17 avril 2012

réunion 5+1 à Istanbul


Agoravox | mardi 17 avril 2012, par Christian Tallon

Iran : réunion 5+1 à Istanbul : bom bom bomb Iran ? 

Résumé des articles précédents : Tandis que la superpuissance hégémonique et unilatérale téléguidée par la petite puissance sioniste et par le précédent empire déchu continue son agenda de domination des matières premières et des routes maritimes, les puissances d'Asie et d'Amérique-du-Sud, fédérées par une Russie renforcée s'organisent pour faire face. Les pays d'Europe vassalisés font ce que la superpuissance leur dit de faire, avec quelques particularités locales tenant au caractère de tel ou tel satrape mis en place ici où là. La seconde réplique de la crise financière et économique qui arrive aussi sûrement qu'un nouveau séisme à Fukushima sur le réacteur 4 inciterait les quelques personnes lucides (les militaires pour une fois) à se replier avant l'orage mais d'autres (les politiques) au contraire à « finir le job » tant qu'il en est encore temps. Entre ces deux tendances, la paix tangue.


Dans un article précédent, j'avais écrit que le secrétaire d’État américain (l'équivalent du ministre des affaires étrangères), Mme Clinton avait déposé un ultimatum à l'Iran via la Russie disant en gros « si vous ne faites pas de concessions sérieuses à la prochaine réunion des 5+1 (cinq membres permanents du conseil de sécurité + Allemagne), nous vous attaquerons ».
Tout est prêt pour l'attaque. A l'(invincible ?) armada américaine, anglaise, israélienne (via les sous-marins Dolphin (ThyssenKrupp Marine Systems) vendus ou donnés par l'Allemagne à titre de réparations) s'ajoutent les bombes anti-bunkers, le MOAM (Mother Of All Bombs), le MOP (Massive Ordnance Penetrator) et les bombes atomiques tactiques, les obus à uranium appauvri, et le reste. L'énumération serait trop longue et devient fastidieuse. C'est comme en Irak mais en plus gros.
Face à ce déploiement de force, l'Iran terrorisé devrait renoncer à fabriquer la bombe atomique. L'ennui est qu'il n'en fabrique pas et qu'on lui demande comme en Irak de prouver une inexistence. La fable du loup et de l'agneau à l'âge atomique ou « qui veut tuer son chien … "
L’Iran a d'ailleurs prévenu qu'il ne ferait aucune concession (on ne voit pas laquelle d'ailleurs) : tout pays signataire du traité de non prolifération atomique a le droit de développer son programme civil selon l'article IV(1) de ce traité et les puissances nucléaires doivent même l'aider(2). L'hypocrisie n'est plus à démontrer.
L'arsenal de l'Iran qui comme tout pays a le droit de se défendre, est composé de missiles sol mer et sol-air S-300 (embargo contourné via le Venezuela), de frégates rapides, de la profondeur stratégique de son territoire, d'une armée courageuse et bien équipé en armes mobiles et difficiles à localiser ou à détruire, de millions d'hommes et de femmes, des capacités quasi illimitées des russes de fournir des armes . Ce champ de bataille sera un enfer pour les deux côtés. On comprend que les militaires américains ne soient pas chauds. Elle sera de type Irak ou Afghanistan avec des drones qui risquent d'avoir un retour à l'envoyeur puisque les iraniens savent déjà en prendre les commandes.
Tant il est par définition impensable pour les États-Unis (concept d'indéfectibilité) de ne pas gagner une guerre de façon écrasante, il y aurait escalade, extension des hostilités aux pays d'où transiteraient les armes et in fine la tentation d'utiliser les armes atomiques stratégiques, ou plus probablement leur utilisation par erreur au paroxysme d'une tension.
Le front afghan se réactiverait immédiatement, l'Irak se soulèverait. La destruction de centres atomiques iraniens produirait probablement des représailles contre Israël via le sud-Liban. Les israéliens tués devraient être vengés au centuple.
Les sites atomiques touchés dégageraient dans l'atmosphère encore un peu plus de radionucléides qui rendraient l'hémisphère nord définitivement irradié. Le champignon de style atomique des bombes anti-bunkers capables d'exploser à 60 m sous terre (MOP) enverraient dans la haute atmosphère des quantités de poussières radioactives qu'il faudrait chiffrer en millions de m3 / bombe. Les pluies les feraient ensuite retomber sur Londres, Paris, Berlin, New-York une ou plusieurs années après, contaminant tout. Il n'y a aucune raison pour ce qui s'est passé à Tchernobyl et Fukushima ne se produise pas à Bushehr où à les cancers et malformations arriveraient ensuite en épidémie au moment même d'une crise qui aurait affaibli la population et engorgé les hôpitaux. Il faudrait choisir qui serait soigné et qui pas.
Les pétroliers coulés ne manqueraient pas de provoquer des marées noires d'autant plus que les 39 supertankers iraniens ont déjà déconnecté leurs systèmes de détection pour que les États-Unis ne puissent pas savoir à qui ils vendent leur pétrole. Silence radio et cybernétique avec complicité chinoise.
Avec des bateaux fantômes de cette taille, nul doute que les primes d'assurances pour le passage du détroit d'Ormuz et de Malacca vont exploser et le prix du super à la pompe avec.
La raison et l'opinion publique mondiale voudraient que les États-Unis sachent s'arrêter, quittent l'Afghanistan, consolident leurs positions en Irak et s'en tiennent là. Cependant, l'armada déployée et les ultimatums adressés, les réflexes manichéens du bon et du méchant qui traversent l'histoire américaine, donnent à penser que les États-Unis ne voudront pas perdre la face de façon si cinglante et attaqueront et que ceci dégénérera à terme en conflit avec la Russie, qui a officiellement fait savoir que ses intérêts vitaux seraient atteints en cas d'invasion de l'Iran et qui a déjà renforcé ses troupes à la frontière. A ceci s'ajoute le renforcement considérable des forces navales et terrestres russes en Syrie dans sa base de Tartus.
C'est dans ces moments qu'on espère que les français auront un peu de lucidité et qu'ils ne referont pas l'erreur de donner 5 ans de plus de droit de nuisance au « président » actuel et à ses sbires avides de pouvoir et prêt à mettre en jeu la survie de la planète pour leur ambition personnelle. Pas en notre nom ! Plus de Libye ou de Syrie : ça suffit. 
Au contraire, l'élection d'un candidat, soit honnête, soit qui ne croie pas aux propres mensonges du système, soit qui ne se croit pas obligé de faire semblant de les croire, peut faire s'effondrer le château de cartes de mensonges sur laquelle serait fondée une attaque. L'Iran n'a pas de programme de fabrication d'arme atomique depuis 2003. C'est maintenant avéré. De ce point de vue un candidat comme Mélenchon devrait mieux s'informer. En bien des aspect, ce pays ressemble à la France gaullienne dans sa volonté d'indépendance nationale et de développement culturel et technologique. L'Iran ne fait pas qu'importer, mais conçoit, fabrique, cherche, invente. C'est pourquoi il fait peur à l'Arabie Saoudite et aux petits émirats de rente pétrolière. La France encore une fois se coupe d'un partenaire culturel, commercial et technologique majeur en se mettant à la remorque des Etats-Unis.
Les français auront un pouvoir immense pour la paix aux élections prochaines. Si un candidat qui veut sortir de l'OTAN1 est élu et qu'il prend immédiatement une initiative diplomatique audacieuse sur l'application effective et graduelle du volet « désarmement » du traité de non prolifération nucléaire (TPE), il est probable qu'il n'y aura simplement pas de guerre. Et sans guerre, il y aura peut-être des moyens pour le logement et les besoins fondamentaux humains.
Une autre option sera alors « autour de la table » : la paix. Il semble que celle-ci ait juste été oubliée de discussions en discussions. 
Pour la paix, on espère ministre des affaires étrangères un homme (ou femme) dont chaque acte ait en vue la survie de l'humanité et non le but de s'en mettre plein les poches ou faire des parties fines dans des hôtels de luxe. C'est lamentable bien que supportable en temps normal mais en temps de crise, il faut d'urgence un personnel politique d'un tout autre niveau.
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1 : On rappelle que l'existence et l'extension de l'OTAN qui n'avait plus de raison d'être après la dissolution du pacte de Varsovie a poussé naturellement des pays d'Asie à recréer une alliance militaire l'Organisation du Traité de Sécurité Collective (OTSC) à laquelle l'Iran souhaiterait adhérer tandis que la Chine et la Russie sont liées par l'Organisation de Coopération de Shanghai, dont l'Iran est observateur. Le scénario 1914 avec deux blocs et des petits pays pour allumer la mèche est déjà bien en place. Quand à la diplomatie secrête, on en a une idée quand un micro reste ouvert alors qu'il aurait du être éteint.

 

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