8 juillet 2014

Le manifeste des convergences de Notre Dame des Landes

Suite des convergences 


Nous, hommes et femmes qui voulons nous réapproprier nos vie, dans des démarches de résistance contre un monde qui ne nous convient pas, nous nous organisons depuis plusieurs mois , plusieurs années afin que plus de 70 rassemblements regroupent des milliers de personnes depuis un mois et demi partout en France. Un coup d’envoi des Caravanes de la convergence a été donné le 30 mai, au Plateau de Gliéres pour être présentes ce jour à Notre Dame des Landes.

Sur tous les sites des Grands Projets Inutiles et Imposés et contestés, il y a eu un travail énorme , en dehors des jeux politiciens et de récupération politique .

Nous avons eu une vraie solidarité, de vrais partages humains: nous construisons nos mouvements différents, variés, colorés tous les jours!

Nous serons 100 000 devant l’usine des 1000 vaches, sur le barrage de Testet dans le Tarn, sur les LGV, devant l’hyper incinérateur de la Rochelle, sur les projets d’extraction (mines d’or, gaz de schistes,...), sous les THT, sur les sites d’enfouissement de déchets nucléaires, sur les sites de biomascarade.. et tant d’autres encore !

Nous sommes tous des lanceurs d’alerte, déterminés, nous serons 100 000 ou plus devant les tribunaux (ou dans les tribunaux !) s’il le faut.

La convergence des luttes ne se limite pas aux problèmes environnementaux: c’est aussi la convergence des luttes sociales et humaines.

Notre grande force, c’est la diversité de nos pratiques et de nos stratégies. Nous allons continuer!

Notre grande force, c’est l’autonomie d’organisation, c’est l’indépendance d’organisation, ce sont nos convictions, nos engagements, et nos rêves.

Nous allons continuer d’agir ensemble dans un rassemblement horizontal. Nous allons continuer de mutualiser


- les expériences

- les moyens: juridiques, de communication, de formation, d’actions concrètes

Afin de développer des actions communes.

Nous continuerons à partager nos dossiers et nos savoirs sur les sujets différents avec l’apport de chacun.

Une rencontre pour accroître la force de cette mutualisation pratique, concrète aura lieu début septembre.

Par exemple: nous partagerons mieux nos savoirs sur les zones humides, nous parlerons des difficultés de communication et comment permettre à chacun de creer les outils dont chacun à besoin....etc

Cette rencontre est ouverte à tous et les échanges entre nous ne feront que croitre. Inscrivez vous sur le blog de Convergences

(convergencesndl.over-blog.com)

Merci à celles et ceux qui ont nourri et porté, qui portent et porteront la Convergence.

Nous gagnerons sur NDDL, ensemble dans nos différences: merci à la ZAD, à la Coordination et à la convergence des luttes locales pour l’accueil et pour l’exemple!

Nous gagnerons NDDL pour gagner tous les autres combats.

Convergences des luttes . 6 juillet 2014

 

27 février 2014

Nantes, la police de la honte



Des munitions utilisées ce dimanche par la police à Nantes

Par Luc Douillard | Altermonde sans frontières

Voici ci-dessous quelques échantillons ramassés ce dimanche matin de balles de Flash-ball super pro, Lanceur de balles de défense, et de grenades assourdissantes. Elle ont été utilisées massivement lors de la manifestation anti-aéroport. Rappelons à monsieur le Préfet que ces nouvelles armes (apparues pendant l’ère Sarkozy au prix d’un changement de doctrine du maintien de l’ordre) sont absolument impropres à dégager une foule (pour cela les traditionnelles lacrymogènes suffisent amplement), mais qu’en revanche ces armes peuvent servir à perpétrer des exécutions extra-judiciaires sur le champ, allant jusqu’à l’homicide et à la mutilation permanente (par exemple de la vision d’un œil, comme cela est arrivé hier).

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En voici quelques résultats

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Ci-dessous, une manifestante appartenant probablement à la mouvance des Black-blocks  est "appréhendée" par les forces de l'ordre.

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Lire aussi, Récit d'un tir de flash-ball zèlé sur un photographe...

26 février 2014

ZAD :Lettre ouverte du mouvement armé au préfet de Loire atlantique


Zone à Défendre | mardi 25 février 2014

Lettre ouverte du mouvement armé au préfet de Loire atlantique, M. Christian de Lavernée. Sur la zad, le lundi 24 février 2014


Cher Christian,

Vous avez déclaré hier, « L’opposition institutionnelle à l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes doit cesser d’être la vitrine légale d’un mouvement armé ». Il nous serait facile de vous reprocher, M. Le Préfet, de vouloir à votre tour briser des vitrines. Mais après la manifestation de samedi, autant l’avouer tout net et cesser enfin de nous cacher : nous sommes bel et bien un mouvement armé.

Nous sommes un mouvement armé de bon sens remuant et d’idées explosives, de palettes et de vis, de pierres parfois - même s’il y a ici plus de boue et de prairies, de carottes et de poireaux, d’humour et de tracteurs, d’objets hétéroclites prêts à former spontanément des barricades et d’un peu d’essence au cas où, d’aiguilles à coudre et de pieds de biche, de courage et de tendresse, de vélos et caravanes, de fermes et cabanes, de masques à gaz ou pas, de pansements pour nos blessés, de cantines collectives et chansons endiablées, de livres, tracts et journaux, d’éoliennes et de radios pirates, de radeaux et rateaux, de binettes, marteaux, pelles et pioches, de liens indestructibles et d’amitiés féroces, de ruses et de boucliers, d’arcs et de flêches pour faire plaisir à Monsieur Auxiette, de salamandres et tritons géants, de bottes et impers, de bombes de peinture et de lances à purin, de baudriers et de cordes, de grappins et de gratins, et d’un nombre toujours plus important de personnes qui ne vous laisseront pas détruire la zad.
Vous ne nous ferez pas rendre ces armes.

Et vous, M. Le préfet, quand cesserez vous d’être la vitrine légale d’un mouvement armé ?

Sincèrement,

Les Black Ploucs

La manif’ comme elle est belle …

 … et comment on cherche à la discréditer !

Bernard Langlois
 Allez, un nouveau témoignage reçu ce soir que je vous recrache brut de décoffrage (Il est signé, et le patronyme dira peut-être quelque chose aux vieux syndicalistes CFTC-CFDT …) :



Recette pour discréditer une manifestation et obtenir pour le 20h les images de violences souhaitées


Ingrédients :

Interdire le matin même le parcours prévu et publié dans la presse depuis le début de la semaine

Verrouiller le centre-ville avec des cars de CRS et des grilles métalliques à chaque entrée de rue

Annoncer la veille dans tous les journaux qu’il s’agit d’une manifestation à risque de violence histoire d’attirer les individus qui souhaiteraient jouer à la guérilla


sur le même sujet, 

NDDL La déception des paysans



Les paysans qui manifestaient, nombreux, samedi à Nantes, se sont sentis pris en otages.

520 tracteurs ont manifesté samedi à Nantes. Du jamais vu. Et pourtant cette mobilisation du monde paysan contre l'aéroport de Notre-Dame-des-Landes est passée inaperçue, reléguée dans l'ombre par les affrontements entre les forces de l'ordre et des éléments radicaux. (...)


24 février 2014

Lettre ouverte de Françoise Verchère à Manuel Valls

Nantes 22-02-2014 - CRS en civil pratiquant le tir tendu: source


ACIPA |22 février 2014

Monsieur le Ministre de l’Intérieur,

Je vous ai entendu commenter dès samedi soir les événements en marge de la manifestation contre l’aéroport de Notre Dame des Landes et vos propos appellent de ma part quelques réactions et aussi plusieurs questions.

Sur les chiffres d’abord : vous avez parlé de 1000 casseurs et de 20 000 manifestants dont vous avez dit qu’il fallait les différencier des premiers. Je crois décidément que vos services ont un problème avec le calcul car nous étions beaucoup plus de manifestants et il y avait beaucoup moins de casseurs : disons qu’on pourrait diviser le premier chiffre et multiplier le second par deux au moins pour approcher de la vérité. Mais dans cette affaire d’aéroport, la vérité est décidément malmenée depuis longtemps…

Sur les fameux casseurs : je vous avoue que j’ai été très surprise de comprendre que vos services les connaissaient visiblement bien (vous avez donné des précisions sur leur origine, leur positionnement politique) et même qu’ils savaient ce qui allait se passer. Depuis deux jours, les bruits couraient sur des incidents à venir ; les avocats savaient qu’ils risquaient d’être réquisitionnés pour de nombreuses gardes à vue. Samedi matin, au moment où nous étions avec les tracteurs à l’aéroport de Nantes-Atlantique, les policiers présents nous ont spontanément parlé des « blacks blocs », en nous disant « qu’ils allaient gâcher notre manifestation ».

Je m’étonne donc que « les forces de l’ordre » n’aient pas été au fond plus efficaces puisque cela aurait dû être leur mission, n’est-ce pas ? Puisque l’on sait désormais interdire un spectacle avant même qu’il n’ait lieu, et puisque nous n’avons pas sur la ZAD 1000 casseurs ni blacks blocs, pourquoi ne les avez-vous pas fait arrêter avant leur arrivée ? J’imagine que s’ils sont si dangereux, vous avez certainement des preuves et même des faits graves à leur reprocher ?

Mais peut-être préfériez-vous les arrêter en flagrant délit ? Est-ce pour cela que vous n’avez pas fait protéger l’agence Vinci, située au tout début du parcours de la manifestation, pas plus que des engins de chantier Vinci aussi (car Vinci est partout vous le savez, immobilier, parkings, aéroports…) dont vous saviez qu’ils seraient forcément des cibles ? Est-ce pour cela que la Préfecture n’a autorisé qu’un parcours ridiculement petit, jamais vu jusque là ? Est-ce pour cela que les échauffourées localisées dans un périmètre pourtant restreint ont duré plusieurs heures ? Et au bout du compte combien y a-t-il eu d’interpellations ? Une douzaine seulement…C’est assez curieux et à vrai dire difficilement compréhensible alors que les moyens déployés étaient impressionnants, en hommes et en matériel anti-émeute, alors que la fermeture du centre ville était inédite, alors qu’il y avait vraisemblablement des hommes à vous des deux côtés.

Évidemment les images de « la guérilla urbaine » dont vous avez parlé seront reprises à l’envi plus que celles du char-triton, des 520 tracteurs présents ou des nombreuses familles manifestant paisiblement. Évidemment, cela permettra d’occulter une fois encore le fond du dossier, évidemment le chœur des partisans de l’aéroport poussera des cris horrifiés en rejetant la responsabilité sur les organisateurs de la manifestation.
Organisateurs qui ont pourtant tenté d’éviter l’affrontement en interposant des tracteurs entre l’imposant mur de fer érigé et ceux qui voulaient effectivement en découdre.

Organisateurs dont le métier n’est pas d’assurer l’ordre, vous en conviendrez et à qui il serait malvenu de demander de faire mieux que vous… Organisateurs particulièrement choqués, en tout cas, par les propos du Préfet de Loire-Atlantique qui n’a pas hésité à affirmer que nous « opposants historiques » devions cesser « d’être la vitrine légale d’un mouvement armé ». Je me suis pincée pour y croire…encore un peu de temps et nous finirons nous-mêmes par être tenus pour de dangereux terroristes alors que nous avons participé loyalement au débat public, et à toutes les commissions mises en place. Débat déloyal puisqu’il y a une « vérité officielle » intangible même quand elle est contraire aux faits, aux chiffres et à la réalité. Le Premier Ministre ne reconnaît la validité que de la commission du dialogue à qui il avait donné mission de valider à nouveau le projet, mais refuse de regarder les conclusions accablantes de la commission des experts scientifiques au regard de la loi sur l’eau. Comment croire encore à la parole de l’État ?

En réalité, Monsieur le Ministre, tout cela est très lisible et vieux comme le pouvoir.

Pour discréditer notre combat, et tenter de retourner l’opinion publique qui nous est aujourd’hui favorable, on fera appel à la peur du désordre, on utilisera l’image, déplorable je vous l’accorde, des dégradations commises par les méchants casseurs et on justifiera ainsi une nouvelle opération policière pour aller enfin nettoyer la ZAD de ses « délinquants dangereux », en même temps que de ses tritons et de ses paysans. Il faudra mettre les moyens (ils sont mille, ne l’oublions pas, et les tritons innombrables…) mais vous y êtes peut-être prêts pour que « force reste à la loi »? Permettez-moi de vous le déconseiller car pour que nous, citoyens, acceptions désormais cette clef de voûte théorique de la société, (« la seule violence légitime est celle de l’État »), il faudrait que l’État soit irréprochable, que la loi soit juste et que ses représentants soient dignes du mandat que nous leur avons confié. Vous avez compris, je pense, que ce n’est pas le cas depuis longtemps.

Depuis deux jours, j’ai lu et entendu que le centre ville de Nantes était « saccagé », qu’un commissariat avait été « dévasté », qu’il faudrait du temps pour « panser les plaies de la ville », que les dégâts ne pouvaient pas encore être chiffrés, autant dire que c’était l’apocalypse. Les mots eux-mêmes sont visiblement sens dessus dessous... Puis-je vous suggérer de venir à Nantes pour juger de la situation ? Aujourd’hui dimanche, flottait certes une petite odeur de gaz lacrymogène, mais le tramway roulait et les nantais flânaient. Je ne nie pas les poubelles brûlées, les pavés arrachés, les vitrines brisées et les murs maculés dans le secteur des affrontements. Je déplore ce vandalisme d’autant plus que nous dénonçons par ailleurs le gaspillage d’argent public qu’induirait le transfert de l’aéroport !

Mais je voudrais aussi vous rappeler que samedi des personnes âgées, des enfants ont été noyées sous les lacrymogènes. Et qu’un jeune manifestant a perdu un oeil à cause d’un éclat de grenade assourdissante. Ce n’était pas un casseur. Et cela nous rappelle le même malheur survenu déjà à Nantes, à cause d’un tir tendu de flash ball lors d’une manifestation sans violence devant le Rectorat. Les aubettes seront reconstruites, cela fera même monter le P.I.B mais ce jeune restera, lui, marqué à jamais. Cela m’interroge sur la manière dont les forces de l’ordre utilisent leurs armes et me scandalise davantage que la casse matérielle. Et demain, si le gouvernement persistait dans son projet d’aéroport, la destruction du bocage de Notre Dame des Landes et de la vie qu’il abrite serait elle aussi irréversible.

Il faut arrêter un projet désormais dans l’impasse et régler le problème en prenant la seule décision raisonnable : respecter la loi sur l’eau, améliorer l’aéroport de Nantes-Atlantique et rendre sa sérénité à Notre Dame des Landes pour que la ZAD redevienne une campagne où vivre et travailler. Vous pourrez ainsi, Monsieur le Ministre, vous consacrer aux blacks blocs si vous le jugez indispensable.

Dans l’espoir de votre réponse, je vous assure de mes salutations les plus distinguées,

Françoise Verchère,
Conseillère générale de Loire-Atlantique

Sur le même sujet:
http://rue89.nouvelobs.com/2014/02/24/nddl-jetais-a-manif-nai-vu-meme-chose-les-teles-250203
http://dormirajamais.org/nddl/
 

20 février 2014

Vinci : la vérité sur un empire (Politis)


Politis | 20 février 2014

De la finance aux autoroutes, des aéroports à la promotion immobilière, en dix ans, Vinci est devenu une machine à aspirer les fonds publics.

Les bétonneurs ne désarment pas à Notre-Dame-des-Landes. Les dernières autorisations préfectorales ont été publiées et Vinci – le constructeur et futur concessionnaire – espère débuter les travaux avant l’été, au prix d’une nouvelle opération d’expulsion des centaines d’opposants installés sur les lieux : 1 500 hectares de terres humides devenus, en quatre ans et demi, le haut lieu de la résistance à la folie bétonnière.

Derrière « l’affaire » Notre-Dame-des-Landes, se cache un groupe à l’appétit insatiable. Vinci, qui étend sa toile comme il multiplie ses filiales, est devenu le leader occidental du BTP. De la finance aux autoroutes, des aéroports à la promotion immobilière, en dix ans, Vinci est devenu une machine à aspirer les fonds publics. Aux côtés d’Eiffage et de Bouygues, avec qui Vinci forme l’oligopole du BTP français, le groupe rafle, en nombre, les juteux contrats de partenariats public-privé (PPP) consistant, pour des collectivités en mal de ressources publiques, à déléguer au privé la construction et la gestion de leurs équipements. Là encore imposées par les politiques d’austérité, les concessions de service public parachèvent cette discrète mais massive privatisation, qui se fait au détriment du contribuable… et au profit de Vinci.

Après le départ d’Antoine Zacharias, son PDG qui a fait scandale avec ses mirobolantes rémunérations, le groupe a su polir son image. À grand renfort de mécénat et de communication, Vinci s’affiche aujourd’hui comme une multinationale responsable et généreuse, parvenant ainsi à garder sous silence ses manœuvres d’« optimisation fiscale », le dumping social qui sévit sur ses chantiers ou le fiasco des PPP pour les finances publiques. L’entreprise peut aussi compter sur le soutien indéfectible de la classe politique, qui assure la survie d’un système de dépendance qu’elle a elle-même installé.

Mais le vent tourne. À Notre-Dame-des-Landes, comme ailleurs en Europe, le mouvement citoyen se renforce contre les projets inutiles et coûteux. Par son opiniâtreté, il ébrèche l’image de Vinci et contribue à exposer au grand jour les rouages de son ascension.
 

15 février 2014

Montauban 22 février: manif anti Ayraultport NDDL


Pour toutes celles et tous ceux qui ne peuvent aller à Nantes le 22 février
Rassemblement de soutien aux opposants de L'AEROPORT DE NOTRE DAME DES LANDES à MONTAUBAN SAMEDI 22 FEVRIER à 10 h devant la préfecture 
CONTRE TOUS LES PROJETS INUTILES, PAYES PAR LES CONTRIBUABLES MAIS POUR RAPPORTER AUX ACTIONNAIRES DE VINCI, VEOLIA, SUEZ .......


Plus d'info, http://acipa.free.fr  http://zad.nadir.org  http://naturalistesenlutte.overblog.com

Lien tout aussi recommandé (voire plus..), Bus Toulouse > Nantes
 
 

22 décembre 2013

Notre Dame des Landes : l’Etat tergiverse, la mobilisation se prépare (Reporterre)



Par Nicolas de La Casinière, pour Reporterre | 17 décembre 2013

L’annonce par le préfet de Loire-Atlantique de la signature prochaine d’arrêtés autorisant les travaux est ambigue : l’Etat veut être prêt à agir, mais n’engage pas le fer. Sa base juridique est fragile, alors que sur le terrain, on se prépare à toute éventualité.

- Correspondance, Nantes

Entre Nantes et Alger, la communication des partisans du projet d’aéroport à Notre-Dame-des-Landes a semblé lundi 16 décembre marcher sur un fil. Jean-Marc Ayrault a effectué un numéro de funambule en déclarant, pourtant bien loin des enjeux locaux de son ancien fief nantais, qu’« un arrêté va être pris dans les prochains jours par le préfet de région qui répond aux exigences environnementales. C’est la poursuite des procédures. C’est un dossier qui avance pas à pas, tranquillement et sereinement ». Pour Julien Durand, porte-parole de l’Acipa (Association Citoyenne Intercommunale des Populations concernées par le projet d’Aéroport de Notre Dame des Landes), cette annonce est bien prudente : « Ces petits pas, ce n’est pas du tout la cadence militaire... »

Le contexte local avait pourtant fait monter la pression. Très impatient, souvent énervé sur cette question du projet d’aéroport, le président PS de la région Pays de Loire, Jacques Auxiette, réclame le démarrage des travaux du projet d’aéroport depuis des mois. Le 13 décembre, il déclare que « le débat est clos. Le retard a déjà coûté cinquante millions d’euros [ un chiffre qu’il a dit tenir du préfet]. Il est temps de signer la fin de la récré (et de) faire respecter l’Etat de droit en Loire-Atlantique » tout en s’en prenant aux« professionnels de la contestation ».

Dimanche soir 15 décembre, pensant anticiper sans risque un scénario bien attendu, Le Figaro annonce au temps présent que « les travaux démarrent malgré la contestation du projet porté par Ayrault ». Un titre péremptoire - et faux. C’était avant la conférence du préfet de Loire-Atlantique, lundi 16 décembre. On pensait que Christian de Lavernée allait annoncer la signature dans la semaine de deux arrêtés rendant possible le démarrage des travaux du futur. Un arrêté au titre de la loi sur l’eau, un autre sur les espèces protégées. Eh bien non, pas exactement.

Permis de détruire les espèces protégées

Contrairement à ce qui a pu être dit, ce second arrêté - en préparation - n’est pas une autorisation de déplacer ces animaux relevant de mesures de protection nationale ou européenne, mais un véritable permis de destruction ; plus précisément une dérogation à ces lois de protection, pour que le chantier puisse en fait faire disparaître le milieu naturel où évoluent ces batraciens, mammifères et invertébrés.

Deux préalables indispensables à une possible action sur le terrain des bulldozers et autres engins de défrichage et de préparation du chantier. Finalement, rien n’a été annoncé précisément. Rien de nouveau.

Lundi, le préfet Christian de Lavernée a annoncé, sans préciser le moindre calendrier, l’imminence de la signature des deux arrêtés, vraisemblablement avant la fin de l’année. Vraisemblablement seulement.

Petits pas et tranquillité pour Ayrault, un calendrier vraisemblable de signatures des arrêtés officiels. Le ton n’est pas vraiment à la fermeté. S’agit-il d’endormir la méfiance des opposants par des "non annonces" dilatoires ? Ou bien de donner quelques gages aux porteurs du projet indiquant publiquement que l’action de l’Etat n’est pas au point mort ? Mais l’annonce est plutôt une non annonce.

« C’est surprenant. Le préfet ne donne pas de date, alors que tout le monde, partisans comme opposants, attendait cela, commente Françoise Verchère, conseillère générale, membre du CéDpa, Collectif des élus anti aéroport. Il a même calmé les ardeurs du directeur général de l’aviation civile qui annonçait un début des travaux en 2014. Ce à quoi le préfet a répondu que l’autorité publique chercherait ’à choisir un calendrier sans se laisser imposer de contraintes ni dans le sens d’un retardement ni dans le sens d’une accélération du projet’. Autant en septembre dernier, j’avais le sentiment d’une très probable intervention rapide sur le terrain de Notre Dame-des-Landes (après signature des deux fameux arrêtés), autant aujourd’hui je ne pense pas que le gouvernement prendrait une décision aussi suicidaire... »

Mobilisation au quart de tour

« On a eu confirmation qu’une intervention officielle a été programmée en novembre dernier, et qu’elle a été arrêté par le gouvernement. Trop dangereux politiquement", dit Julien Durand. « En tous cas, la mobilisation est prête. Bien plus que l’année dernière où l’opération César nous est tombée dessus. En ce moment, toutes les réunions des comités de soutien sont bondées. Tout ça peut repartir au quart de tour. Certains ont déjà prévu qu’il ne viendront pas à Notre Dame mais il feront des actions chez eux, sur place. » Comme l’an dernier, où des mairies, des permanences de parlementaires , des péages et des parking Vinci ont été la cible d’actions de protestation, à l’époque spontanées. « Je suis tenté de dire qu’on risque d’être tranquille jusqu’au début janvier, ajoute Julien Durand. Même s’il est possible qu’une équipe vienne gratter une mare pour tester le terrain et voir comment ça réagit... »

« On les attend chaque jour »

Du côté des zadistes occupant le terrain, « ça n’a pas beaucoup changé. On les attend chaque jour, dit Sophie. Notre plus grosse crainte, c’est de voir arriver les tracto-pelles. Après, s’ils peuvent agir, on ne revient plus en arrière... En attendant, on se tient prêt a déclencher l’alerte dans les collectifs de soutien, et on règle des question d’intendance, quelle organisation de cuisine pour nourrir combien de monde par exemple... Tout en se préparant aussi pour la prochaine grosse manif en mars. En un an, le PS n’a pas vraiment gagné de sympathie auprès de la population en France. Je fais confiance au peuple si à un moment ça se crispe ici. »

Terrain juridique

A Notre Dame des Landes, le terrain de la résistance est multiple, des sols spongieux du bocage au maquis juridiques où s’escrime un collectif de plusieurs dizaines de juristes aux compétences complémentaires, droit rural, administratif, de l’environnement, expulsions.

Ce collectif d’avocats et de conseils juridiques a d’ores et déjà prévu d’attaquer les arrêtés sur l’eau et sur les espèces protégées. Un référé suspension serait alors déposé par les opposants. Par ailleurs, la Cour d’appel du Tribunal administratif de Nantes a relancé ce 12 décembre les espoirs des opposants, en réouvrant l’instruction concernant la contestation de l’arrêté de cessibilité. Le fondement juridique de cet arrêté, c’est la déclaration d’utilité publique (DUP). Le Conseil d’État avait refusé d’invalider cette DUP malgré des éléments nouveaux (économiques, de calcul, de contexte) survenus depuis les études menées pour alimenter l’enquête publique de 2003. Cette fois, la Cour administrative d’appel pourrait bien regarder de près ces arguments.

Le campagnol amphibie fait de la résistance

Quant au duo d’arrêtés à signature imminente, un des deux doit faire face à un problème de droit. Une espèce, le campagnol amphibie (Arvicola sapidus), qui évolue dans le bocage en question, pourrait bien jouer un rôle comparable au fameux pique prune, un scarabée protégé découvert en 1996 aux abords du chantier de l’autoroute A28 et qui avait contraint à déplacer le tracé entre Le Mans et Tours. Le campagnol amphibie, lui, a été oublié par l’état des lieux sur le site. Le milieu lui était pourtant favorable.

En avril 2013, le collège des experts, une des commissions créée pour réinterroger la partie environnementale du projet, avait demandé des compléments d’inventaires, au moins sur deux années, L’inventaire sur le campagnol amphibie a été bâclé en cinq jours, en septembre 2013. « Cette durée et cette période de l’année ne permettent pas de couvrir l’ensemble du cycle de l’espèce et des conditions possibles », dénonce le Collectif des naturalistes en lutte, qui regroupe plusieurs centaines de spécialistes et scientifiques, professionnels et amateurs.

Très présents et actifs en prospections et observations sur le site, ces naturalistes ont souligné que l’état des lieux réalisé en septembre dernier avait été conduite en dépit du bon sens et de la moindre rigueur scientifique. Le bureau d’étude aurait prospecté 2 500 hectares en cinq jours, soit 62 hectares à l’heure !

Depuis, ce fameux « rat d’eau » doit, si l’on peut dire, passer en commission devant le CNPN, le Comité national de protection de la nature. Mais pas avant la deuxième moitié de janvier. Dès lors, soit les services de l’État saucissonnent leur arrêté sur les espèces protégées en reportant la partie sur ce brave campagnol, au risque de fragiliser sa solidité juridique face aux recours. Soit le sort du campagnol est lié à l’ensemble des autres espèces, mais pour ce faire, il faut attendre le Comité permanent du CNPN, Comité national de protection de la nature, placé sous l’égide du ministère de l’écologie.

Le droit impose d’attendre. A moins que le gouvernement Ayrault tente le passage en force.

Nicolas de La Casinière pour Reporterre
mardi 17 décembre 2013

www.reporterre.net/spip.php?article5180

1 août 2013

Notre Dame des Landes : enterrons définitivement le projet d'aéroport


Attac France | 1er août 2013

Malgré un débat national sur la transition énergétique, des commissions de « dialogue », une commission censée évaluer le « bien fondé » des projets d’infrastructure, un plan d’investissement d’avenir présenté comme écolo-compatible, le projet d’aéroport à Notre-Dame des Landes demeure, pour le gouvernement, une priorité.

A tel point qu’en plein débat national sur la transition énergétique, le préfet de Loire-Atlantique a évoqué l’hypothèse d’une reprise des travaux dès septembre. Les commissions passent mais le projet ne trépasse pas !

Et la mobilisation citoyenne est à la hauteur de l’entêtement du premier ministre. Les 3&4 août prochains, des milliers de citoyen-ne-s seront à Notre-Dame des Landes pour contester ce projet d’aéroport ainsi que le bien-fondé des grands projets inutiles qui demeurent d’actualité.

Afin de stimuler une activité économiques atone, les décideurs usent et abusent des mêmes recettes appliqués depuis plus de 50 ans faisant ainsi fi des contraintes écologiques, climatiques, sanitaires et énergétiques.

La France n'a plus tant besoin de nouvelles infrastructures inutiles que de penser et d'organiser la transition écologique. Alors que la France devrait accueillir la Conférence onusienne sur le climat (COP 21) en 2015, les décideurs politiques optent parallèlement pour des grands projets climaticides et énergivores.

Associations et syndicats appellent les responsables politiques à sortir de la duplicité climatique. La transition écologique réclame cohérence, ténacité et ambition. Comme des milliers de citoyennes et citoyens mobilisé-e-s, nos associations et syndicats appellent à participer au grand rassemblement des 3&4 août prochain à Notre-Dame des Landes pour enterrer définitivement ce projet.


Le programme du rassemblement les 3&4 août : http://www.notredamedeslandes2013.org/





15 mai 2013

Un récit de voyage à ND des Landes le 11 mai



Petit voyage au pays du peuple de la boue

url de cet article, http://blogs.mediapart.fr/blog/yannick-chenevoy/140513/petit-voyage-au-pays-du-peuple-de-la-boue

8 mars 2013

Notre-Dame-des-Landes. 300 opposants toujours sur le pied de guerre






Ils n'auraient pas pensé être encore si nombreux en cette fin d'hiver. A Notre-Dame-des-Landes, après des mois de froid et de pluie, ce sont encore quelque 300 militants qui occupent un terrain en "état de siège".
(...)

Lire la suite sur Le Télégramme ...

13 février 2013

ZAD: Provocations et harcèlement policiers


Bob 92 Zinn | 8 février 2013

Notre-Dame-des-Landes : Provocations et harcèlement de la part des forces du désordre sur la ZAD


Depuis le 16 octobre l’État saucialiste et ses sbires (les condés), sont venus à NDLL faire la sale besogne de Vinci/AGO, détruire les lieux de vie de militant.e.s, activistes environnementaux et autres anarcho-autonomes qui désirent s'organiser pour que cette terre ne termine pas une fois de plus en une zone de béton.

Un climat de guerre s'est donc automatiquement installé sur la ZAD. Pour empêcher les forces occultes capitalistes dévouées corps et âme aux grandes compagnies privées telles que Vinci, nous avons en toute logique érigé des barricades autour des lieux de vie menacés et des chicanes sur la D281.

La première phase de cette grande campagne d'expulsion lancée par l'Etat, ridiculement nommée par un préfet irradié du bulbe « Opération César (mais si c'est possible!!!) » a commencé sous la forme d'un grand déploiement de Play-Mobiles et de CRS. Raids en cascades sur la ZAD. Ils venaient avec leurs lots de manitous et autres pelleteuses et camions de gravats sécurisés par un fort cordon militaire.

Ils détruisaient et partaient.

Force est de constater que leur violence ne viendra jamais à bout de notre détermination. Le Préfet de Loire Atlantique qui s'était dès le 16 octobre à midi gargarisé d'avoir expulsé les méchant.e.s squatteurs/squatteuses de la ZAD, se voyait obligé de raviser ses ardeurs conquérantes sur la ZAD.

Impuissants donc, Ils décidèrent d'occuper jour et nuit le carrefour de la Saulce, séparant l'Est de l'Ouest, et entravant les déplacements à vélo comme à pied des habitant.e.s et l'acheminement de matériel de construction. Mais la clef des champ n'est jamais loin et une multitude de lieux de vie ont refleuri des cendres laissées par les terroristes casqués sur la ZAD, à tel point qu'aujourd'hui il y a bien plus de squats, de cabanes, tipis et yourtes sur la zone, qu'avant le début de l'opération César.

Le gouvernement Ayrault coincé par son impuissance et ses contradictions idéologiques (dialogue et répression, les saucialistes sont de gôche, etc...) inventa donc une commission de dialogue, véritable coquille vide, rejetée par tous les opposant.e.s historiques de la ZAD, squatteurs/squatteuses comme ACIPA. Mesures d'apaisement négociées avec on ne sait qui dans la poche, les médias bourgeois se gargarisent d'un situation pacifiée. Alors que la réalité est tout autre.

Les provocation et petites incursions des flics sur les barricades sont devenues monnaie courante, de jour comme de nuit. Des petit groupes de gendarmes, s'approchent, provoquent, sabotent, interpellent, tabassent... Les barricades et chicanes doivent être tenues jour et nuit pour empêcher les moutons de rentrer dans la louverie !

Ces provocations incessantes font monter un climat de tension qui alimente la stratégie de division qu'opère le pouvoir et ses médias. Les méchants Barricadiers d'un coté, les gentils paysans et riverains excédés de l'autre. Les gentil.le.s zadistes, et les méchant.e.s zadistes...

Diviser pour mieux régner, le jeu favori du capitalisme.

La liste des fait divers est longue et non exhaustive. De nombreux sabotage de barricades (barricades du bison futé comme de la barricade nord sur la D 281 à la hauteur de la Chèvrerie, barricades « lascar » (à la hauteur de la Châtaigne de jour comme de nuit). Interpellations musclées, contrôles de police incessants, harcèlement de personnes vivant sur la ZAD et aux environs, fouilles de véhicules sous les prétextes les plus fallacieux inventés par une Préfecture perpétuée depuis Vichy et au service d'une entreprise privée nucléocrate (Vinci a construit 83 % du parc nucléaire français et 60 % du parc nucléaire britannique) et destructrice de landes et de bocages. Vinci, qui une fois de plus tente d'articuler un projet commercial au service d'actionnaires qui se contrefoutent du bien être des populations et de la préservation de l'environnement.

Du carrefour de la Saulce au champ hors contrôle en passant par la route des Fosses-noires, les forces du désordre orchestrent un ballet incessant de courses poursuites dans les champs, vol d'effets personnels (sacs à dos, outils, etc), prises de photos de personnes sur la ZAD afin de mieux ficher les activistes et les personnes solidaires. Provocations accompagnées de leurs lots d'insultes, d'incitations à la violence lors d'altercations verbales et physiques. Agression par un car de Gardes Mobiles sur un zadiste à vélo sur la route de la Paquelais qui s'est terminée par un matraquage en règle de notre camarade à vélo par des sociopathes casqués qui l'ont frappé d'un camion en le poursuivant. Les nombreuses patrouilles de Play-Mobiles et du PSIG sur les routes comme dans les champs, de la Saulce à la Sécherie démentent cette soit-disant volonté des capitalistes rose d'apaisement par le dialogue.

Valls, digne successeur rosâtre du Gluant, Sinistre de l'intérieur, premier apôtre de son ami d'enfance, le pape du tout sécuritaire, Alain Bauer, essaye péniblement d'imprimer sa patte répressive sur la ZAD afin de nettoyer la zone du péril anarchiste-autonome...

C'est dans une guerre d'usure que se lance la police et l'armée ripoublicaine française (pouêt, pouêêêt), cherchant à nous fatiguer et a nous provoquer afin d'alimenter la propagande sensationnaliste des médias bourgeois férus de faits-divers « de ces fameux anarcho-autonomes ultras mangeurs d'enfants, venu.e.s de toute l'Europe pour casser du flic », alors même que de nouvelles personnes viennent sur la ZAD pour créer de nouvelles solidarités entre paysans squatteurs et squatteurs paysans, que plusieurs nouveaux squats se sont ouverts sur la ZAD avec de nouveaux projets de vie, que ce soit par des paysans sans terre avec l’appui de la confédération paysanne à Bellevue ou des collectifs affinitaires anarchistes comme au Haut Fay, à 3 kilomètres d'Héric...

ET oui, la ZAD change, elle s'agrandit géographiquement, elle s'enrichit en échange de compétences, transformée malgré elle par les destructions des forces terroristes tricolores...

Nous ne laisserons pas la propagande d’État et les médias bourgeois s'articuler afin d'inverser un rapport de force dans cette lutte qui leur est défavorable. Raconter ce qu'il se passe, et tenir nos positions. Reconstruire tout ce qu'ils ont détruit. Ouvrir de nouvelles maisons, qu'elles appartiennent au Conseil Général ou à Vinci, vouées à pourrir ou à être détruite alors que le mal logement gagne un peu plus de terrain chaque jour, que de nombreuses terres agricoles disparaissent et sont remplacées par une urbanisation sans queue ni tête et des espaces commerciaux bétonnés.

Nous faisons appel à nos camarades.

Redonnons vie a cette coulure de béton inerte qu'est la D 281, aux barricades et aux chicanes qui protègent nos lieux de vie. Jouons-y de la musique, échangeons nos savoirs, passons des nuits endiablées à danser et rire à la barbe des forces de répression de l’État saucialiste

Ils veulent nous foutre dehors, qu'ils rêvent, comme le disent les potes !

Ce n'est pas nous qui somme à la rue, c'est la rue qui est a nous !

Approprions nous-là !


Vous êtes tous/toutes convié.e.s à faire vivre et à remplir de joie et de bonne humeur les barricades de la forêt de Rohanne , de la Sécherie et les chicanes de la route d281 en attendant de pied ferme les forces de destruction qui reviendront tôt ou tard afin qu'il n'y ait plus jamais de destruction de lieux de vie et de jardins collectifs sur la ZAD.

Pour que les barricades et chicanes soient des lieux de vie et d'échange !

Pour pouvoir protéger nos lieux de vie des agressions policières !

Pour se rencontrer et échanger dans une zone autogérée!

Pour que les flics restent chez eux !

Pour que la lande, les bocages et terres agricoles ne soient plus détruites.

Pour que le projet d'aéroport en reste un !

Pour que la terre appartienne à celles et ceux qui la protègent.

Réclamons la terre, Squattons le monde !

Zadist

Toutes les infos et bien plus encore sont disponibles sur le site de la ZAD Zone A Défendre - Tritons crété-e-s contre béton armé

Voir en ligne ..

 

20 janvier 2013

ZAD in Cahors



Une cabane construite sur l'esplanade de la mairie, des parasols abritant de la pluie un stand d'information et une cantine où du vin chaud fumait au-dessus d'un réchaud à bois, une formation de batucada qui s'en est allée animer le marché, tel était le décor de cette première et joyeuse manifestation organisée par le collectif NDDL 46 (Notre Dame des Landes 46) en soutien aux résistants de la ZAD.

Samedi matin 19 janvier 2012: 
 Nous étions peut-être une cinquantaine, désireux d'affirmer non seulement notre adhésion à la belle et grande idée de sauver les territoires préservés de Notre Dame des Landes de la menace de bétonnage par le ministre Ayrault et par Vinci, mais aussi de faire connaître notre refus des Grands Projets Inutiles Imposés un peu partout dans le pays, lesquels augurent de désastre, tant pour le contribuable, que pour les paysans expropriés, que pour l'économie de ce pays déjà étranglée par la dette, que pour son écologie gravement malmenée par cette furia de la croissance à tout prix.

Car bien sur des alternatives existent, ici dans le Lot (1) comme partout en France et dans le monde. Sans attendre quoi-que-ce-soit des gouvernements successifs (qui s'emparent du terme à des fins électoralistes et font tout l'inverse), la transition est en cours, c'est tout un peuple qui y travaille et c'est de cela aussi dont nous entendions témoigner. 


(1): Nous vous parlons régulièrement de transition sur notre territoire, en accordant une place toute particulière dans nos colonnes aux initiatives citoyennes qui se multiplient : les projets de monnaie locale, les initiatives visant à relocaliser l’économie, l’installation de jeunes agriculteurs, les créations de coopératives (SCOP, SCIC), la production locale d’énergie et les initiatives pour changer nos modes de consommation énergétique, la gestion de l’eau et plus généralement l’investissement citoyen dans la gestion de la chose publique… Nous faisons cette quinzaine un éclairage sur les éco-hameaux et les projets de création de lieux de vie collectifs. Trois projets qui prennent forme, tous différents, mais qui démontrent clairement que les mentalités changent. Que ces projets soient portés par des collectivités locales, comme pour l’éco hameau de Boissières, ou par des citoyens, ce qui est le cas des éco-hameaux du Vigan et de la ferme de la Borie, ils dénotent une aspiration des citoyens à vivre non seulement dans un habitat différent, mais également à concevoir la vie autrement en créant une dynamique économique et sociale, basée sur la complémentarité et la solidarité.

Source : extrait de  Le Lot en Action n°51

Autres liens :
Le site de la zad de Notre Dame des Landes, https://zad.nadir.org/
Contact comité de soutien Lot:  nddl46@yahoo.fr



11 janvier 2013

Retour de ZAD



Par deux frères (du sud-ouest) en pays zadiste | 8 janvier 2013


La ZAD. y parvenir... vendredi 4/1/13


A 8 heures de route en venant du Lot, au nord de Nantes, sont 2.000 ha, destinés à un futur aéroport obsolète, encerclés par les CRS, occupés par les Zadistes que nous espérons rencontrer à l'occasion du Festizad, prétexte du voyage. A Vigneux, on se pointe directe à l'un des RDV fixé par l'organisation du Festizad afin de guider le public vers les lieux de la fête, à savoir le supermarché. Accueil chaleureux... des CRS. Ils filtrent les deux entrées, ne laissant passer que les locaux, bloquent notre véhicule, prennent nos papiers pour “vérification d'identité “, nous demandent d'ouvrir les portières arrières manière de jeter un œil et constater qu'en effet il y a bien des matelas et du matériel de camping. Impossible de faire du gas-oil (jauge sur la réserve) nous disent-ils, l'ordre est d'interdire l’accès des festivaliers au supermarché !

Le décor est ainsi planté. Des bleus à tous les carrefours décidés à mettre des bâtons dans les roues d'un festival pourtant autorisé par la préfecture. On apprendra plus tard qu'ils ont aussi tenté de bloquer le matériel scénique, chapiteaux, sonos, sans compter la restauration, les boissons.. (1)

Dans le bourg, un gars qui revient à pied du lieu du festival nous dit que l’accès en voiture est devenu impossible, avec barrages, contrôles, fouille et confiscation éventuelle de tout ce qui est réchauds, combustibles etc.... D'après lui il n'y que 20 minutes de marche par des sentiers boueux. Chaussés de bottes on décide de tenter l'opération, repérer la zone, ainsi qu'un bout d'herbe pas trop détrempée où bivouaquer à proximité de la fête. En chemin on croise un jeune zadiste à VTT, qui lui nous donne des infos géographiques un peu contradictoires. 

De routes vicinales en chemins de traverse les marcheurs en tous sens sont de plus en plus nombreux, une horde de camions de teuffers énervés nous double à vive allure, ce qui confirme que cet itinéraire échappe au filtrage policier. Il est vrai que nous n'avions pas pensé à écouter radio klaxon, la radio de la ZAD (sur 107.7) dont les animateurs tiennent en quasi continu un point info sur l'état du dispositif répressif. Nous redemandons 10 fois notre chemin. Beaucoup semblent aussi paumés que nous le sommes. En réalité il nous faudra 2h pour parvenir jusqu’à l’accueil du festival.

Deuxième jour...

Nous sommes six, à présent, on prend, à trois véhicules, l'itinéraire de la veille, escortés fortuitement par des cars de CRS, il ne se passe rien quand nous bifurquons vers la zone. Beaucoup d'intimidation donc, mais pas d'affrontement. (il paraît qu'il y avait 500 CRS face à 300 agriculteurs manifestant à Nantes la veille). Notre campement est enfin installé en lisière d'une prairie, autour d’un bon gros poêle à bois (destiné à être donné aux zadistes). 

En début de soirée on gagne à pied le lieu du festival. Des camions aménagés, des voitures, des tentes d’où fusent des musiques et des rires, bordent une route sur laquelle se déplace dans un sens et dans l’autre une foule joyeuse, presque hilare, de gens, de cyclistes et de chiens. La nuit noire s’abat sur cette déambulation d’un autre monde. Avec elle la bruine devient brouillard, faisant croître l’impression d’irréalité de la scène. Si ce n’était le froid régnant on pourrait se croire un soir dans n’importe quel coin d’Afrique: Les lumières dansantes, les ombres au sourires éclatants, les palabres animées, les invectives chaleureuses, les chants, les sons, les odeurs de cuisine.


Aux abords du cœur du festival, de plus gros camions (arrivés quand, comment et par où !?) sont garés en tête de file. Dans l’un, d’où s’échappe une odeur de fuel, un mécano est penché sur un puissant groupe électrogène haletant. A l’arrière du suivant, rempli jusqu’à la gueule, quelques-uns s’apprêtent à en décharger le contenu.

Le sol est encore plus boueux qu'hier, nous tentons d'accéder à la scène centrale, en vain. Il y a des groupes qui jouent, les foules continuent de se croiser sur la route.


  L'ambiance est calme, joyeuse. Ça y est ! Keny Arkana est sur scène, on fait une nouvelle tentative, on arrive à l'apercevoir et entendre, de loin, derrière une foule, sans doute plus téméraire ou plus jeune, compacte, qui reprend avec elle « la rage du peuple, la rage du... »et autres succès. Comme d'habitude et plus encore elle remercie tout le monde et s'éclipse. On dégote enfin une buvette qui arrive à l'épuisement de son stock (toujours ces difficultés d'approvisionnement liées aux barrages) et on devise gaiment avec des brestois. Il n'y a rien à manger, plus rien à boire. Fatigués nous rentrons.
La participation était libre, mais l'accueil inaccessible, espérons qu'ils ont pu rentrer dans leur frais.

Il est 3 heures quand nous nous enfilons dans nos duvets. Il bruine.

Visite le lendemain matin à la Sècherie, 



une fermette pas encore concernée par la démolition qui sert de lieu de vie. Un squat peut-être ? Autour sont agglutinés quelques camions et caravanes. Une grangette de fortune, de l'autre côté d'une cour gluante, contient un petit stock de matériel et encore quelques dormeurs emmitouflés. A l'arrière du bâtiment principal, le plancher de palettes d'une cabane à l'ébauche attend des murs, un toit,.. Elle est destinée à contenir un dortoir et un sanitaire.

Spontanément l'un ou l'autre viennent au devant de nous. La conversation s'engage. On va tout de suite à l'essentiel. La fatigue creuse les visages, mais les regards expriment la sérénité, l'ardeur de la lutte, la détermination. Le discours est limpide.
Au-delà des difficultés évidentes que posent l’étau policier et les attaques des gardes mobiles, rien n'est pourtant simple dans la cohésion entre les multiples îlots de résistance. Par exemple, le Festizad n'est pas le fait d'une décision commune à tous les zadistes. Du reste, ceux de la Sécherie se plaignent d'avoir subi une razzia de matos (destiné à la construction) par les organisateurs du festoche. Il semble qu'ici et là les insurgés sont également confrontés à des intrusions dans leurs équipes de gens malveillants, faiseurs de zizanie, voire saboteurs intentionnels.

L'eau potable, par ailleurs est susceptible d'être contaminée, remarque notre interlocuteur, pas seulement par les hectolitres de lacrymo bombardés par les « gardiens de la paix » durant les derniers mois, mais aussi par les drogues ingurgitées (et rendues d'une façon ou d'une autre à la terre) par la foule de teuffers. Il faut préciser qu'en "zone humide" la nappe phréatique affleure et que c'est elle qui alimente la ZAD.

La Chateigne

Poursuivant une route vicinale, on parvient au bout de quelques centaines de mètres à un embranchement occupé par plusieurs cars de keufs. Aujourd'hui ces derniers laissent passer les piétons. Nul besoin donc d'emprunter les sentiers terreux permettant de contourner l'obstacle.

Plus loin, au détour de quelques restes de barricades témoignant de la violence d'affrontements passés, du haut d'un arbre, ou plus précisément, depuis la vaste cabane construite dans les ramures d'un arbre séculaire, de la musique classique diffusée à tu-tête accueille les nombreux passants du jour. Au pied de ce qui constitue peut-être l'un des avant-postes de la résistance, des tentes occupent la prairie, une assemblée joyeuse se tient autour d'une table conviviale.


Ça et là, le tunnel de brumes guidant notre pénétration vers le camp retranché du "peuple de boue" s'éclaire de créations style ND du land'art.


Un chemin à droite, presque un chenal de boue liquide plonge dans la forêt. L’accès à la Chateigne est signalé par un panneau. D'autres écriteaux demandent instamment aux visiteurs d’éviter les sentiers par les bois (2)
On débouche enfin  sur une clairière ou des pontons de bois assemblé relient à pied sec les maisons.




C'est un peu Bruegel, un peu Verdun, un peu le village gaulois, un peu aussi ces villages sur pilotis des lagunes africaines.


Clin d’œil paysan (?), les tracteurs enchaînés les uns aux autres, tout autour forment le cercle contre les bulls vincistes.
 
 

Non loin d'un four enduit d'ocre jaune et ronflant, au beau milieu de ce marée-cage, une tablée de compères se réchauffe d'un plat fumant qui embaume.
Quelques pas nous séparent du stand d'information. Là encore on est accueillis avec  sympathie, avec la même intensité qu'ailleurs sur la ZAD  -bien qu'après tout nous ne sommes potentiellement que des touristes en visite au zoo (!)-.

Ici comme ailleurs sur la zone, il n'y a pas l'électricité. Chaque objet, les matériaux, la nourriture, l'eau, ... sont acheminés à travers bois, de nuit le plus souvent, nous explique t'on. Les porteurs se faufilent entre les barrages, évitent les rondes de policiers ou gendarmes équipés eux, de lunettes infra-rouge ou de puissants projecteurs.


Et bien, chers gens du marais à défendre, peuple de boue, inlassables bâtisseurs de cabanes et autres machinistes fous, on vous dit: courage, solidarité, chapeau bas, grand bravo, mille merci de faire exister ce laboratoire de la démocratie du futur, ce chantier de la démerde, ce lieu de vie, la vraie, celle d'une économie qui rendra son droit d'exister à tout être vivant de la planète !
  
Hasta la victoria siempre!

PS: et merci pour Keny Arkana...

  
Deux frères (du sud-ouest) en pays zadiste


Notes :
1 : En fait les chapiteaux avaient été interdits par la préfecture
2 : Le tassement (par piétinement) cause l’asphyxie des systèmes racinaires

Plus d'Info, https://zad.nadir.org/,
Radio Klaxon-la radio des occupant-e-s de la ZAD

30 décembre 2012

ManiFestiZAD les 4, 5 et 6 Janvier 2013

Cliquez pour agrandir

ManiFestiZAD !


Une baffe pour tout les Ayrault, Vinci et autres aménageurs de nos vies : Prenez ZAD dans la gueule !!

Stands d’information sur les luttes, ateliers sur l’Autonomie, espace de Réduction Des Risques... Scène Concerts sous chapiteau (chauffé), scène Tekno, scène Reggae, Chill-Outs... Jeux, Expositions, Théâtre, Art de rue, Jonglage, Graffiti, Pyrotechnie, Performances...

Entrée et bouffe à Prix Libre... Parce que la Lutte n’a pas de prix !! Les fonds récoltés serviront à financer la lutte contre l’Ayrault-port de Vinci et son monde. Vous pouvez aussi apporter des dons en nature. Une liste est disponible sur zad.nadir.org

Nous répetons notre invitations pour toutes les luttes à venir poser un stand d’information. Il est possible de faire des interventions sur scène entre les concerts. Nous aimerions vraiment permettre à des collectifs en lutte de s’emparer de cet espace ! Contacter nous.

Nous recherchons actuellement des cuisines autogérées et au passage, quelques structures type barnum/chaps, ainsi que du câble électrique grosse section (16 ou 20mm² minimum) en rab.

Toutes les initiatives individuelles sont les bienvenues (spectacles, art2rue, perfs, décos, expos, stands non commerciaux,...) et en cas d’installation d’une scène en off, merci de nous prévenir pour que nous vous indiquions les lieux les plus appropriés !

contact : festizad @ riseup.net

13 décembre 2012

NDDL Comité de soutien du Lot



Un comité lotois de soutien aux anti-aéroport de Notre Dame des Landes vient de se créer.

Venez nous rejoindre, nous serons sur le marché de Figeac samedi matin 15 décembre, nous serons visibles,

nous aurons panneaux, tracts...

Nous ne pouvons accepter que les terres agricoles disparaissent au profit d'un aéroport inutile qui ne rapportera financièrement qu'au groupe Vinci.

Nous ne pouvons accepter que la loi sur l'eau soit bafouée.

Nous ne pouvons accepter que les bocages disparaissent au profit du béton.

Nous ne pouvons accepter la violence dont font preuve, sur ordre, les forces de l'ordre.

 

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