18 avril 2007

le "facteur 4", vers un crash économique...

Depuis quelques jours, les médias nous parlent d’une économie euphorique. Il semblerait que le bourse ne se soit jamais aussi bien portée et que nous nous trouvions donc dans un cycle de croissance. Et tous oublient que nous sommes installés sur une bombe à retardement qui ne devrait pas tarder à exploser… et qui s’appelle le « Facteur 4 ». Quelle jolie expression, si anodine et pourtant, derrière elle, se cache une bombe plus terrible que la bombe atomique, une bombe capable d'anéantir notre civilisation. Cette expression est tirée d'un rapport produit par les experts du Club de Rome dans les années 1990. Pourquoi ce facteur 4 ? Voici un petit exercice d'arithmétique simple : 25% de la population mondiale soit le quart (¼) consomme les ¾ des ressources disponibles. Si les autres 75% de la population mondiale voulaient accéder au même niveau de développement avec les mêmes habitudes de consommation, par combien faudrait-il augmenter les ressources? Faites le calcul comme je l'ai fait moi-même, et vous obtiendrez ce fameux facteur 4.


Quinze petites années après la parution de ce rapport, la Chine et l'Inde, représentant entre deux et trois milliards d'habitants, qui tous, veulent rattraper leur retard de développement. Voir cet article du Monde, dont ici un extrait : «/ avec une décennie d'avance sur le calendrier envisagé il y a quelques années, la Chine va devenir le plus gros émetteur de dioxyde de carbone (CO/_/2/ /). En 2009, selon l'Agence internationale de l'énergie (AIE). Dès cette année, selon des scientifiques américains./ ». Imaginez-vous une augmentation d'un facteur 4 de notre consommation d'énergie et de matières premières ? Outre une pénurie de certaines d’entres elles qui se dessine (l’eau en première ligne) il reste encore les atteintes au climat qui aujourd’hui déjà ne peuvent plus être ignorées. Dès lors comment imaginer un seul instant qu’une telle augmentation de l’utilisation et de la consommation des matières premières ne provoquerait pas des dégâts irréversibles.



Contre un tel risque planétaire, les mesures qui s'imposent sont à des années-lumières de ce que proposent les candidats. Et la première mesure est que le politique reprenne le contrôle de l'économie.


Il devient en effet urgent de tenir enfin compte de ce fameux rapport du Club de Rome et d’entrer en décroissance. Or – le terme « décroissance » fait peur. Il n’est pas sexy. On imagine une réduction du pouvoir d’achat, le retour aux cavernes, le chômage à tout va etc. Il n’en est rien. Il « suffit » de modifier un « état de penser », d’envisager une autre manière de consommer (avec des produits et services de proximité et qui n’ont pas traversés les océans, en imposant une charge écologique insupportable).L’«état de décroissance » est créateur d’innovations, et donc d’emplois, générateur de richesses pour tous. Et surtout, il permet de par les innovations qu’il présuppose et donc les investissements y relatifs, de réduire précisément cette charge écologique qui chaque jour devient plus lourde et nous amène de plus en plus rapidement dans le mur. Un défi pour maintenant parce que demain nos enfant ne pourraient plus même s’y dérober pour peu qu’ils aient la chance de le faire dans de bonnes conditions. La candidature de José Bové et donc celle de nous tous - dans notre diversité - porte en elle ce changement majeur. A nous donc de convaincre et de rendre "sexy" la notion de décroissance.

Sources: La revue de presse, par Sonja Laborde

 

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