous l’avons également retrouvée au moment de l’intervention de la France au Mali... Nous avons des relations bilatérales qui sont également de très bonne tenue - j’allais presque dire « teneur » puisque nous avons la relation avec AREVA ! Nous en discutons régulièrement avec le Président... Il y a également une coopération économique qui est forte... Et puis, il y a une coopération militaire qui était engagée avant même l’opération Serval et qui se poursuit, là encore, sur des bases solides." (Source). Bref, un concentré de Françafrique à faire rêver.

Que nous soyons tous, Nigériens ou Français, otages d’AREVA, en voici d’autres preuves.

Les mensonges d’AREVA

D’après ce qu’elle raconte sur son site Internet, la firme veille sur "la santé et la sécurité des travailleurs et des populations environnantes", "la préservation de l’environnement", "la limitation des impacts", et pratique "un engagement sociétal fort".

"Sécurité des travailleurs" ?

Les otages enlevés à Arlit en juin 2008, en octobre 2009, et dans la nuit du 15 au 16 septembre 2010 ont pu l’apprécier. Ou la quinzaine de blessés dont AREVA faisait état parmi ses salariés nigériens lors de l’attentat-suicide du 23 mai 2013, toujours sur son site d’Arlit, tandis qu’un attentat simultané faisait à Agadez plus de 20 morts parmi de jeunes soldats nigériens en formation. (Premier résultat des 35 millions d’Euros donnés en mars par AREVA à l’Etat nigérien : l’assassinat de nouvelles recrues.)

"Santé des travailleurs" ?

"A Arlit et Akokan, les concentrations en uranium dans certains puits dépassent d’un facteur 10 les normes de l’Organisation Mondiale de la Santé." Ceci a été démontré par la CRIIRAD mais aussi par les laboratoires officiels (Algade et IRSN) commandités par AREVA pour faire des contrôles.

"Préservation de l’environnement" ?

En juin 2009, au moment où Areva annonçait, sous la pression des ONG, la création d’"Observatoires de la santé" sur ses sites d’exploitation, la CRIIRAD écrivait : "L’exploitation de l’uranium à Arlit et Akokan (Niger) a conduit à soutirer plus de 270 millions de m3 d’eau dans une nappe fossile. La mise en exploitation du gisement d’Imouraren conduira au soutirage de 12 à 13 millions de m3 par an. AREVA reconnaît que la nappe souterraine sera asséchée à la fin de l’exploitation dans une quarantaine d’années. De plus l’exploitation nécessitera l’excavation de près de 4 milliards de tonnes de roches et produira des montagnes de déchets : stériles miniers amoncelés en verses de 40 mètres de haut sur 20 km2 et 245 millions de tonnes de déchets radioactifs à très longue période dont personne ne sait comment garantir le confinement."

On notera que ces stériles miniers, lorsqu’ils sont utilisés comme remblais, entraînent une élévation considérable de la radioactivité du sol : dans les rues d’Akokan par exemple, ou devant l’hôpital de la COMINAK, où on a pu relever des niveaux de radioactivité jusqu’à cent fois supérieurs à la normale (Lettre de la CRIIRAD à Anne Lauvergeon, présidente d’AREVA, le 15 mai 2007).

"Limitation des impacts" ?

Outre les impacts directs, chimiques, radiologiques et phréatiques, la CRIIRAD dénonçait en 2009 "les impacts indirects liés à l’utilisation de charbon pour fournir l’énergie aux complexes d’extraction de l’uranium. En 2006, au Niger, 85 % de l’électricité commercialisée par la SONICHAR était achetée par SOMAÏR et COMINAK. La mise en exploitation des nouveaux gisements d’uranium va faire passer la consommation de charbon de 160 000 tonnes à 400 000 tonnes en 2011. La population de Tchirozérine, commune où sont implantées la mine de charbon et la centrale thermique se plaint de l’impact de la pollution atmosphérique et de la pollution des eaux."

Là encore, on voit ce que vaut la "santé des travailleurs et des populations environnantes"... et l’argument "environnemental" en faveur d’un combustible nucléaire censé nous éviter l’emploi du charbon, la pollution atmosphérique et la production de CO2 !

"Engagement sociétal fort" ?

Selon Areva, "depuis la création des sociétés minières de SOMAÏR et de COMINAK il y a une quarantaine d’années, AREVA a déployé une politique sociétale ambitieuse... Au Niger, le groupe soutient des programmes d’aide au développement et mène également des actions de solidarité dans les domaines de la santé, de l’éducation, de la formation et de l’accès des populations locales à l’eau et à l’énergie... Face aux situations d’urgence, famines, inondations... AREVA vient en aide aux populations sinistrées du Niger. AREVA participe activement au développement économique du Niger, dont il est le principal partenaire industriel."

AREVA, qui déclare pour 2012 un Excédent Brut d’Exploitation d’un peu plus de 1 milliard d’Euros, dont 425 millions dans le secteur minier, se vante sur son site de consacrer 3 millions d’Euros par an à ses "contributions sociétales" au Niger - moins du 1/10e de sa "contribution" à AQMI. Et "plus de 37 millions d’Euros de taxes diverses payées au Niger en 2009" - à peine plus que la "taxe" versée à AQMI. Pas de quoi changer la face du pays.

Mourir au Niger

Les 113 migrants clandestins partis d’Arlit en octobre 2013 par familles entières n’ont pas su profiter du modèle de "développement économique" promis au Niger, l’un des pays les plus pauvres du monde, par son "principal partenaire industriel". Ces Nigériens-là étaient exclus de la manne d’AREVA.

Car voici le troisième événement de la dernière semaine d’octobre, le moins connu, le plus tragique : le 28, juste avant la libération des otages d’Arlit, on apprend que 87 cadavres décomposés, en partie dépecés par les chacals, ont été retrouvés dans le désert nigérien entre Arlit et la frontière algérienne, ainsi que les camions en panne qui auraient dû les conduire vers l’Algérie et le mirage d’une vie meilleure. Ils s’ajoutent aux dépouilles de 5 femmes et fillettes découvertes précédemment. Il s’agit de migrants clandestins partis d’Arlit quelques semaines plus tôt. Ils sont morts de soif. Essentiellement des femmes et des enfants. Au total, 21 rescapés et 92 victimes : 7 hommes, 35 femmes, 50 enfants.

"Sadafiou, un rescapé d’une trentaine d’années qui a perdu trois de ses proches dans le voyage, avait expliqué il y a quelques jours à la radio privée Sahara FM que le groupe dont il faisait partie, originaire du Sud nigérien, fuyait de mauvaises récoltes à venir" (Le Parisien, 31.10.13).

Il est vrai qu’AREVA n’est pas à Arlit pour faire le bonheur des Nigériens. Ni le nôtre. Elle y est pour fournir de l’uranium aux centrales françaises et des profits à ses actionnaires, étatiques à 83 %. Le minerai d’uranium extrait d’Arlit pollue l’environnement sur place et tout au long du cycle de transfert, traitement et retraitement qui le transforme en combustible, puis en plutonium (utilisable dans le combustible MOX et comme explosif militaire) et en déchets nucléaires. Pour l’éternité.

Nigériens ou Français, "nous sommes tous des otages d’Areva".

La pieuvre
AREVA n’étend pas seulement ses tentacules de la France au Niger ou au Gabon, elle les étend des Etats-Unis à la Chine et au Japon, en passant par le Kazakhstan, la Finlande, l’Afrique du Sud ou les Emirats Arabes unis. La firme s’en vante sur son site et le souligne même : "AREVA fait bénéficier ses clients d’une présence commerciale dans plus de 100 pays et industrielle dans 43 pays. Le groupe a élaboré une stratégie de développement pérenne, s’appuyant sur une implantation équilibrée entre l’Europe, les Amériques et l’Asie."

Une "implantation équilibrée", tout à fait comparable à la "stricte suffisance" dont se vantent les stratèges et dirigeants français, nos "têtes pensantes", à propos de leurs 300 "têtes nucléaires" conçues par le Commissariat à l’Energie Atomique (CEA), actionnaire d’AREVA à 61,52 %, commandées par l’Etat français, actionnaire d’AREVA à 21, 68 % - braves "têtes nucléaires" modestement capables, sur simple décision d’une seule tête pensante aujourd’hui appelée François Hollande, de faire un petit milliard de morts. Et bien sûr, de dissuader les terroristes de nous prendre en otages.

Une stratégie économique aussi "pérenne" que notre stratégie militaire puisque, pas plus du côté des centrales que du côté des armes, il n’est prévu de renoncer au nucléaire. Les réacteurs initialement prévus pour durer de 25 à 30 ans le sont désormais pour 40 ans et vont le devenir pour 50, voire (dernière revendication d’EDF) 60 ans. En attendant la relève par la série des EPR qui ont bien du mal à sortir de terre et à diverger mais qui seront d’emblée destinés à vivre au moins 60 ans. Quant aux armes que la France s’est engagée à éliminer en ratifiant il y a plus de vingt ans le Traité de Non Prolifération, elle consacre chaque année près de 4 milliards d’Euros à les moderniser. AREVA, CEA, même combat.

Tous otages

Les otages d’AREVA, ce sont tous les Français, mais aussi tous les humains d’aujourd’hui soumis en permanence à la menace de nouveaux Fukushima, Tchernobyl, Three Mile Island, Tcheliabinsk, Hiroshima, Nagasaki, et ceux de demain condamnés à gérer pendant des millénaires les déchets issus de l’uranium d’Arlit et d’ailleurs.

Français, révoltons-nous. Exigeons la fin de la dictature d’AREVA.

Et vous, Mesdames, Messieurs les journalistes, ne vous contentez pas de pleurer vos collègues assassinés. La meilleure façon d’honorer leur mémoire, c’est de donner la parole à ceux qui combattent la pieuvre, qui revendiquent pour les Français le droit d’échapper à son emprise, de faire un choix lucide et éclairé en matière de politique énergétique et stratégique.

Un monde vivable pour tous, un monde pacifié, c’est un monde sans armes ni centrales nucléaires.

Saintes, le 7 novembre 2013

Jean-Marie Matagne, président de l’Action des Citoyens pour le Désarmement Nucléaire
ACDN 31 Rue du Cormier 17100 SAINTES
contact@acdn.net
www.acdn.net

Autres articles sur le site d’ACDN :
Accord PS-EELV : la soupe et les lentilles seront radioactives
Société nucléaire, société insécuritaire
Nucléaire : François Hollande, le triple C.
Lettre ouverte au Président de la République


 

14 octobre 2013

Niger: des milliers de travailleurs et d’habitants manifestent contre Areva

 Photo: Les Implantations d’Areva au Niger (source: Areva)

Coordination Anti-nucléaire | dimanche 13 octobre 2013 | via Wikileaks actu


A l’occasion de la ré-négociation des contrats d’exploitation de l’uranium du Niger par Areva, des milliers de Nigériens ont manifesté ce samedi 12 octobre 2013 dans la cité minière d’Arlit pour dénoncer l’impact environnemental causé par les activités du groupe nucléaire français accusé de polluer et contaminer la région depuis des décennies.


Des milliers de manifestants ont défilé samedi dans la cité minière d’Arlit, dans le nord du Niger, contre le groupe nucléaire français Areva qui exploite depuis plus de 40 ans l’uranium dans ce territoire où vivent et se déplacent, traditionnellement, les nomades touareg. Les manifestants – élus locaux et membres de la société civile, auxquels se sont joints des habitants –, ont défilé dans les rues de la ville en scandant des slogans farouchement anti-Areva.

Les milliers de protestataires accusent Areva de polluer l’environnement et de ne n’avoir fait aucun cas des préoccupations quotidiennes des habitants. Eau d’irrigation et puits contaminés, déchets radioactifs entassés, air chargé de particules radioactives: la stratégie néo-colonialiste de l’Etat français et de ses fers de lance affairistes ronge la terre et ses habitants.

Azaoua Mamane, l’un des organisateurs, dresse un bilan accablant de la présence du groupe nucléaire français sur le sol nigérien depuis près d’un demi-siècle: "La population a hérité de 50 millions de tonnes de résidus radioactifs stockés à Arlit et Areva continue de pomper gratuitement 20 millions de mètres cubes d’eau par an pendant que la population meurt de soif. Les rues et les habitations d’Arlit sont construites à l’aide de résidus radioactifs et la nappe phréatique usée et contaminée s’assèche par la faute d’Areva".

La manifestation qui a regroupé quelque 5 000 personnes veut montrer " que nous en avons assez de cette domination et soutenir le nouveau gouvernement dans ses prochaines discussions avec Areva au sujet des ressources du pays», a précisé A.Mamane. Le Premier ministre du Niger, Brigi Rafini, a précisé le 6 octobre dernier que son pays allait « passer au peigne fin » ses contrats miniers avec Areva, jugeant le partenariat pour le moins « déséquilibré ».

Le Niger, qui compte parmi les grands producteurs mondiaux d’uranium mais reste l’un des pays les plus pauvres du monde, avait critiqué fin octobre 2012 le partenariat historique « très déséquilibré » avec Areva et réclamé des retombées plus importantes. Deux co-entreprises ont été monté par l’exploitant nucléaire avec l’Etat nigérien, la Cominak et la Somaïr, pour une production annuelle de l’ordre de 4.500 tonnes.


Le rouleau compresseur du colonialisme nucléaire écrase le peuple

Le Mouvement des Nigériens pour la justice (MNJ), mené par des Touaregs, a lancé un mouvement de rébellion en février pour demander une plus grande autonomie de la région nord du pays où est extrait l’essentiel de l’uranium nigérien. Une première rébellion touarègue avait eu lieu au début des années 90. Elle avait pris fin en 1995 par un accord de paix qui n’avait pas été totalement respecté par le gouvernement. Ce dernier refuse de négocier avec les rebelles qu’il n’hésite pas à qualifier de trafiquants de drogue et de bandits.

Un attentat suicide avait fait le 23 mai dernier un mort et 14 blessés parmi les employés d’Areva, tous nigériens sur le site de la Somaïr (Société des mines de l’Aïr,détenue à 64% par Areva et 36% par l’Etat du Niger). La production du site minier avait été suspendue, arrêtée et n’avait pu reprendre que 3 mois plus tard alors que le groupe nucléaire espérait ouvrir d’ici deux ans une nouvelle mine (géante) à Imouraren contre laquelle se battent les populations locales et nomades.

Depuis des mois les manifestations, notamment de jeunes, se multiplient tant contre le renforcement des dispositifs policiers et militaires à Niamey pour protéger les ambassades occidentales que contre les activités du lobby nucléaire français. "Nous sommes très en colère, ces barrières nous empêchent de nous rendre au centre-ville par la voie naturelle. Nos ambulances et corbillards sont obligés de faire de longs détours", a expliqué un habitant à l’AFP qui précise qu’ils en ont assez des "tracasseries et contrôles sécuritaires humiliants".

Corruption des institutions et dirigeants par le lobby nucléaire?

Fin 2012, l’Observatoire du Nucléaire révélait que la Loi de finance 2013 du Niger, alors étudiée par l’Assemblée nationale de ce pays, qui est supposé être indépendant après avoir été colonisé par la France jusqu’en août 1960, venait d’être subitement modifiée par le ministre des finances. Cette intervention, probablement illégale, a consisté à rajouter au budget national la somme de 17 milliards de FCFA (environ 26 millions d’euros) "offerte" au Niger par la société nucléaire française Areva, dont 10 milliards de FCFA (plus de 15 millions d’euros) directement affectés à l’acquisition d’un avion pour le Président du Niger, M. Issoufou.

L’organisation de veille sur le nucléaire déclarait: "Il s’agit donc clairement d’une manoeuvre de corruption, probablement sur le plan légal et assurément sur le plan moral, par Areva qui entend ainsi perpétuer sa mainmise sur les réserves d’uranium du Niger, pour continuer à alimenter les centrales nucléaires françaises. Par l’intermédiaire d’Areva (anciennement la Cogéma), la France pille l’uranium du Niger depuis des décennies, s’octroyant ce minerai à un prix ridiculement bas tout en causant de graves dommages à l’environnement et en nuisant aux populations locales… il n’est acceptable de voir Areva attribuer de son propre chef une somme au Niger, comme un "généreux donateur" venant au secours d’un déshérité. Et ce d’autant plus que la majeure partie de cette somme est d’ores et déjà affectée à l’achat d’un équipement de luxe et de prestige pour le Président du Niger." L’opposition démocratique du Niger, regroupée dans l’Alliance pour la réconciliation nationale (ARN), avait dénoncé cette manœuvre.

Areva contrôle le gouvernement Nigérien et… Français

Le Président du Niger, M. Issoufou, est un … ancien directeur de la Somaïr… filiale d’Areva ! Son prédécesseur, Mamadou Tandja, a été renversé en 2010. Ayant fait modifier la constitution du Niger afin de rester au pouvoir, il n’avait lui-même rien d’un grand démocrate. Mais il avait aussi commencé à résister à l’ancien colonisateur français, jouant de l’intérêt des chinois pour l’uranium afin de faire augmenter le prix payé par Areva. Il n’est donc pas surprenant que M Tandja ait été renversé… et remplacé par un employé d’Areva.

Ce véritable putsch de la France sur le Niger a été supervisé par le Président français M Sarkozy, mais c’est aujourd’hui M. Hollande et son gouvernement qui sont au pouvoir… et qui laissent Areva corrompre le président du Niger. Signe des temps, l’un des premiers actes du Président Hollande fut de recevoir M. Issoufou à l’Elysée, le 11 juin 2012, pour s’assurer de la mise en exploitation par Areva, qui plus est avant même la date prévue de 2014, de la mine géante d’uranium Imouraren.

Rappel: depuis le 16 septembre 2010, cinq employés d’Areva et de Vinci et deux Africains, enlevés à Arlit dans le nord du Niger, sont retenus en otage par Al-Qaida au Maghreb islamique.

 
 


1 octobre 2013

Sauver l'Observatoire du nucléaire des griffes d'areva


Souscription : 5400 euros pour

sauver l'Observatoire du nucléaire



...avant le procès fait à l'Observatoire par Areva
Vendredi 20 décembre 2013 à 13h30

Rassemblement à 12h30 devant le Tribunal de Grande
Instance de Paris (4 boulevard du Palais, métro Cité)
Areva exige plus de 25 000 euros de pénalités...


Areva veut faire disparaître l'Observatoire du nucléaire mais... encore faut-il qu'il existe encore à la date du procès : l'Observatoire, qui n'a plus un sou en caisse, a besoin de 5400 euros (*) pour les trois mois de smic (octobre, novembre, décembre) de son unique salarié, Stéphane Lhomme, afin qu'il puisse continuer à travailler jusqu'au procès Areva... et en particulier préparer ce procès.

(*) un mois de smic = 1122 euros net pour la salarié, ce qui revient à 1800 euros TTC pour l'association

Objectif 5400 euros : participez svp à la souscription pour sauver l'Observatoire du nucléaire avant le procès Areva. Merci d'avance ! (Informations et bilan financier : ici)


Résumé de l'affaire - Communiqués - Presse

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Issoufou (ex-Areva) et Hollande (Areva)
La société d'Etat Areva a-t-elle financé l'achat
d'un avion pour le Président du Niger, lui-même
ancien directeur... d'une filiale d'Areva ?
"Vous prendrez l'avion mon cher ?"

Résumé de l'affaire :


Le 3 décembre 2012, l'opposition parlementaire nigérienne, l'ARN, dénonce par communiqué l'intervention intempestive du Ministre des finances dans le processus d'élaboration du budget national 2013, avec en particulier l'ajout d'un étonnant "don" d'Areva de 17 milliards de Francs CFA (environ 26 millions d'euros)... dont 10 milliards de FCFA (plus de 15 millions d'euros) sont directement affectés à l'acquisition d'un avion pour le Président du Niger, M. Issoufou.

Le 11 décembre 2012, par communiqué, sur la base de la démarche de l'ARN mais aussi d'autres documents obtenus entre temps, l'Observatoire du nucléaire dénonce "une manoeuvre de corruption, probablement sur le plan légal et assurément sur le plan moral, par Areva qui entend ainsi perpétuer sa mainmise sur les réserves d'uranium du Niger" et écrit au Ministre du Développement pour obtenir des explications.

Le 12 décembre 2012, l'Agence france presse (AFP) traite l'affaire dans une longue dépêche dans laquelle on apprend qu'Areva nie : "Le groupe nucléaire français, qui exploite depuis des décennies l'uranium dans le nord du pays, a démenti le versement d'une aide budgétaire qui suscite la polémique"

Le 19 décembre 2012, Areva assigne l'Observatoire du nucléaire pour "diffamation" et exige environ 25 000 euros de pénalités (ce qui signifie à coup sûr la disparition de l'Observatoire du nucléaire, objectif évident d'Areva). Le procès est fixé dans un premier temps au 1er février 2013.

Le 7 janvier 2013, menacé de disparition, l'Obervatoire du nucléaire fait savoir par communiqué qu'il écrit au Président de la République, au Premier ministre, et au Ministre du développement : l'Etat étant propriétaire d'Areva, les dirigeants politiques doivent dire la vérité sur le fameux "don". Aucune réponse ne viendra...

Le 13 janvier 2013, l'AFP publie une seconde dépêche sur l'affaire, dans laquelle on apprend que le directeur de cabinet du président nigérien a reconnu, au cours d'une conférence de presse, l'existence du fameux "don d'Areva". La somme est en fin de compte de 35 millions d'euros : aux deux premières "tranches" de 16 et 10 millions, pour les budgets 2013 et 2014, s'ajoute un troisième versement de 9 millions pour 2015. Les autorités du Niger expliquent que ces sommes constituent un "dédommagement" du fait du retard pris par Areva pour l'ouverture de la mine d'uranium en projet à Imouraren.

Le 14 janvier 2013, l'Observatoire du nucléaire annonce par communiqué la mise en ligne d'un document confidentiel. Il s'agit du compte-rendu d'une rencontre discrète, entre le directeur de cabinet du président nigérien et trois hautes dirigeants d'Areva, qui a eu lieu le 9 novembre 2012 et au cours de laquelle Areva s'est effectivement engagée à verser à verser 35 millions d'euros au budget du Niger. Ce versement est présenté par Areva comme permettant "la poursuite d'une coopération sereine entre l'Etat du Niger et Areva et prenant en compte le manque à gagner généré par le report probable du projet Imouraren". C'est la publication de ce document dans un journal nigérien (en version papier) qui a amené le directeur de cabinet du président nigérien à reconnaître l'existence du versement, niée jusque là par Areva et par les autorités du Niger.

Le 14 janvier 2013 encore, l'AFP publie une dépêche titrée "Aide d'Areva au Niger : une ONG réitère ses accusations de corruption", l'ONG en question étant l'Observatoire du nucléaire. On apprend dans la dépêche que, "interrogé par l'AFP, Areva a confirmé le versement d'une aide de 35 millions d'euros au Niger" : devant l'évidence, Areva est bien obligée de reconnaître l'existence de son versement controversé, malgré ses dénégations précédentes (autant dire ses mensonges).

Le 15 janvier 2013, sans attendre le verdict de la justice qu'elle a pourtant elle-même saisie, la société Areva met en demeure l'hébergeur Free pour l'amener sous 48 heures à censurer le site web de l'Observatoire du nucléaire. Après hésitation, Free renoncera à toute intervention, probablement convaincu par l'argumentation de l'association qui estime logiquement que c'est à la justice - et non à Areva ou à Free - de dire s'il y a ou non diffamation...

Le 21 janvier 2013, à dix jours du procès, et n'ayant pas obtenu la moindre réponse la part des autorités françaises, le directeur de l'Observatoire du nucléaire appelle au standart de France-inter et réussit à interpeller en direct le Ministre du Développement (Pascal Canfin, EELV), invité de la matinale. Mais ce dernier prend fait et cause pour Areva...

Le 1er février 2013, le tribunal renvoie l'affaire au... 20 décembre 2013, le planning étant semble-t-il obéré jusqu'à cette lointaine date. Pas de dépêche d'agence, pas d'article de presse... Difficile de ne pas rapprocher ce subit silence médiatique de l'intervention militaire française au Mali, déclenchée le 11 janvier 2013 officiellement pour "restaurer la démocratie", en réalité pour sécuriser les mines d'uranium "françaises" exploitées par Areva au nord-ouest Niger... près du Mali.

Le 9 mars 2013, l'AFP publie une nouvelle dépêche par laquelle Areva fait connaître sa toute nouvelle version de l'affaire, comme si de rien n'était, comme si la multinationale n'avait pas menti auparavant (en particulier en commençant par nier l'existence du "don"), comme si la réunion secrète du 9 novembre 2012, et le document confidentiel qui en fait le compte-rendu, n'existaient pas. Profitant de l'actualité de l'intervention militaire française au Mali, Areva prétend désormais que le fameux versement n'avait pour autre but que de "sécuriser les mines d'uranium". Il s'agit là d'une grossière réécriture de l'Histoire.

Le 18 mars 2013, l'Observatoire du nucléaire écrit à l'AFP pour signaler que la dépêche du 9 mars ne rend compte que de la nouvelle version d'Areva, faisant fi des éléments précédents et des autres points de vue (comme celui de l'Observtoire) et pour suggérer une dépêche assurant le pluralisme ("Nous vous prions donc de trouver ci-dessous une mise au point afin que les lecteurs puissent noter la façon dont Areva s'arrange avec la réalité"). Pas de réponse : l'Etat français étant le principal client de l'AFP, l'avenir permettra probablement de voir si l'agence a été sommée de s'aligner sur la "vérité d'Etat" (c'est à dire celle d'Areva).

20 décembre 2013 : procès d'Areva contre l'Observatoire du nucléaire, 13h30 au Tribunal de grande instance de Paris (4 rue du Palais)


Ce que demande Areva en justice (cf assignation):

- une amende de 5000 euros contre Stéphane Lhomme (*) = 5 000 euros
- 3 publications dans la presse de 5000 euros HT chacune = 18 000 euros TTC
- frais de procédure et de déplacement : au minimum 2 000 euros

Total : au minimum 25 000 euros !

22 janvier 2013

Les cinq principes de la propagande de guerre, selon Michel Collon



Michel Collon, vous connaissez ? Belge, écrivain et journaliste indépendant, il livre sur son site Investig’Action des analyses au scalpel du monde dans lequel nous vivons. Sa dernière contribution m’a valu moult recommandations. Michel Collon y invite à détecter les “médiamensonges” sur la guerre que mène la France au Mali.

Pour sa démonstration, Michel Collon s’appuie sur cinq principes vieux comme le monde et utilisés à outrance, en boucle, par la propagande pour justifier toute expédition guerrière. (...)

21 janvier 2013

Areva au Niger, Lhomme qui dérange


regards.fr | Par Emmanuel Haddad| 21 janvier 2013

Le 1er février, le militant antinucléaire Stéphane Lhomme sera appelé à la barre, après avoir dénoncé la corruption d’Areva au Niger. Dans ce pays frontalier du Mali où l’armée française opère depuis une dizaine de jours, la France prend un tiers de l’uranium dont elle a besoin. Non sans quelques arrangements, s’insurge le militant.


Areva au Niger, Lhomme qui dérange

« Tu vois, nous sommes le quatrième pays producteur d’uranium au monde et nous n’avons même pas de lampadaires. » Maina, membre de l’association Alternative Niger, marche à tâtons dans les rues de Niamey, dépourvues d’éclairage public. Ce qui l’énerve le plus, c’est de savoir que l’uranium nigérien, extrait par Areva et exporté vers la France, éclaire au même moment les routes et les places publiques françaises. Le paradoxe est saisissant : tandis qu’un tiers du minerai jaune utilisé par les 58 réacteurs nucléaires français provient du pays de Maina, le Niger importe les trois quarts de son électricité du Nigéria.

Maina ignore toutefois qu’en France, ce paradoxe exaspère au moins autant que lui Stéphane Lhomme, le fondateur de l’Observatoire du Nucléaire. Depuis sa vigie citoyenne basée à Saint-Macaire, en Gironde, il surveille les moindres faits et gestes de l’industrie nucléaire française, des malfaçons de l’EPR de Flamanville construit par EDF aux manœuvres d’Areva pour s’accaparer, depuis plus de 40 ans, l’uranium nigérien à un coût réduit.

Dans cette lutte à la David contre Goliath, le militant écologiste est tombé sur une arme de taille le 11 décembre dernier : selon l’AFP Areva aurait offert 26 millions d’euros au Niger pour boucler son budget 2013 et une partie de ces fonds va être utilisée par le gouvernement nigérien pour acheter un nouvel avion présidentiel à Mahamadou Issoufou. « Ce don est une humiliation pour les citoyens du Niger », estime-t-il. Car en parallèle, l’Etat nigérien ne tire que 5% de son PIB des recettes de l’exploitation de l’uranium. Ni une ni deux, il publie un communiqué pour dénoncer un acte de « corruption, probablement sur le plan légal et assurément sur le plan moral », de la part d’Areva, qui entend ainsi « perpétuer sa mainmise sur les réserves d’uranium du Niger. »

Stéphane Lhomme souligne que le cadeau budgétaire d’Areva vient mettre un terme aux critiques du gouvernement, qui multipliait récemment les prises de parole pour dénoncer le manque-à-gagner du Niger face à Areva : « Les déclarations faites de temps à autre par des politiciens nigériens visent plus certainement à obtenir quelques avantages de la part de l’ancienne puissance coloniale, mais assurément pas à remettre en cause le "business de l’uranium", qui n’a pourtant rien apporté de bon au peuple du Niger, qui reste un des plus défavorisés de la planète... » Du côté d’Alternative Niger on s’interroge : « Si c’est un cadeau, quelle est alors la contrepartie qu’attend Areva ? »

Uranium contre réélection

Le problème, c’est qu’Areva dément tout transfert monétaire aux autorités nigériennes et attaque dans la foulée L’Observatoire du Nucléaire pour diffamation. Et bien que l’AFP, avait recueilli l’information de la bouche même du président du groupe parlementaire du parti au pouvoir, le gouvernement nigérien dément aussitôt avoir reçu le moindre franc CFA de la part de l’entreprise française. Le 1er février 2013, le militant anti-nucléaire devra se défendre face aux avocats d’Areva. Ce procès met en péril l’existence de l’Observatoire du nucléaire qui, outre les frais de justice, risque une amende de 25 000 euros.

Inquiet mais pas abattu, Stéphane Lhomme est revenu quelques semaines plus tard, en 2013, avec un nouvel argument pour dénoncer les relations clientélistes entre Areva et le Niger. Le 14 janvier, il publie le compte-rendu confidentiel d’une réunion tenue en novembre 2012 entre trois membres de la direction d’Areva et M. Hassoumi, le directeur du cabinet de la présidence de la République nigérienne. On y apprend qu’Areva s’apprête à distribuer 35 millions d’euros au gouvernement nigérien, « en prenant en compte le manque à gagner généré par le report probable du projet Imouraren ». Imouraren, c’est la future plus grande mine d’uranium d’Afrique située au Nord-Niger, avec des réserves de 100 000 tonnes d’uranium, détenue à 57% par Areva. Confirmée, la promesse de transfert d’Areva au Niger, malgré son démenti officiel un mois plus tard ! Le leader français va d’ailleurs se contredire en janvier 2013 en annonçant officiellement qu’il versera bien 35 millions d’euros à l’Etat sahélien.

Les révélations du document confidentiel ne s’arrêtent pas là. Les représentants d’Areva y annoncent que la mine d’Imouraren ne sera pas inaugurée avant mi-2016, voire en 2017. M. Hassoumi rappelle alors aux représentants d’Areva que « l’année 2015 est une échéance politique importante qu’il convient de ne pas dépasser pour un démarrage du projet Imouraren », car l’ouverture de la mine « correspond à un projet majeur du président ». Sur ce, ils s’engagent à avancer le lancement de la production à 2015. Interprétation du président de l’Observatoire du Nucléaire : « dans la mesure où l’entreprise Areva pourra continuer à s’accaparer à bas prix l’uranium du Niger, elle organisera à la mi-2015 une jolie cérémonie pour simuler le début de la production d’uranium à Imouraren et permettre ainsi au Président nigérien sortant d’en tirer parti pour sa réélection début 2016. »

Dans l’attente de son procès, qu’il envisage désormais avec confiance, le militant réitère ses accusations contre Areva. Il a même trouvé le temps de publier sur Rue89 une tribune où il déclare que la guerre au Mali n’a d’autre visée que de sécuriser l’approvisionnement français en uranium. Il est égalament à l’initiative d’une cyberaction lancée le 15 janvier incitant les citoyens français à demander la vérité sur l’avion présidentiel d’Areva au Niger.

Mise sur écoute, gardes à vue...

Stéphane Lhomme n’en est pas à son premier combat contre l’industrie nucléaire. Porte-parole du réseau Sortir du Nucléaire entre 2002 et 2010, il avait publié en novembre 2003 un document confidentiel défense, où l’on apprenait que le futur réacteur EPR était vulnérable à une attaque d’avion. Or ce réacteur de troisième génération, qui s’est depuis révélé plus coûteux que rentable, était alors l’espoir commercial d’EDF. Face à ce militant zélé, le fournisseur d’électricité publique avait donc opté pour la méthode forte et placé M. Lhomme sur écoute avec la collaboration de l’entreprise suisse SecureWyse. Le militant écologiste subira aussi deux gardes à vues et une perquisition, histoire de calmer sa curiosité mal placée.

Malgré le soutien parlementaire et médiatique, il n’a toujours pas obtenu justice face à EDF : « Après avoir déposé plainte contre EDF pour complicité et recel d’intrusion frauduleuse dans un système informatique, j’ai été entendu à deux reprises par les gendarmes, la seconde fois en décembre 2010. Depuis, le Parquet fait le mort ! La plainte n’est pas classée... ni instruite. Il est clair qu’il y a une volonté de ne rien trouver », estime le militant.

Le 1er février prochain, il espère que cette fois la justice lui donnera raison face à Areva. Et que que l’écho médiatique du procès enverra un signal de solidarité à Maina et aux Nigériens, toujours privés d’éclairage public.

14 janvier 2013

Guerre au Mali, uranium au Niger ...



Observatoire du nucléaire - Communiqué du lundi 14 janvier 2013

Une guerre au Mali et de l'uranium au Niger :

des islamistes très utiles au pouvoir français


Le 11 janvier 2013, l'armée française est intervenue au Mali à la suite de mouvements, vers Bamako, de groupes armés islamistes. Depuis des mois, ces derniers tiennent tout le nord du Mali et se seraient enhardis au point, nous dit-on, de vouloir occuper l'ensemble du pays.
Personne ne niera que ces groupes soient composés d'horribles individus qui, sous prétexte de convictions "religieuses", battent toute personne dont le comportement ne leur plait pas, coupent les mains des voleurs (réels ou supposés), exécutent- en particulier des femmes - pour des broutilles ou même pour rien.

Pour autant, de la même façon qu'au moment de l'intervention militaire contre Kadhafi en Libye, il est insupportable de se retrouver sommé de soutenir une intervention militaire déployée… par ceux qui sont largement responsables de la gravité de la situation.

Qui plus est, qui peut vraiment croire qu'il s'agit d'une opération "pour la démocratie au Mali" ? Cela fait des décennies qu'elle est bafouée dans ce pays par des régimes corrompus… largement soutenus par la France. Alors, pourquoi cette subite urgence "démocratique" ?

De même, qui croira qu'il s'agit de "sécuriser la région" ? En réalité, il s'agit de sécuriser l'approvisionnement des centrales françaises en uranium : ce dernier est extrait dans les mines du nord du Niger, zone désertique seulement séparée du Mali… par une ligne sur les cartes géographiques.

A ce propos, on soulignera l'extrême perversité des ex-puissances coloniales qui ont jadis tracé des frontières absurdes, faisant fi de l'implantation des populations, et créant des pays aux contours bien curieux : le Niger et le Mali sont tous les deux en forme de sablier, une partie sud-ouest contenant la capitale, totalement excentrée et éloignée d'une immense partie nord-est, principalement désertique.

C'est ainsi que, pendant 40 ans, Areva (auparavant la Cogéma) a pu s'accaparer en toute tranquillité l'uranium nigérien dans ces mines situées à 500 kilomètres de la capitale et du fragile "pouvoir" politique nigérien. 

Ces dernières années, des groupes armés se sont organisés dans cette région : des Touaregs, dépités d'être méprisés, déplacés, spoliés. Et des groupes plus ou moins islamistes, certains issus des anciens GIA qui ont semé la terreur en Algérie, d'autres contrôlés par Kadhafi, et autonomisés suite à la disparition de ce dernier.
Des salariés d'Areva, cadres dans les sociétés d'extraction de l'uranium, ont été enlevés en septembre 2010 au Niger, transférés au Mali et retenus depuis. Puis, le 7 janvier 2011, deux jeunes français ont à leur tour été enlevés au Niger. 

L'Observatoire du nucléaire a été une des rares voix à dénoncer (*) l'opération militaire immédiatement lancée par les autorités françaises. Ces dernières avaient en effet, de toute évidence, décidé de châtier coûte que coûte les preneurs d'otages, quitte à ce que cela se termine dramatiquement pour les deux jeunes otages… qui ont effectivement été tués dans l'opération. 

Ces deux jeunes ne travaillaient pas pour l'extraction de l'uranium mais, c'est évident, l'idée était de décourager d'éventuelles prochaines actions contre des salariés d'Areva.
Depuis, les mouvements Touaregs laïques et progressistes ont été marginalisés, en particulier par la montée en force du groupe salafiste Ansar Dine. Puissant et lourdement armé, ce dernier s'est allié à AQMI (Al Qaeda au Maghreb Islamique), faisant courir un risque de plus en plus évident pour les activités françaises d'extraction de l'uranium au nord du Niger.

La France a soutenu avec la plus grande constance les gouvernements corrompus qui se sont succédé au Mali, aboutissant à un délitement total de l'État. C'est probablement cet effondrement qui a amené les groupes islamistes à s'enhardir et à avancer vers Bamako.

De même, la France a maintenu depuis 40 ans le pouvoir du Niger dans un état de faiblesse et de dépendance par rapport à l'ancienne puissance coloniale et son entreprise d'extraction de l'uranium, la Cogéma devenue Areva. Alors que les dirigeants nigériens essaient tant bien que mal de contrôler ce que fait Areva, la France reprend totalement la main avec son intervention militaire.

Les récents mouvements des groupes islamistes n'ont en effet fait que précipiter l'intervention militaire française qui était en préparation. Il s'agit indéniablement un coup de force néocolonial, même si les formes ont été mises avec un opportun appel à l'aide du Président par intérim du Mali, dont la légitimité est nulle puisqu'il est en place suite à un coup d'État qui a eu lieu 22 mars 2012.

Précisons à nouveau que nous n'accordons pas le moindre crédit aux dangereux fondamentalistes qui sont aussi des trafiquants de drogue et d'armes et n'hésitent pas à blesser et tuer. 

Par contre, nous refusons la fable de l'intervention militaire "pour la démocratie". Ce prétexte a déjà beaucoup servi, en particulier lorsque les USA ont voulu mettre la main sur des réserves pétrolières, et le voilà encore de mise parce que la France veut assurer l'approvisionnement en uranium de ses réacteurs nucléaires. Notons d'ailleurs que, à 27 000 euros l'heure de vol d'un Rafale, le tarif réel du courant d'origine nucléaire est encore plus lourd que ce que l'on pouvait craindre...

En conclusion, il est une nouvelle fois démontré que l'atome, et la raison d'Etat qui l'entoure, ne nuit pas seulement à l'environnement et aux êtres vivants mais aussi à la démocratie.

Stéphane Lhomme
Directeur de l'Observatoire du nucléaire
 

Note de alter du Lot: lire également, Un document confidentiel exceptionnel montre
l'emprise d'Areva sur le Niger et confirme les
accusations de l'Observatoire du nucléaire.

Source image, info-Afrique

22 septembre 2012

Et le Niger "on l'a chez nous", monsieur Montebourg ?


"Le pétrole on l'importe, alors que le nucléaire on l'a chez nous."

Arnaud Montebourg (en direct sur Mediapart, 21-09-12: voir la vidéo)


Rappel:

Greenpeace  | le 6 May 2010

Au Niger, Areva empoisonne l’eau, l’air et la terre


Areva extrait de l’uranium au Nord du Niger, autour des villes d’Arlit et d’Akokan, depuis 40 ans. Greenpeace a pu accéder à certaines zones d’extraction minière en novembre dernier pour prélever des échantillons de sol, d’eau et d’air. La CRIIRAD, laboratoire indépendant; les a ensuite analysés en France. Résultat : la radioactivité dans ces zones habitées et les déchets produits par l’extraction minière sont alarmants, et Areva n’a pas pris toutes les mesures qui s’imposent.


Non seulement le propos du ministre dénote d'une ignorance crasse quant aux dessous de l'industrie du nucléaire ainsi qu'à son coût réel en terme des matières premières et de dépense carbone considérable liée à l'extraction, à l'acheminement  et à l'enrichissement de l'uranium, mais en plus il fait preuve vis à vis du Niger, d'une arrogance désespérément "françafricaine".
Paco

6 février 2012

AREVA Niger Faute inexcusable

Association Henry Pézerat | Communiqué | 3 février 2012


Mines d’uranium au Niger : Areva au tribunal pour faute inexcusable

 
Alors que l’agence Reuters fait savoir que : « Trois juges se pencheront le 8 février sur un accord prévoyant le versement des quelque 1,5 million d’euros d’indemnités de départ que l’ex-présidente d’Areva Anne Lauvergeon réclame à son ancien employeur », un autre procès se déroule devant le TASS de Melun. Un ancien responsable de la maintenance d’une filiale d’AREVA, dans l’exploitation minière d’ARLIT (Niger), est décédé d’un cancer broncho-pulmonaire radio-induit reconnu en maladie professionnelle. Sa famille a engagé devant le TASS de Melun une action en faute inexcusable de l’employeur, contre AREVA qui décline toute responsabilité. C’est désormais une « tradition » dans l’industrie nucléaire, entre filialisation et sous-traitance, la responsabilité des risques et de leurs conséquences n’est jamais à mettre à l’actif des exploitants.

Selon Maître Jean-Paul Teissonnière, qui plaidait, ce 3 février, pour la famille, au tribunal de Melun, « AREVA, titulaire de la concession minière d’Arlit et actionnaire – alors majoritaire – de sa filiale COMINAK, est l’employeur réel ». Connaissant parfaitement les risques, les responsables AREVA au plus haut niveau ont failli à leur obligation de sécurité de résultats, vis-à-vis des travailleurs de la maintenance du nucléaire, au Niger comme en France.

Ce procès contribue à lever le voile sur les conditions indignes d’exploitation des mines d’uranium par AREVA en Afrique, comme le montre le dossier établi par la CRIIRAD.

Pour une maladie professionnelles reconnue chez un salarié français ayant travaillé au Niger, combien de morts et de malades dus à la radioactivité – rendus invisibles par les choix d’organisation du travail – chez les travailleurs du Niger et dans la population riveraine des mines et usines d’uranium dans ce pays ?

Solidaires de la famille éprouvée par ce décès, les associations Henri Pézerat et Sous-Traitance – Santé veulent souligner l’écart entre les indemnités de départ demandées par madame Lauvergeon et le déni de responsabilité d’AREVA dans le cas d’une maladie mortelle due à la radioactivité.

Merci à tous ceux et celles qui liront ce communiqué de le diffuser largement pour vaincre la chape de silence autour des victimes de la radioactivité de l’industrie nucléaire française.

Communiqué, 3 février 2012, Association Henri Pézerat, Association Sous-Traitance Santé

Lire le communiqué en PDF

31 janvier 2012

FMI Niger main basse sur les ressources

CADTM | 30 janvier | par Pauline Imbach

Comment le FMI fabrique la misère et la cache sous le tapis ?

Du Niger à l’Islande : petit voyage en compagnie de Christine Lagarde

Christine Lagarde, directrice générale du Fonds monétaire international (FMI), s’est rendue au Nigeria, puis au Niger du 18 décembre au 22 décembre 2011. Sa visite au Niger avait pour objectif d’ « assurer l’avenir économique du Niger dans une conjoncture mondiale incertaine ». Pour cela, un véritable tapis rouge a été déployé : Mme Lagarde a pu rencontrer des représentants des institutions financières et du secteur privé, prendre part à un conseil des ministres et prononcer un discours à la chaire de l’Assemblée Nationale. Pas étonnant dans ces conditions qu’elle se dise « très satisfaite du degré de coopération du partenariat qui existe entre le Niger et le FMI. Nous sommes en accord sur l’essentiel ».

Qu’importe la langue de bois, main basse sur les ressources

A Niamey, devant le président nigérien Mahamadou Issoufou, Christine Lagarde a déclaré que « le Niger se trouve à un moment décisif de son évolution (...) Il faut se rendre à la difficile évidence que relativement peu de pays ont réussi à bien gérer leurs ressources naturelles » dénonçant « les investisseurs peu scrupuleux qui ont investi au détriment des populations locales ». Pour le FMI la solution réside alors dans l’utilisation « avec intelligence et précaution, [de façon] durable et soutenable, des ressources naturelles au bénéfice du plus grand nombre ».

Ce n’est pas un hasard si pour sa première visite en Afrique Mme Lagarde, ancienne ministre française de l’Économie, de l’Industrie et de l’Emploi, s’est rendue au Niger. Ancienne colonie française, le pays constitue le pré-carré de la Cogema puis d’Areva qui, depuis des décennies, exploitent de manière peu scrupuleuse l’uranium. Le nucléaire, question clé de la campagne présidentielle française de 2012 a très largement besoin de l’uranium nigérien : près d’un tiers de l’uranium des centrales nucléaires françaises provient du Niger. Le pays est le premier fournisseur d’Areva : la moitié de sa production de 2010 était assurée par ses sites nigériens ... La multinationale française loin d’exploiter les ressources du Niger de manière intelligente, durable, soutenable, et au profit du plus grand nombre est largement responsable d’un énorme scandale écologique et social. En décembre 2003, la Commission de Recherche et d’Information Indépendantes sur la Radioactivité (CRIIRAD) a effectué une mission scientifique au Niger afin d’enquêter sur l’impact radiologique des activités d’extraction de l’uranium conduites depuis plus de 40 ans par des filiales du groupe Areva. « Bien que le matériel de mesure ait été confisqué par les autorités, [cette enquête a permis de] mettre en évidence des pollutions radioactives manifestes, dans la région des villes d’Arlit et Akokan notamment. Les travailleurs des mines d’uranium sont exposés à la radioactivité, mais la contamination de l’air, de l’eau, des sols, au voisinage des mines expose en réalité l’ensemble de la population à des radiations. Il s’agit de faibles doses, mais qui peuvent à la longue avoir des conséquences sanitaires multiples. » |1|

Last but not least, le Niger est devenu en novembre 2011 producteur de pétrole avec des sites de forages dans l’est du pays.

Grâce à la surexploitation de ses ressources naturelles et à l’abandon de sa souveraineté politique et économique, le Niger pourrait connaître en 2012 l’une des plus fortes croissances économiques du monde (14%) ... de quoi faire des envieux dans le contexte de marasme économique mondial.


Austérité mon amour

Lors de sa visite, Mme Lagarde s’est également rendue à Boubon, à l’ouest de Niamey, où elle a rencontré des potières qui font la renommée de ce village. Elle y a joyeusement déclarée que le FMI « n’est pas seulement une institution désincarnée qui prescrit des mesures d’austérité à travers le monde » il est « très sensible aux particularités » de chaque pays ... Malheureusement pour Madame Lagarde, le FMI ne trompe aujourd’hui plus personne, et si c’est dans les vieux pots qu’on fait les bonnes soupes, cette visite au Niger n’annonce rien de bon pour la population qui va une fois de plus payer les pots cassés des mesures d’austérités drastiques.

Le Niger est l’un des pays les plus pauvre de la planète avec 16 millions d’habitants dont six millions sont menacés par la famine. Il apparaît quelque peu cynique pour la directrice générale du FMI d’expliquer que la pauvreté et la famine sont le fâcheux résultat d’une mauvaise météo : « la vie n’est pas toujours facile, je sais que les questions alimentaires en particulier sont un vrai problème, la saison des pluies a été faible ». Le FMI ne fait pas le beau temps et il est en grande partie responsable de la crise alimentaire qui touche de nombreux pays du Sud. Dès le début des années 80, le FMI et son amie la Banque mondiale ont contraint les pays du Sud à adopter des politiques d’ajustement structurel qui se sont révélées dramatiques à de nombreux égards : réduction des surfaces destinées aux cultures vivrières et spécialisation dans un ou deux produits d’exportation, fin des systèmes de stabilisation des prix, abandon de l’autosuffisance en céréales, fragilisation des économies par une extrême dépendance aux évolutions des marchés mondiaux, forte réduction des budgets sociaux, suppression des subventions aux produits de base, ouverture des marchés et mise en concurrence déloyale des petits producteurs locaux avec des sociétés transnationales… |2|


Du Sud au Nord, le FMI est responsable de la crise

Le FMI semble s’inquiéter d’une « conjoncture mondiale incertaine », or il est largement responsable de la crise de la dette qui touche les pays du Nord comme ceux du Sud.

La crise de la dette que connaît aujourd’hui l’Europe contient les même ingrédients que celle qui frappe les pays du Sud depuis les années 80 ... Le FMI a lancé il y a quelques jours (le 18 janvier 2012) un appel pour collecter plus de 500 milliards de dollars pour faire face à la crise de la dette en zone euro. Le FMI intervient en Europe au sein de la Troïka (avec la Banque centrale et la commission européenne) en octroyant des prêts aux pays sur-endettés pour que ceux-ci puissent rembourser les banques privées (dans le cas de la dette espagnole, italienne, grecque et portugaises, les banques privées créancières sont principalement allemandes et françaises, ce qui explique en partie l’agitation du couple Merkel-Sarkozy, occupé à sauver les banques privées de leurs pays ....) En échange des prêts du FMI, les états sur-endettés doivent se soumettre à un plan d’austérité, dont le contenu est bien connu des peuples du Sud : privatisation, licenciement des fonctionnaires, augmentation de la TVA, etc.

Bref difficile de croire que le FMI « n’est pas seulement une institution désincarnée qui prescrit des mesures d’austérité à travers le monde » , l’histoire montre simplement le contraire.

La crise de la dette en Europe a remis l’institution sur pied car depuis les années 2000 elle était bien mal en point. D’une part, le FMI s’était fait une très mauvaise réputation en raison des plans d’austérité sévère qu’il a imposés aux pays du Sud et dans les années 2000, différentes luttes populaires ont poussé des gouvernements, comme celui de l’Argentine, à mettre l’institution à la porte. D’autre part, à partir de 2004, la conjoncture favorable des prix des matières premières a permis à de nombreux pays (tels que l’Algérie, le Brésil, le Venezuela ou la Russie) de se défaire de ses engagements avec le FMI par des remboursements anticipés. Ainsi en quelques années, les montants des prêts du FMI ont brutalement chuté, passant en 2003 de 107 milliards de dollars à 16 milliards de dollars en 2007. Au moment ou Dominique Strauss Kahn en a pris les rênes 15% du personnel soit 380 personnes ont été licenciées et l’institution a été contrainte de vendre une partie de son stock d’or.

En avril 2009, le G20 de Londres décide de confier au FMI le rôle principal de gestionnaire de la crise de la dette en Europe et de porter à 750 milliards sa capacité de prêt qui était de 250 milliards. Fin 2011, les montants des prêts du FMI s’élèvent à 254 milliards de dollars ... de quoi retrouver d’importants bénéfices ...

Quand les peuples refusent de payer la dette, l’austérité recule


La dette est un mécanisme d’accaparement des richesses. Pour refuser l’austérité il parait essentiel de se pencher sur la question du remboursement de la dette et de mener des audits citoyens |3|. Des exemples existent et ils montrent qu’il est possible pour les citoyen-ne-s de proposer des alternatives. Quand les peuples refusent de payer la dette, c’est l’austérité qui recule et les droits sociaux qui reprennent le dessus.

En Équateur, en 2007 le pouvoir exécutif décide de mettre en place une commission d’audit intégral sur la dette portant sur la période 1976-2006. A l’issue de ce travail, le président de l’Équateur a déclaré qu’il ne paierait pas la part de la dette commerciale jugée illégitime. L’audit a permis à l’Equateur de racheter pour 900 millions de dollars des titres qui en valaient 3,2 milliards. Résultat : une économie cumulée entre capital et intérêts d’environ 7 milliards de dollars. Ces sommes ont été réinvesties dans les dépenses sociales et notamment dans la santé, l’éducation et les aides sociales. Par ailleurs, la part du budget de l’Etat pour le paiement de la dette est passée de 32% à 15% et celle concernant les dépenses sociales de 12 à 25%.

L’Islande, le seul pays européen qui a rejeté par un référendum citoyen le sauvetage des banques privées, laissant s’effondrer certaines d’entre elles et jugeant de nombreux banquiers pour leurs crimes financiers connait des perspectives économiques pour 2012 tout à fait intéressantes. Le pays a terminé l’année 2011 avec une croissance économique de 2,1% et selon les prévisions de la Commission européenne, il connaitra un taux de croissance trois fois supérieure à celui de l’Union Européenne en 2012. Loin de faire de la croissance un cheval de bataille, il est quand même intéressant d’observer que le pays qui atteint la sacro-sainte croissance tant vantée par le FMI et ses compères est celui qui refuse de payer pour les banquiers...

Eux ou nous ... Il n’y a pas vingt chemins pour se réapproprier notre souveraineté politique et économique. Il faut exiger de toute urgence l’ouverture des livres de comptes et refuser de payer la dette, le sauvetage des banques, la baisse des impôts des plus riches et des grandes entreprises.

Ce n’est pas un choix, puisqu’il s’agit en clair de nos écoles, nos hôpitaux, nos emplois, nos droits ou de leurs profits. Nous devons avancer, en solidarité avec tous les peuples du monde, vers une vraie démocratie où l’intérêt commun, le partage des richesses et les droits sociaux sont inaliénables. L’acte un reste à poser : nous devons refuser de payer la dette aux créanciers !
 

 

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