10 juin 2015

Un nouveau logo pour le Parti Socialiste (image)


Le nouveau logo du PS, par Fabrice Epelboin 


Voir aussi,
RenseignementLa loi relative au renseignement a été votée ce 9 juin au Sénat par 252 voix pour, 67 voix contre et 26 abstentions (notons qu'en ce qui concerne les sénateurs du Lot, Don Miquel a voté pour et que Requier s'est abstenu) (1). Malgré une opposition proportionnellement un peu plus marquée qu'à l'Assemblée nationale, le vote des sénateurs a donc rejoint celui des députés du 5 mai dernier, pour adopter un texte dénoncé comme dangereux par une part importante des défenseurs des libertés, des syndicats, des magistrats et avocats, des journalistes et malgré une opposition argumentée et transpartisane au sein même du Parlement. (...)
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5 mai 2015

438 salopards ont modifié le cours de l’histoire en France


Il fallait s’y attendre : 438 députés paranoïaques ont donc voté la surveillance de masse en France sans passage devant le pouvoir judiciaire.

Paranoïaques parce qu’ils ont peur du terrorisme et qu’ils ont signé un chèque en blanc au pouvoir exécutif, au gouvernement, qui sera seul aux manettes pour gérer cette surveillance hystérique.

Ces députés effrayés par la guerre à nos portes, la fin du monde, ont décidé de voter (encore) des lois d’exception. Car oui, la situation de guerre civile en France l’exige. Car oui, l’ennemi est à nos portes, voir il est déjà là et il a tué des milliers de victimes innocentes, parce que les murs de notre pays sont repeints en sang… hein, quoi ? Pas vraiment ? (...)
 
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1 mai 2015

La vie est complexe, le « rien à cacher » est simpliste - Loi Renseignement

enfant masqué


 30 avril 2015

Nous sommes famille d’accueil.

Madame est assistante familiale pour être précis. C’est un métier très riche, difficile parfois, moi qui suis une vraie e-pipelette j’ai souvent envie de partager sur le sujet. Mais c’est hors de question. Nous vivons dans le secret, la confidentialité, nous avons des choses à cacher.

Nous nous occupons de petits, parfois des nourrissons de quelques jours, nés sous X. Ces enfants ont une histoire qui n’appartient qu’à eux et qu’il s’agit de préserver au maximum, pour toujours. C’est ce qu’on appelle le droit à la vie privée. Cette vie démarre sur un secret, une mère qui a le droit de donner la vie et d’en couper le cordon familial. Dans les années qui viennent, ce genre de secrets de famille seront de plus en plus numérisés et donc de plus en plus difficiles à maîtriser. Le temps où le dossier personnel si lourd de sens prenait la poussière bien à l’abri au fond des archives d’un Conseil Général est révolu.

Les équipes travaillent dans le soucis constant de cette confidentialité, mais nos usages numériques impliquent toujours plus de traces. Correspondances par courriers électroniques, photos numériques pour l’album personnel de l’enfant, rapports de suivi et j’en passe, l’empreinte de la vie de l’enfant et de ses parents est de plus en plus disponible pour qui aurait un accès général à nos interconnexions.

Une écoute systématique des petits et grands secrets de tous implique nécessairement la dispersion de notre intimité. Pour beaucoup qui vivent dans le confort d’une vie épargnée, ça ne semble pas si grave. Pourtant même chez qui répète souvent n’avoir « rien à cacher », peu j’imagine iraient donner leurs mots de passe de leurs comptes mail, facebook, banquaire ou fiscal au commissariat voisin, peu accepteraient sans doute l’installation de micros et de caméras chez eux jusque dans leurs toilettes ou leur douche.(...)

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28 avril 2015

Loi Renseignement : quand Cazeneuve s'appuie sur une jurisprudence qui lui donne tort


Pour défendre son projet de loi Renseignement et la collecte massive de données de connexion, Bernard Cazeneuve s'appuie sur deux arrêts de jurisprudence, l'un de la Cour de justice de l'union européenne, l'autre de la Cour européenne des droits de l'homme. Mais ces deux arrêts ne disent pas ce que veut y voir le ministre de l'Intérieur, voire disent exactement le contraire ce qu'il dit y lire !
 
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18 avril 2015

Puis ils sont venus me chercher, et il ne restait personne pour protester


Big Brother, c'est le grand frère qui ne veut que ton bien et ton bonheur, et il sait mieux que toi à quoi ça ressemble, donc prière de ne pas penser sans son accord.

Je croyais que le roman 1984 était de l'histoire ancienne, la dénonciation d'un âge sombre qui parlait de peuplades reculées dans le temps et l'espace. C'était peut-être d'actualité pour des barbares comme les Américains et les Chinois, mais nous, Français ? Ho non, trop bien éduqués pour ça. On "savait". On ne ferait jamais ça. On est le pays des Droits de l'Homme, nous. Liberté, égalité, fraternité, tout ces trucs.

Nous sommes en 2015. La démocratie vient de finir sa mue (...)
 
 

3 avril 2015

Lettre ouverte aux traîtres à la République



Par Laurent Chemla, le 3 avril 2015 | Son blog

C'est à vous, députés et sénateurs qui allez bientôt voter d'une seule voix le projet de loi sur le renseignement présenté par le gouvernement, c'est à vous que ce message s'adresse.

Nous le savons déjà: vous allez le voter. Sans aléa, après un débat cosmétique qui ne servira qu'à corriger quelque coquille ici ou là, vous allez le voter.

Contre l'avis de deux juges antiterroristes, contre les avis du Syndicat de la Magistrature, de la CNCDH, de l'ordre des Avocats de Paris, de la CNIL, de l'Unions Syndicale des Magistrats, vous allez le voter.

Contre l'avis d'Amnesty, de RSF, de la LDH et de la Quadrature du Net, vous allez le voter.

Alors que, de partout, les mises en garde affluent, que le New York Times fait sa Une sur "La France, État de surveillance", que le commissaire aux droits de l'homme du Conseil de l'Europe s'inquiète de la dérive sécuritaire liberticide que cette loi implique, et que même le président de l'actuelle commission de contrôle des interceptions de sécurité dénonce la faiblesse des garanties qu'apporte ce texte, vous allez le voter.

Mesdames, messieurs, vous qui, en théorie, représentez la voix du peuple, c'est ce même peuple que vous vous apprêtez à trahir.

En mettant (quel que soit l'enrobage sur le pseudo-anonymat des données reccueillies) la totalité de la population sur écoute, en traitant chaque citoyen de ce pays comme un terroriste en puissance, c'est le peuple que vous vous apprêtez à dénoncer comme votre ennemi.

Je vous engage à relire, avant de voter, la définition de ce qu'est un État policier selon Raymond Carré de Malberg:
L'État de police est celui dans lequel l'autorité administrative peut, d'une façon discrétionnaire et avec une liberté de décision plus ou moins complète, appliquer aux citoyens toutes les mesures dont elle juge utile de prendre par elle-même l'initiative, en vue de faire face aux circonstances et d'atteindre à chaque moment les fins qu'elle se propose : ce régime de police est fondé sur l'idée que la fin suffit à justifier les moyens. À L'État de police s'oppose à l'État de droit.

En écartant le juge judiciaire de toute autorisation préalable aux écoutes administratives, c'est l'État de droit que vous détruisez: garant des libertés individuelles, sa remise en cause nie le principe de séparation des pouvoirs.

Et tout ça pour quoi ?
S'il fallait en croire les maigres débats - imposés par la procédure d'urgence choisie par le gouvernement - cette négation de tous nos principes fondateurs serait nécessaire pour lutter contre le terrorisme.
Mais cette loi ne concerne pas que la lutte antiterroriste, loin de là: elle s'applique à tous les domaines de la vie en société. "Engagements internationaux", "Intérêt public", "Intérêts économiques et scientifiques", voici quelques-uns des motifs pour lesquels vous allez autoriser, sans contrôle, la surveillance de chaque citoyen.

Oh, bien sûr, pendant le débat public on ne vous agitera que la menace terroriste, à l'instar de la fiole censée prouver l'existence d'armes de destruction massives en Irak, on vous répètera l'argument mensonger selon lequel "90% des jihadistes se sont radicalisés sur Internet". Oh, oui, si vous osez vous opposer à ce déni de démocratie, on vous accusera d'être responsable des attentats qui pourraient avoir lieu sans ce texte.
Le même argument vous a déjà été servi pour justifier le récent texte qui permet la censure administrative - sans juge - de n'importe quel site Internet (et dont l'OSCE demande déjà qu'on le reconsidère).

Pourtant, dans cette période où chacun s'interroge sur ce qui nous définit comme une société, c'est justement le moment de vous souvenir des principes qui ont fondé ce pays.

Mais, dans ce moment où le terrorisme n'a de cesse que de voir disparaître toute pratique démocratique, c'est justement l'instant où vous devez vous lever pour défendre les droits fondamentaux et pour rejeter les arguments démagogiques.

Mesdames, messieurs, s'il vous reste ne serait-ce qu'une once de probité, vous lirez les arguments des opposants à ce texte, sans oeillères et sans calcul politique de bas étage.

Et si vous ne voulez pas être un traître à la république, madame, monsieur, vous vous y opposerez à votre tour.

 

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