14 novembre 2016

Lanceur d'alerte (film)


Source Youtube

Court métrage de fiction

En piratant la jeunesse dorée, Manon et Léo tombent par hasard sur un mail qu'ils n'auraient pas du voir...

L'histoire a été inspirée par ce mail :
https://wikileaks.org/clinton-emails/...

Avec Ernst Umhauer, Adrien Melin, Roxane Bret, Jean-Erns Marie-Louise, Christelle Cornil, Guillaume Franchin, Benjamin Haddad, Sophie Kircher, Sidney Zaoui, Elisa Sergent et Elliot Delage.

Scénario : Guillaume, Jeremy, Bastien
Réalisation : Guillaume Desjardins & Jeremy Bernard
Assistant réal : Jeremy Bernard
Producteur exécutif : Bastien Ughetto
Son : Vincent Da Silva & Pierre Hermand
Musiques : Edouard Joguet - edjmusic.com
FX : Arnaud Huck

Pour aider les réalisateurs:
TIPEEE ► http://tipeee.com/les-parasites

SITE ► http://lesparasites.net
 

3 avril 2012

Lettre d’un Malien à monsieur Sarkozy, président de la-France-dite-Forte

Blog de Médiapart | via Le Grand Soir | 03 avril 2012


illustration : Arnaud Calistri
Mamadou Dramane Traoré

« Les Touaregs qui formaient une partie importante de l’armée de Kadhafi ont déferlé sur le Mali et, n’espérant plus retrouver l’Eldorado perdu, ont choisi de retourner leurs armes contre ceux qui les ont toujours considérés comme leurs frères. »




Monsieur,

En cette triste période pour vous comme pour moi (pour des raisons apparemment bien différentes), je me vois contraint par les événements de prendre ma plume pour vous exprimer les préoccupations que suscite en moi une situation créée et entretenue par votre imprévoyance, si ce n’est par un esprit machiavélique.

En 2011, sous le mandat 1979 de l’ONU dévoyé par vos soins, vous avez, avec l’aide de certains de vos alliés et sur les conseils de Monsieur Lévy, fait attaquer la Libye par des forces coalisées. Cependant, par reconnaissance pour Kadhafi, vous lui aviez, quelque temps auparavant, déroulé le tapis rouge pour le recevoir en grandes pompes à Paris. Chez nous, on appelle cela « mordre le dos de celui qui t’a porté ».

Le prétexte évoqué pour justifier votre implication personnelle dans cette campagne anti-Kadhafi était votre engagement à protéger les braves populations de Benghazi et de Misrata, menacées, par le Guide libyen, d’extermination ; ceci a abouti à son assassinat et à la dislocation totale des structures de l’État libyen.

Je ne suis ni un politologue, ni un expert en géostratégie. Je ne suis qu’un simple citoyen d’un pays qui aspire à seulement un peu de vie tranquille sur cette terre dominée par l’injustice, la cupidité, l’exploitation, et la domination des peuples érigées en modes de gouvernance. La-France-Forte le veut ainsi.

Loin de moi la prétention d’entreprendre une étude objective de votre politique étrangère, car je n’en ai ni les compétences, ni les données nécessaires. Votre dessein dans cette affaire était-il louable ?

Le problème est qu’en tant que président de « la France forte », soit vous avez agi sans grand discernement en n’ayant pas suffisamment apprécié toute l’étendue des immenses dommages collatéraux auxquels votre intervention allait aboutir ; soit vous aviez tout prévu grâce à vos géo-stratèges. Dans l’un ou l’autre des cas, incommensurable est votre responsabilité morale, car les conséquences en sont dramatiques.

A travers quelques constats, je me contenterai ici d’en citer quelques-unes, dont certaines affectent particulièrement mon peuple dans ses droits les plus fondamentaux, droits stipulés dans la Déclaration universelle des droits de l’homme dont vous devriez pourtant être le garant de par vos fonctions, et dont à chaque occasion, vous exhibez la paternité pour la France.

Oui, les populations de Benghazi et de Misrata ont été préservées du massacre, oui, Kadhafi a été sauvagement assassiné, grâce à quoi, maintenant, le pétrole et les marchés tant convoités de Libye sont à vos pieds.

Mais en revanche :

De nouvelles milices armées terrorisent, rackettent, torturent et massacrent chaque jour les populations en question.

La Libye redeviendra difficilement une entité géographique, politique et économique stable puisqu’elle est en voie de dislocation et de morcellement. La Cyrénaïque a ouvert le bal.

Des groupuscules infiniment plus dangereux que Kadhafi se positionnent çà et là et menaceront désormais la quiétude et la stabilité du monde entier dont celle de la France Forte, à la longue, malgré son éloignement géographique.

Des armes en tous genres de l’armée libyenne se sont disséminées dans toute la sous-région, et se retrouvent entre les mains de groupes à desseins multiples.

Les Touaregs qui formaient une partie importante de l’armée de Kadhafi ont déferlé sur le Mali et, n’espérant plus retrouver l’Eldorado perdu, ont choisi de retourner leurs armes contre ceux qui les ont toujours considérés comme leurs frères. Ce faisant, ils sèment chaque jour la désolation et la souffrance auprès de milliers de vieillards, de femmes et d’enfants réduits à l’état de réfugiés dans leur propre patrie ou jetés sur les routes de l’exil dans des pays voisins.

Ces rebelles et les soldats de l’armée malienne s’entretuent dans des combats fratricides, causant mort, deuils, larmes et douleur dans des familles ainsi éprouvées et déstabilisées.

Les trafics en tous genres prolifèrent et sèmeront progressivement la désolation dans les rangs de la jeunesse du monde entier.

Comme vous devez vous en douter, Monsieur, l’énumération n’est pas exhaustive. Voici entre autres, quelques-uns des exploits de « la France forte », comme vous la concevez ! L’agitation sociale et la déstabilisation des pays pauvres viennent compléter ce tableau reluisant !

Et pendant ce temps, Monsieur, chaque soir à la télé, pour convaincre les Français que vous êtes le meilleur, je vous vois remuer la tête à gauche et à droite ; arquer et froncer les sourcils lors des shows médiatiques, pendant que des milliers d’enfants, victimes innocentes de votre imprévoyance, dorment dehors à la merci des serpents, des fauves, de la faim, de la soif, de la maladie dans des camps de fortune, et ne vont plus à l’école. Des milliers de femmes et de vieillards croupissent par votre faute dans des camps de réfugiés ; sans eau, sans nourriture, sans soins de santé. Que faire, Monsieur ? Est-ce cela aussi, le rôle de La-France-Forte ?

En vous regardant le dimanche soir, 11 mars, à Villepinte, hausser les épaules, tourner la tête à gauche et à droite, une image que je recherchais depuis près de cinq ans a fait tilt dans ma tête et aussitôt, un nom a jailli sur mes lèvres : « Babacommandant ». Oui ! Je parie que vous ne savez pas ce que c’est ! Est-ce que je me trompe ? Non ? Monté sur un magnifique alezan taillé dans du bois, c’est tout simplement une superbe marionnette Somono qu’un artiste particulièrement doué a dû, sur un coup de génie, confectionner le jour même de l’arrivée de Faidherbe au Mali. Ce guignol représente à la perfection un administrateur colonial rigide et hautain.

Venez un jour la contempler à Koulikoro, Monsieur Zorrokozy. Vous serez j’en suis sûr sidéré par la ressemblance. La seule et grande différence est que cette relique culturelle est faite, non pas pour semer la mort ou foutre la merde dans le monde entier, ou encore pour provoquer des drames dans des familles et pays étrangers, mais plutôt pour distraire les gens paisibles ; mettre périodiquement un peu de baume dans le cœur des enfants au lieu de les jeter sur les chemins de l’exil forcé.

Êtes-vous croyant, Monsieur Zorrokozy ?

Si oui, serez-vous prêt à justifier devant Dieu, tous ces malheurs que vous avez apportés à ceux qui, de près ou de loin, ne vous ont absolument causé aucun tort, aucun mal ?

Si non, vous devez quand même avoir une certaine dose de conscience. Dans ce cas, je vous suggère de vous poser, seul et dans le secret de votre chambre, une question toute simple : « Combien de vies, combien de foyers ai-je bouleversés, détruits de par mes actions en tant que Président de la-France-Forte » ?

Pour ma part, quelques autres questions me taraudent l’esprit : si vous êtes réellement le justicier du monde que vous prétendez être, où, mais où donc se trouve Zorrokozy dans l’immensité du désert malien jonché des cadavres d’innombrables enfants victimes innocentes collatérales de l’imprévoyance si ce n’est de l’inconscience du Président de La-France-Forte ?

Donner de grands coups de pied dans toutes les termitières d’Afrique pour qu’à l’issue de l’opération, la France puisse récolter pour nourrir ses enfants, les ressources tirées du pétrole et des marchés libyens sans se soucier du fait que dans des pays voisins déstabilisés par cette action, des enfants (parce qu’ils sont noirs de peau et issus de nations pas fortes pour un sou) meurent de faim, de soif et de maladies sur les routes de l’exil forcé ou dans des camps de réfugiés, est-ce là votre conception du rôle de La-France-Forte  ? Il est vrai que vous avez des exemples de référence dans ce domaine. J’en ai d’ailleurs suffisamment parlé dans mon ouvrage intitulé Les Soupirs du baobab édité aux Éditions L’Harmattan en 2009.

Financer des campagnes politiques avec le prix du pain et des médicaments arrachés d’entre les dents des enfants affamés et malades d’Afrique par des dirigeants véreux et sans aucune moralité, il paraît que cela aussi a été une des pratiques en vogue ? Est-ce vrai ? Est-ce faux ? Je n’en sais fichtrement rien. Je n’ai fait que l’écouter sur certains médias.

Je ne vous salue pas Monsieur Zorrokozy. Je vous laisse à votre campagne.

Mamadou Dramane Traoré Ancien directeur d’école à Koulikoro, au Mali.

Source Blog de médiapart

http://www.legrandsoir.info/lettre-d-un-malien-a-monsieur-sarkozy-president-de-la-france-dite-forte.html

21 octobre 2011

Guerre Humanitaire en Libye : Il n’y a pas de preuve !

La Guerre Humanitaire

Ce document permet de comprendre comment le droit international et la justice internationale fonctionnent mais surtout comment leurs principes élémentaires peuvent être contournés. Les différentes résolutions adoptées contre la Libye se fondent sur la base d’allégations diverses : notamment sur la déclaration selon laquelle Kadhafi aurait utilisé l’aviation contre son propre peuple et engagé une violente répression contre l’insurrection, celle ci coûtant la vie à plus de 6000 civils.
Ces allégations ont été diffusées sans jamais avoir pu être vérifiées. C’est pourtant sur la base de ces affirmations que le gouvernement de la Jamahiriya Libyenne a été exclu du conseil des droits de l’homme des Nations unies avant d’être renvoyé devant le conseil de sécurité des Nations Unies.
L’une des principales sources à l’origine de l’affirmation selon laquelle Kadhafi aurait décimé son propre peuple est la ligue libyenne des droits de l’homme, une organisation rattachée à la Fédération internationale des droits de l’homme (la FIDH). Le 21 Février, le secrétaire général de la ligue libyenne des droit de l’homme le Dr Sliman Bouchuiguir avait été à l’origine d’une pétition avec l’organisation UN Watch et la National Endowment for Democracy. Cette pétition est signée par plus de 70 ONG. Puis, quelques jours plus tard, le 25 Février 2011, le Dr Sliman Bouchuiguir s’est rendu au conseil des droits de l’homme des nations unies afin d’y exposer les allégations concernant les crimes du gouvernement de Mouamar Kadhafi.
Au cours du mois de Juillet dernier nous nous sommes rendus à Genève afin de nous y entretenir avec le Dr Sliman Bouchuiguir…

14 octobre 2011

LIBYE: Les loups débarquent.

par Jeunesse Unie pour la Démocratie en Afrique (J.U.D.A.) | mercredi 12 octobre 2011

Attention, ça va saigner. Les loups sont arrivés dans le poulailler libyen. Le néolibéralisme débarque après les bombes. Exactement comme dans les années 1800. Les armes ouvrent la voie des marchés et des sources d'approvisionnement en matières premières aux entreprises. Belle illustration d'une guerre humanitaire.

Ecoutez bien Lellouche: la Libye est à nous français et Anglais!!!!

28 septembre 2011

Un charnier à Tripoli ? encore de l’intox

26 septembre 2011

Troupes françaises au sol en Libye : nouvelles révélations


(© AP Photo/Altaf Qadri)

Mince, voilà qui risque bien d’écorner le mythe que Nicolas Sarkozy essaye à
grand peine de construire sur son rôle de sauveur en Libye : une conversation téléphonique entre un commandant militaire de Misrata et le porte parole militaire du Conseil National de la Résistance (CNT), le colonel Ahmed Bani, laisse entendre qu’il y aurait bien eu des troupes au sol en Libye, en totale contradiction avec le mandat de l’ONU.

L’Organisation des nations unies visait à protéger la population civile contre la sanglante répression de la contestation du régime de Mouammar Kadhafi. Il ne permettait pas que des troupes étrangères opèrent au sol. L’aviation en revanche pouvait frapper les troupes fidèles au colonel Kadhafi. Le Canard Enchaîné avait à plusieurs reprises évoqué la présence au sol de troupes françaises, notamment pour guider les bombes à l’aide de lasers.

Ces derniers jours, une conversation téléphonique visiblement enregistrée a fait son apparition sur le Web. Elle met en scène le porte parole militaire du Conseil National de la Résistance (CNT), le colonel Ahmed Bani (voir photo ci-dessous) et un des leaders « rebelle » de Misrata. Le ton entre les deux est dur et le second assène quelques reproches intéressants au premier. (...)
 

24 septembre 2011

Guerre contre la Libye : Le meilleur et le pire

Le Grand Soir | Djamel LABIDI | 24 septembre 2011

Conformément à la résolution 1973, ou du moins l’interprétation qu’ils en ont faites, l’OTAN ne devrait-il pas à présent bombarder… les positions du CNT ? En effet, c’est celui-ci qui est désormais le pouvoir et ce sont les autres, les « gueddafistes » qui sont à présent « les rebelles ». C’est donc le nouveau pouvoir, le CNT, qui aujourd’hui « bombarde son propre peuple", à Syrte et ailleurs, et qui tombe sous le coup de la résolution 1973 de l’ONU.

Je plaisante ? A peine. Car on voit ainsi à quoi a été réduit le droit international. C’est le cas aussi de la reconnaissance de l’Etat palestinien. Le Gouvernement français s’était empressé de reconnaître le CNT libyen alors que rien ne prouvait sa légitimité. C’est de l’étranger que le CNT a tiré d’abord sa légitimité. Mais le gouvernement français ne veut pas reconnaître l’Etat Palestinien qui lui , est légitime depuis 60 ans… depuis toujours. Alain Juppé, le ministre des Affaires étrangères français, cherche actuellement, sous mille prétextes, à décourager les palestiniens de présenter leur candidature à l’ONU. On se souvient par contre de la vitalité et de l’énergie dont il avait fait preuve pour convaincre de l’intervention étrangère en Libye puis pour que le CNT occupe, sans attendre, le siège de la Libye à l’ONU.

Ce renversement de situation en Libye où c’est désormais le nouveau pouvoir en place qui bombarde des populations civiles n’a semble-t-il pas été prévu. Il explique la gêne actuelle de l’alliance OTAN-CNT libyen, son hésitation à installer le CNT dans la capitale, et son insistance à annoncer que "la lutte n’est pas finie tant que Gueddafi n’est pas mis hors d’état de nuire". Ces contradictions dévoilent chaque jour les buts réels de l’intervention militaire étrangère aux yeux de l’opinion arabe et mondiale.

Comme par un heureux hasard, l’actualité vient elle-même dénoncer cette situation et ceux qui cherchent à la justifier. Au même moment où le CNT s’installait précautionneusement à Tripoli sous la protection de l’OTAN, les Talibans attaquaient le quartier général de l’OTAN à Kaboul. Où sont les « révolutionnaires », à Kaboul ou à Benghazi ? L’OTAN et les insurgés libyens avaient justifié l’intervention militaire par le rapport de force disproportionné entre les forces du régime de Gueddafi et les insurgés, et afin d’éviter qu’ils soient écrasés. Les résistants afghans eux affrontent une armada de l’OTAN infiniment plus puissante et meurtrière. Un 1er novembre 1954 quelques dizaines d’hommes s’étaient levés contre la France et toute la puissance de l’OTAN derrière elle. Ces hommes là ne demandaient pas qu’on fasse la révolution à leur place.

Les révolutions arabes continuent de charrier le meilleur et le pire. Je lisais dans un journal français (« le Nouvel Observateur » 13 septembre 2011) un reportage sur une jeune Libyenne de 24 ans qui s’enorgueillait d’avoir fourni des renseignements à l’OTAN, par le relais d’Eldjazeera, sur les cibles libyennes à attaquer, quand l’intervention militaire se préparait. Elle décrit tout cela avec force détails. Elle rodait, le jour, la nuit, autour des sites, prenait des notes, utilisait plusieurs portables. Vrai ou faux ? On finit par se méfier de tout tant l’intoxication médiatique a pris des proportions nouvelles. Mais c’est significatif d’un état d’esprit où on ne sait même plus ce qu’est la trahison, où elle est banalisée, voire valorisée. Ici 50 ans après l’indépendance, en Algérie, une famille se vantera d’avoir été proche de la France pendant la colonisation, comme d’un label de distinction sociale. Un autre algérien, résident pourtant en Algérie, et même parfois haut fonctionnaire, se vantera lui d’avoir la double nationalité algérienne et française. Il vous expliquera que "c’est uniquement pour des raisons pratiques, pour ne pas avoir à demander de visa", sans se rendre compte qu’il exprime ainsi son peu de considération pour 2 nationalités, aussi bien la Française que l’Algérienne en réduisant un acte majeur à une raison si triviale. Et on les verra souvent, est-ce un hasard, justifier l’intervention étrangère.

LES NOUVEAUX INTELLECTUELS ORGANIQUES

Dans les CNT qui fleurissent actuellement, ici des intellectuels syriens connus appellent à l’intervention étrangère ; certains d’entre eux ont la double nationalité : française et syrienne. Là ce sont des cadres intellectuels libyens de nationalité anglaise ou américaine qui avaient appelé l’OTAN à l’aide. On assiste à l’émergence d’une nouvelle catégorie d’intellectuels organiques. Ils ne sont pas comme l’émigration politique intellectuelle du siècle passé qui vivait difficilement et clandestinement dans les pays occidentaux. Ils s’en distinguent par le fait qu’ils bénéficient en général d’une situation confortable, dans des universités occidentales, ou dans les médias chargés d’émettre en direction des pays arabes comme la BBC, France 24 etc. Grâce à la lutte des peuples arabes et après avoir été longtemps ignorés, ils bénéficient désormais de la sollicitude des plateaux de télévision des grands medias occidentaux. Le message, bien que feutré, est clair : « nous vous avons accueilli longtemps, il est temps de nous rendre nos bienfaits ». Ces nouveaux intellectuels organiques semblent être libres et indépendants de pensée. Ne dénoncent-ils pas les pouvoirs dans leur pays. Mais les apparences peuvent être trompeuses. Qu’on y prête attention et on s’apercevra qu’il n’y a jamais, chez eux, la moindre critique du pouvoir du pays où ils vivent où dont ils ont pris la nationalité, le Royaume Uni, La France ou les Etats-Unis. Gueddafi ou Bachir El Assad seront dénoncés mais pas l’action de la France en Côte d’Ivoirel ou en Afghanistan. Pas celle des Etats Unis en Irak ou vis à vis de la Palestine. Comment dénoncer en effet ceux qui vous rémunèrent, dans les universités desquels vous enseignez. Ces nouveaux intellectuels organiques ressemblent comme une goutte d’eau aux mêmes de leur pays natal. A la différence que leur complaisance à l’égard du pouvoir concerne celui du pays occidental où ils vivent.

La mondialisation devient chez eux alors une idéologie de justification leur permettant de masquer toutes ces contradictions ou d’essayer de les concilier, de vivre avec. Elle se transforme en la théorie d’un monde où la nationalité, l’indépendance n’ont plus de réalité et d’utilité si ce n’est dans la vision nostalgique d’une génération qui, comme ils la critiquent, « s’accroche aux idéaux des années 70 et à l’épopée de la lutte anticoloniale et du mouvement de libération ».C’est ainsi que ce sont multipliées, ces derniers temps, sous la plume des nouveaux intellectuels organiques, des analyses qui convergent étrangement toutes vers la justification du droit d’ingérence et des interventions militaires actuelles. Elles puisent d’une manière ou d’une autre leur inspiration dans les théories qui proclament « la fin de l’Histoire », l’universalité du capitalisme occidental, la généralisation de la communication grâce aux nouvelles technologies et donc la fin des antagonismes du 20éme siècle entre l’Occident impérial et le reste du monde, entre pays dominants et pays dominés. Ainsi nous est proposée sous le couvert d’un modernisme de pacotille une réédition de la vieille idéologie colonialiste et de quoi justifier la remise en cause de l’acquis essentiel des révolutions du 20éme siècle : la libération de la domination étrangère et la souveraineté nationale. Ce qu’on nous propose, en fait, c’est un Alzheimer historique.

LA BRIGADE DE TRIPOLI
Sur la chaîne France 24, les 8, 10 et 11 septembre, un reportage passe en boucle, au sujet de la « brigade de Tripoli », une brigade de « rebelles » libyens composés d’émigrés arabes binationaux, d’Angleterre, des USA, d’Irlande... Le reportage vise, d’évidence, à convaincre du rôle joué par les « rebelles libyens » dans la prise de Tripoli. Toujours les mêmes images : armes flambant neuf fournis par l’OTAN, rien à voir avec la Kalach’ traditionnelle du « rebelle », débauche de tirs nourris en l’air ou à l’aveuglette, V de la victoire devant les caméras, un ennemi « gueddafiste » invisible, des insurgés qui font retraite pour laisser l’OTAN nettoyer la place. Le héros du reportage, Sam, un homme jeune, la trentaine, de père libyen et de mère irlandaise. Propre, net, rasé de frais, barbe claire effilée, soignée, des gants noirs, une tenue de camouflage élégante, un vrai héros de cinéma. Il ajuste posément, devant la caméra, comme au stand de tir, au loin, un « gueddafiste » juché sur un pickup . Celui-ci ne bouge pas, comme pour la pose, avant d’être abattu et de s’écrouler. Il ne restait plus à notre héros qu’à souffler sur le canon de son arme, comme dans les westerns. Puis il part à l’assaut avec sa brigade. Le commentateur français, soudain islamophile, nous dit que la brigade n’a rien bu ni mangé depuis le matin, vu le Ramadhan. Mais celui qui a monté le reportage a laissé trainer un plan qui surprend notre héros Sam la cigarette aux lèvres en plein jeûne. A la fin du reportage ( du film j’allais dire) Sam confie tristement mais virilement qu’un de ses amis est mort et qu’il va devoir annoncer la nouvelle à ses parents à son retour en Grande Bretagne. Puis il s’éloigne lentement du champ de la camera. Coupez !

Tout cela peut prêter à sourire. Mais on ne peut s’empêcher d’en être peiné et de se demander laquelle de leurs deux nationalités ces binationaux servent. Mais aussitôt posée, la question parait injuste. Injuste envers l’immense majorité des émigrés arabes en Europe qui accueillent comme nous, avec réserve et méfiance les appels à l’intervention étrangère, et dont le sentiment national est d’autant plus fort, qu’il est renforcé par leur éloignement du pays et les atteintes à leur identité et leur dignité. C’est notamment le cas des centaines de milliers d’intellectuels et de chercheurs arabes qui se trouvent à l’étranger faute des conditions du travail scientifique dans leur pays. Ceux-là sont bien placés pour connaitre la réalité des pays où ils vivent et les mécanismes de domination. Ils en témoignent souvent d’autant plus lucidement. Ils font partie de ce que le monde arabe a de meilleur. Mais on ne les verra eux, jamais, sur les plateaux de télévision. Le piège est en effet énorme et nouveau : Créer la suspicion envers ceux des nôtres qui ont émigré et qui sont partis pour des raisons économiques ou autres, et qui ne ressemblent en rien à une certaine émigration de confort. Empêcher la jonction de l’intelligentsia arabe, aussi bien celle vivant au pays qu’à l’étranger, dans l’immense élan qui se dessine de réveil du monde arabe, et de volonté de démocratisation et de modernisation. La crise libyenne est décidément pleine d’enseignements.

Djamel LABIDI

Paru dans « Le Quotidien d’Oran » du jeudi 22 Septembre 2011

19 septembre 2011

bienvenue à la Libye dans le rang des pays pauvres très endettés

Le Blog de Aymard

Souhaitons la bienvenue à la Libye dans le rang des pays pauvres très endettés (PPTE)


La Libye (la nouvelle Libye des drogués et autres « rats ») a un nouveau partenaire qui n’est rien d’autre que le Fonds Monétaire International (FMI). Eh oui le meilleur partenaire pour installer la politique de l’assistanat et le réel sous-développement en Libye.

Le FMI ne pouvait pas espérer mieux que la chute de Kadhafi et sa disparition de la scène politique africaine, ce Kadhafi qui lui réservait une mort lente et définitive avec la création du Fonds Monétaire Africain qui devait naître en 2011 si le pygmé de l’Elysée du haut de ses 1m 63 ne s’était pas précipité en Libye en mission humanitaire pour sauver l’Europe.

Ainsi donc, le FMI dit reconnaitre le CNT et cette annonce vient directement de sa nouvelle directrice (elle peut dire merci à DSK) : « Le Fonds Monétaire International reconnaît le Conseil de transition comme gouvernement de la Libye et est prêt, en envoyant au plus tôt son staff sur le terrain, à lui fournir assistance technique, conseil politique et soutien financier pour reconstruire l’économie et commencer les réformes ».

Commencer les réformes, dit-elle mais, quelles réformes ? C’est quand même marrant quand on sait que la Libye n’avait jamais eu besoin du FMI. Point n’est besoin de sortir des cuisses de Jupiter pour comprendre les dangers que représentent le Fmi et la Banque mondiale pour l’Afrique. Toutes les réformes du FMI ont été pour domestiquer les économies et les rendre serviable et dépendantes (voir documentaire « Quand le FMI fabrique la misère »). Aucun pays n’a pu amorcer un réel développement depuis que le FMI est né. D’ailleurs, l’Euro est agonissant et ce n’est pas la Grèce qui dira le contraire alors, la Libye pourrait être un sauf conduit pour donner un nouveau souffle à l’Euro. Les multinationales s’installeront et tout sera privatisé avec l’assistance du FMI qui déroulera sa politique économique orthodoxe et machiavélique. Les fonds souverains libyens seront dilapidés. Le taux d’alphabétisation auparavant supérieur à 90% subira une lente et progressive régression.

Les Libyens verront leur pouvoir d’achat s’effriter ; eux qui étaient habitués à acheter le litre d’essence à 0,08 EUROS, à se reposer quand l’Etat les nourrissait ; dorénavant ils devront manger à la sueur de leur front jusqu’à ne plus avoir de goutte de sueur. Le droit au logement sera banni, les soins médicaux seront désormais payants ; ce sera du cash cash ; l’électricité à usage domestique ne sera plus gratuite, de même que l’eau à usage domestique, plus aucune banque n’accordera de prêts sans intérêts, ainsi de suite jusqu’à ce que la Libye se paupérise et se désagrège comme la plupart des pays qui ont expérimenté les réformes du FMI.

En effet, la profondeur de la pauvreté qui mesure le déficit collectif moyen de revenu ou de consommation par rapport à la ligne de pauvreté pour l’ensemble de la population en Libye, connaîtra une évolution à crescendo. Ceci, dû à la forte monétarisation de la société libyenne qui s’installera avec l’arrivée du FMI en Libye et la mise en œuvre de ses programmes d’aliénation et d’abrutissement des peuples. Les ménages montreront leur incapacité à répondre aux exigences fondamentales tels que la santé, l’éducation, l’habillement etc…puisque tout sera monétisé ; ceci sans oublier le fait que le FMI a souvent eu pour partenaires les gouvernants corrompus qui détournent aveuglément et ça, le CNT l’a déjà commencé avec les milliards dégelés dont on a perdu les traces.

En attendant la libération de toute l’Afrique des griffes du FMI, le peuple libyen va sombrer sous les impôts, le pays sous les dettes et l’inflation pour enrichir les multinationales étrangères et par ricochet l’Europe.

Ainsi soit-il !

aymard

4 septembre 2011

AFRIQUE-LIBYE: le début de la grande catastrophe.

Jeunesse Unie pour la Démocratie en Afrique (J.U.D.A) | dimanche 4 septembre 2011

25 août 2011

bataille de Tripoli et propagande mondialiste

Diaspora Saharaui 

La bataille de Tripoli, la propagande mondialiste a ses réseaux partout

Désinformation Odieuse sur la Libye et Kadhafi par talalclosson2

Hier, dans son éditorial, monsieur Pierre André Chapatte parlait de victoire de la justice en Libye, prophétisant que sans l’intervention de l’Otan un génocide à la Rwanda se serait produit. Naturellement, il reprenait à son compte toute la propagande des mondialistes, parlait de victoire certaine des insurgés. Il se déclarait même partisan d’un recours à la force contre la Syrie.
Je ne suis jamais allé sur place, je ne connais rien à la réelle nature, sur le terrain, des rapports de force, mais une chose est évidente ( 1min 41 dans cette vidéo) : tout n’est pas aussi limpide que veulent nous le faire croire les médias dominants. Les insurgés sont loin de faire l’unanimité de la population, ils viennent souvent des rangs de la nébuleuse terroriste islamiste ( pilotée par qui ???), sont les auteurs d’authentiques massacres et Tripoli ne semble pas être tombée comme il est partout prétendu.
Cette opération en Libye pue à un tel degré ! C’est une démonstration de force des moyens dont disposent les mondialistes : moyens militaires, médiatiques, politiques. Mais tous ces moyens ne seraient rien sans le décervelage idéologique dont est victime l’essentiel du personnel médiatique. La force des mondialistes c’est qu’ils peuvent compter sur l’aveuglement idéologique de l’essentiel des rédactions, sur des bataillons d’ « idiots utiles » qui relaient consciencieusement leur propagande. Preuve est désormais faite que l’essentiel du personnel médiatique a perdu toute crédibilité.
Dans la vidéo ci-dessous vous pourrez également vous rendre compte que les médias dominants sont des canaux de désinformation, de purs instruments de manipulation.



Regardez Comment les Médias Nous Manipulent par Matricecensuree

23 août 2011

Tripoli: les journalistes non-alignés menacés de mort

Le grand soir info



TRIPOLI - Témoignage : les journalistes "non alignés" sont menacés de mort - Retranscription (Russia Today)


Mahdi NAZEMROAYA
L’OTAN encercle les ambassades qui veulent secourir les journalistes en danger
Mahdi Nazemroaya, Tripoli, 22 août à 19h52 (Russia Today)
Retranscription par le Grand Soir - mise en ligne 22/8 à 23h40 :

Présentateur : Nous rejoignons Mahdi Nazemroaya à Tripoli. Quelle est la situation à l’hôtel où vous êtes ? La dernière fois que nous avons parlé vous avez mentionné des coups de feu devant l’hôtel et aussi plusieurs loyalistes qui sont arrivés pour recevoir des soins.
Mahdi Nazemroaya : la tension est montée. Quelques membres de plus du personnel de l’hôtel précédent, de la sécurité et du groupe des médias qui étaient chargés de nous protéger, sont revenus armés. A l’évidence ils s’étaient battus. Ce sont des volontaires, pas des soldats. Ils sont revenus avec des informations sur les combats, et le tableau qu’ils ont brossé n’est pas celui d’une défaite, ils sont confiants. Et je crois... je suis désolé, je n’ai pas pu aller plus loin... je crois que l’un d’entre eux a peut-être été tué devant l’hôtel. Je ne peux pas le confirmer à l’heure qu’il est parce qu’il y a encore des snipers dans l’hôtel. Nous avons été avertis par... ceux de CNN par exemple, de ne pas parler d’Al Qaeda parce que sinon nous serions tués. C’était une menace voilée qui m’a été adressée directement. C’est inacceptable, c’est de la censure, et c’est inacceptable.

Présentateur : on dirait effectivement que la tension est vive. Vous parlez de violences, s’agit de violences autour de l’hôtel où vous vous trouvez où s’agit-il de violences dans d’autres parties de la ville ? Entendez-vous d’autres violences dans d’autres parties de la ville ?
Mahdi Nazemroaya : Après les informations données par les médias occidentaux et US, les journalistes de CNN les ont reprises et je crois qu’ils ont pris contact avec les rebelles et l’OTAN. Ce sont des agents de sécurité, c’est ça qu’ils sont en réalité. Je pense que nous devons prendre des mesures très rapidement. Ils ont leur propre plan d’évacuation et je crois que ma vie et celle d’autres journalistes qui ne diffusent pas des informations dans le cadre de ce... consensus ... nos vies sont en danger. Ils ne sont vraiment pas contents à notre sujet et leurs regards sont très menaçants. Si quelque chose nous arrive... Si quelque chose nous arrive je crois qu’ils y seront pour quelque chose, sans aucun doute. Ils nous ont menacé, des ressortissants britanniques, français... C’est inacceptable. Juste parce que nous ne suivons pas la ligne de l’OTAN, parce que nous ne sommes pas d’accord avec la version donnée par l’OTAN. Ils ne sont pas en train de gagner et je crois qu’ils vont tenter de nous annoncer un bain de sang et intervenir militairement sous prétexte d’une « responsabilité de protéger » que je n’ai jamais vue s’appliquer dans le cas de Bahrein ou l’Arabie Saoudite. On dit que des soldats du Qatar ont été capturés. Des gens que nous avons rencontré ont vu des troupes Qataris, et ils étaient très confiants. Pour être honnête, j’étais très ému de voir un de ces jeunes, il travaillait ici, et un des... journalistes... était... était... très mécontent et il a eu des commentaires très désobligeants.
Présentateur : lorsque vous parlez de menaces à votre encontre, pardonnez-moi de vous interrompre, vous dites que vous vous sentez menacés. Vous êtes menacés par les forces rebelles ou aussi par les loyalistes ?
Mahdi Nazemroaya : non, non, pas par les loyalistes. Nous nous sentons menacés par les rebelles et par certains journalistes présents ici. Et je vais vous le dire franchement, nous avons été menacés par des journalistes parce que ce ne sont pas de véritables journalistes. Ce ne sont pas des journalistes du tout.
Présentateur : vous avez un endroit où vous réfugier ? Où pouvez-vous aller si jamais...
Mahdi Nazemroaya : l’ambassade de Russie a dit qu’elle nous accueillerait, mais on ne peut pas s’y rendre parce qu’il y a des combats autour. L’ambassade cubaine... (explosions) vous entendez les combats ? Ca commence, c’est très fort, ils arrivent. Dieu sait ce qui peut arriver. Il est important que la communauté internationale, la véritable communauté internationale, pas les pays membres de l’OTAN, prenne des mesures pour nous sortir d’ici...
Présentateur : qu’est-ce qu’on entend ? Ce sont des coups de feu ou des bombardements ?
Mahdi Nazemroaya : des coups de feu... je n’ai pas entendu de bombardements de l’OTAN... pour moi ce sont des coups de feu.
Présentateur : vous avez parlé de bombardements. Est-ce que votre quartier est assiégé ?
Mahdi Nazemroaya : Assiégé ? Il y a des snipers tout autour. Quelqu’un a été touché, je ne sais pas s’il est mort. Je suis désolé de le dire mais je ne peux pas aller vérifier. Ils ont tiré puis ils sont partis rapidement en voiture. Ils reviendront. Mais le message est que nous sommes ici... je vous informe que ce que nous entendons sur le terrain est en contradiction avec ce que racontent les médias, avec ce que racontent Al Jazeera et CNN. Et je crois qu’ils sont très contrariés... très contrariés... par la tournure des évènements qui n’est pas conforme à ce qu’ils avaient prévu.
Merci aux lecteurs qui nous signaleraient des corrections erreurs - LGS

http://rt.com/news/tripoli-nato-gunshots-journalist-623/

21 août 2011

Tripoli dans l’attente

Le Grand Soir | Franklin LAMB | 21 août 2011



Tripoli dans l’attente (Information Clearing House)


Tripoli, 19 août 2011 - A vrai dire, certains observateurs étrangers, et très certainement moi-même qui suis à Tripoli depuis huit semaines environ, ne prennent pas très au sérieux les prédictions occasionnelles des médias selon qui Tripoli pourrait bientôt être envahie par les « rebelles de l’OTAN » - mais pas par les forces des pays membres de l’OTAN elles-mêmes.

Parmi les raisons, le fait que la population libyenne exprime de plus en plus sa colère à propos des morts parmi les membres de leurs familles et tribus, tués par l’OTAN qui affirme agir pour « protéger les civils ».

Nombreux ici disent que des dizaines de milliers sont prêts à repousser les envahisseurs qui tenteront d’entrer dans Tripoli. Le soutien au Colonel Kadhafi semble bien correspondre aux sondages comme celui publié par le quotidien The Guardian de Londres qui montre que la popularité du Colonel Kadhafi a peut-être doublé depuis le début du conflit. Le sondage Rasmussen de ce matin indique que le soutien à l’intervention de l’OTAN et des Etats-Unis a dégringolé à 20 pour cent chez les Américains, notamment à cause des civils tues par l’OTAN. Le soutien est encore plus faible dans plusieurs autres pays de l’OTAN.

Jusqu’à très récemment, la vie paraissait plutôt normale ici à l’exception de certaines pénuries comme le carburant et certains aliments de luxe et aussi quelques produits de base comme la lotion pour bébés, certains médicaments et le service de téléphone qui est défaillant. Avant, les ordures ménagères s’entassaient à certains coins de rues depuis le mois de mars lorsque 400.000 travailleurs étrangers ont pris la fuite vers la Tunisie et l’Egypte, mais ça fait deux semaines elles sont à nouveau ramassées, epuis que la mairie de Tripoli a réorganisé ses services qui avaient perdu d’un seul coup une grande partie de sa main d’oeuvre.

A part la récente intensification des bombardements de l’OTAN sur Tripoli, la ville a été jusqu’à présent un endroit assez agréable à vivre.

Le 17 août, les choses ont brusquement changé et personne ne sait exactement ce qui va se passer. Juste avant midi, une partie sinon la totalité de Tripoli s’est retrouvée sans électricité. Dans mon hôtel, l’un de deux seuls à offrir en ce moment une connexion ne serait-ce que sporadique à Internet (certains quartiers de Tripoli peuvent connaître des coupures soudaines qui peuvent durer des heures ou même des journées entières, à la manière de sud Beyrouth au Liban) les services se sont brutalement interrompus aussi bien pour le personnel que pour les clients. Certains clients se sont retrouvés coincés dans les ascenseurs et quelques-uns ont commencé à paniquer. Dans nos chambres, où les fenêtres ne s’ouvrent pas pour des raisons de sécurité, la température a commencé à grimper, les batteries des ordinateurs portables ont rapidement lâché, l’internet a disparu et moi, comme tout le monde, je me suis retrouvé à monter et descendre les 18 étages par les escaliers. Deux amis Libyens qui travaillent dans un des restaurants de l’hôtel m’ont proposé de monter un déjeuner à ma chambre. Très touché par une telle attention qui paraît être habituelle chez des Libyens, je leur ai rappelé que je respectais le jeûne du Ramadan et que je ne pouvais accepter leur offre. Peu après, le générateur de l’hôtel s’est mis en marche et les ascenseurs ont fonctionné mais il n’y avait pas d’électricité ailleurs dans l’hôtel.

Sur la Place Verte toute proche, des foules ont commencé à se rassembler vers 14 h pour manifester contre les « rebelles de l’OTAN » et on m’a dit que des milliers de Libyens étaient prêts à se rendre aux confins de la ville, aux points de contrôle, pour prêter main forte aux unités de l’armée et repousser toute tentative d’incursion d’Al Zawieh vers l’Ouest, Gheryan et plusieurs villages du Sud ou Brega ou des villages de l’est.

Les prix dans le « medina » local (marché couvert) à côté de mon hôtel ont encore grimpé selon deux sœurs avec qui j’ai lié amitié et qui font leurs courses avec leur mère tous les matins pour préparer le repas après la tombée de la nuit. Au cours des six derniers mois, les prix des denrées de base sont généralement restés stables grâce au gouvernement qui a averti les commerçants que ces derniers n’avaient vraiment pas intérêt à tenter de profiter de la situation pour faire valser les étiquettes.

Certains quittent Tripoli, mais il est difficile d’estimer leur nombre. La plupart à qui j’ai posé la question me disent qu’ils ont l’intention de rester et qu’ils ne pensent pas que les « rebelles de l’OTAN » pourront pénétrer cette ville bien armée et apparemment bien organisée qui contient encore 1,5 millions d’habitants.

Une commission d’enquête de l’ONU, dirigée par une palestinienne de Nazareth en territoire palestinien occupé, et appelée « Juliette », a finalement réussi à se poser après que l’ONU ait demandé à l’OTAN d’autoriser son avion à atterrir à l’aéroport de Tripoli. Le groupe de l’ONU, qui séjourne dans notre hôtel, est bloqué sur la route principale entre Tripoli et la Tunisie. Depuis le matin du 18 août, la route entre Tripoli et la Tunisie est coupée.

Des étudiants Libyens à l’Université Al Fatah de Tripoli et même certains officiels du gouvernement m’ont dit qu’ils se sont jurés de résister et de livrer une défense « comme à Stalingrad » contre les « rebelles de l’OTAN ». Les quartiers sont à l’évidence lourdement armés.

Certains, y compris moi-même, n’ont pas le cœur à leur rappeler qu’à Stalingrad, les habitants ont tenu dans l’attente de l’arrivée de l’Armée Rouge qui a effectivement réussi à sauver pas mal de gens. Mais qu’ici on ne voyait pas d’où surgirait une Armée Rouge pour briser un siège de la ville. Mais peut-être les habitants de Tripoli n’en auront-ils pas besoin.

Cette semaine, un étudiant en droit qui participe depuis des semaines au point de contrôle du comité de défense du quartier sur la route qui mène à l’aéroport, m’a laissé cette note :
Franklin, tu m’as demandé comment nous allions défendre la capitale si l’OTAN trace à coups de bombes un chemin pour les forces rebelles. Nous en discutons souvent entre nous, la nuit. Voici ce que nous tenons à te dire.




Ce n’est pas un secret que notre défense sera organisée autour de chaque bâtiment, chaque rue, chaque place et chaque rond-point. Nous tiendrons et nous tenterons de tenir aussi longtemps que possible chaque mètre que les forces de l’OTAN tenteront de nous prendre. Chaque immeuble, chaque usine, entrepôt, coin de rue, carrefour, bureau ou habitation est prêt et équipé en armes diverses, lance-roquettes et mortiers. Des tireurs d’élite et des unités spécialement entraînés de 5-6 hommes sont prêtes. Nous nous battrons maison par maison, étage par étage. Nous nous battrons dans les égouts et dans les caves. Si l’OTAN défonce la porte d’entrée, nous nous battrons pièce par pièce et derrière chaque tas de gravats.


Cher ami, les Libyens sont un peuple bon et fier. Nous avons déjà parlé d’Omar Muktar et de notre défaite face aux Italiens où plus d’un tiers des nôtres sont tombés au combat. Pendant les siècles de colonisation par l’empire Ottoman, sais-tu quel était le seul pays arabe ou musulman à se soulever ? La Libye. Uniquement la Libye et ses tribus. Nous avons tenu tête aux Turcs et nous leur avons livré deux guerres de 20 ans. L’OTAN et Obama pensent-ils pouvoir nous vaincre ?


Ton ami, Mohammad.

Frank Lamb, à Tripoli

http://www.informationclearinghouse.info/article28881.htm

Traduction « pensez ce que vous voulez, mais je commence vraiment à les admirer ces Libyens. Ceux-là, pas les autres » par VD pour le Grand Soir avec probablement les fautes et coquilles habituelles.

18 août 2011

Qui peut sauver la Libye de ses sauveurs occidentaux ? Pas la gauche française.

le Grand Soir, 18 août 2011


Jean BRICMONT, Diana JOHNSTONE
    
illustration : "laissez-moi vous montrer comment fonctionne la démocratie"



En mars, une coalition de puissances occidentales et d’autocraties arabes se sont unies pour soutenir ce qui était présenté comme une sorte de petite opération militaire pour « protéger les civils libyens ».

Le 17 mars, le conseil de sécurité de l’ONU a adopté la résolution 1973 qui donnait à cette « coalition de volontaires » un peu particulière le feu vert pour commencer leur petite guerre, en contrôlant d’abord l’espace aérien libyen, ce qui permit ensuite de bombarder ce que l’OTAN a choisi de bombarder. Les dirigeants de la coalition espéraient manifestement que les citoyens libyens reconnaissants sauteraient sur l’occasion fournie par cette « protection » vigoureuse pour renverser Mouammar Kadhafi qui, prétendait-on, voulait « tuer son propre peuple ». En se basant sur l‘idée que la Libye était divisée de façon nette entre « le peuple » d’un côté et « le mauvais dictateur » de l’autre, on s’attendait à ce que ce renversement se produise en quelques jours. Aux yeux des occidentaux, Kadhafi était un dictateur pire que Ben Ali en Tunisie ou Moubarak en Égypte qui étaient tombés sans intervention de l’OTAN et donc Kadhafi aurait dû tomber beaucoup plus vite.

Cinq mois plus tard, il est devenu évident que toutes les suppositions sur lesquels cette guerre se fondait étaient plus ou moins fausses. Les organisations de défense des droits de l’homme ne sont pas arrivées à trouver des preuves des « crimes contre l’humanité » soi-disant commis par Kadhafi contre « son propre peuple ». La reconnaissance du Conseil National de Transition (CNT) comme « seul représentant légitime du peuple libyen » par les gouvernements occidentaux, qui était pour le moins prématurée, est devenue grotesque. L’OTAN s’est engagée dans une guerre civile, tout en l’exacerbant, et sans la faire sortir de l’impasse.

Mais aussi absurde et dénuée de justification que cette guerre puisse être, elle continue. Et qu’est ce qui peut l’arrêter ?

Un des meilleurs livres à lire cet été était l’excellent nouvel ouvrage d’Adam Hochschild To End All Wars, sur la première guerre mondiale et les mouvements pacifistes de cette époque. Il y a beaucoup de leçons d’actualité que l’on peut trouver dans ce livre, mais la plus pertinente est sans doute le fait que, une fois qu’une guerre est commencée, il est très difficile de l’arrêter.

Les hommes qui ont commencé la première guerre mondiale pensaient aussi qu’elle serait courte. Mais même lorsque des millions de gens furent pris dans la tourmente meurtrière et que le caractère absurde de toute l’entreprise devint clair comme de l’eau de roche, la guerre a continué pendant quatre tragiques années. La guerre elle-même engendre la haine et une volonté de revanche. Une fois qu’une grande puissance commence une guerre, elle « doit » la gagner, quelque en soit le coût - pour elle-même mais surtout pour les autres.

Jusqu’à présent, le coût de la guerre contre la Libye pour les agresseurs de l’OTAN est purement financier, et cela est compensé par l’espoir d’un pillage du pays, lorsqu’il sera « libéré » et qu’il payera pour rembourser ceux qui l’ont bombardé. Ce n’est que le peuple libyen qui perd des vies ainsi que son infrastructure.

Pendant la première guerre mondiale, il existait un courageux mouvement d’opposition à la guerre qui a affronté l’hystérie et le chauvinisme de cette période et qui plaidait en faveur de la paix. Ses membres risquaient des attaques physiques ainsi que la prison. La façon dont Hochschild raconte la lutte pour la paix de ces hommes et de ces femmes en Grande-Bretagne devrait servir d’inspiration - mais pour qui ? Les risques impliqués par l’opposition à la guerre en Libye sont minimaux en comparaison de ce qu’ils étaient lors de la guerre de 1914 - 1918. Mais pour le moment, une opposition active est à peine visible.

Ceci est particulièrement vrai en France, pays dont le président Nicolas Sarkozy a pris l’initiative de commencer cette guerre.

Les témoignages s’accumulent de la mort de civils libyens, y compris d’enfants, causée par les bombardements de l’OTAN (voir par exemple la vidéo http://www.youtube.com/watch?v=vtS2qJeeXUA ). Ces bombardements visent l’infrastructure civile, afin de priver la majorité de la population qui vit dans la partie du pays loyale à Kadhafi des biens de première nécessité, de la nourriture et de l’eau, afin de pousser le peuple à renverser Kadhafi. La guerre pour « protéger les civils » est déjà devenue une guerre pour les terroriser et les tourmenter de façon à ce que le CNT soutenu par l’OTAN puisse prendre le pouvoir.

Cette petite guerre en Libye montre que l’OTAN est à la fois criminel et incompétent.

Mais elle montre également que les organisations de gauche dans les pays de l’OTAN sont totalement inutiles.

Il n’y a probablement jamais une guerre à laquelle il était plus facile de s’opposer. Mais la gauche en Europe ne s’y oppose pas.

Il y a trois mois, quand l’hystérie médiatique à propos de la Libye fut lancée par la télévision du Qatar Al-Jazeera, la gauche n’a pas hésité à prendre position. Quelques dizaines d’organisations de gauche françaises et nord-africaines ont signé un appel pour « une marche de solidarité avec le peuple libyen » à Paris le 26 mars (http://menilmontant.typepad.fr/7avous/2011/03/solidarite-ave...). En montrant leur absence totale de cohérence, ces organisations ont simultanément exigé, d’une part, « la reconnaissance du CNT, seul représentant légitime du peuple libyen », et d’autre part « la protection des résidents étrangers et des migrants » qui, en réalité, devaient précisément être protégés des rebelles représentés par ce conseil. Tout en soutenant implicitement des opérations militaires d’aide au CNT, ces groupes appelaient aussi à la « vigilance » à propos de « la duplicité des gouvernements occidentaux et de la ligue Arabe » ainsi que d’une « escalade » possible des opérations militaires.

Les organisations qui signaient cet appel incluaient des groupes d’oppositions en exil libyen, syrien, tunisien, marocain et algérien, ainsi que les Verts français, le NPA, le parti communiste français, le parti de gauche, le mouvement antiraciste MRAP, le parti des Indigènes de la République et ATTAC. Ces groupes représentent pratiquement tout ce qu’il y a d’organisé à la gauche du parti socialiste – qui, de son côté, (à l’exception d’Emmanueli) soutenait la guerre sans même faire appel à la « vigilance ».

Alors que le nombre des victimes civiles des bombardements de l’OTAN augmente, il n’y a aucun manifestation de la vigilance promise « à propos de l’escalade de la guerre » qui sortirait du cadre des résolutions du conseil de sécurité de l’ONU.

Les militants qui, en mars, insistaient pour dire que « nous devons faire quelque chose » pour arrêter un massacre hypothétique ne font rien aujourd’hui pour arrêter un massacre qui n’est pas hypothétique mais bien réel et visible, et perpétré justement par ceux qui « ont fait quelque chose ».

L’erreur fondamentale de ceux qui, à gauche, disent « nous devons faire quelque chose » réside dans l’ambigüité du mot « nous ». S’ils veulent dire « nous » littéralement, alors la seule chose qu’ils pourraient faire serait de mettre sur pied des sortes de brigades internationales pour combattre avec les rebelles. Mais bien sûr, malgré les grandes déclarations selon lesquelles « nous » devons « tout » faire pour soutenir le « peuple libyen », cette possibilité n’a jamais été sérieusement envisagée.

Donc le « nous » signifie en pratique les puissances occidentales, l’OTAN et, avant tout, les États-Unis, qui sont les seuls à posséder les « capacités uniques » nécessaires pour mener une telle guerre.

Les gens qui crient « nous devons faire quelque chose » mélangent en général deux sortes d’exigences : l’une dont ils peuvent s’attendre de façon réaliste à ce qu’elles soient acceptée par les puissances occidentales - soutien aux rebelles, reconnaissance du CNT comme seul représentant légitime du peuple libyen - et une autre dont ils ne peuvent absolument pas s’attendre de façon réaliste à ce que les grandes puissances les acceptent, et qu’ils sont eux-mêmes totalement incapables de mettre en oeuvre : limiter les bombardements à des cibles militaires et à la protection des civils, et rester scrupuleusement dans le cadre des résolutions de l’ONU.

Ces deux types d’exigences se contredisent l’une l’autre. Dans une guerre civile, aucune des deux parties n’est principalement préoccupée par les subtilités des résolutions de l’ONU ou par la protection des civils. Chaque partie veut tout simplement gagner et la volonté de revanche mène souvent à des atrocités. Si l’on « soutient » les rebelles, on leur donne en pratique un chèque en blanc pour faire ce qu’ils jugent nécessaire afin de gagner.

Mais on donne également un chèque en blanc aux alliés occidentaux et à l’OTAN, qui sont peut-être moins avides de sang que les rebelles mais qui ont de bien plus grands moyens de destruction à leur disposition. Et l’OTAN est une immense bureaucratie, dont un des buts essentiels est de survivre. Elle doit absolument gagner, sinon elle a un problème de « crédibilité », ainsi d’ailleurs que les politiciens qui ont soutenu cette guerre ; et ce problème pourrait mener à une perte de financement et de ressources. Une fois que la guerre est commencée il n’y a simplement aucune force en Occident, en l’absence de mouvements anti-guerre déterminés, qui peut obliger l’OTAN à se limiter à ce qui est autorisé par les résolutions de l’ONU. Par conséquent, la deuxième sorte d’exigences de la gauche tombe dans l’oreille d’un sourd. Ces exigences servent simplement à prouver que la gauche pro-intervention elle-même a des intentions pures.

En « soutenant » les rebelles, cette gauche a de fait tué le mouvement anti-guerre. En effet, cela n’a pas de sens de soutenir un camp dans une guerre civile, camp qui veut désespérément être aidé par des interventions extérieures, et, en même temps, de s’opposer à de telles interventions. La droite pro-intervention est bien plus cohérente.

Ce que la gauche et la droite pro-intervention ont en commun est la conviction que « nous » (c’est-à-dire « l’Occident démocratique civilisé « ) avons le droit et la capacité d’imposer notre volonté à d’autres pays. Certains mouvements français (comme le MRAP) qui vivent littéralement de l’exploitation de la culpabilité à propos du racisme et du colonialisme, semblent avoir oublié que beaucoup de conquêtes coloniales se sont faites contre des satrapes, des princes indiens et des rois africains qui étaient dénoncés comme autocrates (ce qu’ils étaient) et ils ne se semblent pas se rendre compte qu’il y a quelque chose d’un peu incongru, pour des organisations françaises, de décider qui sont les « représentants légitimes » du peuple libyen.

Malgré les efforts de quelques individus isolés, aucun mouvement populaire en Europe n’est capable d’arrêter ou même d’affaiblir l’attaque de l’OTAN. Le seul espoir pourrait être un effondrement des rebelles, ou une opposition aux États-Unis, où une décision de la part des oligarchies dominantes de limiter les frais. En attendant, la gauche européenne a raté une occasion de renaître en s’opposant à une des guerres les plus manifestement injustifiables de l’histoire. L’Europe tout entière souffrira de cet échec moral.

Jean Bricmont et Diana Johnstone

source: http://www.legrandsoir.info/qui-peut-sauver-la-libye-de-ses-sauveurs-occidentaux-pas-la-gauche-francaise.html

17 juillet 2011

Libye : le Parti Socialiste s’aligne sur Sarkozy

Par Fabrice Collette, sur La lumière des racailles dans la nuit des karchers
July 10, 2011

Avec peu de surprise, le Bureau National du Parti Socialiste vient d’annoncer qu’il voterait la poursuite de la guerre en Libye lors du vote prévu à l’Assemblée nationale le 12 juillet prochain.

Plus que la position elle-même, c’est le coté lénifiant de l’argumentation qui la justifie qui ne lasse pas d’inquiéter sur l’état du Parti Socialiste à un an des élections présidentielles.

On y retrouve tous les messages de la propagande officielle sur le mandat de l’ONU, sur une intervention militaire nécessaire, censée assurer la protection des civils, etc …

Par contre, aucune question sur la situation elle-même, sur le terrain comme au plan diplomatique :

- Quid des demandes incessantes de l’Union Africaine, de la Chine, de la Russie comme de la plupart des pays du monde, y compris maintenant de l’Italie, de cesser les bombardements de l’OTAN pour laisser la place à une solution politique ?

- Quid des dissensions de plus en plus fortes au sein de l’OTAN comme de l’Union Européenne sur la position belliciste de la France ?

- Quid de l’objectif de renverser Kadhafi, qui est maintenant l’objectif officiel de la France et dont Alain Juppé lui-même a déclaré qu’il sortait du cadre de la résolution 1973 ?

- Quid de l’alignement de plus en plus visible de la France sur les USA ?

- Quid du rejet de plus en plus grand de la France, de plus en plus taxée de colonialisme, par les pays africains et en particuliers leur jeunesse ?

- Quid de l’enlisement sur le terrain et du gouffre financier à 1,2M€ par jours ?

- Quid de la présence de militaires français au sol prenant déjà part aux opérations ?

- Quid de l’intérêt de la France et des français dans cette aventure ?

Aucune de ces questions, ni aucune autre, n’est posée par le PS alors que les citoyens et contribuables français mériteraient d’avoir un minimum d’éclaircissements sur les objectifs et le retour attendu pour eux et pour la France de cette intervention.

En lisant le communique du Bureau National, on a l’impression que les responsables du PS ont vécus enfermés au fond d’une cave depuis des semaines. Il est vrai que tant l’affaire DSK que les jeux de subtile tactique interne pour les primaires les ont beaucoup occupés.

Peut être d’ici 2017 auront ils le temps de s’occuper des français….

En attendant, Sarkozy a peu de soucis à se faire, même s’il perd aux élections de 2012 et laisse la place au candidat PS, c’est la même politique qui continuera d’être mise en oeuvre. D’ailleurs Manuel Walls, une des étoiles montantes du PS vient de l’annoncer : “il ne faut pas revenir à la retraite à 60 ans”. Mais c’est un autre sujet.

Alors qu’aux Etats-Unis, les représentants des citoyens américains mènent un véritable débat depuis plusieurs semaines sur cette intervention, débat qui vient de se terminer par un vote interdisant à l’administration d’Obama d’aider les rebelles, nos députés de gauche semblent paisiblement endormis sur leurs certitudes.

Au néo-libéralisme, le PS vient maintenant d’ajouter le néo-colonialisme. Le néo-sarkozysme n’est plus très loin !

Le lien vers le communiqué du PS



Fabrice Collette @ July 10, 2011

12 juillet 2011

Ratages en Libye

blog du Diplo mardi 12 juillet 2011, par Philippe Leymarie
 
« Il faut savoir terminer une guerre » : la phrase est du président Sarkozy, mais elle concerne l’Afghanistan où le chef de l’Etat français s’est rendu durant quelques heures, ce 12 juillet. Alors que ce même jour se tenait à l’Assemblée nationale et au Sénat le débat prévu par la constitution française sur la poursuite de l’intervention en Libye, et qu’approche la fête nationale du 14 juillet, on constate un infléchissement du discours gouvernemental sur ce conflit : Tripoli n’est plus près de tomber comme un fruit mur, en dépit des cent et quelques jours de bombardements des appareils de l’OTAN ; et la personne de Kadhafi – dont l’élimination, y compris physique, était considérée comme nécessaire sinon suffisante – ne ferait plus totalement obstacle à un règlement politique qui doit désormais être recherché.

Il avait été parmi les premiers à émettre de sérieuses réserves sur l’aventure franco-britannique en Libye : Patrick Haimzadeh, ancien lieutenant-colonel de l’armée de l’air française, ex-diplomate à l’ambassade de France à Tripoli dans les années 2001-2004, arabisant, auteur du livre récent Au cœur de la Libye de Kadhafi [1], pointait par exemple sur le site Mediapart, le 12 juin dernier, « les dix erreurs de l’OTAN en Libye » que nous résumons ci-dessous (en y ajoutant quelques extraits d’un entretien avec le même auteur publié par Jean-Dominique Merchet).
 

Chroniques nucléaires -1- (suite), par Kokopelli

Suite du fil d'info sur les catastrophes nucléaires en cours ou à venir, par Dominique sur le blog de Kokopelli, sous le titre :

Chroniques des désastres nucléaires de Fukushima et d’ailleurs: Seconde partie de Juillet 2011


La photo vient de brigades antibub (bien sur!)

- 12 juillet 2011: Toujours sur les bombes humanitaires à l’uranium appauvri en Libye. Voici une vidéo de Michel Collon en reportage humanitaire en Libye et qui s’adresse au Président Sarkozy: Sarkosy, combien d’enfants as-tu tués cette nuit? Attention, images déconseillées aux enfants.
- 12 juillet 2011: Sécheresse : alerte maximale pour les centrales nucléaires de France. Un communiqué sur le site de l’Observatoire du Nucléaire.
- Le débit de la Loire bat tous les records de faiblesse alors que l’été ne fait que commencer
- EDF gaspille les réserves des barrages pour tenter de sauver l’image du nucléaire
- EDF doit stopper immédiatement la centrale nucléaire de Saint-Laurent (Loir-et-Cher)
- EDF doit stopper au plus vite les centrales de Dampierre (Loiret) et Belleville (Cher)
- Les centrales de Golfech (Tarn-et-Garonne) et Civaux (Vienne) sous peu en difficulté
- L’ASN doit rejeter la demande de dérogation d’EDF pour la centrale de Cruas (Ardèche)

lire la suite ...


6 juillet 2011

Sur la Lybie: les mensonges de l'occident

Par Le Grand soir Info, 6 juillet 2011

paru sous le titre:

 Ce qui se passe réellement en Libye (Asia Times)

Pepe ESCOBAR



Sous l’épaix brouillard de la guerre, la tragédie en cours en Libye se transforme en une guerre de sigles qui dépeint graphiquement les confuses "douleurs de l’enfantement" du nouvel ordre mondial qui se dessine.

D’un côté il y a l’OTAN, (l’organisation du traité nord atlantique) et LA (la ligue Arabe) ; de l’autre l’Union Africaine (UA) et le groupe des BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine et Afrique du Sud). On peut aussi dire que l’occident atlantiste et ses alliés arabes dans la contre-révolution se retrouvent contre l’Afrique et les pouvoirs économiques émergents de la planète.

Des mensonges, des mensonges et encore des mensonges

On a entendu beaucoup de grognements en provenance du Congrès étasunien à propos de la Libye - qui concernaient des aspects techniques de la loi sur les pouvoirs de guerre (War Powers Act). En deux mots, les législateurs étasuniens ont refusé jusqu’à présent d’autoriser ce qui ressemble comme deux gouttes d’eau à une guerre (mais qui selon la Maison Blanche n’est pas une guerre). Ils refusent de voter des fonds pour un investissement plus important des USA dans cette aventure de l’OTAN ; mais les fonds continueront d’affluer quand même.

Les contorsions sémantiques concernant la tragédie libyenne ont déjà largement dépassé le niveau habituel, et elles laissent à penser qu’en réalité les drones étasuniens vont continuer à se joindre aux avions de combat de l’OTAN pour bombarder les civils de Tripoli.

A part Vijay Prashad de Trinity College dans le Connecticut, peu de gens en Occident ont remarqué ce que le premier ministre chinois Wen Jiabao a dit de tout cela. Dans un article d’opinion du Financial Times du 23 juin intitulé "Comment la Chine projette de renforcer la reprise mondiale" Wen a déclaré que la Chine était prête à exercer son pouvoir politique dans MENA (Moyen Orient/Afrique du nord) par l’intermédiaire des BRICS.

Beijing n’est pas particulièrement content d’avoir été obligé d’abandonner ses importants investissements énergétiques en Libye - plus de 30 000 ouvriers ont été évacués en seulement deux jours ; il veut demeurer un acteur central quoi qu’il arrive en Libye.

Le ministre russe des affaires étrangères, de son côté, a déjà souligné que "la destruction physique de [Mouammar] Kadhafi et de sa famille soulève de sérieux doutes". La fille de Kadhafi, Aisha, fait un procès à l’OTAN à Bruxelles pour le meurtre de sa fille, Mastoura, son frère et les autres petits-enfants de Kadhafi.

Donatella Rovera, une conseillère de crise d’Amnistie Internationale bien connue, a dit qu’après avoir enquêté pendant trois mois en Libye, elle n’avait trouvé aucune preuve que les troupes libyennes avait commis des viols massifs (bien que ce soit un fait avéré pour la Cour Pénale Internationale).

Amnistie n’a pas non plus trouvé de preuves que des mercenaires d’Afrique de l’Ouest et d’Afrique centrale combattent les "rebelles". Selon Rovera, ceux qui ont été présentés aux journalistes comme des mercenaires étrangers ont été ensuite discrètement relâchés.... La plupart étaient des immigrants sub-sahariens qui travaillaient en Libye sans papiers.

Certains d’entre eux ont toutefois été lynchés voire exécutés. La Cyrénaïque a toujours fait preuve de racisme envers les Africains noirs.

Les civils ont été bombardés à la fois par l’armée libyenne et par l’OTAN. Pourtant il n’y a aucune évidence que les forces aériennes libyennes aient bombardé massivement les villes "rebelles" ; et pas d’évidence non plus d’assassinats massifs de civils comparables à ceux de Syrie ou du Yemen. Bref, le régime de Kadhafi s’est peut-être livré dans le passé à la répression brutale de toutes sortes d’oppositions mais il n’a pas commis de génocide. Cela enterre les arguments des faucons humanitaires en faveur de la guerre six pieds sous terre.

L’hypocrisie règne. La Cour Pénale Internationale accuse Kadhafi et son fils Saif al-Islam - celui qui était le chouchou de l’Ecole d’Economie de Londres - et le tsar des services secrets Abdallah al-Senoussi de "crimes contre l’humanité" alors que l’odieuse dictature de Burma/Myanmar et les al-Khalifa du Barhein ne sont pas le moins du monde inquiétés.

Dans le doute, balkanise

Il faut être une petite souris dans les halls immenses de l’OTAN près de Bruxelles, pour voir à quel point l’essaim de bureaucrates militaires qui y bourdonne est imperméable à la réalité. L’OTAN continue de croire qu’il a "gagné" la guerre contre Slobodan Milosevic en bombardant la Serbie pendant 78 jours en 1999. En fait, ce qui a "gagné" la guerre c’est le fait que Milosevic ait perdu le soutien politique de la Russie.

Après plus de 100 jours de bombardements sur la Libye, avec 12 000 sorties et 2 500 objectifs, l’OTAN continue de prétendre qu’il "gagne". Bien sûr, exactement comme il "gagne" en Afghanistan.

Les éléments de langage dominent l’information dans le contexte d’une guerre sans merci de désinformation. L’OTAN refuse d’admettre que la libération humanitaire de la Libye qu’il envisage passe par un changement de régime, ce qui n’est pas autorisé par la Résolution 1973 de l’ONU.

Les USA de leur côté ont déconnecté la télévision libyenne du satellite Arabsat - dont la Libye est un partenaire financier. Le nouveau représentant libyen à l’ONU n’a pas obtenu de visa étasunien. Cela signifie que seule l’équipe suspecte et disparate des "rebelles" a accès aux médias internationales de langue anglaise.

En dépit de "la précision des bombardements" si vantée, l’OTAN perd au moins un missile sur 10. Cela explique l’augmentation des "dommages collatéraux". Les objectifs ne sont pas seulement militaires ; ils sont de plus en plus économiques comme par exemple l’hôtel de la monnaie libyen qui imprime les dinars.

Il n’y a pas de soulèvement national contre le régime. La Tripolitaine - la Libye de l’ouest - s’est ralliée à Kadhafi ; De toute évidence, il est considéré comme le défenseur du pays contre une attaque néo-coloniale étrangère.

Quant à ceux de Benghazi qui croient que l’opportuniste, néo-napoléonien Nicolas Sarkozy les aime tant qu’il veut les "libérer" à coups de Rafales, ils sont considérés comme des gogos, sinon des traîtres.

Les Djihadistes d’al-Qaeda d’Afrique du nord pour leur part s’amusent comme des fous à manipuler l’OTAN pour arriver à leurs fins - tout en se livrant occasionnellement au lynchage ou à quelque amputation traditionnelle dans tel ou tel endroit "libéré".

Le mélange d’arrogance et d’incompétence de l’OTAN mène inévitablement à une balkanisation de la Libye - un scénario que le site Asia Times avait prédit. Considérant que presque deux millions de fusils mitrailleurs ont déjà été distribués à la population et que l’OTAN va finir par intervenir sur le terrain - la seule manière d’obtenir une "victoire" décisive - on peut s’attendre à des combats de rue très meurtriers.

Un nouveau protectorat de l’OTAN

La Libye est déjà un cas d’école de pillage néo-colonial post-moderne.

La "victoire" de l’OTAN signifie en réalité que la Cyrénaïque deviendra une république indépendante -même si les "rebelles" préféreraient restaurer la monarchie (le candidat peut à peine cacher son impatience à Londres). Il se trouve que c’est aussi ce que l’Arabie Saoudite et le Qatar -les principaux adeptes du changement de régime- veulent.

Le futur émirat "indépendant" de l’est libyen a déjà été reconnu par quelques pays, dont la France de Sarkozy. Rien d’étonnant à cela ; il est déjà considéré comme un protectorat de l’OTAN. Le très douteux conseil de transition ne veut même pas qu’on connaisse ses membres -des transfuges opportunistes, des recrues des services secrets des USA, des religieux liés aux Djihadistes.

De plus des milliards de dollars d’actifs libyens ont déjà été saisis -illégalement- par les USA et l’Union Européenne. Et le Qatar est en train de vendre une partie de la production nationale du pétrole libyen.

Cette guerre de l’OTAN qui ne dit pas son nom n’a absolument rien à voir avec RdP (responsabilité de protéger), le nouvel évangile des faucons humanitaires qui font marcher le droit international sur la tête. Les civils ne sont pas protégés mais au contraire bombardés à Tripoli. Il y a un problème de réfugiés -la conséquence directe de la guerre civile. Malgré les supplications répétées de la Turquie et de l’UA, les faucons humanitaires ne se sont même pas donné la peine d’organiser un corridor humanitaire vers la Tunisie et l’Egypte.

La seule manière de s’en sortir est un cessez le feu qui mette l’OTAN hors jeu. Le contrôle sur le terrain serait confié aux casques bleus de l’ONU -composés de préférence d’Africains. l’Occident n’a absolument aucune crédibilité comme médiateur ; les Africains seraient les premiers à s’y opposer. Donc il resterait la ligue arabe et l’Union Africaine.

La ligue arabe est pro-Benghazi. En fait un vote arabe truqué (seulement 9 des 22 pays ont voté, et sur ces 9, 6 font partie du club des contre-révolutionnaires du Golfe connu aussi sous le sigle CCG), manipulé par l’Arabie Saoudite, a permis l’approbation arabe de ce qui est devenu la résolution 1973 ; en fait c’était un marchandage en échange duquel la Maison de Saoud** a eu les mains libres pour réprimer les manifestations pro-démocratiques du Barhein comme Asia Times l’a relaté. (Voir Exposed : The US/Saudi deal, sur le site Asia Times, 2 avril).

L’Union Africaine a été dédaignée avec constance par le consortium Anglo-Franco-Etasunien du changement de régime -même après qu’elle ait obtenu l’engagement de Kadhafi de négocier. L’UA se réunit à nouveau ce jeudi en Guinée équatoriale. Le président de la commission de l’UA pour la Libye - le Président de la Mauritanie, Mohamed Abdel Aziz - a déjà dit officiellement que Kadhafi "ne peut plus gouverner la Libye - ce qui est un pas en avant considérable pour l’UA.

Mais cela ne signifie pas que l’UA - à la différence de l’OTAN et des "rebelles" - veut une changement de régime tout de suite. Le départ de Kadhafi devra être la conséquence naturelles de négociations circonstanciées. En un mot, l’UA a un plan pour solutionner le problème ; l’OTAN a des bombes. Et les BRICS, surtout la Chine, la Russie et l’Afrique du Sud préfèrent la stratégie de l’UA.

Il faut pourtant s’attendre à ce que le consortium USA/OTAN se batte à mort. Pour des raisons évidentes - toutes en lien avec la doctrine éternelle et immuable de la domination absolue à quoi s’ajoute une intrigue secondaire, le nouveau concept stratégique de l’OTAN adopté à Lisbonne en novembre 2010 ( voir Welcome to NATOstan sur le site Asia Times, 20 novembre 2010).

La définition de l’OTAN du mot "gagner" implique que Benghazi devienne le nouveau Camp Bondsteel -le plus grand camp militaire étasunien d’Europe qui se trouve être en même temps l’état "indépendant" qui porte le nom de Kosovo. La Cyrénaïque est le nouveau Kosovo. C’est le règne de la balkanisation.

C’est un scénario de rêve pour le couple OTAN/Africom***. Africom obtient la base africaine qu’il désirait tant (le quartier général actuel est à Stuttgart en Allemagne) après avoir participé à sa première guerre africaine. L’OTAN avance son projet primordial de faire de la Méditerranée le lac de l’OTAN. Après l’Afrique du nord il ne restera plus autour de la Méditerranée que deux gêneurs à "éjecter" : la Syrie et le Liban. Le nom de ce jeu n’est pas Libye, c’est Longue Guerre.

Pepe Escobar

Pepe Escobar est l’auteur de Globalistan : How the Globalized World is Dissolving into Liquid War (Nimble Books, 2007) et Red Zone Blues : a snapshot of Baghdad during the surge. Son dernier livre vient de sortir ; il s’appelle : Obama does Globalistan (Nimble Books, 2009). On peut le joindre à pepeasia@yahoo.com.

Pour consulter l’original : http://www.atimes.com/atimes/Middle_East/MF30Ak02.html

Traduction : Dominique Muselet

Notes :

*En Anglais R2P : responsability to protect

** Saoud ben Abdelaziz Al Saoud (12 janvier 1902 - 23 février 1969), fils de Abdelaziz ben Abderrahman Al Saoud, le fondateur de la dynastie saoudienne, et de Wadhba, est roi de l’Arabie saoudite de 1953 à 1964.

*** Le Département de la Défense des États-Unis a décidé de créer un commandement unifié pour l’Afrique (United States Africa Command), dont l’acronyme est USAFRICOM ou AFRICOM et qui est destiné à coordonner toutes les activités militaires et sécuritaires des États-Unis sur ce continent. Il a commencé à fonctionner le 1er octobre 2008. Son baptême du feu pour des opérations de grande ampleur à eu lieu en mars 2011 lors de l’application de la zone d’exclusion aérienne au-dessus de la Libye.
 

29 juin 2011

Tripoli bombardé ne faiblit pas

De Voltairenet par Thierry Meyssan

Un groupe international d’enquêteurs du Réseau Voltaire est actuellement en Libye. Il a pu se rendre sur des lieux de bombardements. Disposant de la confiance des autorités libyennes, il a pu rencontrer quelques uns des dirigeants politiques et sécuritaires malgré les conditions de guerre. Leur constat est diamétralement opposé aux images véhiculées par la presse occidentale. Thierry Meyssan livre leurs premières observations. 



La chambre à coucher de Mouammar Kadhafi, bombardée par l’OTAN. 
L’Alliance a détruit deux autres chambres du bâtiment, celle de son fils et de ses petits enfants, qui sont morts. 
Le Guide était absent.


Au centième jour de bombardement de la Libye, l’OTAN annonce l’imminence de son succès. Cependant, les buts de guerre n’étant pas clairement précisés, on ignore en quoi consistera ce succès. Simultanément, la Cour pénale internationale annonce la mise en accusation du Guide Mouammar Kadhafi, de son fils Saif al-Islam et du chef des services de renseignement intérieur, Abdallah al-Senoussi, pour « crimes contre l’humanité ».

Si l’on se rapporte à la résolution 1973 du Conseil de sécurité, la Coalition des États volontaires vise à établir une zone d’exclusion aérienne afin d’empêcher les troupes du tyran de tuer son propre peuple. Cependant, les informations initiales selon lesquelles l’armée de l’air libyenne a bombardé des villes qui s’étaient soulevées contre le pouvoir de Tripoli ne sont toujours pas corroborées, bien qu’elles soient considérées comme fiables par la Cour pénale internationale. Quoi qu’il en soit, les actions de l’OTAN ont très largement dépassé l’instauration d’une zone d’exclusion aérienne pour se transformer en une destruction systématique des forces armées nationales, air, terre et mer.

Les objectifs de l’OTAN sont probablement autres. Les leaders de l’Alliance ont ainsi évoqué de nombreuses fois le renversement du « régime » de Mouammar Kadhafi, voire l’élimination physique du « frère Guide ». Les médias occidentaux évoquent des « défections massives » des cadres de Tripoli et leur ralliement à la cause des insurgés de Benghazi, mais ils ne parviennent pas à citer de noms, sinon ceux d’hommes politiques connus de longue date pour être favorables au rapprochement avec Washington, tel l’ex-ministre des Affaires étrangères Moussa Koussa.

L’opinion publique internationale est massivement désinformée. Washington a fait couper les retransmissions de la télévision libyenne sur le satellite ArabSat, dont la Jamahiriya est pourtant actionnaire. Le département d’État ne devrait plus être long à faire de même avec NileSat.
En violation de ses engagements internationaux, Washington a refusé un visa au nouveau représentant libyen à l’ONU. Il ne peut venir à New York exposer son point de vue, tandis que son prédécesseur, rallié au CNT continue à occuper son siège.
La voix de Tripoli étant étouffée, il est possible de répandre n’importe quel mensonge sans crainte d’être contredit.

Rien d’étonnant donc à ce que vu de Tripoli, d’où cet article est écrit, les communiqués de l’OTAN et les injonctions de la Cour pénale internationale paraissent irréels. L’Ouest de la Libye est paisible. À des moments aléatoires, les sirènes annoncent l’arrivée des bombardiers ou des missiles. Suivi immédiatement des explosions qu’ils provoquent. Il est inutile de courir aux abris, d’une part parce que le temps est trop court et d’autre part, parce qu’il n’y a guère d’abris.

Les bombardements sont ciblés avec une extrême précision. Les munitions guidées touchent les bâtiments visés, et dans ces bâtiments, les pièces visées. Toutefois, l’OTAN perd le contrôle en vol d’environ un missile guidé sur dix. Celui-là tombe à l’aveuglette. N’importe où dans la ville, semant la mort au hasard.

Si une partie des cibles de l’OTAN sont « militaires » : casernes et bases ; la plupart sont « stratégiques », c’est-à-dire économiques. Par exemple, l’Alliance a bombardé l’imprimerie de la Monnaie libyenne, une administration civile chargée de fabriquer les dinars. Ou encore, ses commandos ont saboté des usines qui faisaient concurrence à celles de membres de la Coalition. D’autres cibles sont dites « psychologiques ». Il s’agit de toucher dans leur chair les dirigeants politiques et sécuritaires en massacrant leurs familles. Les missiles sont alors pointés sur les habitations privées, et plus précisément sur les chambres à coucher des enfants des dirigeants.

L’ambiance dans la capitale et sur la côte est lourde. Mais la population reste soudée. Les Libyens soulignent qu’aucun de leurs problèmes intérieurs ne justifie le recours à la guerre. Ils évoquent des revendications sociales et des questions régionales, comme il en existe dans les États européens, mais rien qui doive conduire à déchirer les familles comme on est en train de le faire en imposant une partition du pays.

Face à l’OTAN, des dizaines de milliers de bourgeois aisés ont plié bagage et sont allés se réfugier dans les pays limitrophes, notamment en Tunisie, laissant aux pauvres le soin de défendre la patrie qui les a enrichis. De nombreux commerces sont fermés sans que l’on sache s’ils doivent faire face à des difficultés d’approvisionnement ou si leurs propriétaires ont fuit.

Comme en Syrie, la plupart des opposants politiques font bloc derrière le gouvernement pour protéger l’intégrité du pays face à l’agression étrangère. Pourtant, certains Libyens, anonymes et invisibles, renseignent l’OTAN pour localiser ses cibles. Jadis leurs parents accueillaient les armées coloniales italiennes, aujourd’hui ils scandent avec leurs homologues de Benghazi : « 1, 2, 3, Sarkozy arrive ! ». Chaque peuple a ses traîtres et ses collabos.

Les exactions commises par les mercenaires du prince Bandar en Cyrénaique ont terminé de convaincre bien des hésitants. La télévision montre en boucle les œuvres des leaders d’Al Qaida en Libye, dont certains ont été libérés directement de Guantanamo pour combattre aux côtés des États-Unis. Des images insoutenables de lynchage et de mutilations dans des villes érigées en Émirats islamistes, à la mode afghane ou irakienne, par des individus deshumanisés par les tortures qu’ils ont subis et excités par des drogues puissantes. Il n’est pas nécessaire d’être un vieux partisan de la Révolution de Kadhafi pour la soutenir aujourd’hui face aux horreurs auxquels se livrent les jihadistes dans les « zones libérées » par l’Alliance [1].

Rien, nulle part, à l’Ouest n’évoque une révolte ou une guerre civile. Pas de barricades, ni de blindés dans les rues. Sur toutes les routes, les autorités ont installé des checks points tous les deux kilomètres. Les automobilistes patientent sagement, eux-mêmes attentifs à découvrir les éléments infiltrés par l’OTAN.

Le colonel Kadhafi arme la population. Près de deux millions de fusils mitrailleurs ont déjà été remis aux civils. L’objectif est que chaque adulte, homme ou femme, puisse défendre sa maison. Les Libyens ont retenu la leçon irakienne. Saddam Hussein avait assis son autorité sur le Baas et l’armée, excluant son peuple de la vie politique. Lorsque le parti fut décapité et que quelques généraux firent défection, l’État s’effondra soudainement laissant le pays sans résistance et plongé dans le chaos. La Libye, elle, est organisée selon un système original de démocratie participative, comparable aux assemblées du Vermont. Les gens sont habitués à être consultés et responsabilisés. Ils sont donc mobilisables en masse.

De manière inattendue, les femmes sont plus déterminées que les hommes à porter les armes. Cela traduit l’accroissement ces dernières années de la participation féminine aux assemblées populaires. Cela reflète peut-être aussi la nonchalance qui s’était emparée des cadres de cet État socialiste à haut niveau de vie.

Chacun a conscience que tout se jouera lorsque les troupes terrestres de l’OTAN débarqueront, si elles osent le faire. La stratégie de défense est donc entièrement conçue pour dissuader un tel débarquement en mobilisant la population. Ici les soldats français, britanniques et US ne seront pas accueillies en libérateurs, mais en envahisseurs coloniaux. Ils devront affronter d’interminables combats urbains.

Les Libyens s’interrogent sur les mobiles exacts de l’OTAN. Je suis surpris de constater que c’est souvent en lisant les articles du Réseau Voltaire, traduits et repris par de nombreux sites Internet et certains journaux imprimés, qu’ils ont été informés des vrais enjeux. Il y a ici, comme partout d’ailleurs, un déficit d’information sur les relations internationales. Les gens connaissent et s’enorgueillissent des initiatives et des réalisations du gouvernement pour l’Unité africaine ou pour le Développement du Tiers-monde, mais ils ignorent bien des aspects de la politique internationale et sous-estiment la capacité de destruction de l’Empire. La guerre semble toujours lointaine jusqu’à ce que le prédateur ne vous choisissent comme proie.

Quel est donc ce succès que l’OTAN annonce imminent ? Pour le moment, le pays est coupé en deux. La Cyrénaique a été proclamée République indépendante, bien qu’on s’y prépare à restaurer la monarchie, et a été reconnue par plusieurs États, à commencer par la France. Cette nouvelle entité est gouvernée de facto par l’OTAN, mais officiellement par un mystérieux Conseil national de transition, jamais élu, et dont les membres —s’ils existent— sont secrets pour ne pas avoir à répondre de leurs actes. Une partie des avoirs libyens a été gelée et est aujourd’hui gérée pour leur plus grand profit par les gouvernements occidentaux. Une partie de la production pétrolière est commercialisée à des conditions défiant toute concurrence aux compagnies occidentales qui se goinfrent. C’est peut-être cela le succès : le pillage colonial.

En lançant des mandats d’arrêts internationaux contre Mouammar Kadhafi, son fils et le chef des services de renseignement intérieur, la Cour pénale internationale cherche à exercer une pression sur les diplomates libyens pour les contraindre à démissionner. Chacun est menacé, en cas de chute de la Jamahiriya, d’être poursuivi pour « complicité de crime contre l’humanité ». Ceux qui démissionnent laisseront une place vacante derrière eux, sans possibilité d’être remplacés. Les mandats d’arrêts ressortent donc d’une politique d’isolement du pays.

La Cour fait aussi de la communication de guerre. Elle qualifie Saif al-Islam de « Premier ministre de facto », ce qu’il n’est surement pas, mais qui donne l’impression d’un régime familial. On retrouve là le principe d’inversion des valeurs typique de la propagande US. Alors que les insurgés de Benghazi brandissent le drapeau de la monarchie Senussi et que le prétendant au trône s’impatiente à Londres, c’est la démocratie participative qui est présentée en régime dynastique.

À l’issue de ces cent premiers jours de conflit, les communiqués de l’OTAN masquent mal la déception. Les Libyens ne se sont pas soulevés contre le « régime », hormis en Cyrénaïque. Aucune solution militaire n’est en vue. Le seul moyen pour l’Alliance atlantique de sortir la tête haute à moindre frais est de se contenter de la partition du pays. Benghazi deviendrait alors l’équivalent de Camp Bondsteel, la méga-base militaire US en Europe, ayant accédé au statut d’État indépendant sous le nom de Kosovo. La Cyrénaïque serait la base qui manquait à l’Africom pour contrôler le continent noir.

[1] Je suppose que ces remarques peuvent surprendre le lecteur. Le Réseau Voltaire y reviendra en détail dans de prochains articles.

 

blogger templates