7 mai 2017

Voter ou agir ? MiniShow spécial élections, décryptage et alternatives


Spectateur ou acteur, qu'allez-vous choisir ? (Et pourquoi pas les deux, en toute conscience...)
Par Gérard Foucher
MiniShow

Alternatives - Propositions - Solutions

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souveraineté individuelle
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autonomie alimentaire
voisinage participatif
habitat libre
apprentissage
outillage
ressources infinies
rendements exponentiels naturels
cercle vertueux émancipation - abondance - gratitude - sérénité - reconnection - émancipation - abondance...


Source youtube

25 avril 2017

Deuxième tour de la présidentielle, un dessin vaut mieux qu'un discours

#SansMoiLe7Mai

 

24 avril 2017

Et maintenant, que cent "bastions" s'épanouissent... François Ruffin


Blog de François Ruffin | Dimanche 23 avril 2017

19,5 %, c’est excellent. Hourra au candidat. Bravo à son équipe. Désormais, nous sommes la gauche !

Pas « la gauche de la gauche », pas « la gauche radicale », encore moins « l’extrême gauche », « la gauche » tout court, toute simple, simplement parce que nous n’avons pas dérivé sur le radeau des naufragés de la pensée, entraîné par les seuls courants du marché, de la mondialisation, du conformisme.

Je l’écrivais par avance, la semaine dernière :

« Notre gauche à 15, 16, 17 %, c’est déjà énorme. C’est déjà plus que, avouons-le, je ne croyais, je n’espérais. Quoi qu’il advienne, second tour ou pas, troisième place ou pas, Jean-Luc Mélenchon a remis notre gauche debout, sur les rails, prête à affronter les puissances d’argent, l’Europe des marchands, plaçant en son cœur l’environnement. Et nous voilà maintenant, grâce à lui, qui pouvons causer d’égal à égal, sans baisser les yeux, sans honte de notre assise, de notre légitimité, qui pouvons parler d’égal à égal avec l’extrême droite de Madame Le Pen, avec la droite extrême de Monsieur Fillon, avec la droite souriante de Monsieur Macron, et même toiser un peu (pas trop, pas de péché d’orgueil) la gauche socialiste de Benoît Hamon.

Quelle remontada, comme on dit au Barça ! »

Maintenant, il ne faut pas s’arrêter là.
Jean-Luc Mélenchon n’a cessé de le répéter : « Je fais ma part du travail, faites la vôtre ! »
Alors, dès demain matin, sur le métier il faut remettre notre ouvrage.
Au boulot !, nous devons entretenir l’élan.
Ce résultat doit nous servir de tremplin.
Il suffit que nous donnions aux nôtres envie de voter, il suffit que nous les mettions en appétit avec un avant-goût d’espérance, et mathématiquement, abstention aidant, nos scores grimperont aux législatives. Nous pouvons, dès juin, remporter un paquet de victoires. Et peut-être même peser, pour de bon, dans la future assemblée…

Mais pour ça, il faut que, dès maintenant, dès ce soir, on en soit convaincu : 19,5 %, c’est vraiment excellent. Des sourires, et pas de larmes !
Evidemment, on aurait préféré qu’apparaissent sur l’écran d’autres tronches que Macron et Le Pen, avec l’ex-banquier d’affaires comme probable président. Mais 19,5 %, ça reste excellent.
C’est un tremplin, à nous de sauter. Sauter de joie, d’abord. Faut qu’on rit, faut qu’on danse, parce qu’on n’entraînera pas le peuple derrière nous avec des mines sinistres d’éternels vaincus, avec la liste de toutes les calamités à venir.


Peut-être est-il trop tôt.
Peut-être ne peut-on pas se livrer à cela à chaud.
Tant pis, je m’y avance.

Pour vous dire mon sentiment quant à la conquête, directement, du pouvoir suprême, alors que nous ne disposons quasiment d’aucun « bastion » : pourrait-on vraiment « diriger » ? Je renverrais, là, à mon entretien avec Antonio Gramsci :
Gramsci : La bourgeoisie s’est assurée le consentement d’énormes masses de citoyens, elle est à la direction intellectuelle et morale de nos pays, pas seulement de l’Etat, mais des médias, des universités, des mairies… L’Etat est une tranchée avancée, mais derrière se trouvent mille bastions et ensemble ils constituent une robuste forteresse. Vous pouvez prendre le palais de l’Elysée, mais rien ne changera dans le pays, car derrière les « bastions de la bourgeoisie » demeureront.
F.E. : Mais c’est quoi, ces bastions ?
A.G. : Ce sont les journaux, les magasins, les voitures, tout un mode de vie et de pensée, les aspirations, la morale, les coutumes, répandus par la classe bourgeoise, entrés dans les esprits et dans les mœurs, et que la majorité des citoyens ont fait leurs. Dès lors, des crises peuvent survenir, des krachs financiers, mais cette société civile résiste à ces irruptions catastrophiques. Comme le roseau dans votre fable, elle plie mais ne rompt pas.

Voilà pourquoi, dans les Etats à direction libérale, il faut remplacer la guerre de mouvement par une guerre de positions, il faut abandonner la stratégie bolchévique au profit d’une stratégie nouvelle qui se fonderait non plus sur la conquête pure et simple du pouvoir, de la seule « tranchée avancée », mais qui, en vue de cette « tranchée avancée », s’empare d’abord de la société civile, de ces « bastions ».

En d’autres termes, une classe doit être dirigeante avant d’être dominante.
F.E. : C’est quoi le distinguo ?
A.G. : Eh bien, la domination, c’est l’exercice du pouvoir gouvernemental, une coercition exercée par l’Etat. La direction, elle, s’ancre beaucoup plus profondément dans la société civile, elle se base sur un large consentement, et garantit une stabilité au pouvoir, à la domination.
Les intellectuels sont, en quelque sorte, les officiers dans cette guerre de tranchée. Car comment la classe dominante s’assure-t-elle l’adhésion des gouvernés ? Comment la philosophie de cette classe dominante est-elle promue au rang de sens commun ? Comment obtient-elle le consentement des classes subalternes ? Et comment ces classes subalternes pourront-elles renverser l’ordre ancien ? Les intellectuels, le travail intellectuel, jouent, dans cette bataille, un rôle de premier ordre.

Au fond, Jean-Luc Mélenchon et son équipe, durant cette campagne, ont avant tout fourni un immense travail intellectuel. Ils ont préparé des esprits. Ils nous ont ouvert la voie pour, d’abord, reprendre quelques bastions, acclimater l’opinion à des idées neuves, « Constituante », « transition écologique », « Plan B », qui avec des efforts formeront un autre « sens commun ».

En quelques mois, notre gauche a avancé d’un pas de géant, prête demain à « diriger ».
Continuons sur ce chemin !

(PS : pour nous, à Amiens, ça débutera concrètement ce mercredi 26 avril, à 18 h 30, salle des Provinces, avec Serge Halimi : « Préparer la déferlante ! »)


Plus de 60% des électeurs français ont voté pour des connards en connaissance de cause !


Le résultat de ce premier tour de la présidentielle française (s’il est validé) confirme nos pires cauchemars : au second tour seront opposés une ringarde raciste et un abruti propulsé sur le devant de la scène politique par les lobbies financiers et une oligarchie décadente. Pire encore le score du voyou de la droite, François Fillon avoisine les 20% ! 20 % d’électeurs français qui ont voté pour un truand...

Suite sur le blog du Yéti 
 

21 avril 2017

Quelle pourrait être la France de demain ? (vidéo le fil d'actu)

Chers électeurs français,Tatiana Jarzabek, alias Tatiana Ventôse, 28 ans, et l’équipe du Fil d’actu vous parlent :


L'élection présidentielle pose la question de l'avenir que les Français veulent pour leur pays. Le Fil d'Actu apporte son point de vue pour nourrir la réflexion collective sur le sujet. Si vous partagez ce point de vue, n'hésitez pas à partager la vidéo ;)

Voir en ligne :  youtube.com
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9 avril 2017

2017, LE COUP D’ÉTAT


(...) En 2005, vous avez, pour certains d’entre vous, participé au referendum du TCE (Traité pour une Constitution Européenne) vous avez détesté le battage médiatique outrancier pour le « oui » ? Vous avez applaudi son rejet par 55% des Français ? Vous avez protesté contre la transformation du TCE en Traité de Lisbonne adopté par le Parlement réuni en Congrès en 2012 ? Vous avez hurlé au déni de démocratie ? Un coup porté à la voix du peuple…un véritable coup d’État ?

Eh bien c’est, à peu de chose près, ce qui se passe aujourd’hui pour faire élire un candidat choisi par la même oligarchie, par les mêmes élus de gauche et de droite, par les mêmes media et pour les mêmes objectifs. Exactement les mêmes. De VGE à Cohn Bendit en passant par Hollande et Bayrou, de TF1 à Libération, du Monde au journal Les Échos, les Pineau, Arnault, Bolloré, tous participent à la promotion d’un seul et même vœu… le « oui » pour Emmanuel Macron. (...)

4 avril 2017

Présidentielle 2017 et transition énergétique: analyse comparative des programmes

La transition énergétique n'est pas une option, c'est une nécessité. Une loi a été votée en ce sens en 2015, et même si elle ne répond pas vraiment à toutes les attentes, elle illustre à minima l'importance qu'a pris le sujet dans la politique contemporaine. J'ai donc voulu regarder les programmes sous l'angle de la transition énergétique, afin de mieux cerner à quel point les candidatEs prenaient en compte cet enjeu...

 

28 mars 2017

Le programme de l’Avenir en commun en BD !

 

Selon une idée originale et des dessins de Mélaka, dessinatrice et bloggueuse BD, et Reno, dessinateur de bandes dessinées et d'après un script de Méla Ka, Reno Pixellu et Olivier Tonneau, universitaire et bloggueur politique, cette initiative inédite est mise à disposition de la France insoumise pour aider à diffuser le programme qu'elle et son candidat Jean-Luc Mélenchon défendent, l'Avenir en commun.  

Découvrez plus de 40 planches BD sur les thèmes de la démocratie, l'écologie, le partage des richesses et l'Europe.

Version pdf 

 

Pourquoi Emmanuel Macron est un personnage inquiétant


 .."Il veut appliquer les recommandations les plus néolibérales de la Commission Européenne pour démanteler l’assurance chômage, l’assurance santé, l’assurance retraite (https://www.mediapart.fr/…/programme-macron-un-copier-colle…) "..


Voici un extrait du journal que j'ai tenu pour le Forum Freies Theater de Düsseldorf et qui vient d'être publié. C'est l'entrée de Vendredi. Elle s'intitule : 'Macron me fait peur".

Je ne peux plus supporter que les médias présentent Emmanuel Macron comme un candidat "progressiste", "libéral", qui se situerait au delà du clivage droite /gauche. Lorsqu’on dit de quelqu’un qu’il est libéral je regarde ses propositions sur la prison, la drogue ou les droits des minorités - puisque normalement le libéralisme contient une critique de la répression, de la pénalisation des drogues et est favorable aux droits individuels. Mais Macron développe un programme répressif·: il veut construire plus de prisons, il veut donner plus de pouvoirs à la police, il est pour le maintien de l’interdiction des drogues, même du cannabis. Ce n’est pas un libéral. C’est un conservateur, un homme d’ordre….

 

21 mars 2017

Présidentielle débat TF1 : et le vainqueur est...


Je ne regarde jamais les débats électoraux à la télé. Un cirque médiatique frustrant où l’on n’apprend jamais rien. Par contre, je regarde les commentaires qui suivent. Ceux-là, même à leur propagande défendante, finissent toujours par donner la température finale, celle que ressentira le téléspectateur-lambda pour se faire son opinion...

Suite sur Chroniques du Yéti

21 février 2017

Adama et Théo au cœur de la présidentielle


Contre ceux qui pensent que quelques abribus cassés mettent en péril l’élection présidentielle, il faut affirmer qu’il est salutaire pour notre avenir commun de prendre enfin au sérieux la souffrance et la colère de nos enfants oubliés. Devant les vraies violences qui nous rongent et qui nous menacent, la rupture dont nous avons besoin n’est pas programmatique mais démocratique.

Quel soulagement de voir enfin de la presse faire sa une sur les drames subis pas Adama et Théo en plein marasme démocratique et électoral. Pense-t-on vraiment que ces drames auraient été à ce point considérés dans les débats publics..

Suite sur le blog d'Alain Bertho
         

10 février 2017

Macron : technique d’un coup d’État



L’arrivée au gouvernement le 26 août 2014, d’Emmanuel Macron, parfait inconnu, et tous les événements qui ont suivi montre qu’il est quand même un parfait veinard. Une furieuse et interminable campagne médiatique en sa faveur, des parrains timides puisqu’il refuse de les nommer, mais généreux qui lui permettent une campagne ruineuse. Les organes de contrôle de la régularité, de l’égalité et de la sincérité la campagne présidentielle brusquement atteints d’une forme grave de la maladie du sommeil. Un Président de la République qui laisse la place en faisant savoir qu’il se verrait bien présider l’UE. Et tous les copains de promo de l’ENA déjà à des postes judicieux, qui lui préparent le terrain. Et la justice pénale qui a adopté au tempo particulièrement bien ajusté qui lui ouvre un boulevard.

Je sais ce que je vais recevoir pour ne pas marcher dans le conte de fées que nous sert le camp du Bien. Ce sera, la nouvelle injure disqualifiante : complotiste ! Critiquer Macron et l’invraisemblable opération qui vise à en faire le futur Président de la République, c’est considérer que l’Histoire n’est qu’un complot judéo-maçonnique-illuminati-reptilien.

Je propose quand même d’essayer de mieux comprendre ...

Lire la suite sur Vu Du Droit 
 

1 février 2017

Mélenchon l'homme qui avançait a contre courant Documentaire FR3 30/01/17


Jean Luc Mélenchon, l'homme qui avançait à contre courant - reportage complet  30/01/17 

www.youtube.com/watch?v=HShc8TEHbD8

6 novembre 2016

Les primaires (vidéo)



Les primaires, par les "bobos des urnes"

Voir en ligne youtube.com

19 octobre 2016

Que faire de la présidentielle quand on est (vraiment) de gauche ?


Gazette Debout | 19 octobre 2016

Le site Hors-Série, dédié aux entretiens filmés avec des personnalités artistiques ou intellectuelles, a organisé un débat intitulé « À gauche de la présidentielle » avec Laurent Lévy, membre du mouvement Ensemble et Christophe Aguiton, l’un des animateurs d’ATTAC, animé par Judith Bernard.

Depuis des mois, la gauche critique – celle qui ne se reconnaît pas dans le prétendu « socialisme » du gouvernement – a manifesté une vitalité spectaculaire, s’incarnant dans la très vigoureuse mobilisation contre la Loi Travail, dans la persistance de la ZAD de Notre-Dame-des-Landes, dans l’expérience inédite de Nuit Debout : des forces qu’on n’avait pas vues si dynamiques depuis longtemps se sont mises à converger, et semblaient capables d’ouvrir de nouvelles perspectives.


Mais voici que l’agenda de l’élection présidentielle vient poser sa grille disciplinaire sur cette effervescence politique, et semble sommer chacun de prendre position : en être, ou ne pas en être ? La gauche critique est-elle concernée par cette échéance électorale ? Doit-elle soutenir un candidat ? Si oui, lequel et à quelles conditions ? Peut-on envisager un soutien critique, comme en son temps Sartre voulut faire avec le Parti Communiste ?

Ce sont des questions qui nous agitent, à Hors-Série, et nous avons saisi le prétexte d’un appel à faire Front commun autour de la candidature de Jean-Luc Mélenchon, et de la critique quasi-immédiate que cet appel a suscitée dans les rangs de la même gauche, pour soulever cette question : que faire de la présidentielle quand on est (vraiment) de gauche ?

Pour explorer cette problématique, deux invités : Christophe Aguiton, l’un des animateurs du mouvement ATTAC France, fait partie des signataires de l’appel pour un « Front Commun » invitant à soutenir la candidature de Mélenchon sans s’enrôler dans les rangs de la France Insoumise ; face à lui, Laurent Lévy, membre d’Ensemble et auteur d’une tribune publiée sur le site Contretemps, dans laquelle il dénonce cet appel comme une « dangereuse résignation », un repli derrière un candidat dont il faudrait au contraire combattre le discours. Lévy et Aguiton sont voisins, dans la vie comme dans les idées ; ils s’estiment, s’apprécient, et se contestent donc avec une vigueur toute amicale : c’est un dispositif idéal pour explorer les contradictions qui divisent la gauche radicale, tant sur la campagne de Jean-Luc Mélenchon en particulier que sur l’enjeu de la présidentielle en général. La discussion est passionnante, galope d’accords en discordes, et l’on aurait volontiers débattu beaucoup plus d’une heure si nous n’avions dû libérer l’un de nos invités, appelé à d’autres obligations. Peut-être n’est-ce là que le premier épisode d’une série que nous serons amenés à poursuivre dans les semaines et les mois qui viennent, histoire de peupler cette fichue campagne présidentielle de nos passions politiques propres.

Un entretien à visionner sur le site de Hors-Série.
 
 

5 octobre 2016

Le mouvement Les Jours heureux lance un programme citoyen fondé sur la démocratie et l’écologie



Plus d’une centaine de personnalités ont rejoint le collectif des Jours heureux - Le Pacte fondé dans le but de soumettre un programme aux candidats aux élections présidentielle et législatives. Recherchant une vision la plus globale possible de la vie publique, le collectif s’appuie sur « la triple exigence de la liberté, de l’écologie et de l’individualisme ouvert ».

Lire sur Reporterre

14 septembre 2016

Il n'y aura pas d'élections présidentielles


« Nous appelons à la constitution d’un contre-espace public et politique, partout en France, qui rende à son caractère dérisoire tout le spectacle décrépit de la politique. Nous appelons à faire en sorte qu’il n’y ait pas d’élection présidentielle, au sens où, quand bien même quelques irréductibles s’acharneraient à voter, elle sera un non-événement au regard de notre surgissement politique à nous. »

Lire la suite sur Lundimatin ..

12 octobre 2014

M6R, un rendez-vous historique à ne pas manquer


Les Inénarrables | par Judith Bernard | 11 octobre 2014 (Via le Blog du Plan C)

Le tirage au sort : un rendez-vous historique à ne pas manquer



Il se passe quelque chose. En France, en ce moment, enfin. Le Mouvement pour la 6ème République, dont je suis signataire, a recueilli plus de 45 000 signatures à l’heure où j’écris ces lignes. C’est bien plus que les militants du parti auquel appartient son instigateur, Jean-Luc Mélenchon. Se produit donc ce qu’on pouvait prévoir et espérer : ce mouvement ne sera pas un énième bidule politicien propre à sombrer dans le naufrage électoral qui nous désespère ; il est dès les premiers jours investi en masse par des citoyens soucieux de se réapproprier la souveraineté politique dont ils s’estiment dépossédés.

Parmi eux, de plus en plus font valoir les vertus du tirage au sort comme procédure de désignation des Constituants qui seraient appelés à produire les règles institutionnelles de la 6ème République. Je suis de ceux-là, et je l’ai fait savoir dès les premiers jours, dans ma déclaration d’adhésion au m6r (http://www.m6r.fr/2014/10/souverainete-du-peuple-contre-souverainete-du-capital/) ; Jean-Luc Mélenchon a admis d’emblée que le débat sur la question devait être ouvert dans le mouvement.

Depuis, la polémique fait rage dans les réseaux sociaux, entre détracteurs et défenseurs du tirage au sort. C’est en cela, déjà, qu’il se passe quelque chose : on retrouve un débat à haute teneur politique, animant les fils de discussion des blogs ou de Facebook, d’une spectaculaire intensité… Comme en 2005. Année décisive, où la société s’était emparée du débat sur le Traité Constitutionnel Européen, où de « simples citoyens » s’étaient procuré le texte du projet de TCE, l’avaient lu et étudié, avaient consulté les juristes, les économistes et qui bon leur semblait, là où on pouvait les interpeller – sur la Toile – et en avaient conclu qu’il fallait refuser le TCE. Le peuple français avait voté « non », en dépit d’une machine médiatique puissante au service du « oui ». Puis les gouvernants confisquèrent la souveraineté populaire, et imposèrent le Traité de Lisbonne.

Mais quelque chose était advenu, pourtant, que plus rien ne pourrait défaire : le peuple avait conquis son autonomie de jugement, s’était estimé capable de délibérer et d’arbitrer sur une complexe question institutionnelle ; indépendamment de la pseudo-expertise dont les éditocrates inondaient les médias, le peuple avait produit une analyse pertinente et fondée, et récusé la proposition institutionnelle qui lui était faite – la marche à la fois désastreuse et autoritaire des institutions européennes organisées par ce Traité prouve que la multitude ne s’était pas trompée.

Ce qui est advenu alors ne s’est pas défait depuis. Ce qui a commencé, c’est un processus de subjectivation : celui par lequel la multitude prend conscience de sa puissance de jugement, de sa légitimité à arbitrer le destin commun… et de sa dépossession objective par des institutions qui permettent aux élus de trahir les électeurs qui les ont portés au pouvoir. Les citoyens ont changé de statut ; d’objets qu’ils étaient, assujettis à des politiques indifférentes au bien commun, ils sont devenus des sujets : concernés par la chose commune, estimant avoir voix au chapitre et autant de lumières pour juger de l’intérêt général que les élites qui les condamnaient avec constance au marasme économique et social.

Le peuple français n’a d’ailleurs pas le mérite exclusif de ce processus de subjectivation politique – ni non plus la souffrance exclusive de se le voir dénié : c’est un mouvement planétaire, un rendez-vous historique, que l’année 2011 a rendu particulièrement manifeste : Printemps arabe, mouvement Occupy Wall Street, Indignados, Printemps d’Erable… En d’innombrables points du globe, le même phénomène est apparu : des foules se mobilisaient et exigeaient que la démocratie, ce beau principe, se réalise en effet – que le peuple soit concrètement reconnu dans sa dignité et sa souveraineté, par des politiques réellement soucieuses de l’intérêt général. Au-delà des évidentes différences locales, considérables et sur lesquelles il n’y a pas lieu de s’étendre ici, un point commun émerge, puissamment instructif : ces mouvements sont tous nés en dehors des partis, loin des institutions politiques traditionnelles, que pour la plupart ils récusaient1.

La multitude est entrée dans LE politique, en contestant les formes anciennes de LA politique. Et c’est ce qui se passe en ce moment dans le m6r, et c’est en cela qu’il se passe quelque chose – en France, en ce moment, enfin.

Et comme les Français ne font rien comme les autres, et qu’en matière politique ils ne détestent pas expérimenter des choses nouvelles, nous voici embarqués dans une situation tout à fait inédite et passionnante : le m6r, lancé par un politicien tout ce qu’il y a de plus professionnel (Jean-Luc Mélenchon), suivi par nombre de ses militants (du Parti de Gauche, d’Ensemble…) procède en partie de LA politique ; il s’agit de constituer une force politique qui puisse être candidate à l’élection présidentielle de 2017, sur la base d’un programme explicite – convoquer une constituante, édifier la 6ème République. Mais, offert à la multitude comme un mouvement et non comme un parti, disponible aux propositions de ses membres et ne se fixant pas de ligne idéologique ni méthodologique préalable, il est en position d’être investi par LE politique : tout ce peuple arrivant du dehors des institutions et des partis, qui s’engouffre et réclame une autre manière de faire de LA politique.

Alors évidemment, il y a des frictions. La polémique sur le tirage au sort se situe exactement sur cette ligne de fracture, entre professionnels de la politique et non professionnels, entre partisans des méthodes politiques traditionnelles et défenseurs d’un autre paradigme. Exactement à l’endroit où LE politique et LA politique s’efforcent – avec peine – de s’articuler ensemble. Nul ne sait ce qui ressortira de cette friction, ni si nous parviendrons à surmonter les vives résistances qui se font entendre de part et d’autre. Il me semble pourtant que le jeu en vaut la chandelle, que les circonstances sont favorables, et que l’heure est venue.

Pour ce qui me concerne, comme je l’ai dit, je suis de ceux qui croient nécessaire de changer de paradigme, et de bouleverser la règle du jeu dès la convocation de la Constituante, en introduisant du tirage au sort pour une majorité, voire la totalité, des Constituants. Notre proposition suscite chez les partisans de la politique traditionnelle beaucoup d’effarement et d’exaspération – ce que je comprends fort bien mais sur quoi je ne peux pas faire grand chose ; nous sommes là dans un régime passionnel peu propice à l’analyse rationnelle. On nous oppose aussi des arguments intéressants, et à ceux-là je souhaite répondre ; car ce qui se joue dans cette affaire, au delà des affects qui enveniment les échanges, c’est un débat de philosophie politique exigeant auquel nous ne pouvons pas nous dérober.

On nous oppose par exemple le problème de la lutte des classes (dont le tirage au sort nierait l’existence) ou de la conscience de classe (dont les tirés au sort seraient dépourvus). Postuler aujourd’hui qu’il n’y a pas de conscience de classe spontanée, c’est ignorer le fait historique que j’ai rappelé précédemment : l’émergence du politique, en dehors des partis et des institutions. Les mobilisés d’Occupy Wall Street, les Indignados du 15 de Mayo, tous les individus qui se sont engagés dans des mouvements sociaux exigeant dans la forme et dans le fond la démocratie réelle, n’ont pas attendu d’être formés (et encore moins représentés) par des partis pour comprendre où étaient les intérêts qui les opprimaient, et quels étaient les intérêts qu’ils avaient à leur opposer.

Le fonctionnement oligarchique des « démocraties » contemporaines est de toute façon devenu si spectaculaire qu’il suffit désormais d’être un citoyen quelconque pour s’éprouver comme dépossédé d’une souveraineté visiblement détenue par une toute petite, mais très puissante, classe d’intérêts : celle du capital. Qu’on appelle cela les « 1% », les « ultra-riches », ou « le capital », l’analyse ne change finalement guère : chacun constate que les arbitrages politiques et institutionnels se font toujours en faveur d’une petite classe dominante, et au mépris de l’intérêt des peuples. Proposer le tirage au sort, ce n’est pas nier la lutte des classes : c’est au contraire en prendre acte, considérer qu’elle a lieu en effet, jusque dans les campagnes électorales, les procédures de désignation des représentants et les arbitrages rendus par le corps politique. C’est considérer les institutions politiques contemporaines à l’aune de ce que disait Warren Buffet, parlant au nom des ultra-riches dont il fait partie : « la lutte des classes existe, et c’est nous qui l’avons gagnée ». Oui : jusqu’ici ils l’ont gagnée en effet, les institutions politiques contemporaines sont façonnées en faveur de cette classe, et c’est précisément ce qu’il faut abroger. De cela, de plus en plus de citoyens sont parfaitement conscients.

Certes, tout le monde n’a pas dormi dans un duvet avec les Indignés à la Défense, et la plupart des gens se tiennent à distance de ces actions politiques éprouvantes, coûteuses en temps, en énergie, en espoir, même. Mais ceux qui restent chez eux ne sont évidemment pas indifférents ; lorsqu’ils s’abstiennent de voter, ça ne veut pas dire qu’ils s’abstiennent de penser – loin de là ! -, et ça ne veut surtout pas dire qu’ils sont « incompétents » pour juger du destin collectif.

Bien sûr, ils seraient très impressionnés s’ils se voyaient tirés au sort pour décider des institutions d’un nouveau régime politique. Moi-même, je serais effrayée par l’ampleur de la tâche, la lourdeur de la responsabilité, la peur de me tromper. Nous le serions tous. Pourquoi dès lors faire ce pari redoutable ? Parce que c’est le pari du processus constituant. C’est le principe de la subjectivation politique, appliqué à l’individu. Quiconque se voit en situation de devoir réfléchir sur le destin commun se hisse à la hauteur la responsabilité qui lui échoit. La chose s’observe à chaque fois qu’on se donne l’occasion de la faire advenir : dans les jurys citoyens, tirés au sort pour des consultations spécifiques ou dans le cadre des jurys d’assises, dans les Etats du monde où le tirage au sort a été utilisé pour convoquer des Constituantes ou d’autres assemblées politiques (Islande, Irlande, Ontario, Colombie Britannique).

Comment cela est-il possible ? N’ayant pas été distingué par une procédure électorale, le tiré au sort ne s’estime pas meilleur que les autres ; il arrive avec l’humilité de celui que seul le hasard a promu à cette place. Il ne s’éprouve pas non plus représentant d’un parti dont il aurait à défendre la ligne politique, et encore moins l’image médiatique ; dépouillé de ces effets d’importance ou de spectacle, le tiré au sort se présente comme essentiellement démuni. Il arrive avec sa seule expérience personnelle, son terrain professionnel, son vécu à lui augmenté de celui de ses proches, et n’a plus, pour délibérer et pour arbitrer, que son intelligence propre : c’est énorme, c’est même la seule chose qui soit indispensable pour concevoir des institutions politiques vertueuses. Il entre dans le débat avec les autres tirés au sort avec la seule arme de l’intelligence – dont je crois comme Jacques Rancière2, et comme Jacotot avant lui, que nous en disposons tous à égalité. Si nous ne sommes pas tous également entraînés à l’employer et à l’exprimer, le processus constituant offre les conditions favorables pour ne pas disqualifier les moins entraînés : il suffit d’y appliquer les règles de la délibération qualitative et productive, relatives à la prise de parole dans les assemblées et expérimentées intuitivement dans la plupart des mouvements de démocratie réelle.

Le tiré au sort n’a donc pas à devenir législateur « de but en blanc » : il le devient peu à peu, dans le temps du processus constituant. Car on lui donne le temps et les conditions d’un débat éclairé : les tirés au sort peuvent consulter des experts, disposent d’un long temps d’examen des questions qu’ils ont à trancher, et élaborent dialectiquement le produit de leur intelligence collective. Bien sûr il n’y aura aucun consensus a priori : la dimension dissensuelle de la démocratie se jouera dans ces débats comme ailleurs, et l’arbitrage devra se faire à force de délibération et d’argumentation relative à l’intérêt général – et à celui-là seul.

On nous oppose qu’ils n’auraient aucune responsabilité, puisqu’ils ne seraient mandatés par personne, et que la Constitution ainsi produite n’aurait aucune légitimité. Outre qu’on voit mal quiconque se sentir « irresponsable » en telle circonstance – c’est préjuger très défavorablement des dispositions civiques des citoyens à qui on reconnaît pourtant sans sourciller le droit de vote dans le cadre du suffrage universel, c’est surtout méconnaître les conditions dans lesquelles une telle Constituante serait amenée à travailler : évidemment, sous le regard du peuple qu’elle représente, sous la forme de la transparence des débats (filmés ou retranscrits et diffusés via Internet). Et surtout, sous la forme de la validation (ou non) par voie référendaire, de la Constitution qu’elle aurait ainsi produite. La procédure supposerait de soumettre le résultat du travail de la Constituante article par article, ou module par module, au suffrage de la nation, par la voie du référendum. On ne saurait organiser de conditions plus favorables à la responsabilisation des Constituants que cette sanction in fine par les urnes, et aussi longtemps qu’il sera nécessaire pour produire une Constitution qui obtienne l’assentiment de la nation. On ne saurait non plus discuter de la légitimité d’une telle Constitution, élaborée sous le regard du peuple, et validée par lui par la sanction des urnes.

Où l’on voit qu’un tel dispositif, loin de dépolitiser la société, la politiserait au contraire massivement. Les partis politiques ne disparaissent pas : ils continuent d’animer le débat public sur ce qui leur paraît être l’orientation institutionnelle à privilégier. Ils jouent ainsi un rôle « consultatif », et continuent d’exprimer les grandes orientations idéologiques qui ont à se faire entendre. Ils continuent en outre à former les candidats susceptibles de se présenter aux élections que la Constituante aura jugé de bon de maintenir dans telle ou telle institution de la 6ème République. La multitude, quant à elle, n’est pas évincée non plus : elle est susceptible d’observer la totalité du processus constituant, via la transparence des débats, et surtout, elle a à se prononcer sur le résultat, dans son ensemble ou dans ses parties. Si bien que loin de « jeter le bébé avec l’eau du bain » (soit : jeter le vote avec l’élection de représentants) le processus constituant par tirage au sort amène le peuple à délibérer et arbitrer presque tout le temps ! On ne supprime que l’élection des représentants (et pour la seule Constituante, encore), on garde évidemment, et même le plus possible, le vote… pour les lois !

C’est donc justement parce que nous croyons dans le politique, et que nous entendons l’étendre à l’ensemble de la société, que nous militons pour ce changement de paradigme. C’est, nous semble-t-il, la condition pour faire advenir le « peuple souverain » qui fonde la démocratie authentique, et que le m6r s’efforce d’édifier. C’est surtout, à l’évidence, le moment historique pour le faire.

1 Cf. Sandra Laugier et Albert Ogien : Le principe démocratie, Enquête sur les nouvelles formes du politique, La découverte, 2014.

2 Cf. Jacques Rancière : Le Maître ignorant, cinq leçons sur l’émancipation intellectuelle, 1987. The following two tabs change content below.
 

 

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