7 mars 2015

Sivens : le calcul machiavélique de Hollande

Photo : Une du journal Al Watan Al Ne
Hollande utilise la méthode d'Antonis Samaras, à savoir se servir des milices d'extrême droite. Éclairage de Yannis Youlountas sur ce qui se passe à Sivens, suivi du témoignage d'un couple de paysan, juste à coté de la ZAD, qui souligne l'incroyable complicité des forces de l'ordre.
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24 février 2015

Grèce, l'échec de Syriza


Au lendemain de l’accord trouvé entre la Grèce et l’Union européenne, prolongeant le programme d’aide en échange de la poursuite des réformes structurelles, le gouvernement grec se retrouve dans l’impasse. L’espoir d’un changement n’aura duré qu’un mois pour les partisans de la fin de l’austérité. Stathis Kouvelakis, membre du comité central de Syriza et professeur de philosophie politique au King’s College de Londres, répond à nos questions.
 
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16 décembre 2014

Grand rassemblement de l'extrême droite européenne en France


Le document que publie Rue89 montre comment l’internationale de l’ultra-droite, allant jusqu’aux néonazis d’Aube dorée en Grèce, tente de s’organiser pour profiter de la crise européenne. Ce rassemblement a eu lieu à huis clos, théoriquement sans journaliste. Ce compte-rendu (écrit sous pseudo) nous est néanmoins parvenu, et la teneur des discours montre les obsessions de cette mouvance et sa stratégie de noyautage des mouvements populaires, y compris la suggestion que l’extrême droite infiltre les ZAD (zones à défendre). A lire pour comprendre ce qui se joue dans cette frange située à la marge du système.
 
Suite sur Rue89, par Daniel Dova - Source: LEA
   

30 septembre 2013

Grèce: "Le piège"


Notre histoire durablement immédiate s’accélère de mercredi noir en samedi obscur. Aucun répit. Depuis que “nos” ultimes pantins de “l'ordre nouveau” ont assassiné Pavlos Fyssas, c’était mercredi 18 septembre, et jusqu’à la journée de ce samedi 28 où, les députés de l’Aube dorée ont été mis en état d’arrestation, le temps a été bien court, trop court même. Les tenants de notre régime méta-démocratique, ceux-là mêmes qui ont violé à maintes reprises notre Constitution, offrant entre autres aux escrocs et spéculateurs internationaux et sur un plateau, le pays entier, se rebifferaient enfin contre les enfants nazillons du Pirée. Étrange... Depuis ce matin la Grèce est sous le choc, “j’ai le pressentiment que le pire est imminent, quelque chose va alors se passer, tout devient trop grave et obscur”, paroles du matin, d’un pêcheur amateur près du Pirée justement. 


7 avril 2013

Pour que cette fois l’histoire ne se répète pas ! No Pasaran !



CADTM | 7 avril | par Yorgos Mitralias

Une chose que les Européens ont eu le temps de bien apprendre est que ni la crise, ni les tragédies sociales qui l’accompagnent ne sont spécifiquement grecques. Et malheureusement, tout indique déjà qu’une autre chose qu’ils auront tout le temps d’apprendre est que l’Aube Dorée néo-nazie n’est pas l’apanage des seuls Grecs. Pas de doute, une telle affirmation sera accueillie par certains avec beaucoup de scepticisme : « Chez nous, ni nos traditions, ni notre culture, ni notre tempérament ne permettront jamais de tels phénomènes ». C’est exactement ce que tous les Grecs –même les plus avertis des gens de gauche- disaient il y a seulement neuf mois quand un ou deux « fous » à l’imagination débordante les avertissaient que la peste brune était en train d’envahir leur société. D’ailleurs, rien d’original. C’est comme si l’histoire –celle de l’entre-deux guerres- se répétait : Vraiment, qui aurait pu imaginer que « les traditions », « la culture » ou « le tempérament » des Italiens ou des Allemands auraient permis la naissance et la montée au pouvoir du fascisme et du nazisme ?...



Alors, soyons pour une fois sérieux. Et regardons un peu autour de nous dans cette Europe qui ressemble de plus en plus à un immense champ de ruines sociales. Ce n’est pas seulement qu’on voit l’Aube Dorée grecque faire des émules surtout en Europe centrale et de l’est (Hongrie, Roumanie, Bulgarie, Serbie, Russie…). C’est aussi qu’on assiste à la banalisation galopante du racisme le plus violent, de l’antisémitisme, de l’islamophobie, à la banalisation de la haine pogromiste contre les immigrés, les différents. C’est qu’en un temps record entrent en crise terminale ( ?) ou même disparaissent les partis qui monopolisaient jusqu’à hier le pouvoir dans presque tous nos pays. C’est que la crise, le chômage, l’insécurité et la misère deviennent la règle et poussent les populations à la recherche désespérée des solutions ou des Messies qu’elles trouvent presque toujours aux deux extrémités de l’échiquier politique. Exactement, comme aux années 30…

Mêmes causes, mêmes effets, mêmes complicités et mêmes intérêts. On pourrait même dire… même aveuglement des puissants, de nos gouvernants européens qui jouent –pour la énième fois ( !)- aux apprentis sorciers, couvant dans leur sein l’œuf du serpent brun. Qui a dit que ceux d’en haut ont bien appris les leçons du XXème siècle ? Qu’ils ont exorcisé pour toujours les démons de l’entre-deux-guerres ? Si on leur faisait confiance, l’histoire serait un perpétuel recommencement…

Et pourtant, il ne faut pas que cette histoire cauchemardesque se répète car, cette fois, il y va de nos droits, de nos libertés, de notre dignité humaine, de nos vies. En Grèce, il est peut être déjà tard puisque le serpent est déjà sorti de son œuf et se ballade dans les rues terrorisant les citoyens qui continuent à ne pas croire à leurs yeux. Mais, au reste de l’Europe ? En Italie, en France, en Espagne ? Une chose est désormais sûre : il faut faire vite avant qu’il ne soit tard comme –peut être- il est en Grèce. Faire vite… et faire tous ensemble. Car il n’y a pas de salut à l’intérieur de nos frontières nationales. Face à la banalisation de la barbarie et à la résurrection de la peste brune, nous ne pouvons pas nous permettre de répéter les erreurs du passé. Unis par delà les frontières mais aussi par delà nos divisions, nous pouvons renverser la tendance et réhabiliter la solidarité, la fraternité, la liberté, l’égalité, ces quelques valeurs « démodées » qui font pourtant honneur à l’humanité. Sans oublier que, finalement, tout va se jouer dans les rues et les places, aux côtés des plus faibles et vulnérables que nous devons protéger coûte que coûte.

L’accueil réservé presque partout en Europe au Manifeste Antifasciste Européen (http://antifascismeuropa.org/) prouve que la perspective de la création d’un mouvement antifasciste européen n’est pas du tout irréaliste ou utopique. C’est du solide parce qu’elle correspond à une nécessité de plus en plus ressentie par les habitants de ce continent. D’Athènes à Madrid, c’est alors à nous tous de prouver en actes que cette fois… NO PASARAN !
 


4 avril 2013

Rafles façon nazis par la police grecque



ActuWiki | par Ada Psarras, Angelidis Dimitris. sur SYRIZA PARIS | 11 mars 2013


Le ministre de l’Ordre public met dans le bloc opératoire les droits humains fondamentaux. L’opération « Xenios Zeus »[1] est baptisé « Thétis », et la police, en coopération avec certaines institutions sanitaires, lance une opération d’arrestation des toxicomanes et de leur emprisonnement aux locaux de la police à Amygdaleza.

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Avec la mention « confidentiel » sur le document, le Centre national des programmes de Santé (EKEPY)[2] a informé son personnel de la large opération nocturne, sous le code « Thétis », prévue pour hier 6 mars de 22h jusqu’à 8h du matin. Au sens propre, le code aurait dû être «Auschwitz», puisque le type de l’« opération » rappelle plus les assauts nocturnes nazis qu’une opération policière d’un pays démocratique de l’UE ou d’ailleurs. « Le but de l’opération est le ramassage des personnes toxicodépendantes présentes dans le centre-ville et leur transport dans les locaux de la police à Amygdaleza [NdlT : ville au Nord d’Athènes] afin de les enregistrer», explique le document confidentiel.

Ces arrestations illégales, et au mépris de la Constitution, à partir du seul « faciès », sans qu’aucun délit ne soit commis et avec pour but le transfert vers un camp de concentration, est au-delà de tout précédent. Un tel transfert massif de population, à l’exception de celui des immigrants dans le cadre de l’opération de « Xenios Zeus », était réalisé auparavant seulement par la dictature des colonels en 1967, lorsque les personnes de gauche étaient conduites dans les stades de football. Selon le scénario d’Hitler, le prochain objectif opérationnel, après les immigrants et les toxicomanes, sont les homosexuels, les tziganes et les communistes. « Heureusement », peu de Juifs restent dans le pays, et il n’est pas nécessaire de les transporter ! Dans quelle organisation internationale pourra donc participer la Grèce après une telle action ?

Au camp d’Amygdaleza, les personnes toxicodépendantes seront identifiées et obligées de subir des examens médicaux, indépendamment de leur volonté, et sans savoir dans quels laboratoires médicaux. Médecins, infirmières, psychologues, le président de l’EKEPY et du KEELPNO [Centre de contrôle et de prévention des maladies] ont accepté de participer à ces « examens » nocturnes violents, au cours desquels seront enregistrés, sur des formulaires spéciaux, des données personnelles détaillées, les antécédents médicaux et psycho-sociaux, et toute autre information dont a besoin la police pour ses fichiers. Le document d’information du personnel de l’EKEPY, signé par son président, Panos Efstathiou, est accompagné de 10 pages d’instructions sur les examens mais aussi sur qui, comment et avec quels moyens vont les effectuer. Selon le document, les officiers devraient porter des gants en plastique, pour que ces souillées ne les contaminent pas ! Le personnel qui a participé à l’opération provient, selon le document, de l’EKEPY, du KEELPNO et du ministère de la Santé. Il n’est pas connu si le ministère de la Santé a approuvé les raids du ministère de l’Ordre public, M. Dendias. Comme il est écrit un plus loin dans le document, « le personnel de la police en mission à l’EKEPY, l’informera de tout transfert des personnes arrêtées vers les installations d’Amygdaleza. L’équipe d’examen médical à Amygdaleza informera la coordination de l’EKEPY de l’arrivée des arrêtés et ensuite elle procédera à leur enregistrement. »

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Après la fin de l’opération, les toxicomanes seront finalement libérés, tandis que l’EKEPY et la police « feront le bilan et tireront les conclusions ». « Thétis » ne nous informe pas sur d’éventuelles expérimentations scientifiques sur les toxicomanes ! Du côté des résultats sanitaires, l’opération pratiquera le « silence communicatif », ajoute le document.

Il est cependant prévu que dans le camp, de l’eau, des sandwiches et de la soupe seront distribués aux prisonniers. Ils ne seront pas encore transformés en savon, comme le demande l’Aube Dorée, mais ils subiront une humiliation ultime et massive ainsi que la violation complète de leurs droits de l’homme.

« Thétis » vient de tirer la langue au Parlement, qui venait de voter, juste la veille, une loi-cadre plus moderne sur les drogues et la conduite de l’État à l’égard des toxicomanes. Cette opération vient de compléter dans la pratique les révélations d’hier sur la façon dont les aspirants petits Hitler de l’Aube Dorée vont traiter les immigrés[3]. Elle vient de saper toutes les institutions et bien sûr le gouvernement de coalition.

Si l’opération a finalement lieu, nous verrons, au petit matin, des malades, enfants et adultes, d’être entraînés violemment avec les véhicules de la police au camp de concentration et  d’être soumis, publiquement, à un enregistrement obligatoire. Une nouvelle page noire dans l’histoire de la démocratie grecque sera ainsi écrite par M. Dendias et ses partisans. À moins que tout cela reste un très mauvais rêve, pas un cauchemar vivant.

[NdlT : Cet article a été écrit avant que la police annonce que cette opération eût bel et bien lieu la nuit du 6 au 7 mars. Selon la police, qui a opéré en collaboration avec les unités sanitaires de ministère de la Santé, 132 personnes « qui avaient besoin d’aide et de soins sanitaires » ont été transférées à Amygdaleza. La police a annoncé la poursuite de ce type d’opérations « contre la drogue et pour la réhabilitation du centre d’Athènes ».]

Traduction : E. Markou

[1] « Xenios Zeus », littéralement « Zeus hospitalier », est une opération policière de ramassage, dans les espaces publics, des personnes susceptibles, par leur couleur de peau ou autres caractéristiques visibles, d’être des « immigrants », provenant des pays non occidentaux (NdlT).
[2] Institution dépendante du ministère de la Santé, chargée de coordonner les différents programmes dans le domaine de santé et d’intervenir dans des situations d’urgence sanitaire (NdlT).
[3] Référence à la vidéo publiée par Channel4 (GB) http://www.channel4.com/news/racist-anti-semitic-violent-the-true-face-of-golden-dawn [NdlT]

5 février 2013

Antinazisme et protection sociale



CADTM (Comité pour l'Annulation de la Dette du Tiers-Monde) | 4 février 2013 |  par Pascal Franchet

La juxtaposition des 2 termes peut sembler surprenante et pourtant, il y a bien un lien direct entre la lutte contre le nazisme et la défense de la protection sociale. En effet, la sécurité sociale n’est pas une question comptable ou technique mais est d’abord et avant tout une question politique de répartition des richesses aux conséquences sociales considérables.

Il suffit de regarder du coté de la Grèce pour en apprécier l’importance.
Le délitement sciemment provoqué de la société grecque induit la mise à mort de la protection sociale et des droits démocratiques. Plus d’un tiers de la population n’a aujourd’hui plus du tout de sécurité sociale et cette proportion va augmenter avec le dernier « paquet » de mesures imposées par le FMI, la BCE et la Commission Européenne, au nom de la priorité (devenue constitutionnelle depuis février 2012), donnée aux créanciers de la dette publique.
Le chiffre des 2/3 est souvent avancé.
Faute de pouvoir avoir accès aux traitements ou à des opérations chirurgicales devenues trop onéreuses, des dizaines de milliers de personnes y renoncent. Les budgets des hôpitaux sont amputés de 40% et sont souvent dépourvus du matériel élémentaire (gants, compresses, etc.) . On dénombre aujourd’hui une vingtaine de décès directement imputables à cette ségrégation par l’argent.

Les femmes qui souhaitent accoucher à l’hôpital doivent payer un droit d’entrée et beaucoup sont contraintes d’accoucher chez elles, avec les risques de complications, d’infections ou/et de mortalités infantiles que cela implique. 60% des accouchements se pratiquent sous césarienne et là le coût est dissuasif, même pour celles qui conservent encore des bribes de protection sociale. Ceci sans parler des dessous de table restés monnaie courante… Les représentants de l’association Médecins sans frontière » le rapportent : le dilemme posé pour les patients qu’ils reçoivent est souvent de choisir entre médicaments et nourriture…
Ce recul fantastique de l’accès aux soins et à la santé, couplé avec la démolition du Code du Travail et des conventions collectives, provoque une rupture sociale, brèche dans laquelle s’engouffre le mouvement nazi « aube dorée » face à l’incurie de l’union sacrée PASOK-Nouvelle Démocratie, incurie bien utile au capital pour disloquer encore davantage la société grecque.

Les discours et campagne de cette organisation militaro-politique (la 3ème du pays pour les intentions de vote selon les sondages derrière la Nouvelle Démocratie et Syriza) sont reçus positivement par de plus en plus de grecs désemparés par la misère et l’incapacité de l’État à subvenir à leurs besoins fondamentaux. Les actions comme la collecte de sang « des grecs pour les grecs , pas pour les étrangers ! » , les thèmes xénophobes d’exclusion des enfants d’immigrés des écoles, rencontrent un écho grandissant face à un système scolaire en totale déliquescence.
La position d’allégeance au FMI prises par le dirigeant de Syriza, Alexis Tsipras, fin janvier 2013 à Washington risque fort d’accroître le désarroi de la partie de la population qui lui a fait jusque là confiance pour opérer le changement radical nécessaire dans ce pays.

Décidément, la comparaison avec la chute de la République de Weimar devient de plus en plus pertinente. La république grecque est en effet dans une situation comparable à celle de la république de Weimar à la fin des années 1920. Son échec, la trahison de ses dirigeants et la crise financière de 1929 ont favorisé la montée du nazisme en Allemagne.
Il est acté aujourd’hui que la finance et l’industrie étatsunienne a soutenu, encouragé et financé le NSDAP (le parti d’Adolf Hitler) . Aujourd’hui, c’est Goldman Sachs qui est au ban des accusés de la faillite provoquée de la société grecque.
Comparer ainsi 2 moments de l’histoire politique et sociale est certes toujours hasardeux. Le contexte global a changé avec la mondialisation de l’économie, la fin du 2ème monde et la fin du colonialisme. De même, la crise économique de 2008 présente davantage de similitude avec celle de 1873 qu’avec celle de 1929 et du début des années 1930.
Ces différences réelles ne changent pas les données du problème auquel nous sommes confrontés. Chacun reconnait que la Grèce sert de laboratoire expérimental aux réponses que le capital, via la Troïka, veut imposer à l’ensemble des pays européens. Ce « modèle » a vocation a être exporté.

On doit bien mesurer que les mêmes ingrédients se réunissent aujourd’hui et concourent à la généralisation de la barbarie : récession économique, chômage de masse, destruction des garanties sociales, …
Plus éloigné encore des caractéristiques économiques et politiques des pays du cœur de l’Union Européenne, le Chili. A partir de 1973, ce pays a servi de test grandeur nature pour le néolibéralisme qui s’est généralisé dans tous les pays du Nord à peine 10 plus tard. Privatisation de tout le secteur public de la santé et des régimes de protection sociale sont allés de pair avec la suppression des droits démocratiques de la population.
Chili, Grèce : 2 stratégies du choc, pour reprendre l’expression de Naomi Klein, pour 2 expérimentations généralisables. La 1ère a réussi, la 2ème est en marche...

Dans les pays du Sud , les plans d’ajustement structurels du FMI du début des années 1980 contiennent systématiquement une baisse drastique des transferts sociaux.
Comparaison n’est pas raison, dit le dicton, mais fermer les yeux devant l’évidence devient criminel au regard des enjeux de civilisation.
Développer et rendre concrète la solidarité internationale dès aujourd’hui, expliquer et combattre le danger européen que constitue la montée du nazisme en Grèce, doivent devenir des priorités pour l’ensemble du mouvement social européen.

Un élément de la riposte se situe dans la nécessaire et vitale construction d’un mouvement antifasciste européen de masse.
Marx disait que la bourgeoisie préférait une fin effroyable à un effroi sans fin. On en approche !

Voir en ligne, http://cadtm.org/Antinazisme-et-protection-sociale

13 novembre 2012

La Grèce suffoque prise dans l’étau fasciste

Photo: Alexandros Michailidis via Okeanews





Nouvelles Hors Les Murs | Par Libres Assiégés d’Athènes | 13 novembre 2012

Hélas une pièce de théâtre (‘Corpus Christi’ de Terrence MacNally) dans la capitale grecque s’arrête à cause de la pression agressive des fascistes du parti Aube Dorée dans l’indifférence. C’est un exemple paradigmatique de la dénégation de l’Etat à protéger les artistes et les spectateurs contre les attaques et les menaces terrifiantes des fascistes.

C’est scandaleux et surtout extrêmement inquiétant de s’apercevoir que les institutions et les autorités grecques, la police et la Justice comprises, n’ont pas pu ou n’ont pas voulu défendre ni la liberté d’expression, ni la création artistique, ni les citoyens d’Athènes.

Il semble que de nos jours que c’est finalement les fascistes de l’Aube Dorée qui imposent au pays tout entier leur censure culturelle et mettent en œuvre leur agenda fasciste sans guère se soucier de l’Etat de droit !

Et la ‘démocratie’ grecque reste impuissante, indifférente ou complice face aux divers actions criminelles des fascistes. Il n’y a eu aucune poursuite ou condamnation après les centaines de pogroms et d’agressions violentes et souvent mortelles commises par les néonazis de l’Aube Dorée. Juste depuis son entrée au parlement grec, les violences commises par les fascistes ont fait 5 jeunes hommes morts et plus de 100 blessés.

Les fascistes peuvent commettre librement leurs violences sans aucune conséquence alors que les militants antifascistes sont arrêtés et torturés dans le commissariat central de police.

Il est désormais clair que le gouvernement, la police et le système judiciaire ferment les yeux lorsque le gang nazi Aube Doré commet ses actions criminelles contre les immigrés, les minorités ethniques, les homosexuels, les non chrétiens, les gauchistes, les anarchistes, les artistes… Et si les victimes osent résister et lutter contre les agresseurs fascistes, ou bien même de déposer plainte auprès de la police, ils s’exposent à des insultes et intimidations et ils prennent le risque se faire arrêter et brutaliser par les forces de police !

Cette défense voir même cet encouragement, de l’Etat grec face à l’Aube Dorée, semble recevoir également l’approbation des autres gouvernements et institutions européens qui tolèrent les rafles et toutes sortes d’abus et de violations des Droits de l’Homme perpétrés par la police contre des milliers d’immigrés et les militants antifascistes.

Il est extrêmement urgent de commencer à s’interroger sur l’état de la démocratie en Europe et encore plus en Grèce (le pays qui lui a donné naissance, ainsi d’ailleurs qu’au théâtre)

Officiellement, la République Hellénique est bien sûre une démocratie mais les pratiques appliquées, la réalité sociopolitique ainsi que l’alliance et la collusion complètes des institutions et des autorités avec les néonazis d’Aube Dorée, fait plus penser à une dictature camouflée.
C’est évident que les atrocités du néonazisme- racisme- fascisme de l’Aube Dorée « d’en bas », vont dans le sens du gouvernement actuel qui essaye d’instaurer un fascisme institutionnel « d’en haut ». Par le haut, ou par le bas ces deux tendances se rejoignent afin d’écraser les libertés et les droits des citoyens tant au niveau politique et économique qu’au niveau social.

C’est la combinaison et la coopération implicite du fascisme qui vient « d’en bas », celui de l’Aube Dorée, avec le fascisme qui vient « d’en haut », celui du gouvernement actuel, qui agresse sauvagement et brutalise tout les aspects de la vie en Grèce et qui la rend finalement insupportable.

Si l’Union Européenne fait la politique de l’autruche face à ce phénomène qui finalement est politiquement et socialement dangereux, les peuples d’Europe doivent être et rester vigilants. Si la brutalité et la cruauté du fascisme venant « d’en bas » et « d’en haut » se mettent en place en Grèce, il y a un très grand risque que cela influence les autres pays européens et que le fascisme se propage en Europe comme une trainée de poudre.
 
Adresse de cet article: https://nouvelleshorslesmurs.wordpress.com/2012/11/13/la-grece-suffoque-prise-dans-letau-fasciste/




27 octobre 2012

De la nécessité impérieuse de construire un mouvement social européen

source, Greek Crisis




CADTM (Comité pour l'Annulation de la Dette du Tiers-Monde) | 24 octobre | par Vicky Skoumbi


Quelques réflexions sur les perspectives des mouvements sociaux en Grèce et en Europe


Les élections du 17 juin en Grèce ont été suivies par une phase d’attente, un temps d’arrêt pendant lequel les divers acteurs des mouvements ont en quelque sorte suspendu leur mobilisation, le temps d’intégrer les nouveaux donnés. Cette période qui vient de finir a été marquée par une relative déception à la hauteur de l’espoir qu’a représenté la montée de Syriza, une déception qui relèverait plutôt du sentiment d’une occasion manquée. Les grandes mobilisations de deux années précédentes avec 17 jours de grève générale et plusieurs grandes manifestations, malgré une répression de plus en plus féroce, se sont mis en sourdine depuis le 12 février, ce qui pourrait en partie s’expliquer par une longue période électorale, les élections anticipées ayant été arrachées de haute lutte à un pouvoir complètement délégitimé. 

 

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