20 décembre 2014

Pierre Joxe : « La gauche n’a pas été élue pour faire cette politique » (Vidéo Mediapart)


Pierre Joxe : « La gauche n’a pas été élue pour... par Mediapart

Pierre Joxe: «Je suis éberlué par cette politique qui va contre notre histoire»

Dans un entretien à Mediapart, Pierre Joxe, plusieurs fois ministre de Mitterrand et grande figure socialiste, n'a pas de mots assez durs pour dénoncer le gouvernement et le projet de loi dit Macron, une entreprise de « déconstruction du droit social ».
Lire l'article .....

Voir aussi, par Gérard Filoche:
Pierre Joxe contre la déconstruction du code du travail
 

7 juin 2013

Signez la pétition des chômeurs et précaires!



Nous, chômeurs, chômeuses et précaires, proposons des mesures d’urgence que le gouvernement a, jusqu’à ce jour, refusé de discuter.

Nous, chômeurs, chômeuses et précaires, pour qui les portes du « dialogue social » sont toujours fermées, souhaitons que nos propositions concernant Pôle emploi et la négociation Unédic soient entendues.

Nous, chômeurs, chômeuses en fin de droits à l’assurance chômage, demandons l’indemnisation de toutes les formes de chômage.

Nous, salariés et salariées des entreprises menacées de fermeture nous voulons un autre avenir que l’inscription au chômage tandis que dans les services publics la pénurie d’effectifs et de moyens remet en cause la qualité du service.

Nous, femmes en emploi précaire et CDD à temps partiels, demandons que la précarité soit bannie de l’univers du travail.

Nous, chômeurs, chômeuses sans-logis, mal-logés/es, exigeons l’arrêt des expulsions, la baisse des loyers et le respect de nos droits.

Nous, immigrés/es sans-papiers, demandons la régularisation pour vivre et travailler dignement en France.

Nous, chômeurs, chômeuses et précaires, étudiants, étudiantes ne pouvons attendre indéfiniment « l’inversion de la courbe du chômage » tandis que nous vivons avec des revenus en dessous du seuil de pauvreté.

Nous, chômeurs et salariés solidaires, réclamons le respect du droit au travail pour toutes et tous, notamment par la réduction du temps de travail à 32 heures.

Nous, salariés/es et retraités/es, refusons que le gouvernement fasse payer le chômage à l’ensemble de la société par une politique d’austérité tandis qu’une minorité profite des paradis fiscaux et s’enrichit sans retenue.

Nous, chômeurs, chômeuses et précaires, ensemble, avec le soutien des salariés/es solidaires, parce que nous refusons la fatalité du chômage, nous marcherons sur Paris pour que le Premier ministre ouvre le dialogue et réponde à nos propositions.

Nous, chômeurs, chômeuses, précaires, salariés/es, étudiants/e et retraités/es, tous et toutes solidaires , nous ne voulons pas la courbe du chômage inversée mais le chômage supprimé !

Moi, citoyen-n-e solidaire de la marche des chômeurs et précaires 2013, je soutiens leur initiative en signant la pétition !

Pour signer : Chômeurs et précaires en marche pour nos droits ! | Signez la pétition!

18 août 2012

RSA, 1 mort : Enquête

Actuchomage | Samedi, 18 Août | via Rezo, "le portail des copains"


Quand un allocataire du RSA s’immole dans une CAF : Enquête


La mort d’un allocataire du RSA, qui s’est immolé à la CAF de Mantes-la-Jolie le 8 août dernier, se sera traduite par à peine plus qu’une brève dans les médias nationaux, sur fond de JO triomphants. Montée de la pauvreté, souffrance sociale, lourdeurs administratives, chute des effectifs des CAF et absence de représentation des bénéficiaires du RSA : Actuchomage a enquêté pour comprendre, au-delà du simple fait divers.

24 avril 2012

Le « vrai » travail ?

Le blog de Gérard Filoche | 24 avril 2012

Le “vrai” travail ? celui des 650 accidents mortels, des 4500 mutilés du travail ? Celui des droits violés et des heures supp’ impayées ?

Le « vrai travail » ?  Celui des maladies professionnelles, amiante, TMS, surdité, cancers, qui augmentent, sont sous-déclarées, sous réparées.

Le “vrai” travail ? 150 000 accidents cardiaques et 100 000 accidents vasculaires par an dont entre 1/3 et 50 % liés au travail…

Le “vrai” travail ? Ce jeune ascensoriste de 26 ans écrasé par l’engin qu’il réparait, à cause de la compétition sauvage entre OTIS et KONE

Le “vrai” travail ? Et les milliers d’ouvriers désamianteurs que Sarkozy laisse en ce moment mourir sans protection par refus d’un moratoire ?

Le “vrai” travail ? Celui des mini-jobs, des stages, des emplois saisonniers atypiques, des 3 X 8, des 4 X 8, des intérims et CDD répétés ?

Le « vrai » travail ? Celui des millions de travailleurs pauvres qui n’arrivent pas à vivre avec leurs salaires ?

Le « vrai » travail ? Celui du milliard d’heures supplémentaires non déclarées, non majorées, non payées attribuées à ceux qui ont un boulot au détriment de ceux qui n’en ont pas ?

Le « vrai » travail ? Celui des femmes qui gagnent 27 % de moins que les hommes ?

Le « vrai » travail ? Celui des jeunes à 25 % au chômage et à 80 % en CDD ?

Le « vrai » travail ? Celui des immigrés, forcés à bosser sans droits et sans papiers par des esclavagistes et marchands de sommeil franchouillards ?

Le « vrai » travail  ? Celui des seniors licenciés, 2 sur 3 a partir de 55 ans et qui ne peuvent cotiser que 35 annuités alors que 42 sont exigés dorénavant pour une retraite décente ?

Le « vrai travail » ? Celui des restaurateurs dont 1 sur 4 utilisent des clandestins, non déclarés dans le fond de leur cuisine ?

Le “vrai” travail ?  Celui des exploitants agricoles qui tuent des inspecteurs du travail pour pouvoir abuser d’immigrés clandestins ?

Le “vrai” travail ? Celui des beaufs de la CG-PME, des cadres casques oranges de chez Bouygues, des marchands de manœuvre appelés « viande » ?

Le “vrai” travail ? « La vie, la santé, l’amour sont précaires pourquoi le travail ne le serait-il pas? » (Parisot/Sarkozy)

Le “vrai” travail contre le droit du travail ?  Le pauvre exploité qui sue et se tait, la dinde qui vote pour Noël !

Le “vrai” travail « sans statut » ? « La liberté de penser s’arrête là où commence le Code du travail » selon Mme Parisot et… M Sarkozy
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Le “vrai” travail sans syndicat ? Sans syndicat pas de Smic, pas de durée légale, pas de congés payés, pas de sécurité sociale, pas de droit

Le “vrai” travail ? Celui qui ne fait jamais grève, qu’on ne voit jamais manifester, qui n’est pas syndiqué, qui piétine son collègue ?

Le « vrai » travail ? Celui sans délégué du personnel, sans comité d’entreprise, sans CHSCT, sans institution représentative du personnel ?

Le “vrai” travail ? à France Télécoms, des dizaines de suicides, faute inexcusable du patron de combat qui licencie, stresse, vole, tue

Le “vrai” travail ? Parlons en ! Stress, risques psychosociaux, harcèlement, suicides, chantage à l’emploi, heures supp’ impayées ?

Le “vrai” travail ? Les travaux les plus durs sont les plus mal payés, bâtiment, restauration, nettoyage, transports, entretien, industries

Le “vrai” travail ? Qu’est ce qu’il y connaît ? Dans le bâtiment, 1,1 million bossent surexploités, maltraités, mal payés, accidentés, meurent sans retraite

Le « vrai » travail ? Celui des 900 000 foutus dehors par « rupture conventionnelle » de gré à gré sans motif et sans mesure sociale ?

Le « vrai » travail ? Celui des auto-entrepreneurs, un million en théorie, la moitié en réalité, qui se font exploiter comme faux salariés, à bas prix et sans protection sociale ?

Le “vrai” travail ? celui qui bosse dur pour survivre misérablement ou celui qui exploite dur les autres pour vivre dans des palais dorés ?

Le “vrai” travail ? celui des actionnaires, des rentiers, des riches, des banksters du Fouquet’s qui gagnent 600 SMIC par an en dormant ?

Le « vrai » travail, celui de Maurice Levy patron qui se ramasse 16 millions d’euros d’argent de stocks option de poche pillés sur les richesses produites par les salariés.

Le « vrai » travail ? celui de Molex, de Sea France, de Gandrange et Florange, de Continental, de Lejaby, de Pétroplus, des Fonderies du Poitou, de toutes celles et ceux qui ont du se battre pour le garder ?

Le “vrai” travail ? Qu’est ce qu’il y connaît ce cul doré de Sarkozy ? N’a jamais passé la serpillière dans une cantine ni poussé un chariot.

voir en ligne..

2 septembre 2010

Faire dérailler la réforme des retraites


Avec la conjonction d'une réforme notoirement injuste des retraites et du scandale Woerth-Bettencourt, la France est entrée dans une crise politique majeure, dont l'issue est à ce jour très incertaine. Les véritables objectifs de la réforme étaient voilés par un argumentaire d'intérêt général : pour préserver la retraite par répartition, la démographie et le bon sens imposeraient de travailler plus longtemps pour obtenir sa retraite à taux plein. Certes, beaucoup de salariés du bas de l'échelle, souvent déjà exclus de l'emploi avant 60 ans, se demandaient pourquoi ce sont justement leurs pensions qui seront réduites. Mais pour la majorité des commentateurs et de l'opinion publique, cette question relevait de la négociation sociale entre "partenaires sociaux", avec ses formes classiques de luttes et de compromis.
Cette grille de lecture était déjà contestable avant les révélations de Médiapart. En effet, la réforme Woerth se distingue fortement de la réforme Fillon de 2003 du fait de la pression considérable qu'exercent aujourd'hui les opérateurs financiers sur les Etats européens. Les modalités adoptées – en particulier le report de l'âge de la retraite à 62 ans – visent moins à assurer un équilibre financier de long terme qu'à réduire très rapidement le déficit public, de façon à préserver la bonne note de la France auprès des agences de notation financière et calmer les spéculateurs. Le lien entre la réforme et les exigences du capital financier était donc déjà beaucoup plus apparent qu'en 2003, posant clairement la question de la tutelle de l'industrie financière sur l'Etat et la société, alors même que cette industrie vient d'être sauvée de la faillite par les contribuables.
Mais la révélation des liens étroits entre le ministre chargé de la réforme et la contribuable la plus riche (mais l'une des moins imposées en proportion de son revenu) de France a achevé de déchirer le voile de l'intérêt général. Comment monsieur Woerth peut-il prétendre défendre une réforme équitable quand chaque jour amène son lot de révélations sur des salaires de complaisance, conflits d'intérêts, enveloppes de billets, chèques extravagants, comptes en Suisse, îles paradisiaques… Bien sûr, les politiques publiques profitent toujours à des intérêts particuliers. Dès le 6 mai 2007 Nicolas Sarkozy a affiché clairement qui étaient ses mandataires : Fouquet's, bouclier fiscal… Cependant la force de la démocratie libérale réside dans sa capacité à préserver le consentement populaire à la domination oligarchique tant que les justifications d'intérêt général ("c'est pour faire revenir les grandes fortunes en France") restent tant soit peu crédibles.
Mais quand on découvre que le fisc a versé un chèque de 30 millions d'euros à madame Bettencourt, laquelle n'a subi aucun contrôle fiscal depuis des lustres, emploie la femme du ministre du budget et finance les campagnes de MM. Woerth et Sarkozy, le consentement populaire vacille : la crise de régime devient possible. Que se passera-t-il quand le même M. Woerth se présentera à l'Assemblée pour faire voter la baisse des retraites des ouvriers et employés ?
UN CHOIX DE SOCIÉTÉ
La conscience du danger extrême n'est évidemment pas pour rien dans la décision extrême prise récemment par Nicolas Sarkozy d'amalgamer officiellement délinquance et immigration et de stigmatiser les Roms. Allumer un contre-feu, ouvrir un deuxième front, diviser les classes populaires : la tactique, pour transparente qu'elle soit, n'en est pas moins redoutablement efficace. Début septembre auront lieu deux manifestations de très grande ampleur – le 4 septembre "face à la xénophobie et à la politique du pilori", le 7 septembre contre la réforme des retraites. Les éditorialistes compareront le nombre et le pedigree des manifestants, les déclarations martiales de MM. Hortefeux et Estrosi soulageront la pression médiatique sur M. Woerth, les militants courront d'une manifestation à l'autre…
Il faudra de la créativité aux mouvements sociaux pour sortir du piège. Face à l'intransigeance et à l'absence totale de scrupules de ce pouvoir, une insurrection civique peut seule mettre le holà à tant d'injustices et d'amalgames. Pétitions, manifestations, grèves sont absolument indispensables sur les deux terrains de la justice sociale et de la défense des immigrés. La politique sarkozyste instrumentalise – avec de bonnes chances de succès – le racisme pour diviser les classes populaires. Pour déjouer la manœuvre, la mise en échec de la réforme des retraites est un enjeu décisif à court terme.
Cette réforme est un choix de société, un choix contestable et fortement contesté par la société. Il serait légitime de consulter directement le peuple, comme le prévoit d'ailleurs la Constitution depuis sa réforme de 2008. Mais Nicolas Sarkozy n'a évidemment aucune intention de le faire. Une votation citoyenne, co-organisée début octobre par les syndicats, les associations, les partis politiques de gauche, les municipalités, ferait pénétrer le débat dans les quartiers, les immeubles, les entreprises, les villages partout en France. Elle pourrait rassembler des millions de votants pour exprimer le rejet populaire de la réforme "Woerth-Bettencourt". Loin d'affaiblir l'action syndicale, elle ancrerait le mouvement de refus au plus profond de la société, renforçant d'autant les cortèges de manifestants et les mouvements de grève. Un recul du gouvernement sur les retraites contribuerait aussi, de façon peut-être décisive, à discréditer la diversion raciste cyniquement organisée par le pouvoir.

Thomas Coutrot, co-président d'Attac
 

22 août 2010

Entre 60 et 62 ans, on ne fait pas joujou..

 par Gérard Filoche

Daniel Cohn-Bendit ironise sur la différence entre 60 et 62 ans au travail. Il n’a jamais vu un ouvrier carreleur à genoux, ni une femme de service poussant son chariot, ni une serveuse et ses phlébites à répétition, il n’a pas idée d’une rentrée des classes pour un instituteur de 62 ans, ni comment vivrait chaque jour une infirmière qui court dans les couloirs de l’hôpital dans sa 63 ° année.
DCB dit que c’est une question de « marqueur » pour ceux qui veulent se distinguer sur les estrades entre Corinne Lepage et Jean Vincent Placé.

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21 juin 2010

Les banques s’engrècent ! Jeudi 24 juin, grève des chômeurs !

Source / auteur : CIP-IDF


Proposition d’action coordonnée des chômeurs et précaires le 24 juin prochain et plus si affinités.

Réunis en coordination nationale les 12 et 13 juin derniers en tant que collectifs et individus intéressés à ce que se poursuive la grève des chômeurs et précaires, nous avons évoqué l’opportunité d’agir de manière concertée le 24 juin prochain contre les institutions bancaires, qui, quelles que soient leurs errements, peuvent toujours compter sur des plans de sauvetage tandis que les classes populaires sont invariablement condamnées aux plans de rigueur.

Nous avons choisi la date du 24 juin, parce qu’il s’agit, après le 26 mai, de la prochaine "journée d’action" contre la réforme des retraites. Nous voyons là une occasion de marquer avec conséquence tant par des énoncés que par des actes notre volonté de combattre ce qui relève pour nous de la même logique que les politiques de l’emploi que nous dénonçons. Hausse de la durée de cotisation, réduction des pensions, allongement du temps de disponibilité à l’emploi d’un côté ; assujettissement renforcé des précaires aux institutions chargées de gérer leur situation de l’autre, celles-ci n’hésitant pas à conditionner les revenus élémentaires de survie à l’adoption d’un comportement productif qu’elles se chargent de définir et d’évaluer.

Mais nous avons aussi choisi cette date comme représentative de l’impasse tactique dans laquelle se débattent les centrales syndicales : "journées d’action" ponctuelles, où il n’est jamais question de grève reconductible, de blocage efficace et concerté de l’activité économique, ni d’action qui marquerait la volonté d’élever le niveau de conflictualité, sans quoi il est vain de prétendre exercer la moindre "pression" sur le gouvernement.

Notre intention, en agissant symboliquement contre les banques, n’est pas de s’attaquer à un secteur financier que nous jugerions responsable de tous les maux d’une économie qui sans lui serait vertueuse, mais de marquer notre hostilité à ces institutions inséparables de l’entreprise et du marché capitalistes. Comme ces derniers, les banques subordonnent toute activité à la nécessité de dégager de la valeur monétaire à court ou à long terme, et par là, participent du gouvernement des vies en sélectionnant des comportements adéquats à ce qu’elles installent comme "lois de l’économie", et en définissant des conduites inappropriées à ces « lois », conduites « irrationnelles » qui lui sont pourtant dans une certaine mesure indispensables. Les banques ne vivent pas que de spéculation, mais aussi des intérêts des crédits et des agios : derrière chaque banquier, il y aussi l’huissier et le flic qui t’expulsent de chez toi, le travailleur social et le juge qui se chargent de te moraliser, tes fiches de paie ponctionnées jusqu’à la fin de ta vie et la prison si tu n’est pas content... Au moins cela crée des emplois stables !

Les banques sont ainsi devenues l’un de nos principaux patrons, à travers la surveillance de notre "rythme de consommation" et les sanctions qu’elles appliquent ou déclenchent (agios, suppression de moyens de paiement, interdiction bancaire, mise sous tutelle), à travers également l’endettement qui constitue pour beaucoup parmi les classes populaires, le seul accès possible à la consommation "normale".

Les banques prospèrent grâce à l’endettement jusqu’à ce que les pauvres, massivement, ne puissent plus payer... Alors c’est la crise : mais les banques seront sauvées, et les pauvres payeront, tôt ou tard, directement ou indirectement, pour cette crise. Tout peut alors recommencer... mais que se passerait-il si nous affrontions collectivement cette situation, plutôt que de la subir individuellement ?

Nous le savons : sans crédit, sans confiance du système bancaire dans des perspectives de développement qui fassent consensus parmi la population, le capitalisme est impossible ; et partout où des chômeurs, des précaires, des salariés refusent les plans de rigueur, c’est la défiance des marchés qui s’installe. La confiance des exploités en leurs propres capacités d’intervention politique a pour corollaire le discrédit actif des institutions économiques. Aussi est-ce bien à une telle confiance que la grève des chômeurs et précaires, comme tout mouvement politique véritable, entend travailler.

Certains d’entre nous ont évoqué la possibilité de choisir, à plus long terme, d’intervenir à la Poste qui connaît actuellement un processus de privatisation, après l’infructueux "référendum" de l’an dernier. Cela nous permettrait de tracer un parallèle entre le projet de libéralisation du placement (recours aux opérateurs privés de placement, démantèlement annoncé du "service public de l’emploi") et les incidences concrètes d’une privatisation : transformation de l’usager en client, réduction des coûts, précarisation et compression du personnel, adoption des techniques de management par objectifs, intensification du travail... Dans cette perspective, on pourrait chercher à associer à l’élaboration de l’action des salariés et syndicalistes de la Poste, ce qui irait dans le sens du travail de liaison chômeurs-précaires-salariés proposé par certains collectifs le week-end dernier.

Dans tous les cas, cette action vise à marquer la nécessité, pour les chômeurs et précaires, d’affaiblir ces institutions au même titre que Pôle Emploi ou les boîtes de coaching : élever le degré d’autonomie populaire passe aussi bien par imposer l’arrêt du contrôle des chômeurs, le caractère inconditionnel des allocations chômage et du RSA, l’auto-organisation de formes d’activités coopératives et égalitaires, que par le refus collectif de payer nos "dettes", qu’il s’agisse d’argent, de disponibilité à l’emploi, ou de force de travail.

Enfin, il reviendra à chaque collectif désireux de relayer cette proposition d’inventer ses propres énoncés, mots d’ordre, revendications... comme ses modalités d’action.

Quelques chômeurs et précaires du MCPL Rennes

Rdv le 24 juin à 11 h à Rennes (place de la gare) autour de la banderole les banques s’engrècent.

via HNS

1 avril 2010

Nous ex-RMIstes, parents isolés, handicapés, chômeurs en fin de droit... RSA en colère, Le Vigan, Gard

A nous les ex RMIstes, parents isolés, handicapés, chômeurs en fin de droit, on nous avait promis une amélioration de notre situation avec l’instauration du RSA.

Maintenant il est clair qu’il s’agit surtout de rogner le peu que nous avions. Combien d’entre-nous découvrent qu’ils n’ont plus droit à telle ou telle prestation, qu’il ne pourront plus avoir accès à la CMU ?

Vous avez déjà reçu ou vous allez bientôt recevoir un commandement à payer la taxe d’habitation dont le montant s’élève de 50 à 500 euros suivant les communes où vous résidez. Vous pouvez toujours rêver que ceci n’est dû qu’à une erreur du Trésor Public, d’autant plus que la brochure 2010 de la Caf stipule que « les bénéficiaires du RSA sont exonérés de taxe d’habitation ».

Une exonération totale de la taxe d’habitation relative à leur résidence principale est prévue pour les personnes qui perçoivent [...] le Rsa. De même, si vos revenus de 2008 n’ont pas dépassé certains plafonds [9837euros pour 1 part]. Dossier familial N°417, octobre 2009

Et bien non ! Au service des impôts, on vous répondra que c’est la Caf qui publie n’importe-quoi car la loi a encore changé, comme chaque année et comme toujours à notre détriment. Et vous vous retrouvez obligé de payer une nouvelle taxe, souvent majorée de 10% car en venant vous renseigner vous avez perdu du temps et ainsi dépassé les délais. Ne comptez pas trop sur les travailleurs sociaux pour vous venir en aide ou vous renseigner car ils sont débordés tant par le nombre de dossiers à traiter que par la complexité des nouvelles lois et circulaires pondues chaque année (les demandes de recours s’accumulent tellement qu’ils sont obligés de fermer leurs bureaux au public pour rattraper leur retard dans le traitement des dossiers).

Cette nouvelle disposition n’ayant été annoncée nulle part, le paiement de cette taxe constitue pour nous une dépense imprévue, alors que nous bricolons déjà pour essayer péniblement de boucler les fins de mois.

Si les allocataires des minima sociaux étaient jusqu’à présent dispensés de la taxe d’habitation c’était bien logiquement : puisque les pouvoirs publics ne nous attribuent que le strict nécessaire pour survivre comment pourraient-ils nous reprendre d’une main une partie de ce qu’ils nous lâchent de l’autre..

Nous sommes nombreux dans la région à nous débattre avec les administrations. Chacun isolément face à la machine de l’Etat nous sommes soumis à l’arbitraire de mesures auxquelles nous ne comprenons pas grand chose. Mais si nous sommes assez nombreux à nous organiser, il est clair que nous pourrons trouver les réponses aux attaques incessantes des institutions, et ainsi empêcher qu’on réduise sans cesse le peu de droits et de ressources dont nous disposons.

Rendez-vous samedi 3 avril à 14h au Cantou, place de la Mairie du Vigan.

Pour se compter et voir ce que l’on peut faire pour se défendre.

rsaencolere@yahoo.fr

Source / auteur : Coordination des intermittents et précaires d’Ile de France via HNS

23 mars 2010

PATRICK, Breves de Trottoirs


PATRICK, Breves de Trottoirs
envoyé par brevesdetrottoirs. - Regardez plus de courts métrages.

8 mars 2010

A Total Dunkerque et ailleurs : contre la régression sans limite et la casse du pays, combattre le système et le pouvoir qui en sont la cause

Depuis plus de 25 ans, le peuple subit la politique unique du grand capital qui, au nom du profit maximal, entraîne une régression sociale sans limite : casse de l'industrie et de l'emploi, des salaires, de la protection sociale, des services publics, des libertés syndicales et démocratiques... Aujourd'hui, les grands groupes capitalistes, leurs gouvernements et leur UE, entendent profiter de leur crise pour accélérer encore leur offensive.
Face à cette « guerre de classe » et à la résistance populaire qui s'y oppose, le mouvement social est miné par un certain nombre de forces qui considèrent le capitalisme comme indépassable et qui travaillent, au nom d'un capitalisme « raisonné » ou « moral », à faire accepter par le peuple le renforcement de son exploitation. C'est en particulier le cas de la Confédération Européenne des Syndicats qui, orientant l'activité des confédérations nationales, porte désormais le mot d'ordre « sauver le capitalisme de lui-même », au point que Sarkozy n'arrête plus de s'épancher pour féliciter les directions syndicales françaises et leur « esprit de responsabilité ».
L'association Front Syndical de Classe, regroupant à l'initiative de militants CGT et FSU des syndicalistes décidés à combattre les empiètements quotidiens du capital en même temps que le capital lui-même, travaille à faire reculer l'influence des courants réformistes qui affaiblissent tant le mouvement populaire.
Il apporte son soutien sans faille à tous les combats qui résistent aux tendances conciliatrices visant à faire accepter les sacrifices imposé par le capital, au nom du « réalisme » ou du moindre mal. Le réalisme, c'est de reconnaître que le capitalisme est synonyme de régression sans fin et qu'il ne peut y avoir de solution durable en son sein pour les travailleurs ; c'est de reconnaître que la négociation des régressions au nom du moindre mal débouche sur le pire.
C'est pourquoi la lutte magnifique des travailleurs de la raffinerie de Dunkerque mérite un soutien national. Les Total de Dunkerque (ou les Philips de Dreux) ont le grand mérite de porter le fer dans la logique capitaliste et de ne pas rentrer dans le jeu « de la prime à la casse ». Leur volonté de sauver l'outil de travail et leur emploi place le combat sur un enjeu de classe fondamental : la sauvegarde du produire en France donc l'avenir même du pays alors que les grands groupes capitalistes sont en train de le désosser.
Les aider à gagner ce combat, c'est contribuer à inverser enfin inverser la logique capitaliste qui a entamé depuis trop longtemps la ruine pour la France et son peuple.
Le 8 mars, rassemblement en soutien aux travailleurs de la raffinerie des Flandres et de Total. RDV à 12 heures devant l'ancien siège de Total : 24 cours Michelet, Puteaux (92), Métro Esplanade de la Défense (ligne 1).

http://www.frontsyndical-classe.org/

28 juin 2009

MANIFESTE POUR UN SYNDICALISME DE LUTTE DE CLASSE ET DE MASSE




Militants syndicaux, nous vivons une douloureuse contradiction :

D’un côté, les travailleurs salariés qu’ils soient du public ou du privé, actifs, chômeurs, « précaires » ou retraités, subissent la plus grave offensive antisociale depuis la guerre. Poussés par la crise d’un système capitaliste délesté de tout contrepoids mondial, les forces du grand capital, sociétés transnationales et institutions de la mondialisation financière, impérialismes rivaux des différents continents, Union européenne, MEDEF et gouvernements maastrichtiens successifs, ont entrepris de détruire les conquêtes sociales et démocratiques de deux siècles de luttes. En quelques décennies, l’industrie française a été largement dépecée et une bonne partie de la classe ouvrière et des régions industrielles a été déclassée et marginalisée ; les statuts et les conventions collectives ont été brisés ou affaiblis. La précarité a fait des bonds de géant ainsi que le chômage de masse, la misère, les inégalités, la paupérisation de nombre de travailleurs. L’indemnisation du chômage est devenue de plus en plus difficile et restrictive. Les acquis sociaux (retraites, sécu, etc.) sont en grave recul. Les services publics (Poste, France-Télécom, SNCF, EDF, Education nationale, hôpital public...) sont asphyxiés, « libéralisés », « dégraissés », désossés, privatisés, tandis que le secteur public industriel (Renault, SNECMA, EDF), base d’un plan démocratique de ré-industrialisation du pays est quasiment liquidé, à l’instar d’une recherche publique et d’un investissement universitaire gravement anémiés…

Dans ces conditions, les tendances à l’affrontement de classes ne peuvent que s’affirmer comme on l’a vu en décembre 1995, au printemps 2003 et dans les récents conflits de la SNCM ou de la RTM. Le triomphe du Non ouvrier et républicain le 29 mai a été l’occasion de conscientiser et de synthétiser ces résistances sociales et civiques ; il a ouvert une crise politique profonde qui donne à la classe ouvrière et au monde du travail la possibilité de reprendre l’initiative, ce qui pousse la grande bourgeoisie à accélérer à tout prix l’intégration européenne et la fascisation d’une 5ème République en bout de course.

D’un autre côté, la fracture se creuse entre l’aspiration des salariés et des jeunes au « tous ensemble » contre l’oligarchie financière et sa politique maastrichtienne, et la frilosité, voire le sabotage des états-majors syndicaux, qui se refusent à dynamiser et fédérer les luttes, comme l’ont montré les conflits successifs de novembre 2005. Au niveau international, la « Confédération Européenne des Syndicats » est l’outil de la stratégie du patronat supranational pour impulser le syndicalisme d’accompagnement des contre-réformes dont l’objectif est de contenir la contestation des salariés dans les limites définies par le patronat. Dans cette droite ligne, la CFDT est devenue en France un porte parole pur et simple de l’UE, du gouvernement et du MEDEF qui divise les luttes, appuie « syndicalement » les contre-réformes sous couvert de les « infléchir » à la marge, dévoie de l’intérieur les fronts syndicaux et appelle ouvertement à l’échec des luttes quand celles-ce se développent.
Mais le ver est également dans le fruit des organisations syndicales dont l’histoire est liée au combat de classe et plus généralement, aux luttes pour la république, la laïcité, la paix et la démocratie. Les organisations les plus importantes du syndicalisme étudiant ont fait le choix de la cogestion, empêchant de fait tout développement de la lutte collective. Les espoirs initiaux nés de la création de la FSU sur les décombres de la FEN et de la volonté de développer un syndicalisme de lutte de classe et de masse en milieu enseignant ont été largement déçus : face à la volonté des pouvoirs maastrichtiens successifs d’aligner la France, héritière des luttes ouvrières et laïques menées depuis 1789, sur le modèle éducatif anglo-saxon, la FSU hésite et n’engage que des demi-combats, davantage destinés à « peser », à « infléchir », à « réorienter », à « remettre à plat » qu’à GAGNER. Elle s’est soumise, sans vrai débat de fond, à la construction capitaliste européenne, cultive l’illusion euro-réformiste et multiplie les démarches pour un strapontin à la CES après avoir longtemps hésité à condamner le traité constitutionnel européen.

Cette évolution est encore plus préoccupante concernant la CGT. La CGT, sous le drapeau rouge de laquelle la classe ouvrière a résisté au quotidien et remporté d’immenses victoires en 1936, 1945/46 et 1968, est toujours et de loin le syndicat le plus combatif et le plus représentatif, celui qui attire le plus les ouvriers et les employés, les techniciens voire les agents de maîtrise et cadres, celui dont les militants sont les plus nombreux aux manifs et dans les grèves nationales. Les traditions du syndicalisme de lutte, de classe et de masse y sont toujours vivaces, non seulement dans les entreprises et certaines fédérations mais aussi dans beaucoup d’UL ou d’UD. Mais la CGT a subi des mutations négatives notamment depuis la fin des années 80. S’éloignant des principes de classe, la direction confédérale a dérivé vers une conception de moins en moins combative de l’engagement syndical jusqu’à apparaître comme un obstacle aux luttes et à leur convergence. Invoquant la « modernité » et la « culture de négociation », il s’agit désormais, dans le cadre du syndicalisme rassemblé en-haut, non pas de résister en s’en donnant les moyens, mais de discuter entre « partenaires » des contre-réformes et régressions successives. Cette position qui aspire, au mieux, à « maîtriser le capital », ne fait en réalité que l’accompagner. Elle rend impuissant un mouvement populaire mis à la remorque d’accords a minima entre états-majors débouchant sur l’organisation de grandes journées unitaires laissées sans suite. La direction CGT déploie ainsi beaucoup d’énergie pour empêcher la cristallisation des mouvements comme en 2003 mais ne fait rien pour rapprocher les luttes et tenter de construire le « tous ensemble » permettant aux salariés de gagner en même temps plutôt que de perdre successivement et séparément. Pire, elle érode la combativité, pourtant résolue, en laissant isolées et sans soutien des luttes exemplaires, telles celles des salariés de la SNCM et de la RTM. Comment s’étonner alors que Chérèque puisse tranquillement faire son travail en insultant les salariés en grève et que ce climat favorise la chasse engagée contre les militants syndicaux ? Enfin, alors que la CGT de Frachon et Séguy se réclamait à la fois de l’internationalisme et de la souveraineté nationale, l’état-major confédéral est devenu « euroconstructif » et a intégré la CES après avoir quitté la FSM. Il s’est rallié au principe de la « construction européenne » et au mythe de « l’Europe sociale », sans remarquer que l’Europe supranationale n’est rien d’autre, par sa nature et son histoire, qu’un Empire du grand capital. Il en est même venu à se lamenter dans la presse sur le « manque de démocratie interne» suite à la décision salutaire du CCN d’engager la CGT dans la campagne du NON, pourtant attendue et saluée par les syndiqués, et plus généralement par une grande majorité de la population ! Il a, démocratiquement bien sûr, refusé d’appliquer cette décision du CCN !

En réalité, l’état-major confédéral cherche à engager définitivement toute la CGT dans le syndicalisme euro-réformiste en brisant le syndicalisme de lutte et de classe qui conteste aussi la propriété et le pouvoir capitalistes et qui a fait la force de la CGT comme des salariés. Si les syndicats « se contentent de mener une guerre d’escarmouche contre les effets du système actuel, au lieu d’essayer en même temps de le changer, en se servant de leur force organisée comme d’un levier pour l’émancipation finale de la classe ouvrière » (Marx), ils désarment celle-ci pour le plus grand profit des milieux patronaux. Ce recentrage des directions du syndicalisme de lutte dans l’accompagnement de la casse sociale et nationale est un élément clé de la stratégie du Capital qui multiplie les encouragements à poursuivre le processus, tels Villepin décernant des brevets de responsabilité à Thibault en plein conflit sur la SNCM ou, plus récemment, le Financial Times priant pour la réélection de ce dernier lors du 48ème congrès de la CGT. Ce sont d’ailleurs les cégétistes les plus liés au grand capital (notamment ceux qui, comme Le Duigou, co-gèrent le groupe « Confrontations-Europe », rassemblés avec de grands patrons dont Francis Mer !) qui, sous le masque de « l’indépendance syndicale », ont impulsé cette dérive.

Toutefois, comme le prouve la bataille syndicale pour le NON menée à la base sans Thibault et contre la direction confédérale, la CGT dispose encore d’un large potentiel de résistance et de militance lui permettant de redevenir la grande confédération de la lutte des classes, moderne et fidèle à ses principes, capable d’attirer à elle des millions de jeunes salariés combatifs. Là est la solution pour mettre un terme, non seulement à l’éparpillement syndical et à la désyndicalisation du salariat, mais à la « recomposition » du syndicalisme autour d’un pôle euro-réformiste qui signifie en fait la mort de la CGT en tant que syndicat de classe et, pour les salariés, le retour à des formes d’exploitation confinant à l’esclavage.

C’est pourquoi, nous, militants syndicaux attachés à nos organisations respectives mais fidèles à des principes de lutte et de classe qui transcendent les organisations et les appareils, appelons nos camarades syndicalistes à se regrouper autour de la défense du syndicalisme de classe et de ses structures, d’abord dans l’unité d’action, puis, quand les conditions seront créées, dans une grande Confédération Générale du Travail fidèle à ses principes. Pour être gagnant, ce syndicalisme ne peut avoir seulement pour but d’arracher au capital des réformes positives pour les salariés, mais aussi celui d’abolir l’exploitation capitaliste par la socialisation des moyens de production et d’échange. La question de la propriété est centrale : on ne mettra pas un terme au chômage, à la baisse du pouvoir d’achat, à la casse des acquis sociaux, à la déliquescence du lien social, sans la re-nationalisation démocratique (sans indemnités pour les grands actionnaires) des entreprises industrielles et de service privatisées par les gouvernements maastrichtiens successifs, sans la nationalisation du crédit et des banques, sans un plan démocratiquement défini de ré-industrialisation du pays mettant au premier plan les besoins des salariés, du pays, de l’humanité, les exigences écologiques dans la perspective d’un véritable développement durable et équilibré de la France, de l’Europe et de toute la planète. Cela suppose de fédérer les résistances interprofessionnelles et de constituer de larges plates-formes syndicales interprofessionnelles et confédérale capables d’impulser le « tous ensemble » et de créer les conditions d’une offensive victorieuse des travailleurs salariés, des retraités, des chômeurs et précaires, des étudiants et de la jeunesse. Cela suppose aussi de militer pour un véritable internationalisme, opposé au nationalisme comme au « supra-nationalisme » européiste, engagé à tout le moins contre l’UE des traités de Maastricht et de Nice, dans la construction de convergences internationales de lutte et d’alliances privilégiées entre syndicats de lutte, le développement d’une puissante Fédération Syndicale Mondiale combative et démocratique, le combat en France contre le racisme, l’extrême droite, la surexploitation patronale de l’immigration, le maintien de rapports néo-coloniaux entre la France et ses anciennes colonies.


Le sens du présent manifeste n’est donc pas de fonder une « tendance » mais avant tout, de créer du lien. Séparément, nous serons marginalisés par les tenants du syndicalisme d’accompagnement et livrés à la répression patronale et gouvernementale, tandis qu’ensemble, nous pourrons résister, passer à l’offensive et aider les syndiqués à se réapproprier l’outil syndical pour briser la déferlante patronale.

Nous invitons donc les militants CGT et FSU à des rencontres communes dans les départements et au niveau national pour :
- définir des objectifs d’action fédérateurs, en particulier dans le contexte de la préparation du 48ème congrès de la CGT étroitement surveillée et balisée par la direction confédérale. Ces dirigeants qui ont paralysé les luttes et les ont menées à l’échec ne doivent pas pouvoir « boucler » tranquillement leur congrès de mutation définitive de la CGT !
- élaborer et diffuser des analyses et des appels communs.

Nous proposons dans ce but la tenue d’Assises nationales du syndicalisme de lutte, de classe et de masse.

Enfin, nous proposons de contribuer au développement des campagnes contre la criminalisation du mouvement social et la répression des militants syndicaux les plus combatifs en redonnant sens et vigueur à la solidarité syndicale de classe.

source: COLLECTIF UNITAIRE POUR UN FRONT SYNDICAL DE CLASSE

lien: collectif.syndical.classe@wanadoo.fr

2 février 2009

«La personne au RSA qui refusera deux fois un emploi, on coupe tout» !

la dernière leçon de mépris du petit monarque de la République...





[...] «Je comprends vos difficultés», a déclaré mardi Nicolas Sarkozy. En déplacement à Châteauroux, le chef de l'Etat a jugé «normal que les gens protestent», mais assuré qu'il poursuivrait ses réformes.

«Je suis à l'écoute de toutes les souffrances, mais je veux pouvoir regarder en face chaque Français et dire : j'ai été élu pour un travail et je le ferai». Le ton tranchait avec l'assurance affichée la semaine précédente : «J'écoute ce qu'on me dit mais je n'en tiens pas compte», avait-il lancé à Provins.

A Châteauroux, le but du déplacement était de montrer que l'on peut s'en sortir après avoir été chômeur. M. Sarkozy a visité une entreprise aéronautique, PGA Electronic, fondée en 1989 par trois salariés qui venaient d'être licenciés. Son président-fondateur, Jean-François Piaulet, était si volubile qu'il interrompait sans cesse le président. «Je pourrai dire à Carla, j'en ai trouvé un pire que moi», a lâché M. Sarkozy [1].

La visite a été suivie d'une table ronde, devant quelques centaines d'invités triés sur le volet par la préfecture. Des salariés licenciés racontaient leur destin tandis que des spécialistes du social expliquaient les méandres du retour à l'emploi. Muets, la ministre des finances Christine Lagarde et ses secrétaires d'Etat Luc Chatel (industrie) et Laurent Wauquiez (emploi) dodelinaient de la tête, approbateurs. Le président a pu réaffirmer son credo : «Le drame, ce n'est pas de perdre son emploi. Le drame, c'est de ne pas en retrouver» ; «La réponse au chômage, c'est la formation» [2] ; «La meilleure gestion sociale, c'est d'investir dans l'économie» [3].

Et de rappeler que la vie est faite de droits et de devoirs : «La personne au RSA qui refusera deux fois un emploi, on coupe tout».

M. Sarkozy a une nouvelle fois refusé la relance par la consommation : «C'est comme de l'eau dans le sable» [4]...

(Sources : Le Monde et la revue de presse de actuchomage)

23 janvier 2009

Gérard Filoche mis en examen dans l’exercice de ses fonctions d’inspecteur du travail.




"A propos de la « mise en examen » de Gérard Filoche

Le Parisien, France inter , l’AFP, ont annoncé mardi 20 janvier « la mise en examen de Gérard Filoche ». C’est bien la première fois que Le Parisien me fait une si grande place : discret lorsque je dénonce la délinquance patronale, ce journal répercute l’annonce qu’un gros patron de la rue de la Paix a réussi, en se portant partie civile, à me faire « mettre en examen ».

Le prétexte est rocambolesque : j’aurais fait « entrave » à son « comité d’entreprise ». Moi ! Gêner un comité d’entreprise ? Et puis quoi encore ? S’il y a un comité d’établissement au siége de l’importante société de cosmétique Guinot -Marie Cohr, c’est parce que j’ai insisté, en tant qu’inspecteur du travail du secteur, pour qu’il soit mis en place, car sinon, la direction n’en avait pas et n’en voulait pas !

Mais ils ont réussi à ce que ledit CE mis en place, fasse partie de ce qu’on appelle les « CE bidons » : il ne comporte que 2 membres totalement soumis à la direction au point de ne jamais fonctionner, sauf pour donner un « avis favorable » au licenciement d’une déléguée syndicale CGT, ce qu’il a fait à deux reprises.

Cette déléguée CGT, est d’abord une femme cadre, d’origine arabe, de retour de congé maternité, dont l’entreprise a voulu se débarrasser après 6 ans de bons et loyaux services. Pour la pousser dehors, elle qui s’occupait de la zone commerciale arabe, ils l’ont mis à une zone Amérique latine Pacifique qu’elle ne connaissait pas et dont elle ne parlait pas la langue, ce qui lui demandait deux fois plus de travail, une forme de harcèlement alors qu’elle avait les soucis de son nouveau-né. Plutôt que de lui redonner son poste après son congé maternité, ils y ont même mis des intérimaires.

(C’est de plus en plus fréquent, il faut une loi pour protéger les femmes de retour de maternité obligeant de leur redonner leur poste et interdisant de les licencier pendant un an).

Chez Guinot, les salariés cadres font des heures supplémentaires dissimulées en masse : ils les appellent d’ailleurs ironiquement « les heures philanthropiques ». Lorsque, pour faire valoir ses droits, la jeune femme s’est syndiquée, a demandé des élections de CE, elle est devenue la femme à abattre : isolement, propos racistes, dénonciation dans la boîte où tout le monde a peur. Ils m’ont demandé trois de fois de suite l’autorisation de la licencier, la dernière en juin 2004, sous un prétexte kafkaïen, après l’avoir cette fois « mise à pied ». La tenant ainsi, par la privation de salaire, ils ont fait traîner la procédure, négligeant de réunir le CE prévu début juillet. Ils allaient, si je n’étais activement intervenu, la laisser ainsi tout l’été. J’ai exigé que le CE se tienne vite, formalité nécessaire, et qu’ils me saisissent vite. Ils ne l’ont fait que le 24 juillet, alors que je partais le 26 juillet en congés tout le mois d’août.

Alors j’ai hâté la procédure, je suis allé dans l’entreprise, faire mon « enquête contradictoire », prendre acte que le CE avait voté, et prendre ma décision de refus d’autorisation de licenciement le lendemain avant mon départ en vacances, de façon à ce que la salariée retrouve un salaire fin juillet… et non pas fin septembre. Ça s’est passé ainsi, déjouant ce qui était manifestement une mauvaise pratique de la direction.

Je suis arrivé assisté d’une collègue contrôleuse, le 24 juillet 2004 avant le CE. J’ai avec l’accord total de la direction, dans le bureau du directeur, sans objection de quiconque, en expliquant ma démarche, sur le coup, interrogé et confronté au total neuf personnes. Cela m’a suffi pour établir l’innocence de la déléguée CGT, et le « CE » s’est réuni sans surprise, c’est-à-dire que les deux membres pro patronaux sont sortis du bureau du directeur pour aller voter… l’avis favorable au licenciement de leur collègue, à deux voix contre zéro, à bulletin secret, ce qui leur a pris moins de dix minutes… C’était leur seul point à l’ordre du jour.

Le Parisien cite des « témoins » anonymes (la plupart des protagonistes ont été « virés », depuis, par Guinot) : un « ex-salarié » prétendrait que j’ai « menacé » de « déposer plainte contre le CE ». C’est une phrase inventée de a à z, impossible à sortir de mes lèvres, car juridiquement stupide, pourquoi aurais je tenu un tel propos sans sens ? Un autre « témoin » anonyme cité par Le Parisien aurait dit : « Il nous a dit qu’il nous poursuivrait pour harcèlement moral » : phrase ridicule aussi dénuée de sens juridique et que je n’ai évidemment en aucun cas prononcée. Si ce sont bien des « témoins », pressionnés par la direction, ils ont donc été amenés à croire et/ou à dire n’importe quoi. Je n’étais ni « énervé », ni « vindicatif », mais un des salariés, subordonné, donc fragile, m’a raconté en off qu’on lui avait dicté ses propos. J’ai déjà vu des juges, plus avisés, qui, en audience, refusaient les témoignages des salariés en faveur de leur patron en invoquant le « lien de subordination juridique permanente » qui caractérisait leur contrat.

L’avocat de Guinot, M° Varaut, qui se vante dans le Parisien en termes idéologiquement révélateurs, de ma mise en examen, a tenté de mêler la proximité physique de mon enquête ce matin-là et la tenue du CE pour inventer d’abord que j’avais « fait du chantage » au CE puis c’est le procureur, de façon surprenante, qui a amélioré la saisine initiale, avec un « réquisitoire supplétif » pour « entrave au CE ».

Reprocher à un inspecteur du travail « une entrave » au CE c’est tenter d’escalader l’Annapurna pieds nus, ça ne s’est jamais fait. Je n’avais absolument aucune raison de faire la moindre pression sur les deux membres du CE totalement subordonnés à la direction et dont je connaissais le vote d’avance - lequel n’engageait pas ma décision. Je n’étais absorbé que par mon « enquête contradictoire » de façon à obtenir le maximum d’éléments et à rendre imparable juridiquement le refus de licenciement de la salariée.

Le ministère a pourtant cassé ma décision (ce n’est pas le seul cas hélas, car de plus en plus de « salariés protégés » se trouvent ainsi abattus). Pourtant, tout ce qui s’est passé, d’un bout à l’autre dans cette affaire, aurait dû donner superbement raison à la déléguée syndicale, et le fait que le tribunal administratif – dans des termes que j’ignore - ait confirmé le ministère, me stupéfie. Je ne sais si la salariée ira en Conseil d’état, mais elle est tellement manifestement dans son bon droit, que cela mériterait d’être tenté.

Le juge Madre m’a convoqué pendant 5 heures ( !) le 7 mars 2007 alors que je revenais de Périgueux où avait été jugé et condamné l’assassin de deux de mes deux collègues (à Saussignac le 2 septembre 2004). Je l’ai alors surpris en lui apprenant un point de droit qu’il ignorait, c’est qu’un avis du CE favorable au licenciement d’un délégué n’était qu’un élément indicatif et ne s’imposait pas à l’inspection du travail.

Puis je n’ai entendu parler de rien entre le 7 mars 2007 et le 21 novembre 2008 et je croyais légitimement enterrée l’impossible plainte pour « chantage » mort-née. Car si des patrons réussissent à force d’argent et d’entregent à faire convoquer des inspecteurs du travail devant les juges, c’est le contrôle de tout le droit du travail qui sera entravé, et non pas un CE bidon.

Invité à un CHSCT Guinot, en juillet 2008, je m’y suis rendu, et sans surprise, j’ai pu constater encore qu’il ne se tenait pas, que le responsable du CE/CHSCT, le même qui avait voté le licenciement de la salariée, n’était même pas dans les locaux, que le CHSCT était aussi « bidon » que le CE.

Le juge Madre aurait interrogé par écrit le Directeur général du travail, en droit pur, en décembre 2007 et m’a re-convoqué le 7 octobre 2008 : atteint d’une pneumonie avec complication, j’étais parti à l’étranger au soleil. Après mon retour, le 21 novembre 2008 il m’a mis en examen à ma grande surprise.

Le Parisien cite, dans un entrefilet fielleusement présenté, la lettre du directeur général du travail, (DGT) Jean-Denis Combrexelle, affirmant qu’un inspecteur du travail qui intervient dans un CE a « un comportement professionnel aberrant ». Mais cette lettre ne me concerne pas ! Le juge Madre me l’a précisé : « J’ai interrogé votre directeur, bien sûr, en général, sans lui dire qu’il y avait le moindre lien avec vous ». La réponse du directeur est déconnectée de la situation concrète du 24 juillet 2004 à Guinot.

À moins, mais je n’ose le penser, que mon directeur n’ait eu vent de quelque chose et ait « chargé » le contenu de sa réponse de façon à ce que le procureur renonçant à évoquer un « chantage », relaie la plainte improbable de Guinot en évoquant une « entrave au CE ».

Ce directeur (DGT), Jean-Denis Combrexelle et moi, sommes en effet, en conflit idéologique ouvert, puisqu’il m’a convoqué le 9 avril 2008 pour me menacer dans l’exercice de ma fonction d’inspecteur du travail : ce DGT est celui dont « Liaisons sociales » révélait qu’il dînait chaque mois avec Denis Gauthier-Sauvagnac, ce DGT est celui qui a fait la fameuse « recodification du code du travail » contre laquelle je me suis tant battue, avec notamment Jacques Barthélémy, grand avocat du Medef, celui enfin qui m’envoie des lettres administratives comminatoires pour me rappeler en permanence à l’ordre, et me faire taire chaque fois que je parle dans un média. Avec le Directeur départemental, ils m’ont supprimé toute part de primes depuis de longues années, rétorsion qui ne me fera céder en rien. Son accusation est classique : je mélangerais les genres entre mes engagements syndicaux et politiques et mes missions de service. Il convient de repréciser qu’un inspecteur du travail est « indépendant » selon la convention 81 de l’OIT. Nous sommes indépendants mais pas neutres. Nous avons pour mission « d’alerter les gouvernements en place sur le sort qui est fait aux salariés ». Nos assujettis ce sont les employeurs, pas les salariés. C’est aux employeurs que devons faire respecter le code du travail de la République. Il faut une sacrée imagination, pour me mettre, moi, à six mois de ma retraite, après trente ans de métier, en examen, pour « entrave à un CE ».

À l’émission « Ripostes », le 10 décembre 2006, Nicolas Sarkozy m’a dit « Je ne partage pas votre détestation des employeurs, M. Filoche ». Je ne « déteste » pas les employeurs mais j’essaie d’agir contre ceux qui trichent et spolient les salariés de leurs droits. Je défends l’inspection du travail avec d’autant plus de vigueur que la délinquance patronale augmente considérablement, que le droit du travail est foulé aux pieds, pire méprisé, bien au-delà de mon secteur où j’ai 4 500 entreprises et 45 000 salariés. Mon expérience, tous les jours, me fait rencontrer des « Guinot » : d’ailleurs j’engage les investigateurs à regarder de plus prés, (au 1 rue de la Paix et pas seulement), au-delà de ma personne, la réalité de ce genre de patronat qui fait tout pour mettre en cause l’action légitime de l’inspection du travail.

Gérard Filoche, le 21 janvier 2009

source: http://cozop.com/slovar/communique_de_gerard_filoche_concernant_sa_mise_en_examen

20 novembre 2008

CONFERENCE-DEBAT Avec Gérard FILOCHE

LIBRAITHEQUE

« le droit à la paresse »

68 Saint-James CAHORS

et

Attac Cahors

proposent

NOS DROITS SOCIAUX FACE A LA FINANCE


Mardi 25 novembre 2008 – 20H30

Bourse du Travail de Cahors

CONFERENCE-DEBAT


Avec Gérard FILOCHE
Inspecteur du Travail
Rédacteur en chef de Démocratie et Socialisme
Chroniqueur à Siné Hebdo


avec le soutien de : la CGT, SUD Solidaires, CGT Chômeurs


« La vie, la santé, l’amour sont précaires, pourquoi le travail ne le serait-il pas ? » Laurence Parisot, présidente du Medef.

« C’est l’apologie de la barbarie, car depuis l’aube des temps, nos plus anciens ancêtres ont tous lutté contre la précarité, contre la précarité de la faim, de la soif, de la souffrance, du chaud, du froid : on a inventé l’agriculture pour lutter contre la précarité de la cueillette….50 siècles de lutte de l’humanité contre la précarité et voilà cette femme qui dirige le Medef qui s’écrie : erreur ; 50 siècles d’erreur, tout doit être précaire ! Vive Cro-Magnon en fait. »

G Filoche

4 octobre 2008

RSA : Pourquoi diable suis-je allé travailler ?

Pour 11 euros et pas la moindre reconnaissance de mon boulot...

samedi 4 octobre 2008 par Email diamant qui a perdu son joli sourire


Le RSA est une mesure présentée uniquement sous l’aspect du complément de revenu et qui cache pourtant bon nombre de nouvelles obligations pour les précaires :

- Inscription obligatoires à l’ANPE et suppression du volet social présent dans le RMI (que vous n’ayez pas de logement , des problèmes de santé ou autres, vous devez dorénavant être employable sous peine de suspension ou de radiation).

- Engagement formel de faire en sorte, une fois en emploi, de mettre tous les efforts en œuvre pour travailler plus d’heures avec pour juge de vos efforts vos référents sociaux ET votre employeur. Donc un contrôle social même lorsque vous vous trouvez en emploi avec son lot de punitions si vous n’avez pas été un employé modèle (baisse du complément ou suppression pour une période d’un droit connexe comme par exemple la gratuité des transports).

Sans compter les disparités de droits et d’accès à ces droits d’un département à l’autre et les contrôles CAF qui continueront à vous tomber dessus.

Tout ceci devrait s’effacer devant ce fameux complément de revenu qui rehausserait de façon notoire le niveau de vie des RSAstes en emploi. Au-delà du (faux ?) débat sur le financement du RSA, qu’en est il vraiment des premier résultats de ce complément ?

Témoignage d’une Rmiste qui a repris une activité en temps partiel

 

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