29 janvier 2019

Gilets jaunes et crise de l’État-providence, quelle issue ?


Un texte très militant, qui, quoi que l’on pense de ce qu’il préconise, a le mérite d’exposer la genèse des excellents services publics français et les raisons pour lesquelles dans le cadre du capitalisme dérégulé occidental actuel, il n’a que de très faibles chances de survie, et encore moins d’une quelconque sanctuarisation. Il a un autre mérite, celui de proposer une piste de sortie de crise.

Quelles que soient vos convictions, il est clair que passé le premier moment de la contestation, il va bien falloir réfléchir au but à atteindre et aux moyens d’y parvenir. Il faudra donc se poser la question des obstacles à un retour à des services publics solides et à un niveau de vie décent pour tous, et des moyens de les circonvenir.

Ce qui suit est une tentative de réponse. Le RIC en est une autre, mais dans quel contexte économique? Des pistes de réflexion supplémentaires devraient émerger ou réémerger dans les mois qui viennent, surtout si l’on tient compte des effets négatifs de l’euro sur la compétitivité française et le niveau de vie du pays, ainsi que des directives néolibérales de l’UE, qui sont par essence directement contraires aux demandes des Gilets jaunes. Quel avenir pour la France dans l’UE ? Faut-il en sortir ?

A chacun de faire preuve d’imagination et de créativité. Jusqu’ici, les Gilets jaunes n’ont manqué ni de l’une, ni de l’autre.

Par Michèle Brand
Paru sur Astute News sous le titre The Yellow Vests, the Crisis of the Welfare State and Socialism




30 mai 2018

Scandale de la privatisation des barrages : une retenue sur le bon sens


Le gouvernement a donc annoncé la privatisation des 150 plus grands barrages hydrauliques de France. Cela fait plus de 10 ans que la Commission européenne fait pression sur Paris pour en finir avec la gestion publique du secteur hydroélectrique, sans succès. Avec Macron, Bruxelles est rapidement satisfaite. Cette décision est pourtant lourde de conséquences, tant pour la bonne gestion du réseau électrique national et la facture du consommateur que pour la sécurité du territoire.

Lire sur Le vent se lève ..
 

4 février 2018

Le sens caché du discours d'Emmanuel Macron à Davos




SOURCE - LE DISCOURS D'EMMANUEL MACRON À DAVOS https://www.youtube.com/watch?v=xV0dN...

Par Tatania Ventosa via Tipeee
 

29 décembre 2015

Démocratie, la fin du rêve

La fin du rêve

28 déc. 2015 Par Laurent Chemla
Voir en ligne : Blog Les conséquences sociales d'Internet, et les chats.


Que n'a-t-on pas lu sur la «crise démocratique», après le 1er tour des élections régionales de 2015. Et que ne lira-t-on pas sur ce sujet pendant les prochaines présidentielles. 
 

Les "causes profondes" de cette crise sont connues, nous dit-on: crise économique, chômage de masse, trahison des promesses de campagne, perte La fin du rêve des repères, terrorisme, populisme, désespoir de la jeunesse, souhait d'une recomposition politique ou même d'une nouvelle constitution... et j'en oublie certainement. À croire que chaque commentateur a sa propre grille de lecture, capable d'expliquer l'abstention massive et le vote FN tout à la fois.

J'ai ma propre explication, mais elle risque de ne pas vous plaire. Moi, elle ne me plait pas.

Selon moi, toutes ces causes n'en sont pas: ce ne sont que des symptomes de quelque chose d'autre.

Pas besoin de débattre de la dérive monarchique de la Vème république, inutile d'en appeler au déni de démocratie que fut l'adoption du traité constitutionnel européen malgré son rejet par referendum: ce ne sont là encore que des symptomes, et non des causes.

Mais des symptomes de quoi ?

Pour qu'il y ait crise démocratique, il faut qu'il y ait - sinon démocratie (ne rêvons pas) - au moins l'impression qu'in fine le peuple dispose du pouvoir de plus ou moins choisir le modèle de société dans lequel il souhaite vivre. Dans ce cas, et si l'offre politique ne répond pas à ses attentes, alors, oui, il y aura crise.

Nous n'en sommes plus là, et depuis longtemps.

Pas une démocratie

On sait depuis Sieyès que la France n'est pas une démocratie, et "ne saurait l'être". Sa vision, qui limitait le pouvoir du peuple au seul choix de ses représentants (et qu'il nommait honnêtement "état représentatif" par opposition à un "état démocratique" qui aurait permis le mandat impératif) est à l'origine de notre république, et de beaucoup d'autres. "Les citoyens qui se nomment des représentants", disait-il, "n'ont pas de volonté particulière à imposer". Ce qu'on pourrait résumer, en français moderne, par "si tu donnes ta voix à quelqu'un, tu n'as plus qu'à fermer ta gueule". Les mots ont un sens. Même s'il est commode de l'oublier, la France n'est pas, et n'a jamais été, une démocratie.

Et il est d'autant plus facile de l'oublier que ceux qui se présentent au suffrage n'hésitent pas à le faire au nom de la "démocratie", et de "programmes" et de "valeurs" qu'ils peuvent bien promettre d'appliquer quand ils savent mieux que tout autre qu'ils ne les appliqueront pas. C'est là le mensonge fondamental de toutes les élections, la manipulation triviale qu'appliquent tous les pervers narcissiques qui aspirent à nous gouverner.

Par principe, nous élisons les meilleurs menteurs. Par principe, en tant que peuple, nous nous mentons à nous-mêmes depuis des générations pour éviter de voir que nous incombe la responsabilité de notre déchéance politique. C'est d'ailleurs un déni dans lequel s'enferment d'abord les principales victimes de nos pervers élus: ceux qui adhèrent au parti du chef, et qui restent ensuite "partisans" envers et contre toutes les évidences de ses trahisons. Ça se traite.

À ceci, il n'est qu'une seule réponse adulte: le boycott des urnes, seul choix permettant de ne plus donner la moindre légitimité "populaire" à ceux qui prennent le pouvoir, jusqu'à ce qu'enfin ceux-ci se révèlent n'être que ce qu'ils sont: des petits despotes capables de tout pour vivre dans les ors de la république.

Jusqu'à ce qu'enfin disparaîsse une fois pour toutes la fable pour grands enfants de l'existence d'un "peuple souverain". Ce mythe populaire n'a que trop vécu.

Pour autant, aussi nécessaire qu'elle soit, cette prise de conscience ne sert à rien en tant que telle. Accepter de voir notre organisation sociale telle qu'elle est n'est qu'un préalable: ce n'est pas parce qu'un enfant accepte l'inexistence du père noel qu'il devient un citoyen actif.

Dans ce deuil de la légende démocratique, la phase suivante, après celle du déni, est celle de la colère. De la révolte.

Mais c'est là que ça devient triste.

D'abord parce que cette colère, cette révolte, est tout à fait inutile. Ceux qui croient que la révolution (qu'elle se fasse dans la rue ou qu'elle reste "numérique") permettra à la fable de devenir une réalité n'ont pas tout à fait saisi le sens du mot "fable". Au mieux, ce type d'insurrection ne permet que de changer de constitution, le temps pour la génération suivante de dirigeants d'apprendre à utiliser les failles du nouveau texte (qui lui permettront à son tour de se maintenir au pouvoir).

Au pire, ça ne sert qu'à précipiter la marche inexorable vers l'état policier terminal.

Ensuite parce que les grands groupes d'influence (qui se satisfont très bien de notre aveuglement) ne sont pas dirigés, eux, par des imbéciles. Suivant l'exemple des peuples qui, croyant encore au père noel, avaient créé vers la fin du 18ème siècle des institutions transnationales capables - croyaient-ils - de protéger leurs droits nouvellement acquis, ils ont su, depuis, établir à leur tour les traités qui font du totalitarisme un fantome du passé.

Le totalitarisme, c'est quand l'État prend la totalité de l'espace social. En ces temps troublés, certains en rêvent et votent FN.

Mais dans notre monde, dans le monde des grands traités internationaux, c'est l'inverse qui se passe: les États n'ont plus aucune place. Le peuple peut bien se révolter, descendre dans la rue, bouter le tyran hors de ses palais, au final il devra toujours respecter ses engagements internationaux, ceux qui garantissent la rente des oligarques. TTIP, Convention de Berne, Traité de Lisbonne, OMC, FMI et tant d'autres sont là pour y veiller. La Grèce peut bien élire Alexis Tsipras, grand bien lui fasse: du moment qu'elle paye ses dettes et qu'elle s'engage à détruire un système social trop protecteur des plus faibles. Et sinon qu'elle crève de faim: ses banques y veilleront ou, sinon elles, les banques centrales sont là pour s'en assurer.

Les États ne sont qu'un leurre de plus, et depuis longtemps. L'espace de liberté des peuples s'est peu à peu réduit, jusqu'au point où un Junker peut désormais sans honte se permettre d'affirmer que « Il ne peut y avoir de choix démocratique contre les traités européens ». Et il aura raison de le dire.

Le droit des peuples a disposer d'eux-mêmes, c'est du passé, camarade. Ce droit a succombé au droit des plus riches à le rester.

Que la France élise Le Pen si elle est bête à ce point là: ça ne changera strictement rien à ce principe de base. Au pire la France se prendra une "Tsipras" dans la tronche: fermeture des banques, arrêt brutal de l'économie, et reptation servile devant la toute-puissance des Traités. Faisons allégeance à la Sainte-Croissance et que TINA soit notre dieu à tous.

Le dernier rêve

Mais rêvons un peu avant de conclure.

Les révolutions ayant de tout temps été le fait des bourgeois (les pauvres, eux, n'en ont pas le temps, trop occupés à trouver de quoi manger), rêvons que nos bourgeois modernes se détournent, pour un temps, du choix de leurs nouveaux smartphones, de leur vélos et de leur alimentation bio, pour se préoccuper de renverser un gouvernement devenu trop ostensiblement corrompu.

Rêvons que cette révolution permette l'avènement d'une Constitution moderne, capable de garantir une séparation des pouvoirs réelle, un revenu universel, la légalisation du canabis, et des macarons dans toutes les cantines du pays.

Et puis réveillons-nous, sur une planète au bord de l'asphyxie, qui va voir des millions de déplacés climatiques venir finir de consommer le peu d'eau pure qui restera, là où elle sera, pendant que des milliards mourront ailleurs. Sur un monde dévasté par une humanité qui n'a su progresser qu'à coup de guerres, dans une économie mondiale en plein effondrement, avec tout ce que ça comporte de certitude de la fin prochaine de toute civilisation "avancée".

Réveillons-nous et admettons l'importance toute relative (mais Ô combien essentielle, ne serait-ce que pour la postérité) de nos petits combats politiques.

Réveillons-nous, et tâchons de préparer l'avenir pour que les rares survivants de l'espèce puissent reconstruire un monde meilleur.

Ou pas.



28 décembre 2015

Un film à voir absolument !

Je lutte donc je suis (version longue) 

Version longue (spécial internet et lieux de luttes) du film "Je lutte donc je suis" de Yannis Youlountas. Version française pour commencer (les autres langues suivent bientôt...). 
Les projections-débats avec le réalisateur continuent en salles de cinéma un peu partout, avec la version de 1h28 spécial cinéma (pour le plaisir de l'image et du son en qualité cinéma et pour celui de la rencontre avec l'auteur). 
Prochains lieux et dates en présence de Yannis Youlountas (et parfois de musiciens) : http://jeluttedoncjesuis.net Contact distribution-programmation : maud@jeluttedoncjesuis.net (distributeur 3527 anepos).
 

1 août 2015

Accusé de trahir son pays,Yanis Varoufakis répond. Et c’est cinglant. C’est à la UNE…



Accusations de trahison: ce qui se cache derrière ces étranges allégations.

Cette tentative surprenante de me faire accuser de trahison pour avoir conspiré afin de pousser la Grèce hors de l’Eurozone, est le reflet de quelque chose de bien plus vaste.

Elle reflète un effort acharné à délégitimer notre négociation de 5 mois (du 25 janvier au 5 juillet) avec une Troika furieuse que nous ayons eu l’audace de douter ouvertement de la sagesse et l’efficacité de son plan raté pour la Grèce.

Le but de mes pseudo-procureurs est de faire passer notre attitude rebelle lors des négociations pour une aberration, une erreur, ou mieux encore, (...)

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16 juillet 2015

Alexis Tsipras rejoint la coalition Nouvelle démocratie/Pasok


Brèves du Yéti

Record battu ! Le 3e memorandum, adopté à la Vouli (parlement grec) par une écrasante majorité de 229 députés sur 300 sans même que soit discuté le contenu de l‘“accord”, bat à plate couture les memorandums 1 et 2 (cf. illustration ci-dessus).
 
Détails du vote :
229 pour : Nouvelle Démocratie, Pasok (parti socialiste grec), To Potami (centre pro-européen), Anel (droite en principe eurosceptique) et 110 Syriza.
64 “oxi” : KKE (parti communiste grec), Aube dorée (extrême droite) et 32 “frondeurs” Syriza (dont Yanis Varoufakis et Zoe Konstantopoulou, présidente de la Vouli).
6 abstentions : Syriza.
1 absent : Syriza.
 
Alexis Tsipras, mis en minorité au Comité central de Syriza où le texte d’accord avait été rejeté mercredi après-midi par 117 voix sur 201, dépourvu de sa majorité initiale à la Vouli, rejoint donc de fait l’ex-coalition Samaras (Nouvelle Démocratie/Pasok) après avoir enflammé son auditoire par quelques mots très forts :
« Je ne crois pas que ces accords profiteront à l’économie… Les choix étaient précis : accepter un accord avec lequel je suis en désaccord ou la faillite désordonnée… Je vois la lumière au bout du tunnel. »

Six mois de “résistance” et puis s’en va. Dans la rue, retour à la case départ : police anti-émeutes, échauffourées sporadiques, cocktails Molotov, arrestations musclées…
 

14 juillet 2015

« Jamais je ne pourrai voter et légitimer le contenu de l’accord »




Discours de Zoé Konstantopoulou, présidente du parlement grec, sur le projet soumis par le gouvernement aux créanciers le 11/07/2015

11 juillet 2015

"La rue grecque est sous le choc"


“Voilà… c’était alors cela le ‘NON’ du peuple ? Quelle honte ! En plus, les mesures du mémorandum seront encore plus lourdes à supporter et payer. Tsípras est terminé… il a fait comme tous les autres salauds”, réaction de Maria employé supposée petite car paupérisée par… essence, samedi matin à Méthana, dans le Golfe Saronique.

Genre humain à lire sur Greek crisis ...

 

Tout ça pour ça : après le OXI du peuple, le NAI massif des élus grecs (Brèves du Yéti)


Brèves du Yéti | 11 juillet 2015

Aprés le OXI du peuple, le NAI massif des élus (“coalition” Syriza+ND+Pasok…). Et l’abstention des “frondeurs” (dont Varoufakis), on connaît ça…

Au final ], 251 députés sur 300 auront voté NAI à la liste des dernières propositions accordées aux créanciers par le gouvernement Tsipras. Dix se seront courageusement abstenus. Deux élus Syriza seulement auront choisi le OXI. On notera quelques “absences” opportunes, dont celle de Yanis Varoufakis. Costas Lapavitsas, député abstentionniste de l’aile gauche de Syriza, a lâché cette formule lapidaire :
« Nous ne sommes pas prêts à la rupture. »
Rideau. Fin de l’illusion Syriza. Mais certains parleront encore de « stratégie » ou pour se consoler de petite graine semée malgré l’échec avoué…
 

4 juillet 2015

Que l’étincelle grecque embrase toute l’Europe !

 
par Mohamed BELAALI, 4 juillet 2015 | Voir sur son blog | Via le Grand Soir

La Grèce, pays de Thalès, de Socrate, de Démocrite et d’Épicure, pour ne citer que ceux-là, est aujourd’hui mise à terre, méprisée et humiliée par une horde de barbares, comme des vampires sans foi ni loi, qui pompent et vident le peuple grec de sa substance vitale. Ils portent des noms étranges : Fonds vautours, hedge funds, Zinzins, Troïka etc. Certains sont même sans visage : marchés financiers, Fonds de pension, Fonds de placement, agences de notation, Fonds souverains, Fonds européen de stabilité financière etc. Ils utilisent un langage dont les mots signifient souvent le contraire de ce qu’ils annoncent : réforme, stabilité, solidarité, assistance, dialogue, modernisation, aide, sauvetage. Le caractère monstrueux de ces mensonges reste, pour l’immense majorité des citoyens, invisible. Leurs discours omniprésents et omnipotents n’ont de sens que dans le contexte de la propagande, en dehors de ce cadre ils restent des sons vide de tout sens. Avec ou sans visage, ils poursuivent tous inlassablement un seul et même objectif : confisquer les richesses de tout un peuple pour les transférer par des mécanismes complexes aux banquiers, aux créanciers, aux spéculateurs, aux usuriers et autres parasites du monde entier.

Ces monstres sont soutenus, encouragés et protégés par des hommes et des femmes plus ou moins impliqués dans des affaires de corruption, de scandales fiscaux, de mœurs comme Dominique Strauss khan ancien président du FMI, remplacé par Christine Lagarde (affaire Tapie-Crédit lyonnais), Jean Claude Juncker président de la Commission européenne (affaire LuxLeaks, accords secrets passés avec 340 multinationales qui leur permettent de transférer leurs profits au Luxembourg pour échapper à l’impôt sur les bénéfices) etc.

Ces dirigeants corrompus ou dissolus s’appuient eux-mêmes sur des politiciens dont la seule et unique mission est de servir les puissants : A. Merkel, W. Schäuble (ministre allemand des finances) N. Sarkozy, F. Hollande, D. Tusk (président du Conseil européen), George Papandréou et Antonis Samaras (anciens premiers ministres grecs chantres de l’austérité) etc.

Leur soif du sang grec est insatiable. Plus ils en sucent, mieux ils se portent. Plus la situation économique est catastrophique plus ils exigent de se servir davantage et cela jusqu’au dernier euro. Même les plages, les forêts, les ports, les sites culturels, les autoroutes, les îles, la Poste, les chemins de fer, les aéroports etc. doivent passer entre les mains de spéculateurs dont le visage hideux change constamment. La privatisation doit être totale, intégrale.

La meute, comme les chacals, ne quitte jamais sa proie avant de l’épuiser pour mieux la dévorer ; c’est la curée. Elle s’attaque d’abord aux maillons faibles, les PIGS (cochons) comme les appellent avec mépris les technocrates de Bruxelles : Portugal, Italie, Grèce et Espagne avant de se retourner contre les autres pays membres de l’Union. La Grèce ne constitue que le point de départ vers un modèle qui sera généralisé et où la meute des spéculateurs, des banquiers et autres créanciers dominera les peuples d’Europe qui perdront leur autonomie, leur souveraineté et la maîtrise de leur destin. Ils seront ainsi réduits à travailler sans relâche, comme des esclaves, pour le plus grand bonheur des détenteurs du capital.

Le peuple grec s’est montré cependant plus résistant et plus combatif que ne l’imaginaient ses oppresseurs. Il s’est dressé courageusement face à ses tyrans qui veulent le réduire à l’esclavage. Mais dans ce combat inégal, le peuple grec est quasiment seul. Les bourgeoisies de tous les pays et leurs institutions se sont coalisées contre ce petit pays. Non seulement elles lui imposent une succession de plans d’une extrême austérité qui ont ruiné son économie, mais elles lui dictent ses choix politiques et la manière même de choisir ses propres dirigeants. J.C Juncker, président de la Commission européenne, avait appelé pour les élections législatives anticipées du 25 janvier 2015 à voter contre A.Tsipras dont le programme s’opposait justement à cette terrible politique d’austérité qui a plongé la Grèce dans la misère et le désespoir. Et lorsque A. Tsipras, face aux ultimatums de la meute des créanciers et leurs représentants, a décidé de faire appel au peuple pour dire « Non » à un énième plan d’austérité en organisant un référendum, J.C Juncker, encore lui, appelle à voter pour le plan des créanciers ( réduction des pensions de retraite, augmentation de la TVA supportée essentiellement par les plus démunis, baisse du nombre et des salaires des fonctionnaires etc.).

Le combat du peuple grec montre d’une manière éclatante combien les institutions européennes sont antidémocratiques. Le mépris de la volonté des peuples et de la démocratie est une constante de l’Union. Rappelons pour mémoire que les peuples danois, français, néerlandais et irlandais ont rejeté par référendum le traité de Maastricht, le projet de traité constitutionnel et le traité de Lisbonne en 1992, en 2005 et en 2008. Mais cette volonté populaire a tout simplement été ignorée par l’Union européenne. Sa réaction épidermique et agressive contre le référendum grec du 5 juillet 2015 montre combien il lui est insupportable d’accepter le moindre processus permettant aux peuples d’exprimer leur volonté. La plupart des décisions de l’Union européenne sont prises dans l’ombre pour ne pas dire dans l’obscurité la plus totale. Les négociations qu’elle a menées avec les États-Unis pour conclure un accord de libre échange (Trans-Atlantic Free Trade Agreement ou TAFTA) est un exemple éloquent de cette opacité. Les intérêts qu’elle défend sont en totale contradiction avec ceux des peuples. L’ Union se présente ainsi comme un pouvoir indépendant et au-dessus des citoyens. Elle est l’ennemie des peuples et de la démocratie. La démocratie du capital reste un concept creux sans contenu réel utilisé par la classe dominante comme instrument idéologique au service exclusif de ses intérêts.

Le combat du peuple grec n’est donc pas seulement économique, il est aussi politique et constitue une véritable lutte pour des valeurs et des principes de démocratie et de souveraineté des peuples : « Notre responsabilité dans l’affirmation de la démocratie et de la souveraineté nationale est historique en ce jour, et cette responsabilité nous oblige à répondre à l’ultimatum en nous fondant sur la volonté du peuple grec. » a déclaré A.Tsipras dans la nuit du 26 au 27 juin sur la télévision publique grecque (1).

Cette lutte inégale qui semble perdue d’avance reste cependant porteuse d’espoir. Elle élargit un peu plus les fissures , encore minuscules, qui apparaissent dans cette construction hideuse qu’est l’Union européenne. Ce combat nous enseigne également que la social-démocratie sous toutes ses formes (PASOK, SPD, PS, PSOE, Parti travailliste etc.) porte une lourde responsabilité dans l’étouffement des mouvements sociaux et constitue un frein à toute transformation qualitative de la société. Elle est au service de la classe dominante (2). Il faut donc construire une alternative en dehors de ce courant politique. Les contradictions entre les intérêts des peuples et ceux des institutions européennes n’exploseront pas d’elles-mêmes. Le combat du peuple grec peut servir d’étincelle qui embraserait toute l’Europe si les autres peuples prenaient conscience de l’urgence du changement. Mais même la conscience la plus lucide, reste impuissante tant qu’elle ne s’appuie pas sur des forces sociales organisées et déterminées à mener ce combat jusqu’à son terme. Seule la classe ouvrière, négation vivante de l’ordre établi de part sa position dans le processus de production, a objectivement intérêt à se préparer à cette lutte que lui impose le capital. Elle trouvera en face d’elle une classe puissante qui possède tous les pouvoirs et qui est déterminée à briser la moindre résistance afin de perpétuer ses privilèges. La classe ouvrière, même affaiblie par un chômage de masse, n’a d’autres choix que de se dresser contre la dictature du capital si elle ne veut pas que sa situation matérielle déjà dégradée ne s’aggrave encore davantage. Mais ce combat de longue haleine ne peut-être mené efficacement que dans l’unité de l’ensemble des travailleurs.

Prolétaires de toute l’Europe unissez-vous.

Mohamed Belaali
 

2 juillet 2015

Grèce : Ruth Elkrief, représentante de la Troïka, questionne Jacques Sapir


Le lundi 29 juin au soir, Ruth Elkrief recevait, sur le plateau de BFMTV, l’économiste Jacques Sapir. Ce dernier, connu pour ses positions hétérodoxes, entre autres et notamment sur la question de la construction européenne et de l’Euro, a pu faire entendre un autre son de cloche que celui auquel nous avons été accoutumés ces derniers jours. Tant mieux pour le pluralisme.

Mais, et quand bien même il ne s’agit pas ici de juger du bien-fondé des opinions de Jacques Sapir, force est de constater que les questions posées par Ruth Elkrief ne ressemblaient guère à celles d’une intervieweuse, mais plutôt à celles d’une avocate des institutions européennes. Un cas exemplaire de ces interviews « made in Troïka », dont la motivation principale ne semble pas être celle d’informer, mais plutôt de défendre un point de vue anti-Tsipras sous couvert de « questions » largement inspirées par les aficionados de l’eurocratie. (...)

Lire sur Acrimed ...
 

28 juin 2015

Le coup de force de l’Eurogroupe et la Tyrannie européenne

L'eurogroupe (image détournée de "Star Wars")

Le texte ci-dessous de Jacques Sapir est extrait de [Référendum Kaput ?] Tyrannie européenne ?. Voir tout l'article sur Les-Crises ...

La réaction de l’Eurogroupe, qui se réunissait ce samedi à Bruxelles, a en effet consisté en un acte qui conjugue l’illégalité la plus criante avec la volonté d’imposer ses vues à un Etat souverain. En décidant de tenir une réunion en l’absence d’un représentant de l’Etat grec l’Eurogroupe vient de décider d’exclure de fait la Grèce de l’Euro. Ceci constitue à l’évidence un abus de pouvoir. Et il faut ici rappeler plusieurs points qui ne sont pas sans conséquences tant juridiquement que politiquement.
  • Aucune procédure permettant d’exclure un pays de l’Union Economique et Monétaire (non réel de la « zone Euro ») n’existe actuellement. S’il peut y avoir une séparation, elle ne peut avoir lieu que d’un commun accord et à l’amiable.
  • L’Eurogroupe n’a pas d’existence légale. Ce n’est qu’un « club » qui opère sous couvert de la Commission Européenne et du Conseil européen. Cela signifie que si l’Eurogroupe a commis un acte illégal – et il semble bien qu’il en soit ainsi – la responsabilité en incombe à ces deux institutions. Le gouvernement grec serait donc fondé d’attaquer la Commission et le Conseil à la fois devant la Cour Européenne de Justice mais aussi devant la Cour Internationale siégeant à La Haye. En effet, l’Union européenne est à la base une organisation internationale. On le constate par exemple dans le statut, et les exemptions fiscales, des fonctionnaires européens. Or, la règle dans toute organisation internationale est celle de l’unanimité. Le traité de Lisbonne a bien prévu des mécanismes de majorité qualifiée, mais ces mécanismes ne s’appliquent pas à l’Euro ni aux questions des relations fondamentales entre les Etats.
  • Le coup de force, car il faut l’appeler par son nom, que vient de faire l’Eurogroupe ne concerne pas seulement la Grèce. D’autres pays membres de l’Union européenne, et l’on pense au Royaume-Uni ou à l’Autriche, pourraient eux-aussi attaquer devant la justice tant européenne qu’internationale la décision de fait prise par l’Eurogroupe. En effet, l’Union européenne repose sur des règles de droit qui s’appliquent à tous. Toute décision de violer ces règles contre un pays particulier constitue une menace pour l’ensemble des membres de l’Union européenne.
  • Il faut donc ici être clair. La décision prise par l’Eurogroupe pourrait bien signifier, à terme, la mort de l’Union européenne. Soit les dirigeants européens, mesurant l’abus de pouvoir qui vient d’être commis, se décident à l’annuler soit, s’ils persévèrent dans cette direction ils doivent s’attendre à une insurrection des peuples mais aussi des gouvernants de certains Etats contre l’Union européenne. On voit ainsi mal comment des Etats qui ont juste recouvré leur souveraineté, comme la Hongrie, la République Tchèque ou la Slovaquie, vont accepter de telles pratiques.
Il est alors symptomatique que la crise induite par un pays ne représentant pas plus de 2% du PIB de l’UE ait pris cette tournure. En fait, cela révèle au grand jour la nature fondamentalement antidémocratique des institutions de l’UE et le fait que cette dernière soit en train de se constituer en Tyrannie. (…)

Extrait de http://www.les-crises.fr/referendum-kaput-tyrannie-europeenne/?utm_source=feedburner&utm_medium=feed&utm_campaign=Feed%3A+les-crises-fr+%28Les-Crises.fr%29
 

27 juin 2015

Grexit



En excluant la Grèce de sa réunion, l’Eurogroupe acte le Grexit
(Politis)

En représailles, à l’annonce d’un référendum en Grèce sur le « plan d’aide » de l’UE, de la BCE et du FMI, les ministres des Finances, réunis au sein de (...)
 

Le discours de Tsipras au peuple grec


SYRIZA Paris, le 27 juin 2015


Allocution du premier ministre A. Tsipras au peuple grec. Le choix au peuple souverain. #Référendum


Nous avons livré un combat dans des conditions d’asphyxie financière inouïes pour aboutir à un accord viable qui mènerait à terme le mandat que nous avons reçu du peuple. Or on nous a demandé d’appliquer les politiques mémorandaires comme l’avaient fait nos prédécesseurs. Après cinq mois de négociations, nos partenaires en sont venus à nous poser un ultimatum, ce qui contrevient aux principes de l’UE et sape la relance de la société et de l’économie grecque. Ces propositions violent absolument les acquis européens. Leur but est l’humiliation de tout un peuple, et elles manifestent avant tout l’obsession du FMI pour une politique d’extrême austérité. L’objectif aujourd’hui est de mettre fin à la crise grecque de la dette publique. Notre responsabilité dans l’affirmation de la démocratie et de la souveraineté nationale est historique en ce jour, et cette responsabilité nous oblige à répondre à l’ultimatum en nous fondant sur la volonté du peuple grec. J’ai proposé au conseil des ministres l’organisation d’un référendum, et cette proposition a été adoptée à l’unanimité.
La question qui sera posée au référendum dimanche prochain sera de savoir si nous acceptons ou rejetons la proposition des institutions européennes. Je demanderai une prolongation du programme de quelques jours afin que le peuple grec prenne sa décision.

Je vous invite à prendre cette décision souverainement et avec la fierté que nous enseigne l’histoire de la Grèce. La Grèce, qui a vu naître la démocratie, doit envoyer un message de démocratie retentissant. Je m’engage à en respecter le résultat quel qu’il soit. La Grèce est et restera une partie indissoluble de l’Europe. Mais une Europe sans démocratie est une Europe qui a perdu sa boussole. L’Europe est la maison commune de nos peuples, une maison qui n’a ni propriétaires ni locataires. La Grèce est une partie indissoluble de l’Europe, et je vous invite toutes et tous à prendre, dans un même élan national, les décisions qui concernent notre peuple.

Traduction:Vassiliki Papadaki


 

24 février 2015

Grèce, l'échec de Syriza


Au lendemain de l’accord trouvé entre la Grèce et l’Union européenne, prolongeant le programme d’aide en échange de la poursuite des réformes structurelles, le gouvernement grec se retrouve dans l’impasse. L’espoir d’un changement n’aura duré qu’un mois pour les partisans de la fin de l’austérité. Stathis Kouvelakis, membre du comité central de Syriza et professeur de philosophie politique au King’s College de Londres, répond à nos questions.
 
Lire le contenu de l'entretien sur Ijsberg Magazine ...
   

30 janvier 2015

Juncker dit « non » à la Grèce et menace la France


ColibrInfo | jeudi 29 janvier 2015

Le président de la commission européenne adresse une fin de non recevoir au gouvernement grec conduit par Alexis Tsipras. Sur l’annulation de la dette, Jean-Claude Juncker, oppose à la Grèce un « non » catégorique :

Les déclarations qui suivent sont éclairantes.

« Athènes a accepté deux plans d’ajustement, elle doit s’y sentir tenue. Il n’est pas question de supprimer la dette grecque. Les autres pays européens ne l’accepteront pas. »

« Dire qu’un monde nouveau a vu le jour après le scrutin de dimanche n’est pas vrai. Nous respectons le suffrage universel en Grèce, mais la Grèce doit aussi respecter les autres, les opinions publiques et les parlementaires du reste de l’Europe. Des arrangements sont possibles, mais ils n’altèreront pas fondamentalement ce qui est en place. »

Puis plus précis : « Dire que tout va changer parce qu’il y a un nouveau gouvernement à Athènes, c’est prendre ses désirs pour des réalités »

Et de conclure : « Il ne peut y avoir de choix démocratique contre les traités européens. ». Ça a le mérite d’être clair. Peu importe le choix des peuples donc, l’UE s’en moque. Citoyens européens, la démocratie est définitivement enterrée.

Sur la France, ses déclarations ne sont pas mal non plus :

« Nous voudrions voir la France renforcer ses réformes, en nombre comme en intensité. » Selon lui, « la France souffre d’un manque de réformes dites structurelles, de réformes qui portent sur l’essentiel (…). Elle doit soigneusement examiner les faiblesses de son droit du travail ». Menaçant lorsqu’il réaffirme qu’« il n’y a pas d’autre remèdes que de la consolidation budgétaire » et n’exclut pas de sanctionner la France si son déficit n’est pas réduit : « Un pays ne peut pas échapper aux sanctions s’il ne respecte pas les règles. »

Cette attitude intransigeante surprend de la part de l’ex Premier ministre du Luxembourg, qui autorisait des dizaines de multinationales à s’affranchir des législations fiscales des pays membres de l’UE quand il était aux affaires.

D’après un article de Politis.

Voir en ligne,  http://colibrinfo.blog4ever.com/juncker-dit-non-a-la-grece-et-menace-la-france

5 janvier 2015

Troïka basta! Rendons la démocratie à la Grèce!


« C'est au peuple grec, père de la démocratie mais aujourd'hui martyr de l'austérité, de décider souverainement de son avenir », estiment les signataires de cet appel de « citoyens et citoyennes d'Europe » qui exigent « des institutions financières internationales, des agences de notations comme des autorités européennes qu'elles cessent immédiatement leurs pressions indignes ».

Union européenne, dirigeants européens, FMI, agences de notation : cessez votre chantage, votre ingérence dans la campagne électorale grecque ! Laissez le peuple décider !

Dans un contexte où les mauvais coups se multiplient en Grèce (corruption de députés, désinformation, restriction des libertés démocratiques…) pour empêcher la victoire possible du mouvement de gauche Syriza aux élections législatives prévues le 25 janvier, voilà que le FMI annonce la suspension de son « aide » et que le commissaire européen à l'économie, Pierre Moscovici, s'adresse directement aux électeurs grecs pour leur dire dans quel sens voter. Jean-Claude Juncker, président de la Commission européenne, déclare quant à lui qu'il « n'aimerait pas que des forces extrêmes arrivent au pouvoir » à Athènes. En Allemagne, le ministre des Finances, Wolfgang Schaüble, réaffirme au passage qu'il n'y a « aucune alternative » aux réformes conduites en Grèce. Les agences de notation commencent à menacer de dégrader – est-il encore possible ! – la note de l'économie grecque. Dans la presse européenne, on s'emploie à diffuser la peur du changement afin de dissuader les peuples de l'Union de se tourner vers des formations politiques progressistes proposant le même type de rupture économique que Syriza.

Il est vrai qu'une victoire de Syriza en Grèce pourrait remettre en cause pour l'ensemble de l'Union européenne les politiques d'austérité imposées par la Troïka (banque européenne, commission européenne et FMI) aux peuples contre leur volonté : comme le montrent les manifestations massives au Portugal, en Espagne et plus récemment en Italie, ou la grève générale en Belgique, ne passe plus l'injonction de rembourser aux détenteurs de capitaux des dettes illégitimes au prix de la destruction d'un modèle social qui permettait d'atténuer les maux du capitalisme et de pointer qu'une autre logique est possible. Devant cette menace pour leurs intérêts – l'exemple islandais les inquiète encore – les serviteurs de la finance en Europe sont prêts à tous les chantages pour confisquer la démocratie en Grèce et ailleurs. Eux qui laissent museler les libertés dans la Hongrie de Victor Orban au nom du respect du suffrage universel trouvent cette fois légitime de s'ingérer dans la vie politique intérieure d'un État : la préservation des intérêts des banques et des multinationales leur est plus importante que la défense des libertés !

C'est au peuple grec, père de la démocratie mais aujourd'hui martyr de l'austérité, de décider souverainement de son avenir. Nous, citoyens et citoyennes d'Europe, exigeons des institutions financières internationales, des agences de notations comme des autorités européennes qu'elles cessent immédiatement leurs pressions indignes. Ce n'est pas aux institutions européennes actuelles et à la finance de dicter aux peuples ce qu'ils doivent voter ! L'austérité est un choix politique qu'ils doivent pouvoir rejeter démocratiquement ! Nous faisons chorus avec les dirigeants de Syriza pour dire que le problème de la Grèce est celui de toute l'Europe et que ce qui s'y joue pourrait sonner le début d'une nouvelle aventure européenne.

Nous, citoyens et citoyennes d'Europe disons au peuple grec : n'ayez pas peur, comptez sur nous, nous sommes à vos côtés. Notre Europe n'est pas la leur ; elle est la vôtre.

Source, liste des premiers signataires et lien vers la pétition : blog des invités de Mediapart

20 novembre 2014

Débat Todd / Gaino : “L’Europe avance, vers le mal…”


"Extraits de l’excellentissime débat Emmanuel Todd / Henri Gaino chez Atlantico (version intégrale sur le site), survenu le 10 octobre."

Atlantico : Dans son dernier Livre “Sauvons l’Europe !”, Valéry Giscard D’Estaing déclare “L’Europe, notre Europe, dispose encore de 20 ou 30 ans pour s’unir comme ont su le faire les américains et rééquilibrer de ce fait le jeu des grandes puissances”. Partagez-vous ce constat ? Les raisons qui ont poussé les états européens à s’unir après la seconde guerre mondiales sont-elles encore valables aujourd’hui ?

Emmanuel Todd : Cette idée que l’union fait la force, “les États Unis sont gros, la Chine encore plus, l’Inde arrive, tout le monde est gros sauf nous”, c’est le paralogisme fondamental de l’européisme. Cette idée est très puissante, elle semble de bon sens. J’y étais moi-même assez sensible. Puis, je me suis aperçu que la politique de contrôle salarial allemand était dirigée contre ses partenaires et consciente. Si l’Allemagne fait baisser son coût du travail de 20%, cela ne produira aucun effet sur la Chine qui, à l’époque, avait un coût du travail vingt fois moins élevé.

Par contre, vis-à-vis de la France, de l’Italie etc….cela va faire un gros effet.

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25 décembre 2013

Noël nouveau (Greek crisis)

Arbre de Noël du Plan B, décoré en billets de drachmes. Athènes, le 22 décembre


Place de la Constitution, plus de dix-mille personnes parmi les nombreux passants, ont été attirées par l’arbre de Noël du mouvement du Plan-B, installé et politiquement encadré durant toute la journée du 21 décembre, s’agissant bien entendu d’un sapin décoré aux billets en drachmes, notre monnaie nationale dont nous sommes de plus en plus demandeurs et pas que par nostalgie. Alekos Alavanos, initiateur du parti du Plan-B alors issu de la vieille gauche (ex-chef de SYRIZA avant 2008), a de son côté accordé une interview au “Quotidien des Rédacteurs”, où sous le titre “La honte de l'Europe”, il insiste sur la seule voie possible, en finir avec l’euro."

extrait de Noël nouveau, à lire sur Greek crisis ...

 

 

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