30 novembre 2015
France: L’autre fable de la République que l’on ne raconte pas
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Thèmes : contre-intox , COP21 , manipulation , mediacratie , Paris , robocops21 , violences policières
Envoyer par e-mail BlogThis! Partager sur X Partager sur Facebook Partager sur Pinterest17 novembre 2014
Sarkozy-Kadhafi : Le document authentifié dont les médias ne parlent pas
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| Source photo |
Agoravox | 17 novembre 2014, par Fatizo
Il y a quelques jours nous apprenions par Médiapart, que le document qui prouverait que Nicolas Sarkozy aurait reçu 50 millions d’euros de la part de Mouammar Kadhafi, a été authentifié par des experts judiciaires en écriture.
Souvenez-vous, entre les deux tours de la présidentielle 2012, le site avait publié un article expliquant que le régime libyen avait financé la campagne de Sarkozy en 2007.
Pour étayer cette information, Médiapart se basait sur un document « officiel libyen » signé par Moussa Koussa, l’ancien chef des services secrets du régime Kadhafi.
Ce papier évoquait un « accord de principe » du versement des fonds. Mediapart y voyait « la preuve du financement ».
Nicolas Sarkozy avait, à l’époque, porté plainte contre Mediapart , pour « faux et usage de faux ». Le site d’informations avait répliqué avec une plainte croisée pour « dénonciation calomnieuse ».
Depuis le début de cette affaire, de nombreux médias ont souvent mis en doute l’authenticité du manuscrit . En septembre dernier c’est Vanity Fair, par l’intermédiaire d’Hevé Gattegno, qui écrivait : « Sarkozy-Kadhafi : le document libyen de ‘Mediapart’ qui accuse l’ex-président pourrait bien être un faux ».
L’article de Gattegno faisait suite à la déclaration de Moussa Koussa, qui avait contesté sa signature, tout en déclarant que ‘le contenu’ du document n’était ‘pas faux’ ».
A l’époque le journaliste du site d’Edwy Plenel, Fabrice Arfi, avait peu apprécié le papier en question, et l’avait fait savoir sur tweeter.
Alors qu’aujourd’hui des experts viennent avaliser que le document « a bien été signé ‘de la main de Moussa Koussa’ », Fabrice Arfi est toujours en colère, mais cette fois-ci après l’AFP, qui n’a pas repris l’information.
Le journaliste nous dit : « l’Agence France Presse (AFP) m’a fait savoir par écrit aujourd’hui qu’ « après lecture attentive » de cet article les conclusions des quatre experts sur l’authenticité du document libyen n’étaient pas une information digne d’être reprise et de faire l’objet d’une dépêche. D’où la faible reprise de cette révélation à la radio, à la télé, dans les journaux ou sur d’autres sites. Il est vrai que la traque d’un faux tigre mérite bien plus toutes les attentions médiatiques… »
Il est vrai qu’il n’est pas question de déranger l’ancien président alors qu’il fait tout ce qu’il peut pour reconquérir la droite, n’hésitant plus à faire dans la surenchère démagogique pour prendre à Hervé Mariton les opposants au mariage pour tous.
L’AFP et nos médias en font des tonnes sur le sujet, ils en font encore plus sur la rencontre Fillon- Jouyet qui serait pour certains une affaire d’Etat, tout cela parce que l’ancien Premier Ministre aurait demandé que l’on accélère la procédure contre son ancien président. François Fillon serait discrédité dans la course à l’Elysée, d’après les éditorialistes de génie qui nous informent.
Mais en ce qui concerne Nicolas Sarkozy, dont le nom apparaît dans de multiples affaires,il a comme une bienveillance ou une crainte de la part de toutes ces belles plumes. Pour lui, pas question de course à l’Elysée interrompue. Il peut tout dire, tout faire, rien n’y fait, il reste en course. On le critique mais point trop n’en faut, comme si on tenait à le ménager.
Mais pourquoi ?
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Thèmes : AFP , corruption , démocratie en danger , Kadhafi , mediacratie , Sarko , UMP
Envoyer par e-mail BlogThis! Partager sur X Partager sur Facebook Partager sur Pinterest26 février 2014
Venezuela: La lutte des grands médias contre la démocratie
O tempora, o mores ! En 1973 même des journaux conservateurs condamnaient le massacre de la démocratie au Chili. Quarante ans plus tard la Sainte Alliance des actionnaires de “l’actu” piétine la démocratie vénézuélienne, en légitimant les violences d’une droite qui refuse sa défaite lors de scrutins validés par les observateurs internationaux et veut s’emparer du pouvoir sans passer par les électeurs. Converties à la pensée unique (libre-échange + droit d’ingérence), les grises copies d’AFP et Reuters que sont devenus Le Monde, RTL, TF1, France 2, La Libre Belgique, El Pais, Libé ou le NY Times n’ont d’autre issue que de censurer la voix des présidents latino-américains s’ils défendent le droit des vénézuéliens à élire qui ils veulent, et d’invisibiliser les mobilisations de la majorité de la population contre une tentative de coup d’État.
suite sur Oulala ...
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Thèmes : démocratie en danger , Etazunis , mediacratie , pétrole , Venezuela
Envoyer par e-mail BlogThis! Partager sur X Partager sur Facebook Partager sur Pinterest17 janvier 2014
Services publics aux abonnés absents (Acrimed)
Par Gilles Balbastre, le 17 janvier 2014 | Acrimed
Pour information.
Figurez-vous que juste après le documentaire « Les nouveaux chiens de garde », j’ai eu l’occasion de réaliser un documentaire pour France 5, intitulé « Salariés sans frontières ».
Figurez-vous que ce documentaire a été livré en septembre 2012 et que depuis 18 mois, France 5 l’avait « oublié » dans des tiroirs. Il faut dire que les rapports avec France 5 avaient été très tendus lors du montage au printemps 2012, à l’époque où des dizaines de milliers de spectateurs se précipitaient dans les salles pour voir justement « Les nouveaux chiens de garde ». Alors, imaginer qu’il peut y avoir un rapport entre cette censure et le film qui a fait plus de 240 000 entrées au cinéma. Non, quand même pas ! Bon, il est vrai qu’Yves Calvi, un des chouchous de France 5, est plutôt bousculé dans « Les nouveaux chiens de garde »... Mais, non il ne faut pas voir le mal partout !
Officiellement, c’était donc la musique du film et son compositeur, le talentueux et indocile Dick Annegarn, qui ne plaisait pas à la chaîne... Officiellement vous dis-je...
Toujours est-il que je viens par hasard de m’apercevoir cet après-midi en surfant sur le Net que France 5 s’est enfin décidé de diffuser « Salariés sans frontières » jeudi qui arrive, le 16 janvier à... zéro heure dix. Honteusement, en catimini, histoire de préserver l’illusion de démocratie. Le film n’a bien entendu bénéficié d’aucune promotion de presse de la part de France 5. Résultat, aucun article, aucun reportage, aucun son. Un lien avec « Les nouveaux chiens de garde » ? Non vous dis-je !!!
Alors, pour que l’omerta ne soit pas complète, reste à vous tous de diffuser ce message, d’inciter tout un chacun de regarder sur France 5 ce jeudi 16 janvier à zéro heure dix, « Salariés sans frontières », de l’enregistrer et de le montrer autour de vous.
Merci à vous
Gilles Balbastre, co-réalisateur des Nouveaux chiens de garde
En résumé, le film porte sur la destruction du travail ouvrier dans la Grande région (Lorraine, Wallonie, Sarre) qui entoure le Luxembourg et le remplacement des ouvriers de la sidérurgie et des mines de fer par des salariés des services qui tous les matins partent dans le 2ème PIB par habitant du monde nettoyer les bureaux, garder les banques, servir les cafés des golden boys... Une force sociale relativement structurée autour de syndicats, de partis de gauche, regroupée collectivement, a été ainsi supprimée et remplacée par une autre, celle-ci atomisée, esseulée, désorganisée dans ce coin d’Europe. Au bénéfice comme d’habitude de ceux, qui comme les De Wendel, ont toujours été soutenus politiquement pour amplifier encore et toujours plus leurs intérêts et leurs profits.
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Thèmes : droits des travailleurs , mediacratie , mondialisation , social
Envoyer par e-mail BlogThis! Partager sur X Partager sur Facebook Partager sur Pinterest13 mars 2013
Hugo Chavez, le ministre et les médias
N’importe quel journaliste, passé ou non par les écoles reconnues par la profession, pouvait comprendre que le ministre des Outre-mer, Victorin Lurel, entendait ainsi contester qu’Hugo Chavez était un « dictateur », louer, ne serait-ce partiellement, sa politique et non faire l’éloge de sa « dictature ».
N’importe quel journaliste, mais pas nombre de médias parmi les plus réputés. Ceux-ci optèrent pour des titres, voire, pour certains d’entre eux, pour des commentaires, laissant entendre que c’est bien une dictature que saluait le ministre. Et cette fable bénéficia d’une remarquable circulation circulaire.
De dictature, sous la présidence d’Hugo Chavez, il n’y en eut point. L’hostilité au régime et au président du Venezuela dispose d’un répertoire de vocables suffisamment discutables (c’est-à-dire que l’on peut discuter, fût-ce âprement) – « populiste », démagogique », « autoritaire », « autocratique » – sans qu’il soit nécessaire d’évoquer une introuvable dictature. Mais qu’importe aux titreurs et commentateurs – dont certains ont peut-être un diplôme de science pipeaulogie : le ministre aurait bien loué une dictature en tant que telle. Échantillon
Laissons-lui la responsabilité de ce propos : « Toutes choses égales par ailleurs, Chavez c’est De Gaulle plus Léon Blum », dit comme ça, c’est pour le moins discutable. Supprimez « Toutes choses égales par ailleurs », il ne reste plus que « Chavez c’est De Gaulle plus Léon Blum », dit comme ça, c’est grotesque, voire pire.
On doit aussi au ministre l’affirmation (qui se passe de commentaires) selon laquelle Chavez était « tout mignon » dans son cercueil. Supprimez le cercueil, il ne reste plus que Chavez était « tout mignon ». Ce qui est improbable. Prêtez de surcroît au ministre le soutien à un dictateur comme tel, et vous obtenez ce titre halluciné (et hallucinant) d’un article de Rue 89.
Raccourcis et dilettantisme, concurrence moutonnière et circulation circulaire : le goût pour « ce qui fait polémique » (surtout sur des détails) et la recherche compulsive du « clic », du « buzz et du « clash » (avec le Lab d’Europe 1 en première ligne [1]) permettent de faire le plein avec du vide.
Et, en l’occurrence, cela tient lieu de débat, informé, documenté et pluraliste sur le Venezuela.
Henri Maler
Notes
[1] Comme l’a relevé à sa façon Daniel Schneidermann dans une chronique intitulée « Victorien Lunel, gibier de buzz ».
Voir cet article en ligne..
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Thèmes : contre-intox , décryptage , mediacratie , merdias
Envoyer par e-mail BlogThis! Partager sur X Partager sur Facebook Partager sur Pinterest8 février 2013
L’invité de Davos que personne n’a entendu
Libération.fr | par Daniel Schneidermann | 3 février 203
Dans cette principauté où chacun interviewe tout le monde, il est un invité qu’on n’a entendu nulle part. C’est le président islandais Olafur Ragnar Grimsson. L’Islande est ce pays dont les banques ont fait faillite et qui a froidement décidé de ne pas rembourser les pays étrangers ayant eux-mêmes remboursé les créanciers étrangers de ces banques. Autrement dit, au regard de la bienséance banquière internationale, un quasi-Etat voyou (auquel un tribunal international vient néanmoins de donner raison).
Or donc, à Davos, le président islandais accorde une interview à Al-Jezira. Qu’y dit-il ? Que si les banques doivent faire faillite, eh bien qu’elles fassent faillite. «Pourquoi considère-t-on que les banques sont des saintes chapelles de l’économie moderne ? La théorie que vous devez payer pour sauver les banques, selon laquelle les banquiers peuvent jouir de leurs propres bénéfices et de leur succès, puis que les gens ordinaires payent pour leurs échecs au moyen des impôts et de l’austérité, dans les démocraties éclairées, les gens ne l’accepteront pas sur le long terme.»
Mais le président Grimsson est loin d’être un bolchevique. Son opinion repose aussi sur un constat économique. «L’une des choses que nous avons apprises après l’effondrement des banques en Islande, c’est que les banques islandaises, comme les banques britanniques ou américaines, sont devenues des entreprises de haute technologie, qui recrutent des ingénieurs, des mathématiciens et des informaticiens. Et, quand elles se sont effondrées, le secteur innovant de notre économie, le secteur informatique s’est mis à prospérer. En fait, sur les trois dernières années, il a eu de bien meilleurs résultats que jamais auparavant. Donc la leçon à en tirer est la suivante : si vous voulez que votre économie soit compétitive dans le secteur innovant du XXIe siècle, un secteur financier fort qui prend les talents de cet autre secteur, même un secteur financier qui marche bien, est en fait une mauvaise nouvelle.»
Autrement dit, que les banques s’effondrent, ou tout au moins cessent d’offrir des bonus mirobolants, et les meilleurs ingénieurs, mathématiciens et informaticiens, qui choisissent la finance parce que c’est mieux payé, choisiront désormais d’autres débouchés.
L’analyse est peut-être fondée, peut-être pas. Il faudrait sans doute nuancer, discuter, aller voir de plus près. Mais c’est un point de vue original, que l’on n’entend jamais et formulé, tout de même, par un chef d’Etat.
Or, il advint que cette déclaration du président islandais n’a été reprise par aucun journaliste, aucune agence, aucun média français. Pourquoi ? Existe-t-il, dans les médias dominants, une conspiration du silence contre les opinions hétérodoxes ? Oui et non. En fait, comme toujours, c’est plus compliqué.
Ces informations à contre-courant, que le citoyen vigilant glane en surfant sur des sites militants ou étrangers, que colportent les réseaux sociaux, on ne peut pas dire qu’elles soient totalement passées sous silence par les médias dominants. Quand le FMI, par exemple, reconnaît - oups, quel dommage ! - qu’il a fâcheusement sous-estimé l’impact de l’austérité sur la croissance, en se trompant de coefficient multiplicateur, ou bien quand on apprend incidemment qu’il arrive à la France d’emprunter sur les marchés internationaux à des taux négatifs, l’information est donnée, certes. Et l’on voit alors Pujadas, haussant les sourcils, demander à son spécialiste de lui expliquer cette anomalie.
Mais justement : l’information s’inscrit plutôt dans la rubrique «insolite», anecdotique, quelque part entre l’euthanasie des éléphantes tuberculeuses et la mystérieuse panthère noire des Alpes-Maritimes. On signale, on dissèque la bizarrerie, et on passe à autre chose. L’information «sérieuse», normale, reprend son rythme de croisière, avec ses banques qui «doivent» être les plus grosses possibles, l’horreur de la dette, et le FMI lui-même continue comme devant à délivrer des ordonnances d’austérité. Comme si les faits qui ne rentrent pas dans le cadre n’avaient définitivement pas prise sur le paquebot de l’actualité.
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Thèmes : banksters , Davos , FMI , Islande , mediacratie , Speculation/crise
Envoyer par e-mail BlogThis! Partager sur X Partager sur Facebook Partager sur Pinterest19 novembre 2012
STOP à la propagande des collabos !
Désobéissance Civile | Le 18 novembre 2012
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Thèmes : contre-intox , F Hollande , Gaza , Israël , mediacratie , Netanyahou , Palestine
Envoyer par e-mail BlogThis! Partager sur X Partager sur Facebook Partager sur Pinterest3 mai 2012
Le grand cirque médiatique
Agone | mercredi 2 mai 2012, par Alain Accardo
Déconnexion
Il me semble que cet effet de déréalisation, ressenti par beaucoup, est lié à la quasi-monopolisation du travail d’information, singulièrement en matière politique, par les grands médias et leurs journalistes. La dimension dramaturgique ou, si l’on préfère, la part de théâtralité inhérente à toute vie sociale, est devenue une fin en soi à mesure que s’est étendue la mise en scène par les médias des différents aspects de notre existence. Aujourd’hui le processus de théâtralisation est achevé : tout, la vie publique, la vie privée, la vie intime, tout est transformé en représentations et nous sommes tous acteurs et spectateurs à la fois. Les élections, comme le reste, ne sont plus qu’un spectacle déconnecté de la réalité.
De surcroît, ce spectacle est réalisé par une des pires espèces de professionnels que la classe moyenne ait historiquement engendrées : les journalistes. Quand on allait naguère au théâtre, c’était pour voir jouer une pièce dont l’auteur savait l’art de représenter, au moyen d’habiles fictions, les problèmes réels de la condition humaine. Aujourd’hui, les médias viennent à domicile, sous apparence de nous informer d’une « actualité », présentée comme authentique – mais profondément falsifiée –, nous donner la représentation artificieuse d’un monde réduit à la vision qu’on en a depuis les salles de rédaction des entreprises de presse. Les auteurs ne s’appellent plus Sophocle, Molière ou Tchékhov mais Pujadas, Calvi ou Giesbert. Des écrivains de génie aux scénaristes interchangeables, on mesure le chemin parcouru. Les campagnes électorales sont le moment rêvé pour déployer leur talent de mise en scène. Leur emprise sur la représentation est totale. Des trois coups du régisseur aux commentaires du critique théâtral, de la distribution des rôles au choix des décors, des éclairages à la direction des comédiens, ils fabriquent littéralement sous nos yeux une pièce qui prétend montrer la réalité alors qu’elle n’en est que la caricature.
À chaque élection, les journalistes reprennent ces manipulations dont dépend leur standing matériel et symbolique. Pour donner l’impression que le spectacle se renouvelle, ils introduisent chaque fois quelques variantes scénographiques, telles que le « grand oral » auquel ils ont décidé de soumettre les candidat(e)s de la présidentielle comme si c’étaient de simples étudiant(e)s de Sciences Po. Nul doute que la prochaine étape verra les journalistes s’ériger carrément en jury d’admission pour désigner le meilleur des prétendants et l’introniser eux-mêmes. La souveraineté populaire aura alors vécu – ou plutôt elle sera enfin tout entière transférée entre les mains d’un clergé journalistique faisant et défaisant à sa guise les cardinaux papables.
En attendant la consécration suprême, les journalistes poursuivent, élection après élection, leur entreprise de démolition du débat démocratique. Le procédé, rodé et ritualisé au fil des années, demeure fondamentalement le même : convoquer le personnel politique sur des tréteaux médiatiques dressés tout exprès, des espèces de rings où le fin du fin est d’acculer les candidats dans les cordes en les malmenant, ou bien de les lancer les uns contre les autres comme des coqs de combat.
Certaines personnalités, plus intelligentes ou moins conciliantes que les autres, se rebiffent et volent dans les plumes de leurs tourmenteurs. Mais dans l’ensemble elles font preuve d’une inlassable complaisance, quand ce n’est pas de connivence, tant est grand leur souci de se faire bien voir d’une corporation qui contrôle étroitement l’accès à l’expression publique. Ainsi se sont vidées de leur contenu les campagnes électorales, transformées en comédies insipides, destinées à faire croire à la permanence d’un combat politique, dans une société dont les élites ne reconnaissent plus en fait que le pouvoir du Marché. Réglées dans les moindres détails par leurs ordonnateurs, avec leurs litanies de questions vicieuses et de réponses tactiques, allant rarement à l’essentiel, elles ne sont plus que des liturgies d’apparence démocratique dont les croyants du dimanche savent d’avance qu’elles n’engagent à rien pour la semaine à venir. Un sentiment d’irréalité, disais-je…
Alain Accardo
Chronique initialement parue dans le journal La Décroissance, du mois de mai 2012.——
Alain Accardo a publié plusieurs livres aux éditions Agone : De notre servitudeinvolontaire (2001), Introduction à unesociologie critique (2006), Journalistesprécaires, journalistes au quotidien (2006), Le Petit BourgeoisGentilhomme (2009), Engagements. Chroniques et autres textes(2000-2010) (2011).
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Thèmes : démocratie en danger , mediacratie
Envoyer par e-mail BlogThis! Partager sur X Partager sur Facebook Partager sur Pinterest21 avril 2012
Mélenchon, cible des éditocrates
Agoravox | 20 avril 2012
M. Delapierre, directeur de campagne du Front de Gauche, revient sur le traitement médiatique de la campagne de Jean Luc Mélenchon
"Mélenchon : un croisement entre un singe et un... par PlaceauPeuple
La performance historique du rassemblement de Toulouse a été un
tournant dans le traitement médiatique de la campagne du Front du Gauche
Alertés par la dynamique populaire pouvant mettre à mal le candidat
PS, nouvelle coqueluche de l’oligarchie, les éditocrates et les grands
médias ont pris pour cible Mélenchon. Y compris en puisant
allègrement dans l’argumentaire d’extrème droite pour diaboliser leur
adversaire.
La preuve est faite que Marine le Pen leur manque comme "3e homme" :
elle leur permettait de déverser tout le mépris qu’ils ont du peuple en
se donnant à bon compte une figure de résistants.
Ce tir de barrage a constitué un viol de l’éthique journalistique
comme en témoigne la une du monde faisant de la désinformation sur
l’adhésion massive des jeunes au programme de Marine le Pen (enquête
réalisée à peine sur 300 personnes en dehors de toute rigueur
statistique) au moment même où elle était en difficulté. On a agité
l’épouvantail pour faire rentrer les électeurs dans le rang.
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Thèmes : contre-intox , désinformation , mediacratie
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