9 novembre 2011

Les indignés après le sommet du G20

Vive La Révolution | mardi 8 novembre 2011

LES RÊVES DES INDIGNÉS

Qu’ont en commun les « Indignés », Michael Moore et Noam Chomsky ? Ces trois personnages – très médiatisés – ont un point en commun : ils rêvassent tous les trois. Non seulement ils rêvent mais chacun d’entre eux prend ses rêves pour la réalité, et chacun croit que, s’il rêve assez fort, il parviendra à transformer le monde. Malheureusement, ce monde cruel dans lequel nous souffrons ne changera pas par l’action des « Illuminatis » et de la pensée magique. Leurs rêves pourront changer et leurs laisser croire que le monde change, mais ce ne sera qu’illusion, fumisterie, fantasme, frustration et désillusion.

Ce monde d’anarchie de la production, où la famine côtoie le gaspillage éhonté des aliments ; ce monde où l’accumulation des profits astronomiques côtoie la pauvreté dégradante ; ce monde de guerres néo-coloniales pour le repartage des marchés, de repartage des zones d’extraction des matières premières, et de repartage des secteurs d’exploitation de la plus value ouvrière entre puissances impérialistes, à la fois complices et concurrentes, est un objet bien réel – pas du tout évanescent. Ce monde repose sur la dictature violente des riches, la dictature d’une oligarchie – comprenant moins d’un pour cent de la population mondiale incidemment –, soutenue par tout un appareil étatique violent – avec ses cours de justice, ses prisons, ses bagnes, ses corps de police, ses agences privées d’assassins de sécurité, ses armées, ses réservistes et ses potences, ses chaises électriques et autres moyens de terreur collective.

Tout individu qui n’expose pas ces faits élémentaires – criants de vérités – à ses auditeurs, à ses lecteurs ou à ses téléspectateurs est un naïf dangereux, un mystificateur cynique, ou un opportuniste machiavélique. La semaine dernière les « Indignés » d’Oakland – Californie – l’ont appris à leurs dépens. Fort heureusement, ils n’ont pas déguerpi et ils ont affronté, casqués et armés, les forces du désordre venues les frapper du plein poids de la loi. Félicitations aux révoltés d’Oakland, ils sont devenus l’exemple à suivre pour tous ceux que l’on voudra dorénavant chasser des lieux où ils sont campés (1).

LES DEMANDES DES INDIGNÉS

Ils sont, dit-on, des milliers d’« Indignés » de par le monde, squattant neuf cents parcs urbains dans autant de municipalités, s’attendant tous à être expulsés, à résister et à être emprisonnés. Que réclament tous ces « Indignés » ? Un récent document publié sur Internet répond à cette question.

« Un mouvement inédit, impulsé par la jeunesse des classes moyennes, une vague de fond anticapitaliste et libertaire, qui attaque les fondements de la société américaine. Après les avoir regardés de haut, pressés par une opinion publique majoritairement favorable au mouvement contestataire, les médias prennent désormais celui-ci au sérieux. (…) l’hebdomadaire The Week se demande si « Occupy Wall Street » fait émerger un « Tea Party de gauche ». Le fameux Tea Party a d’ailleurs pris un coup de vieux et certains de ses membres vont même jusqu’à apporter leur soutien aux Indignés, espérant ainsi surfer sur la vague contestataire. Le Président Obama lui-même s’est senti obligé de déclarer « Je comprends la colère qui s’exprime dans ces manifestations » (2).

Voilà qui nous en apprend beaucoup sur cette vague de contestation « anticapitaliste et libertaire ». Selon Mohamed Belaali, « cette position réformiste des "indignés" explique, entre autres, la longue liste de soutiens hypocrites apportés au Mouvement par les porte-parole du capital. On peut citer pêle-mêle Ben Bernanke, président de la Banque centrale américaine, Jean-Claude Trichet et Mario Draghi, ancien et nouveau présidents de la Banque Centrale Européenne (BCE), Angela Merkel, Herman Von Rompuy, José Manuel Barroso et des milliardaires comme Warren Buffett ou Georges Soros (…). Par cette "sympathie" douteuse, la bourgeoisie tente de récupérer le Mouvement pour le dévier de sa trajectoire initiale et le vider de sa substance progressiste. » (3).

Poursuivons notre enquête et lisons un extrait de texte publié par les « IndignéEs » canadiens : « En tant qu’IndignéEs, quelques co-auteurEs du livre « TENIR PAROLE », feront lecture d’extraits pour faire revivre ce livre décrivant la lutte pour une loi sur l’élimination de la pauvreté au Québec. (…) où puiser matière à alimenter nos réflexions et nos actions. ».

Et oui, l’Assemblée nationale de la Province de Québec a eu l’outrecuidance d’adopter une loi « exigeant » l’élimination de la pauvreté. Loi inutile, évidemment, et qui n’a pas empêché la paupérisation des gagne petits, le foisonnement des enfants qui fréquentent les « banques » alimentaires. N’a pas empêché non plus l’appauvrissement des mamans monoparentales, la diminution du salaire réel et du pouvoir d’achat du peuple travailleur. N’a pas empêché la paupérisation croissante de la jeunesse rassemblée à écouter réciter des articles de la Loi bannissant la pauvreté dans ce parc public devant la Bourse de Montréal…Notez, que je n’ai pas écrit « rassemblées sur le parquet de la bourse à empêcher les cambistes spécieux de spéculer et de nous appauvrir », non, les « Indignés » sont sagement campées à l’extérieur sous les arbres dénudés par le vent de l’automne glacé.

L’histoire ne dit pas si l’Assemblée nationale du Québec a aussi adopté une loi interdisant les inondations le long des berges des rivières en crue, ou encore, une loi bannissant la neige en hiver dans les rues du Québec… Comprenons-nous bien, nous ne faisons ici aucune suggestion d’action législative à l’endroit des « Indignés ».

En bref, un parterre de bonnes intentions soutenues par un maelstrom de bonne volonté. Pour l’instant le maire de Montréal, complaisant, laisse filer, espérant que les dernières giboulées refroidiront les ardeurs des squatteurs. J’ai l’impression que l’on ne renversera jamais ce monde capitaliste moribond de cette façon.

NOAM CHOMSKY APPUIE LE RÊVE DES INDIGNÉS

Pourtant, le célèbre pamphlétaire Noam Chomsky y croit lui, et voici ce qu’il déclarait le 23 octobre dernier à une assemblée américaine : « Noam Chomsky, connu pour ses critiques de l’impérialisme américain et des médias, déclarait devant des milliers de personnes réunies à Boston, face au bâtiment de la banque de la Réserve fédérale : « Ce mouvement est spectaculaire. C’est sans précédent. Je ne me souviens pas qu’il y ait jamais eu quelque chose comme ça. Si les associations qui ont lancé ces rassemblements peuvent tenir pendant une longue et dure période – parce que la victoire ne viendra pas rapidement – cela pourrait vraiment se révéler être un événement historique, un moment important de l’histoire américaine. ».

Chomsky songe ici à la victoire de qui sur qui ? Et à quel genre de victoire réfère-t-il ? La fin du capitalisme ? La fin des inégalités sociales ? La fin des injustices universelles ? Il espère que Warren Buffet et ses semblables rendront les milliards qu’ils ont spoliés aux peuples du monde à travers leurs holdings multinationaux multimilliardaires ? Si c’est bien ce à quoi il rêve, alors ce ne sera pas demain la veille en effet.

WARREN BUFFET DEMANDE À ÊTRE TAXÉ DAVANTAGE !

Warren Buffet mène justement une opération de marketing en ce moment, attestant que son taux d’imposition de 17 % par année est bien inférieur à celui de sa secrétaire qui est gratifiée de 35 % d’impôt. Pire, un salarié de la classe moyenne subit un taux d’imposition de 45 à 50 %. Monsieur Buffet réclame donc qu’on l’impose lui et ses semblables aussi lourdement que les ouvriers spécialisés. Noam Chomsky et les « Indignés » fondent de grands espoirs sur cette suggestion spécieuse de Monsieur Buffet.

Chomsky et les « Indignés » devraient savoir que le salaire d’un milliardaire est bien peu de choses au regard de sa fortune et qu’un taux d’imposition de 50 % n’apporterait presque rien dans les coffres de l’État. Les milliardaires ne sont pas riches parce qu’ils encaissent de gros salaires mais parce qu’ils spéculent à la bourse et possèdent des actions de nombreuses et très grandes corporations multinationales et que leurs holdings empochent ainsi des dividendes astronomiques. Ces dividendes, ces bénéfices spéculatifs boursiers, le gros de la fortune de ces moins de un pour cent de la population, ce ne sont pas des salaires, ce sont des profits. Une enquête récente aux États-Unis révèle que loin d’augmenter, les impôts sur les profits des entreprises américaines - déjà très bas – diminuent d’année en année et cela malgré la hausse constantes des profits concomitantes à la baisse des revenus du gouvernement américain (imposition moyenne de 18,5 % et un grand nombre d’entre elles ne paient aucun impôt et reçoivent de l’argent de l’État américain – 218 milliards de dollars au total – malgré leurs profits record) (4).

Taxons alors les bénéfices boursiers, les dividendes et les profits ! Difficile, sinon impossible. Une grande partie de ces profits sont enregistrés sur des comptes à numéro ou comptabilisés au siège social d’entreprises fictives ayant pignon sur rue dans des paradis fiscaux (Caïmans, Macao, Monaco, Barbade, etc.), des pays de complaisance, des États de non droit, que les capitalistes ont soustraits aux lois internationales avec la complicité bienveillante des politiciens qui étaient réunis cette semaine au G-20 à Cannes ! Ces paradis fiscaux servent également à blanchir l’argent mafieux qui se mélange aux avoirs de Monsieur Buffet, le bon samaritain et autres mandarins.

Des riches toujours plus riches et cupides et des pauvres toujours plus pauvres et livides. Des milliardaires bien protégés, à la recherche du profit maximum et des rêveurs pacifistes aspirant à une justice sociale inaccessible, voilà le rapport de force, voilà la triste réalité de ce monde impérialiste que Monsieur Chomsky et les « Indignés » espèrent voir changer à force de sit-in et de camping urbain.

MICAHEL MOORE SOUHAITE LA FIN DU CAPITALISME

Michael Moore – tout comme le Directeur de la revue Le Monde diplomatique, Serge Halimi diplômé de Berkeley – s’avance encore plus loin dans sa dénonciation du système capitaliste (5). Michael n’est pas tendre pour ce système et, hâbleur, il déclare : « Il faut mettre un terme au capitalisme. Le capitalisme est un train fou qui se dirige sur ses rails vers la vallée de la mort et personne ne pourra l’arrêter ni le dévier car sa "logique" ne le permet pas. Il s’agit de convaincre les peuples de sauter en marche avant que celui-ci n’arrive inexorablement à son terme : la fin de la vie biologique sur la planète Terre. Aujourd’hui nous n’avons aucun autre biotope à portée de main pour préserver cette vie biologique ; c’est donc à la seule communauté des humains conscients à laquelle Michael semble appartenir, qu’incombe d’investir cet espace très limité et déjà mal en point. ».

Pour Monsieur Moore la façon d’échapper au capitalisme serait le suicide collectif, tous dans le ravin pendant que le train fou s’engage à vive allure sur la voie du désespoir et de l’Apocalypse !

Mauvaise solution, ce n’est pas par le suicide collectif, ni via l’Armageddon, que nous y parviendrons. La solution consiste à se saisir du conducteur et de tous ses acolytes de la classe capitaliste et à les rendre inoffensifs, cela s’appelle l’insurrection populaire. C’est le message que les révolutionnaires devraient porter à tous les « Indignés » de la terre. Sans révolution, sans renversement de la classe parasitaire qui s’accapare privément de la propriété des moyens de production et d’échanges collectifs dans dix ans les « Indignés » seront toujours frustrés devant Wall Street à écouter les états d’âme de Noam Chomsky, de Michael Moore et de Serge Halimi.

LE SOMMET DU G-20

Le président Sarkozy a été très transparent dans son discours au Sommet du G-20 à Cannes. Il a clairement remis en cause le contrat social établi entre la grande bourgeoisie et l’aristocratie ouvrière des pays occidentaux : désormais les programmes sociaux ne seront maintenus qu’à la condition qu’ils n’entravent pas la bonne marche des affaires et de la finance. Autrement dit, tous les programmes sociaux sont sujets à être comprimés jusqu’à et y compris éliminés. Mesdames et messieurs, avec ce Sommet du G-20, la guerre de classes entre le capital et le travail vient d’entrer dans une Ère nouvelle. Les vœux pieux, les rêves, les cris et les larmoiements ne suffiront pas à sauver la planète en danger et les peuples affamés.

Comme disait l’autre, on ne change pas ce monde capitaliste seulement en s’indignant, en chantant et en faisant des sit-in dans les parcs…Il est temps de poser la question de la prise du pouvoir et du contrôle du monopole de la violence légale de l’État. Quelle classe dirigera l’État ? Quelle classe imposera ses vues et ses intérêts à toute la société ? La classe majoritaire ou les moins de un pour cent de parasitaires (6) ?

(1) Révolte à Oakland, Californie. http://www.radio-canada.ca/nouvelle… et http://mondialisation.ca/index.php?…

(2) Courriel reçu le 6.11.2011. Pour recevoir copie, robertbibeau@hotmail.com

(3) http://www.legrandsoir.info/on-ne-c…

(4) http://lauer.blog.lemonde.fr/2011/1…

(5) Le directeur du Monde diplomatique. Serge Halimi. http://www.ledevoir.com/internation…

(6) http://www.legrandsoir.info/on-ne-c…

6 novembre 2011

Lettre ouverte aux policiers et gendarmes de France

par Gérard Foucher | Blog de Médiapart | 06 Novembre 2011
 

Lettre ouverte aux policiers et gendarmes de France


Policiers, gendarmes, c'est à vous que je parle.
Vous êtes engagé dans la police, dans la gendarmerie, vous êtes-vous déjà demandé pourquoi vous avez fait ce choix ? Quelle est la vraie raison, la vraie motivation derrière votre décision ?
 
Est-ce que vous avez choisi d'être policier ou gendarme par amour de la Patrie, pour défendre les citoyens contre l'injustice et la violence, pour faire respecter les valeurs de notre pays, la Liberté, l'Egalité, la Fraternité ? Ou bien était-ce parce que c'était un moyen commode de trouver du travail, d'avoir la sécurité d'un emploi garanti, d'obtenir facilement un crédit pour changer de voiture de temps en temps, ou pour acheter ou construire votre maison ?

Dans un cas comme dans l'autre, vous savez bien que la sécurité d'un emploi garanti, avec tous les avantages que cela implique pour vous et votre famille faisait aussi partie de vos priorités, et c'est en ce sens que vous aussi, vous êtes pris dans une spirale infernale de dette, de violence et d'injustice.

Vous avez choisi d'être policier ou gendarme pour profiter des avantages de la fonction publique et du système financier en place, c'est très bien, c'est humain, mais en faisant cela, vous êtes aussi devenus les victimes du système inégalitaire et frauduleux que nous dénonçons.

Pourquoi ? Parce que sans le savoir, en exécutant maintenant les ordres qui vous sont donnés et en vous réfugiant derrière les décisions de vos supérieurs, vous faites le jeu d'une immense injustice ! Vos supérieurs eux-mêmes ne sont que les pions du pouvoir en place de la finance, de la richesse et de la violence guerrière, eux aussi exécutent les ordres, eux aussi obéissent. Et ces ordres qu'ils reçoivent "d'en haut" sont destinés, non pas à protéger le peuple français, mais à étouffer ses légitimes revendications, à réduire à néant sa parole, à confisquer les faibles moyens dont il dispose pour exprimer les injustices dont il est victime. Et le peuple français, c'est vous !

Vous devez comprendre qu'en exécutant les ordres, vous ne défendez pas les valeurs de la France, mais au contraire, vous participez vous-mêmes à l'immoralité d'un système en place, vous l'autorisez, vous le défendez ! Vous défendez le système du crédit, qui autorise les banquiers à prêter de l'argent qu'ils n'ont pas, et à encaisser des intérêts sur de l'argent qu'ils ont créé de toutes pièces ! Vous défendez l'exploitation de tous au profit de quelques-uns !

Renseignez-vous ! Le crédit que vous avez obtenu pour acheter votre maison ou votre voiture, il ne vient de nulle part ! Personne n'a vu son compte en banque diminuer quand vous êtes sorti de la banque avec votre prêt ! Renseignez-vous ! Grâce au système des réserves fractionnaires, les banques peuvent prêter 10 fois plus d'argent qu'elles n'en ont en caisse. Et sur cet argent qu'elles ont créé de toutes pièces, elles touchent pendant 20 ans des intérêts ! C'est du vent qu'on vous prête ! Pas étonnant que le pouvoir financier domine la planète !

Ce système frauduleux permet au système bancaire, allié à la force publique des gouvernements et aux politiciens, de s'enrichir indéfiniment en obligeant chacun de nous à payer deux fois tout ce que nous achetons. Une fois pour les ouvriers qui l'ont fabriqué, et une deuxième fois pour la banque. C'est ce système frauduleux qui nous oblige tous à courir après l'argent, à nous battre et à nous diviser, car il n'y a jamais assez d'argent pour tout le monde, puisqu'il s'en échappe toujours vers les banques, vers le haut de la pyramide, vers les détenteurs et les créateurs de cette immense vente à la boule de neige nationale et mondiale. Nous sommes tous victimes de ce Monopoly truqué, et vous le défendez ! Nous sommes tous victimes d'un système qui repose sur une règle du jeu malhonnête, et vous le défendez ! Ce n'est pas votre rôle !

République est un mot qui vient du latin, res publica, et qui signifie "La Chose Publique". Quand vous avez juré de défendre la République, vous vous êtes engagé à défendre le peuple de France, pas à le frapper, pas à lui confisquer les faibles moyens d'action et de parole dont il dispose, pas à utiliser la force et la violence pour faire respecter les intérêts d'un pouvoir en place. Le pouvoir, c'est nous, le pouvoir c'est vous !

Vous aussi, vous êtes le peuple français. En attaquant le peuple, vous vous attaquez vous-même !

Quand vous exécutez des ordres, qui tient la matraque ? Ce n'est pas votre chef, ce n'est pas votre ministre, ce n'est pas l'état, c'est VOUS, et seulement vous. Vous êtes des êtres humains, donc vous êtes nés libres et égaux en droit comme tous les autres hommes. Quand vous dégainez votre matraque, personne ne vous tient la main, vous êtes le seul à décider, vous exercez votre libre-arbitre, votre liberté d'être humain, et donc vous êtes responsable personnellement de votre acte, et de tous les coups que vous portez, de toutes les blessures que vous infligez. C'est votre conscience qui est dans votre tête, pas celle d'un autre ! Votre hiérarchie, vos chefs, votre ministre pourront oublier vos actes, mais votre conscience, elle, ne les oubliera jamais !

Quand vos enfants, dans 1 an, dans 5 ans, dans 20 ans, verront sur Internet les vidéos que nous avons filmées hier, que nous allons filmer aujourd'hui, que nous filmerons demain et tous les autres jours, et qu'ils vous poseront des questions, que répondrez-vous ? Vos enfants vous reconnaîtront, ils verront les coups, ils verront les confiscations, ils verront les blessures, ils verront le sang, ils verront l'injustice.

Que leur direz-vous ? Que répondrez-vous quand ils vous diront : "Papa, pourquoi tu tapes sur les gens ?" Que répondrez-vous ?

Vous ne pourrez pas dire, "Je ne faisais qu'obéir aux ordres". Vous n'en aurez pas le droit ! Car vous savez maintenant que vous obéissiez à un système immoral qui ne faisait qu'enrichir indéfiniment quelques-uns au mépris de tous, qui ne faisait que créer injustice, inégalité, violence et division, exactement le contraire des valeurs que vous étiez supposé défendre ! Vous savez maintenant que les ordres que vous receviez ne défendaient pas les valeurs de la République, les valeurs de la France, mais celles du pouvoir en place, de la classe dominante des financiers et des politiciens complices, et que, ces ordres, votre devoir était de refuser de les exécuter, fût-ce au péril de votre vie !

Vous représentez la force publique, pas la force étatique, vous êtes la puissance de la Nation et de la France, pas les valets des riches et des puissants qui vous exploitent pour défendre leurs privilèges et leur règles truquées. Ils ont pris possession de votre monnaie, de votre travail, des droits du peuple à la parole, à la liberté d'expression, à l'égalité, ils ont pris possession du gouvernement, ils ont pris possession de nos vies et de nos âmes.

N'oubliez pas l'article 35 de la déclaration des droits de l'homme, qui dit que quand le gouvernement viole les droits du peuple, la désobéissance est, pour chaque portion du peuple, le plus sacré des droits et le plus indispensable des devoirs.

Défendez-vous, défendez-nous, comprenez, réagissez, réfléchissez, et si vous en avez le courage, désobéissez… Et si vous ne désobéissez pas, sachez au moins que c'est là que se trouvait votre devoir.

Bon courage à tous ! Et que

Vive la République, vive la France !

Gérard Foucher
Un des Indignés
Paris La Défense
6 novembre 2011

Des grecs ordinaires prennent les choses en main

Bistro Bar Blog | dimanche 6 novembre 2011

Le refus populaire de supporter l'austérité gagne de la vitesse, les gens renoncent à la politique traditionnelle

Hara Kouki et Antonis Vradis

guardian.co.uk, Jeudi 3 Novembre 2011
 
Les étudiants grecs hurlent des slogans lors d'une manifestation à Athènes pour protester contre le projet de réforme de l'éducation. Photo: Aris Messinis / AFP / Getty Images

Début octobre, un article particulier fait avec peine son chemin dans les dernières pages de la presse nationale grecque: dans la ville du Nord de Veria, un petit groupe des gens avait commencé à raccorder l'électricité à des maisons qui ne disposaient plus de réseau public faute de ne pas avoir payé leurs factures. Ce genre d'action de solidarité a semblé assez anormal.

Là encore, il est difficile de définir ce qui constitue la normalité dans le pays de nos jours – l'échelon supérieur du pouvoir politique est dans une agitation sans précédent et l'annonce du référendum de mardi par le Premier ministre George Papandreou, ensuite suivi d’un retrait potentiel de celui-ci, a propulsé ses alliés et ennemis politiques dans la tourmente. Les partis de l'opposition parlementaire appellent à une «unité nationale» du gouvernement, des élections anticipées, ou une succession des deux; le spectre politique principal entier du pays semble être entré dans un état délirant de panique. Dans une scène extrêmement surréaliste, les dirigeants de l’euro-zone et les marchés mondiaux attendent nerveusement que les gens en Grèce se débarrassent d’un vote.

Et pourtant, à ce moment précis, le peuple grec est en train de réaliser qu'il est laissé avec ce qu’il avait à l’origine – c'est-à-dire absolument rien à espérer de la scène politique dominante.

Prenez Yannis, 43 ans, un homme travaillant dans une banque à Athènes, qui ne veut pas rentrer à la maison car il va va encore avoir froid. Le chauffage sera éteint, car personne dans le bloc ne peut se permettre de payer le chauffage. Sa fille de 16 ans, Sophie, ne veut pas aller à l'école :elle trouve peu de sens dans la préparation de ses examens: pourquoi voudrait-elle entrer à l'université en sachant très bien qu'elle ne trouvera jamais un emploi en Grèce, de toute façon? Ou prenez le père d’Eleftheria, un retraité de 72 ans qui quitte le village de Kymi, qui l’a appelée aujourd'hui, alors qu'elle rentrait à la maison et qui hésitant lui a demandée de l'argent pour acheter ses médicaments que le fonds de l'Etat ne couvre plus. Sa retraite a été récemment réduite de 50%. «Mais, s'il te plaît, a-t-il supplié,« Ne le dis pas à ta mère » De retour en ville, les rues d’ Eleftheria sont bordées d’ordures gisant là depuis plus de trois semaines.

Des milliers d'ouvriers sont sur la liste du projet de réduction de paie à travers le pays et des centaines sont renvoyés quotidiennement. Le gouvernement a levé des taxes déjà existantes et a présenté une série de nouvelles mesures à travers le conseil, en taillant dans les salaires et les retraites tant dans le secteur public que dans le secteur privé. Le taux de chômage officiel a augmenté de plus de 35% d'année en année et se situe maintenant à un peu moins de 20%; Le nombre de sans-abris a augmenté énormément dans l'ensemble du pays, tandis que l'impôt sur ​​la consommation alimentaire a bondi de 13 à 23%. Dans le même temps, les transports publics sont démantelés et les hôpitaux à travers le pays ont du mal à fonctionner. Pour la première fois, il n'y avait pas de livres à distribuer dans les écoles publiques et les universités sont en plein désarroi. Le secteur public 'ballonné' a été décrit comme responsable de toute la misère que le pays doit endurer. En même temps, les services sociaux ont été intentionnellement abandonnés, ce qui rend plus facile pour les citoyens en rage d’accepter la privatisation du secteur public en échange.

Les gens ici estiment que le pays coule progressivement, les menant sur ​​un chemin creusé par l'arbitraire et l'injustice. Pourtant en ce moment même – alors que ce n'est pas seulement les règles du jeu qui sont contestées, mais le jeu lui-même – ils semblent se sentir dotés d’un droit d’agir d’une façon qui n'aurait pas semblé possible avant : ils attaquent physiquement des politiciens, se moquent et annulent des défilés publiques nationaux militaires et humilient des fonctionnaires de l’armée en les assistant, participent aux assemblées de quartier et aux manifestations de masse (faisant fi de la quantité de gaz lacrymogène lancée contre eux par la police), créent des syndicats populaires pour clamer leurs droits de salariés, occupent des lieux de travail, désorganisent des services publics et protestent de façon violente, impulsive, imprévisible.

Dans ces temps si particuliers, quand il n'y a rien à perdre de plus, tout devient possible. Dans la banlieue athénienne du Nord à Nea Ionia, la municipalité demande maintenant activement aux gens du pays de fuir la nouvelle taxe, en offrant des astuces pour éviter son paiement sur son site Internet officiel promettant même un soutien juridique et offrant aussi le raccordement au réseau pour les maisons sans électricité. Le refus populaire de supporter l'austérité gagne de la vitesse, sans tenir compte de la politique quotidienne de peur et d'urgence, ou des krachs boursiers perpétuels. En retour, la réalisation est noyée en ce qu'une possibilité de changement tangible se trouve uniquement chez les gens qui changent leur compréhension, leurs habitudes, la façon dont ils font la politique : plutôt que de se voir demandée de se débarrasser de ce vote, la société grecque se voit dans un rôle majeur de refonte.

Traduction : Caralmera


5 novembre 2011

#Occuper Le Bazacle à Toulouse

Par Frédéric Boutet | Puissance Plume | 4 novembre 2011

Lettre des indignés toulousains aux administrateurs du Bazacle et rendez-vous à Toulouse

Lettre ouverte à
Mr Henri Proglio, PDG d’EDF et Président de la Fondation EDF Diversiterre
Mr Pierre Cohen, député-maire de Toulouse
Direction d’EDF Unité de Production Hydraulique du grand Sud-Ouest


Mesdames et Messieurs,

Le 15 octobre 2011, à l’occasion de la première journée de mobilisation mondiale du mouvement dit « des Indignés », les Indignés de Toulouse se sont réunis en assemblée populaire sur la place de la Daurade où, après un temps de discussion, il a été proposé d’occuper un lieu symbolique de la ville : le Bazacle, centrale hydroélectrique et espace d’exposition d’EDF via la fondation EDF Diversiterre.

Cet espace qui se dit « culturel et pédagogique » n’est en fait qu’un lieu destiné aux expositions d’EDF et des partenaires qu’il choisit. Ainsi, ce qui y est exposé est sélectionné par EDF de sorte que les intérêts du géant français de l’énergie ne soient jamais atteints. Il ne s’agit donc pas de culture mais d’autopromotion, le tout agrémenté d’un pseudo discours environnementaliste. Or depuis le début du développement de l’industrie nucléaire cette propagande a été nécessaire à EDF et aux gouvernements successifs pour maintenir la population à l’écart de la politique énergétique et des choix de société qu’elle implique.

Par ailleurs, suite à la loi sur le mécénat de 20031, 60% du financement de la Fondation sont déduits de l’impôt sur les sociétés dû par EDF. Cette propagande est donc majoritairement financée avec des fonds publics, tout comme le sont les fondations liées à Total, GDF-SUEZ ou encore celle d’Areva qui « s’implique pour améliorer le niveau d’éducation des enfants défavorisés et encourage la formation d’adultes dans les pays d’implantation du groupe »2(sic). Mais dans ces "formations", que peut-il bien être dit au sujet de, par exemple, Fukushima ?

Citons aussi l’indépendance des médias, également mise à mal par la manne que représentent les dizaines de millions d’euros que ces groupes dépensent chaque année pour leur propre publicité.
Le Bazacle étant une centrale hydroélectrique il demeure, malgré sa modeste capacité, un symbole des nécessaires alternatives aux énergies les plus polluantes tel le nucléaire. A l’échelle mondiale, l’hydroélectricité nous fournit d’ailleurs plus d’énergie que les centrales électronucléaires3.

L’occupation de ce samedi 15 octobre n’était qu’une première étape d’un processus de réappropriation de ces lieux qui font injure à la démocratie. Dans cette perspective et sans nous satisfaire du trottoir extérieur, comme cela nous a été suggéré par un responsable du lieu rencontré ce 15 octobre, nous demandons qu’un espace au sein même du Bazacle soit mis à la disposition de tous pour que chaque voix ait droit de cité. La dictature nucléocrate n’a que trop duré !

Tout comme les questions de démocratie et de finance, les problématiques énergétiques ont toute leur place dans le combat des Indignés. C’est ainsi que nous nous réapproprions les moyens d’information liée à ces sujets fondamentaux. Obtenir en France plus de transparence concernant le problème des déchets, le bilan carbone global de la filière nucléaire, le vrai coût de l’électricité nucléaire, les incidents dans les centrales, et tant d’autres écueils liés à cet énergie sera une véritable victoire démocratique !

Le 26 octobre 2011

Les Indignés de Toulouse.

Rendez-vous des indignés




Toulouse,
Le samedi 5 novembre, deux rendez vous prévus en réponse au G20 et pour soutenir le départ de la marche Nice-Athène :

12 h au capitole pour une soupe populaire déambulatoire, et sa troupe de la bonne humeur !
a partir de 18 H à la chapelle (rue danielle Casanova ) pour une soirée projection/débat sur le thème de l’économie, de la finance et les alternatives possibles. Entrée libre …

Soyons nombreux pour reprendre la place !!

4 novembre 2011

#Occupy La Défense

par #FrenchRevolution

18h (vendredi 4 novembre 2011) à la Défense : Les gendarmes viennent participer à l’AG des Indignés à leur manière.

La Défense (92) – Les Indignés de la Défense pourront-ils dormir sous leurs tentes sur l’Esplanade où ils se sont donnés rendez-vous ce vendredi soir ? Pour l’heure, c’est mal parti, les gendarmes mobiles démontent régulièrement les tentes que déploient les jeunes.

http://www.streetpress.com/sujet/9612-la-defense-la-police-demonte-les-tentes-des-indignes

Des policiers dans l’AG 8 cars de forces de l’ordre stationnent sur le parvis de la Grande Arche. Une vingtaine de gendarmes mobiles stationnent à 10 mètres du centre de l’Assemblée Générale des manifestants.

Les tentes A 17h45 et 18h, alors que 3 tentes se déplient, les gendarmes viennent à 2 reprises replier les tentes. A 18h45, voilà que 9 tentes se déplient à nouveau en bas des marches. La police n’intervient pas. Un quart d’heure plus tard, on compte déjà 12 tentes posées fièrement par les manifestants sur les dalles en béton.


700 manifestants A 19 heures, quelques 700 Indignés étaient rassemblés sur le parvis, au pied de la Grande Arche. On a aussi compté une quarantaine de journalistes. Si l’après-midi a commencé avec un atelier peinture de pancartes, l’ambiance s’est durcie quand les forces de l’ordre sont intervenues pour démonter des tentes. Des rumeurs circulaient sur les entreprises de la Défense qui auraient laissé filer plus tôt leurs employés, pour qu’ils ne soient pas confrontés aux Indignados en sortant du boulot.

Quant à l’Assemblée Générale, elle peinait à s’organiser. Mais la nuit ne faisait que commencer.

Vague(s) de libération pour Gaza

 

Communiqué des deux bateaux qui s’approchent de Gaza

 
Deux bateaux, l’un canadien et l’autre irlandais, naviguant sous la bannière « Les vagues de libération pour Gaza », s’apprêtent à défier Israël et son blocus illégal.

Le bateau canadien, le Tahrir, et le bateau irlandais, le Saoirse, ont atteint les eaux internationales, marquant ainsi le début de la campagne « Les vagues de libération pour Gaza ». Les bateaux sont présentement en mer Méditerranée et mettront le cap sur Gaza dans les prochaines heures.

« Émanant des Flottilles de la libération, les vagues de libération pour Gaza sont en train de se soulever » a dit, à bord du Tahrir, Ehab Lotayef, membre du comité de direction du Bateau canadien pour Gaza. L’initiative étant citoyenne, des délégués d’Australie, des États-Unis et de Palestine sont aussi à bord. « Nous sommes maintenant en eaux internationales et comptons atteindre les rives de Gaza d’ici quelques jours, dit Lotayef.

Parmi les obstacles importants sur notre route, il y a les Forces israéliennes et la complicité du gouvernement Harper avec celles-ci, mais le vent de l’opinion publique souffle dans nos voiles, ce qui nous motive encore plus à contester le blocus illégal que subissent les 1.5 millions d’habitants de Gaza. »

A bord du Tahrir, David Heap, qui est aussi membre du comité de direction du Bateau canadien pour Gaza, rajoute : « Le simple fait que nous ayons atteint les eaux internationales est en soi une victoire pour le mouvement. Malgré le chantage économique, malgré l’expansion du blocus jusqu’à la Grèce,malgré avoir été arraisonnés de force par la garde côtière grecque,et malgré une mobilisation importante de la marine israélienne pour nous arrêter, nous sommes désormais près des rives de Gaza et de l’atteinte de notre but : percer le blocus de Gaza, et occuper l’occupation. »

Lotayef précise que « les Palestiniens vivant à Gaza ne veulent pas de la charité mais de la solidarité, et ils affirment sans équivoque au monde entier que ce qu’ils veulent, c’est simplement d’être libres. L’aide humanitaire est certes utile, mais les Gazaouis demeurent des prisonniers sans liberté de mouvement. Par son blocus illégal de Gaza, Israël empêche non seulement l’importation de biens vers Gaza, mais aussi l’exportation de biens en provenance de Gaza. Et le blocus empêche les Palestiniens de circuler librement entre Gaza et la Cisjordanie, en violation des droits humains fondamentaux. »

L’initiative des vagues de libération pour Gaza est un mouvement non-violent de la société civile qui veut contester le blocus israélien de Gaza. La biographie de chaque délégué est disponible ici. De nombreux médias couvrent les développements à bord du Tahrir, dont Al Jazeera et Democracy Now.

Des restrictions de dernière minute par les autorités portuaires nous obligent à n’avoir à bord qu’un tiers des délégués et journalistes prévus. Malgré tout, le Tahrir et la Saoirse, sous peu, se dirigeront à vitesse grand V vers Gaza. « Bien que le Tahrir apporte de l’aide médicale qui fait cruellement défaut à Gaza, notre but principal est de libérer les Palestiniens de la prison à ciel ouvert nommée Gaza », dit Heap. « Nous nous reconnaissons dans les paroles d’une chanson du mouvement contre la ségrégation aux États-Unis, le mouvement pour les droits civiques : « We who believe in freedom cannot rest » (pas de repos pour nous, qui croyons à la liberté).

Et nous allons continuer à contester le blocus illégal jusqu’à ce que Gaza et le reste de la Palestine soient libérés. » -30-

Pour plus d’information ou pour organiser une entrevue avec les délégués à bord du Tahrir : En français : Denis Kosseim, Canadian Boat to Gaza, 514-923-5594 En anglais : Dylan Penner, Canadian Boat to Gaza, 613-859-6996 N.B. : entrevues avec délégués à bord du Tahrir sont possibles en français, anglais, espagnol et arabe.

Consulter le peuple grec ?

ACRIMED | 4 novembre 2011


Consulter le peuple grec ? Les gardiens autoproclamés de la démocratie s’insurgent


par Frédéric Lemaire, le 4 novembre 2011


Une semaine après les négociations du sommet européen sur un nouveau « plan d’aide » à la Grèce, le Premier ministre grec Georges Papandréou annonçait mardi 1er novembre la tenue probable d’un référendum sur l’adoption du plan européen. Au moment où nous écrivons, rien n’est confirmé et il est possible que le projet soit abandonné (ou que des élections anticipées le remplacent). Mais la levée de boucliers médiatiques contre le projet de consultation du peuple grec laisse pour le moins songeur sur les rapports entre médias et démocratie.
 
Ainsi, un référendum fut annoncé. Acrimed n’a pas pour vocation à entrer dans un débat de longue haleine sur l’opportunité de la tenue d’un tel référendum, voire sur l’opportunisme d’une telle annonce. Mais on peut s’interroger sur le rôle que s’assigne la presse écrite [1], quand la plupart des titres préfèrent dénoncer une « prise d’otage » par le Premier ministre grec d’un accord censé « sauver l’euro » (voire « sauver l’Europe »). Le débat démocratique serait-il mis entre parenthèse face à l’exigence de « rassurer les marchés » ?

En octobre 2011 déjà, un vote du Parlement slovaque menaçait le processus de mise en place du Fonds européen de solidarité financière (FESF). « La Slovaquie menace de bloquer le sauvetage de l’euro », titrait ainsi une dépêche AFP recyclée sur le site de liberation.fr. Mais cette fois-ci, la « menace » est d’une toute autre ampleur : un référendum sera peut-être organisé dans un pays qui a déjà largement fait les frais de la « solidarité » européenne…

Face à ce danger imminent, c’est la mobilisation générale dans la presse. «  Le chaos . L’annonce surprise d’un référendum en Grèce sur le plan de sauvetage de Bruxelles sème la panique dans l’UE et menace la zone euro » explique ainsi Libération en « Une » de son édition du 2 novembre.



Pour Le Parisien le référendum grec est « un coup de poker qui risque d’avoir de lourdes répercussions sur la zone euro et sur la France. »
 



Une analyse partagée par Le Figaro qui titre en Une : « Papandréou l’homme qui met l’euro en péril » et dont l’édito évoque un « dangereux poker grec ».
 


France Soir plaide pour une explication psychiatrique « Crise grecque une histoire de fous ! » avant de développer sur l’étendue de l’ingratitude grecque : « L’Europe a effacé 100 milliards d’euro de la dette grecque. Mais le ministre Papandréou fait la fine bouche : il soumet ce "cadeau" à un référendum provoquant la panique et la colère dans toute l’Europe ». Sont-ce des manières, que de soumettre un tel « cadeau » à un référendum ?



A moins que son journal préféré ne figure pas dans la liste des grands médias, le lecteur retiendra donc que les réactions à l’initiative du Premier ministre grec sont de deux ordres : panique, et colère. Mais de qui ?
- La panique, c’est celle des marchés. Explicitée en Une des quotidiens économiques : « Le coup de théâtre grec fait plonger les marchés », pour les Echos, et « Krach ! » en lettres cyrilliques, pour la Tribune.





 -Quant à la colère, c’est celle des dirigeants européens, assimilée « aux européens », voire à « l’Europe », comme dans la Une de La Croix : « La Grèce fait chanceler l’Europe » ; « La décision de Georges Papandréou d’organiser un référendum sur le plan de sauvetage conclu jeudi jette le doute sur la capacité des européens à sortir de la crise. »



Les marchés, et les dirigeants européens semblent seuls à même de juger de l’opportunité de l’initiative du Premier ministre grec. Qu’en est-il des salariés grecs, et européens ? A se demander si ce sont vraiment leurs affaires…

Le Monde, qui semble partager la colère des dirigeants européens, s’interroge sur un autre sujet : celle de la présence de la Grèce dans l’euro. « Ce n’est pas ainsi que l’Europe doit fonctionner », explique le quotidien vespéral, qui soupçonne le Premier ministre de vouloir faire un « pari fou » : celui de vouloir renégocier le plan sous la menace d’un « non » qu’il sait acquis. « Imagine-t-on d’ailleurs un peuple acceptant, unanime, une purge aussi violente que celle proposée. » Imagine-t-on Le Monde se poser la question de la légitimité démocratique d’une purge aussi violente que celle qui est proposée ? Apparemment, la réponse est non.

La liberté de la presse, dit-on, est celle d’un contre-pouvoir démocratique. La preuve ? Ce sont les médias eux-mêmes qui le disent ! … Quoique la plupart d’entre eux s’abstiennent de le démontrer quand le pouvoir politique omet de tenir compte du référendum de 2005 ou quand le gouvernement grec envisage de recourir à un référendum ou à des élections. Les prétendus garants de la démocratie se comportent alors en vigoureux protecteurs des oligarchies…

Frédéric Lemaire (avec Henri, Mathias et Olivier Pr.)

On trouve aussi :

Notes

[1] Les mêmes remarques peuvent valoir pour les médias audiovisuels.

Lettre ouverte aux peuples d’Europe par Mikis Theodorakis

28 octobre 2011... Alors que la Grèce est placée sous tutelle de la Troïka, que l’Etat réprime les manifestations pour rassurer les marchés et que l’Europe poursuit les renflouements financiers, le compositeur Mikis Theodorakis a appelé les grecs à combattre et mis en garde les peuples d’Europe qu’au rythme où vont les choses les banques ramèneront le fascisme sur le continent.

Interviewé lors d’une émission politique très populaire en Grèce, Theodorakis a avertit que si la Grèce se soumet aux exigences de ses soi-disant« partenaires européens », c’en sera « fini de nous en tant que peuple et que nation ».

Il a accusé le gouvernement de n’être qu’une « fourmi » face à ces « partenaires », alors que le peuple le voit comme « brutal et offensif ».

Si cette politique continue, « nous ne pourrons survivre (…) la seule solution est de se lever et de combattre ».


Résistant de la première heure contre l’occupation nazie et fasciste, combattant républicain lors de la guerre civile et torturé sous le régime des colonels, Théodorakis a également adressé une lettre ouverte aux peuples d’Europe, publié dans de nombreux journaux… grecs.

Extraits :

Notre combat n’est pas seulement celui de la Grèce, il aspire à une Europe libre, indépendante et démocratique. Ne croyez pas vos gouvernements lorsqu’ils prétendent que votre argent sert à aider la Grèce. (…)

Leurs programmes de « sauvetage de la Grèce » aident seulement les banques étrangères, celles précisément qui, par l’intermédiaire des politiciens et des gouvernements à leur solde, ont imposé le modèle politique qui a mené à la crise actuelle.

Il n’y pas d’autre solution que de remplacer l’actuel modèle économique européen, conçu pour générer des dettes, et revenir à une politique de stimulation de la demande et du développement, à un protectionnisme doté d’un contrôle drastique de la Finance.

Si les Etats ne s’imposent pas sur les marchés, ces derniers les engloutiront, en même temps que la démocratie et tous les acquis de la civilisation européenne. La démocratie est née à Athènes quand Solon a annulé les dettes des pauvres envers les riches.Il ne faut pas autoriser aujourd’hui les banques à détruire la démocratie européenne, à extorquer les sommes gigantesques qu’elles ont elle-même générées sous forme de dettes.

Nous ne vous demandons pas de soutenir notre combat par solidarité, ni parce que notre territoire fut le berceau de Platon et Aristote, Périclès et Protagoras, des concepts de démocratie, de liberté et d’Europe. (…)

Nous vous demandons de le faire dans votre propre intérêt. Si vous autorisez aujourd’hui le sacrifice des sociétés grecque, irlandaise, portugaise et espagnole sur l’autel de la dette et des banques, ce sera bientôt votre tour.

Vous ne prospérerez pas au milieu des ruines des sociétés européennes.

Nous avons tardé de notre côté, mais nous nous sommes réveillés. Bâtissons ensemble une Europe nouvelle ; une Europe démocratique, prospère, pacifique, digne de son histoire, de ses luttes et de son esprit.
Résistez au totalitarisme des marchés qui menace de démanteler l’Europe en la transformant en Tiers-monde, qui monte les peuples européens les uns contre les autres, qui détruit notre continent en suscitant le retour du fascisme.

source: reçu par mail

3 novembre 2011

APPEL AUX BLOGUEURS ET AUX JOURNALISTES

OCCUPONS LA DEFENSE | 2 novembre 2011


A partir de vendredi 4 novembre 2011, 17h, nous occuperons le quartier d’affaire de La Défense.

Par leur traitement des différents mouvements de contestation qui ont lieu partout dans le monde, les médias nous indignent de plus en plus ! Comment peuvent-ils traîter des sujets aussi graves et indignants en une petite colonne ou dans un sujet télévisé d’à peine une minute ?


Les questions de la création monétaire, du rôle de la BCE (et de la récente nomination de son nouveau président), de la crise actuelle de la zone euro et de la finance mondiale, de l’illégitimité du G20 et de la précarisation des citoyens (entres autres) sont expédiées et traitées avec fatalité.

Il ne passe pas une journée sans qu’une nouvelle information nous indigne toujours plus. Pour passer pas mal de temps sur le terrain, dans la rue, la population est dans sa très grande majorité tout aussi indignée que nous.

Nous ne sommes pas des utopistes marginaux. De grands noms de l’économie, de la sociologie et des médias (encore trop peu nombreux) soutiennent notre cause et saluent nos actions. 

Nous posons alors la question suivante: Pourquoi, les journalistes (dont les emplois sont de plus en plus précarisés et la liberté de ton de plus en plus menacée) ne nous soutiennent pas plus ouvertement ? Nous avons besoin d’eux et de vous, amis blogueurs, pour ouvrir les yeux à la majorité de la population et pour leur montrer que, contrairement à ce qui se dit dans les journaux télévisés, la révolte est bien là, que d’autres solutions sont possibles et proposées.

Nous en avons assez du traitement de nos actions dans les médias. Toujours minimisées, trop peu expliquées et souvent ridiculisées.
Nous en appelons donc aujourd’hui à chacun d’entre vous: que votre blog soit visité par 5, 10, 100 ou 10 000 personnes par jour à relayer notre appel, à diffuser les informations sur l’occupation de la Défense et sur les aberrations du monde dans lequel on vit et que nous voulons changer.

Nous sommes les 99%, nous sommes indignés, nous sommes de plus en plus révoltés, nous ne les laisserons pas nous décourager !

Liens utiles:
http://occupyfrance.org
http://paris.reelledemocratie.com
http://facebook.com/occupyfrance
http://facebook.com/occuponsladefense
http://twitter.com/occupydefense
http://twitter.com/occupyfrance
http://twitter.com/acampadaparis


Vidéo: Frédéric Lordon soutient Occupons la Défense

2 novembre 2011

Procés des indignés de Paris

Communiqué de presse après le procès des onze

Nous vous remercions d´avoir été présents au procès des onze « indignés ».

Ce lundi 31 octobre, neuf « indignés » ont comparu devant le TGI de Paris pour « dégradation ou détérioration du bien d´autrui commise en réunion ».

Le procureur a requis cent jours d´amende à cinq euros par jour pour chaque personne mise en cause et trois mois de prison ferme pour l´une d´entre elles, pour la simple désolidarisation d’une vitre de fourgon de police.

Des déclarations corroborées par un témoin indiquent que la vitre était déjà décollée.

De plus, deux prévenus ne sont jamais montés dans ce fourgon.

L´avocat a souligné la disproportion de la peine requise au vu du manque de preuves matérielles et de l´absence de preuve d´élément moral : rien ne prouve qu´il y ait eu dégradation et encore moins intention de détérioration. L´avocat explique qu´une personne s´est appuyée involontairement sur la vitre après avoir trébuché et rappelle que le doute doit en tout état de cause bénéficier aux prévenus.

Nous vous invitons à vous rendre au Tribunal de Grande Instance le 14 novembre 2011 à 9 heures à la vingt neuvième chambre correctionnelle pour le rendu du délibéré ainsi qu´à la conférence de presse de 15 heures.

http://www.paris.reelledemocratie.com/node/629
 


 

1 novembre 2011

Référendum grec: une première avancée démocratique

Par ATTAC France | 1 er novembre 2011

L'annonce (hélas trop tardive) par M. Papandréou de l'organisation d'un référendum sur le plan européen « d'aide » à la Grèce est une première avancée de la démocratie face aux plans d'austérité qui s'abattent partout en Europe. Tout dépendra de la question posée et des conditions du débat pour que ce référendum ne soit pas une manipulation politique. Mais c'est aussi l'occasion d'un réel débat citoyen, qui fasse écho aux revendications populaires pour plus de démocratie... à l'image du référendum en Islande, qui s'est soldé par un rejet du vaste plan d'austérité sociale prévu.

Le plan européen d'aide à la Grèce, même s'il organise un défaut partiel et de toutes façons inévitable de la Grèce sur sa dette, ne résout aucun des problèmes de fond posés par les incohérences de la zone euro et l'irresponsabilité de la finance. Il aggrave encore l'austérité et la tutelle de la « troïka » - Commission, BCE, FMI - sur le peuple grec. Les oligarchies européennes pensaient pouvoir imposer à leurs peuples les exigences des banques et des prêteurs en s'abritant derrière des majorités parlementaires. Mais les politiques d'austérité qui sont en train de détruire la Grèce, et qui s'étendent progressivement dans le reste de l'Europe, suscitent de trop fortes résistances sociales.

Les citoyens ne se reconnaissent plus dans une classe politique inféodée aux dogmes et aux intérêts de la finance. « Vous ne nous représentez pas ! », ce cri des Indignés à la classe politique, est devenu une évidence. La décision de M. Papandréou, pourtant représentant archétypique de l'oligarchie politique grecque, de donner la parole au peuple est donc une bonne nouvelle. Même si Nicolas Sarkozy, à l'image de la plupart des dirigeants européens, est "consterné" par cette décision où il ne voit que démagogie et irresponsabilité...

Bien sûr, la machine médiatique va se mettre en branle, en Grèce et en Europe, comme en France en 2005 à propos du traité constitutionnel européen. Les droites et une certaine gauche vont fustiger l'archaïsme et le nationalisme des Grecs qui voudraient soit-disant quitter l'Europe et briser l'euro. Mais c'est rigoureusement l'inverse: le peuple grec, en défendant ses droits sociaux et sa souveraineté démocratique, défend les droits de tous les peuples européens. Les mouvements sociaux européens doivent soutenir le mouvement grec qui rejette ces politiques d'hyperaustérité destructrices et mortifères. La victoire du « non » au référendum grec ne résoudra pas à elle seule la crise actuelle. Mais elle posera concrètement la nécessité d'une alternative au modèle néolibéral, qui devra commencer par la dénonciation des dettes illégitimes, le refus des politiques de régression sociale, la reconquête de la souveraineté démocratique sur notre monnaie commune, l'euro. Attac mettra dans les semaines à venir toute son énergie pour construire la solidarité européenne avec le peuple grec, faire triompher le non à l'austérité, et poser les premiers jalons de la refondation d'une Europe démocratique et solidaire.

Attac France

Nice, le 1er novembre 2011

 

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