12 avril 2012

Le grand retour de la spéculation et de la crise

Sarkofrance | 10 avril 2012

Sarkozy mise-t-il sur une nouvelle crise internationale pour relancer sa campagne ?

 

Le candidat sortant cherche un nouveau souffle. Il pense le trouver dans l'actualité internationale, et notamment européenne. Un regain de tension sur les marchés ou contre l'euro, pas trop fort ni trop faible, serait à même de revaloriser - croit-il - sa stature d'homme d'Etat.

Hasard ou coïncidence, lundi 16 avril, six jours avant le premier tour de l'élection présidentielle, la spéculation contre la dette française devrait être facilitée.

Faciliter la spéculation
L'opération a été rendue possible par la conjonction de deux décisions.

Mi-février, l'Autorité des Marchés Financiers avait à nouveau autorisé les ventes à découvert sur les titres émis par dix grandes banques et sociétés d'assurance cotés à Paris (April Group - Axa - BNP Paribas - CIC - CNP Assurances - Crédit Agricole - Euler Hermès - Natixis - Scor - Société Générale). Elle les avait interdites en août dernier, au plus fort d'une tourmente boursière estivale, puis à nouveau début novembre, quand les bourses européennes étaient encore sous tension. Le 13 février dernier, elle avait considéré que la menace de spéculation contre nos institutions financières était suffisamment éloignée pour que cette interdiction puisse être levée: « Le dispositif visant à interdire toute prise de position courte nette ou tout accroissement d’une telle position sur des titres de capital d'une liste définie de valeurs financières françaises a pris fin le samedi 11 février 2012 » avait-elle communiqué.

Quelques semaines plus tard, on apprenait que l'Eurex, le leader des marchés de produits financiers dits dérivés, allait ouvrir un contrat à terme sur les emprunts d'Etat français ce lundi 16 avril. Même l'économiste libéral Marc Fiorentino s'en était ému, le 23 mars dernier: « Quel hasard! Quelle coïncidence. 13 ans après la disparition du MATIF, le marché à terme des instruments financiers, une semaine avant les élections françaises, tous les spéculateurs du monde entier pourront facilement vendre à découvert de la dette Française. Facilement. A coûts bas. »

Ce nouveau titre financier permettra d'améliorer la liquidité sur les obligations d'Etats françaises, mais surtout de spéculer plus facilement sur les emprunts français.

Il est fort probable, dans le contexte actuel, que cette libéralisation favorisera un regain d'instabilité boursière en France.

A 6 jours du premier tour de scrutin.

Rien que ça.

Agiter les tensions ?
Ces derniers jours, l'Espagne inquiète à nouveau les investisseurs. Ses taux d'emprunts s'envolent. Il y a une semaine, le pays avait raté une émission d'emprunts. Son spread de taux à 10 ans dépasse les 400 points de base.

Mardi, les bourses européennes ont largement chuté: -3% pour Paris et Madrid, -4% pour Milan. Interrogé par les Echos, un gestionnaire de fond confiait la fébrilité retrouvée des investisseurs: « Les investisseurs fonctionnent de plus en plus dans une optique de court terme, prenant leurs bénéfices très vite ».

Nicolas Sarkozy, pour ses besoins de campagne locale, avait jeté de l'huile sur le feu, qualifiant l'Espagne de « grand pays emporté dans une crise de confiance ». Etait-ce de l'inconscience ou une manipulation volontaire ? A l'Elysée, on a longtemps cru qu'un minimum de désordre international était bon pour la cause électorale de Nicolas Sarkozy. Faute de projet, ce dernier souhaite aussi utiliser l'argument qu'il aurait l'étoffe du chef d'Etat pour l'emporter contre François Hollande.

On évoque même une nouvelle conférence de presse, cette fois-ci « sur la politique étrangère et la crise ». Quelques proches essayent d'intéresser les médias à l'argument. « Vous avez vu les Bourses européennes? Ça ne s’arrange pas» a récemment confié un ministre à la journaliste du Parisien qui suit la campagne de Sarkozy.

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