6 mai 2012

Adlène Hicheur terroriste idéal condamné avec ses pères

OWNI |Le 5 mai 2012, par Pierre Alonso

Vendredi après-midi, Adlène Hicheur, physicien au Cern, en détention provisoire depuis octobre 2009 pour activités terroristes, a été condamné à cinq ans de prison, dont quatre ans ferme. Ses défenseurs et soutiens dénoncent une dangereuse dérive de l'antiterrorisme. Le sursis d'un an lui a été accordé au titre de ses origines algériennes, une circonstance atténuante aux yeux du tribunal. Décryptage d'une issue révélatrice des dérives de l'antiterrorisme à la française.





Cinq ans de prison, dont quatre fermes. Le verdict prononcé contre Adlène Hicheur n’a pas surpris, mais a choqué ses soutiens. Physicien de haut niveau au Cern, il est condamné pour association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste. En cause : des échanges de mails avec un correspondant identifié par les services antiterroristes comme étant Moustapha Debchi, présenté comme un cadre d’Al-Qaida au Maghreb islamique (AQMI) en Algérie, ce que la commission rogatoire en Algérie n’a pas permis de prouver.

La présidente de la 14e Chambre du tribunal de grande instance (TGI) a murmuré le verdict. Hors micro, à voix basse, Jacqueline Rebeyrotte l’a rapidement énoncé, avant de lever la séance (la copie de son jugement est publiée au bas de cet article).

Confiscation

À la prison ferme, le tribunal ajoute la confiscation des scellés, soit plus de 15 000 euros trouvés en cash lors des perquisitions et du matériel informatique. Sur les 15 000 euros, 13 000 étaient destinés à financer le début de travaux en Algérie, où Adlène Hicheur venait d’acquérir un terrain. Loin d’un détail, cette confiscation s’apparente à “une humiliation” dénonce Me Baudouin qui n’a pas mâché ses critiques à l’issue du verdict :
Le fruit de ses recherches, son travail intellectuel est confisqué. Il a beau être soutenu par plus de 400 physiciens du monde entier, dont un prix Nobel [Jack Steinberger, NDLR], il lui sera difficile de reprendre une vie professionnelle à sa sortie. On a la sensation que l’intention est de le briser, de l’humilier.
Hicheur bon terroriste confirmé

Hicheur bon terroriste confirmé

Le physicien du Cern accusé d'activités terroristes, Adlène Hicheur, a comparu jeudi et vendredi devant le tribunal ...


Avant l’audience, l’avocat se disait inquiet, bien qu’une “surprise soit toujours possible”. Ses critiques visaient en premier lieu la tenue du procès les 30 et 31 mars derniers, présidé par une magistrate du siège qui “n’assurait pas l’équilibre entre l’accusation et la défense”, mais semblait s’être rangée du côté du Parquet.

Halim Hicheur, le frère du physicien, aussi était inquiet, notamment en raison de la tenue du procès, “complètement à charge”. Un déroulement qui avait surpris Adlène Hicheur, surtout le premier jour : la Présidente procédait à de longues lectures et lui demandait ensuite de réagir, la plupart du temps sans poser de questions plus précises. La deuxième journée avait permis davantage d’échanges. Sans convaincre Me Baudouin d’un déroulement correct : “C’est un scandale judiciaire et l’aboutissement de la logique du rouleau compresseur” a-t-il dénoncé à l’issue du prononcé du verdict.

Au centre de ses critiques : un chef d’accusation (l’association de malfaiteur en relation avec une entreprise terroriste) qui n’a jamais reposé sur des faits, “le moindre commencement de cadre pré-opérationnel”. Une procédure abusive qui inaugure l’ère du “pré-terrorisme” et ne manquera pas d’alimenter la propagande d’esprits radicaux, a poursuivi l’avocat :
Ces injustices font le choux gras des terroristes. C’est très regrettable.

Dans des termes très durs, Me Baudouin a dénoncé les risques pour les libertés individuelles et la démocratie d’une justice qui ne reposerait que sur des propos tenus pour qualifier de terroristes des individus. Halim Hicheur a concentré ses critiques contre une “justice qui n’a plus rien d’indépendante”, désignant “une culpabilité déterminée dès le premier jour” :
Le scénario a été écrit dans les bureaux de la DCRI [Direction centrale du gouvernement intérieur, le "FBI à la française" créé par Nicolas Sarkozy en 2008, NDLR]. Il a ensuite été entretenu par son directeur Bernard Squarcini et Frédéric Péchenard [le directeur central de la police judiciaire, NDLR] qui a évoqué dans les médias une bombe qu’Adlène aurait été prêt à poser. A aucun moment cette accusation n’est ressortie pendant le procès.

Story telling


Mathieu Burnel lui a emboité le pas, visant le “story telling” jamais contrarié de l’accusation. Mis en examen dans l’affaire Tarnac, il a apporté son soutien à Adlène Hicheur lors d’une conférence de presse mi-mars et a signé en début de semaine une tribune dans Le Monde avec Halim Hicheur, Jean-Pierre Lees, directeur de recherche au CNRS, et Rabah Bouguerrouma, porte-parole d’un collectif viennois créé pour l’occasion.
À la sortie de l’audience, devant les dizaines de caméras et de micros, Mathieu Burnel a vivement déploré la distorsion entre cette issue qui paraissait “aberrante à tout le monde, y compris les journalistes” et l’absence de remise en question du “story telling” par les médias alors que l’arrestation s’était déroulée presque un an jour pour jour après Tarnac :
Dans l’affaire Tarnac, les journalistes ont fait leur métier. Dans l’affaire Hicheur, ils sont là pour compter les années de prison.
Lors du procès, Adlène Hicheur avait contesté le chapeau qu’on essayait de lui faire porter, “plus une plate-forme qu’un sombrero”. Outre les 35 mails échangés, l’accusation s’appuyait sur les documents trouvés chez lui, dont les traductions étaient très approximatives avait-il dénoncé. Dans son jugement, le tribunal note que ces documents “démontrai[en]t l’intérêt, voire la fascination, d’Adlène Hicheur pour l’islamisme radical et le jihad guerrier” (voir p. 17 du jugement reproduit en intégralité au bas de l’article). Et réfute d’un point d’interrogation la défense du prévenu (page 14) :
Interrogé sur la teneur de ces documents, Adlène Hicheur a déclaré qu’ils étaient “relatifs à l’histoire de l’Islam” (?).
L’affaire est à la croisée du cyberjihad et de l’association de malfaiteurs. Le premier, la “fréquentation assidue [par Adlène Hicheur] de sites pro-djihadistes, ainsi que par son action pour l’animer et traduire, afin de les mettre en ligne, des documents émanant notamment d’AQMI” confirme son intérêt pour le jihad selon le tribunal.
Le second, l’association de malfaiteurs, était le plus contesté par sa défense qui soulignait des propos parfois inquiétants mais limités à l’échange d’opinions. Pour le tribunal, Adlène Hicheur a désigné “une cible potentielle à un individu appartenant à une organisation terroriste, en l’occurrence AQMi, sans savoir quelle suite serait donnée à sa suggestion”.
Il a ensuite détaillé les modalités dans un texte (page 40). Ce texte avait fait l’objet de vives protestations de la part de la défense d’Adlène Hicheur : il n’a jamais été envoyé et ne peut être qualifié de message. Le tribunal l’a considéré comme tel, s’appuyant sur sa forme : “Il s’agissait donc d’une missive complète et manifestement envoyée” (sic).
Le jugement se clôt donc sur une peine de cinq ans, dont quatre fermes, que les deux ans et demi de détention provisoire effectués par Adlène Hicheur couvriront en partie. La circonstance atténuante, un an avec sursis, est accordée au titre de son origine algérienne (page 45) :
Adlène Hicheur a employé plusieurs fois le terme “humiliation” et l’on sent, à travers les messages de cet homme intelligent et fier, la douleur d’appartenir à un peuple qui a effectivement été colonisé pendant deux siècles par des représentants de son pays d’accueil et d’adoption ainsi que la difficulté à surmonter cette antinomie. Le Tribunal ne peut de même ignorer qu’Adlène Hicheur est né à Sétif, ville de triste mémoire, ce qui n’a pu que renforcer son sentiment d’injustice, d’humiliation devant le sort réservé à ses pères (sic).
 voir en ligne

5 mai 2012

Festival Le cul dans l'herbe 27 mai


Le dimanche 27 mai 2012 à Francoules


info-lot-festoches-cul-dans-l-herbe-2012-r.jpgLa Rauze Verte organise la 3ème édition du festival LE CUL DANS L’HERBE qui se déroulera sous la bannière « Faites des Alternatives »
Nous souhaitons mettre en avant la richesse des savoir-faire de notre territoire : nos paysans producteurs, nos artisans, nos associations. Nous voulons faciliter le lien entre eux et les citoyens pour que le solidaire remplace le marchand. Nous tentons aujourd’hui  de construire des liens, des passerelles entre les alternatives concrètes. Elles s’inscrivent toutes dans cette logique de réapprendre à vivre, à produire localement et ainsi à recréer des sociétés humaines permettant d’initier une transition vers une souveraineté alimentaire et énergétique.

Ce jour sera l’occasion pour nous de poser le cul dans l’herbe pour libérer nos imaginaires et nous dire que nous pouvons tous agir à notre niveau. Chacun est invité à cette pollinisation des idées, des mots et des musiques : débats, tchatches, concerts éclectiques, interventions et créations d’artisans, stands de producteurs locaux, espace ludique et citoyen pour la jeunesse.
Nous espérons, lors de cette journée, être porteurs de partages tant de réflexions que d’expériences et de moments conviviaux.
Ce festival se déclinera dans une version jeunesse : « Les p’tits culs dans l’herbe »

Déroulement de la journée :
9h-12h : randonnées sur différents thèmes « nature »
11h30 : concert de l’Ecole de musique du Grand Cahors
12h30 : repas à composer auprès des producteurs locaux
14h30 : Table ronde des alternatives locales (AMAP La Rivière, Groupement d’achat Court-Circuit, Eco Hameau d’Andral, Film Lot en Transition, Senaillac en Transition, Coquelicausse, Cercleco, Localement Vôtre, Consom’Acteur, Le Lot en Action,  La Borie Haute, Transculturel). Nous voulons mettre en lumière les initiatives locales pour que chacun puisse constater que l’action n’est pas réservée à nos élus et que chacun peut agir à son niveau.
Dans l’après-midi : animations pour les enfants et les adultes
18h00 : apéro musical
20h00 : repas à composer auprès des producteurs locaux
21h00 : concerts « Chaman et L’Art à Tatouille »

Une cinquantaine d’exposants : producteurs locaux, artisans, associations.
Pour être en cohérence avec notre action, nous souhaitons modérer le plus possible notre empreinte carbone. Pour cela nous avons mis en place le recyclage des déchets en partenariat avec le Syded. Nous nous refusons à utiliser de la vaisselle jetable, c’est pourquoi nous vous demandons d’amener assiettes et couverts. Enfin, nous recommandons le covoiturage.
Tout cela dans une ambiance joyeuse : Venez poser votre CUL DANS L’HERBE !

Le blog du "Cul dans l'herbe"

Pour l’égalité des droits : Non à Nicolas Sarkozy !

LDH Toulon | jeudi 3 mai 2012



Un appel au refus des dérives xénophobes, des amalgames, et de l’instrumentalisation de l’immigration.

Pour l’égalité des droits : Non à Nicolas Sarkozy !

Pour signer cet appel, écrire à Tarek Ben Hiba : t.benhiba@gmail.com.

Pour une société solidaire, ouverte sur le monde [1]


Le premier tour des élections présidentielles vient de s’achever et les résultats donnent un avantage non négligeable à la gauche. Ils font apparaître également à la fois un rejet de la politique menée par Sarkozy et l’UMP et une forte et inquiétante poussée de l’extrême droite autour du FN. Si pour Le Pen et le FN la question de l’immigration a de tout temps été un fonds de commerce politique et électoral, le candidat Sarkozy a pour sa part voulu, à son tour et à nouveau comme en 2007, instrumentaliser ce thème. En vain puisque contrairement à 2007 les électeurs ont préféré porter leurs suffrages sur l’original plutôt que sur une copie.

Si la Gauche, dans toutes ses composantes, a su convaincre une majorité d’électeurs-trices - parmi lesquels, faut-il le rappeler, de nombreux habitant-es des quartiers populaires et/ou issus de l’immigration - c’est, entre autres raisons, parce qu’elle a marqué son rejet du bilan désastreux des cinq années de Sarkozy, qu’elle a commencé à pointer les vrais causes des problèmes économiques et sociaux et dont les conséquences sont supportées par la grande majorité des Français, mais également parce qu’elle s’est prononcée sur les questions sociétales et, entre autres, sur sa volonté d’accorder aux étrangers-ères non-communautaires le droit de vote aux élections locales . En accordant majoritairement leurs suffrages à la gauche et à François Hollande le 22 avril 2012 une majorité d’électeur-trices se sont clairement prononcés pour une société fondée sur plus de justice et plus d’égalité.

Nous sommes aujourd’hui à la veille du second tour de l’élection présidentielle et il y a lieu d’être particulièrement vigilants face aux dangers de dérives xénophobes dont nous avons malheureusement été trop habitués dans le passé. La course aux voix des électeurs du FN peut y conduire et certains n’auront d’ailleurs aucun scrupule, pour arriver à leurs fins, à manier surenchère et démagogie.

Il y a d’autant plus lieu d’être vigilant-es que ces dérives ne sont pas le fait des seuls politicien-nes de droite. Nos craintes sont aussi ailleurs. Que de fois, en d’autres circonstances analogues, n’avons-nous été trompés non seulement par les promesses non tenues (Mitterrand en 1981) mais aussi scandalisés par les déclarations inqualifiables selon lesquelles l’extrême droite « posait les bonnes questions mais ... »

Nos craintes sont d’autant plus fondées si l’on se réfère aux récentes déclarations de certains responsables du parti socialiste n’hésitant pas à affirmer que des habitants des quartiers populaires qui souffrent de l’insécurité, « qui souffrent d’une immigration clandestine non maîtrisée ». Les mêmes « émettent des doutes » quant au droit de vote ou à la nécessité de régulariser les sans-papiers.

Nous n’acceptons pas que les questions liées à l’immigration soient ainsi manipulées à des fins électoralistes. Revenir sur les promesses et les propositions des candidats c’est non seulement trahir la confiance de millions d’électeur-trices qui ont voté pour la gauche mais qui plus est cela n’aidera pas à gagner les électeurs du FN. Les raisons du désarroi et de la désespérance des millions de gens qui se sont soit abstenus, soit pour une partie de ceux qui ont voté FN sont à chercher ailleurs. C’est le modèle ultra-libéral et le système financier dominant qui ont fini par déposséder les pays et les états de leur souveraineté ainsi que les peuples et les gens de leur citoyenneté réelle. Plutôt que de s’en prendre à l’idée d’accorder le droit de vote aux étrangers non-communautaires aux élections locales n’y a-t-il pas lieu au contraire de revendiquer encore plus de citoyenneté, premier pas pour recouvrer plus de souveraineté pour tous et toutes ?

Nous mettons en garde toutes celles et tous ceux qui seraient tentés par les dérives démagogiques et les anathèmes contre les immigrés en vue de gagner les suffrages des électeurs FN qu’ils risquent de perdre et leur âme et la confiance de ceux et celles qui les ont soutenus.

Tout en restant extrêmement vigilant-es et fermement opposé-es à ces amalgames et instrumentalisations des immigrés, nous sommes conscients de la gravité de la situation et la nécessité de mettre fin au quinquennat désastreux de M Sarkozy sur le plan économique, social et surtout moral en matière de respect des droits de l’homme et d’égalité des droits. C’est pourquoi nous appelons à la mobilisation générale et citoyenne pour voter massivement pour François Hollande. Mais nous veillerons à ce qu’une fois élu - ce que nous souhaitons - il demeure fidèle à tous ses engagements.

Nouvelle loi du travail au Venezuela : un pas de plus vers la vraie vie.

Le blog de Thierry Deronne | 4 mai 2012
 

La nouvelle Loi du Travail célébrée en grande pompe par les travailleurs vénézuéliens ce 1er mai 2012 est un vieux rêve devenu réalité au bout d’un débat citoyen qui a duré près de trois ans. Plus de 19000 propositions ont été remises par toutes sortes d’organisations de travailleurs, syndicats, coordinations, etc.. à la commission présidentielle chargée d’élaborer le projet. Avec la Constitution Bolivarienne, c’est le texte de loi qui a le plus bénéficié de la participation populaire.

Nous avions rendu compte de ce débat national il y a quelques semaines : “Le Venezuela ouvre le débat pour construire une nouvelle loi du travail“

Résultat : la loi signée le 30 avril 2012 par le président Chavez brise enfin le carcan néo-libéral où les gouvernements antérieurs avaient étouffé les droits sociaux. Depuis le 2 mai la loi (dont on peut lire ici le texte intégral en espagnol) circule gratuitement sur internet et de main en main, massivement, dans plusieurs journaux. Sauf dans ceux de l’opposition qui relaient les critiques patronales contre la loi, contre l’égalité homme/femme, contre l’augmentation des indemnités dues aux travailleurs, etc… Des réunions seront organisées partout dans les mois qui viennent, notamment par les syndicats, pour continuer à faire connaître la loi et pour qu’elle soit un levier de nouvelles transformations.

Points forts : l’égalité entre hommes et femmes ; l’interdiction de la sous-traitance du travail ; les conseils de travailleurs. Ceux-ci ne substituent pas les syndicats (qui voient leurs prérogatives renforcées par la loi). Leur fonction, bientôt développée par une loi spéciale, est de promouvoir la participation des travailleurs et de la communauté vivant autour des centres de travail, dans la gestion des entreprises. Ainsi que de lutter contre la spéculation, l’accaparement des produits de première nécessité.

Détail amusant (qui rappelle l’extrême misère de l’information sur le Venezuela en France) : pour occulter le débat citoyen à la base de cette loi, le Monde et l’AFP n’ont rien trouvé de mieux que de la présenter comme une épreuve de force entre un autocrate et son opposition. Saluons cette nouvelle victoire du droit des lecteurs qu’on “informe” sur une Loi du travail sans donner la parole à un seul des millions de travailleurs concernés mais en la donnant… au patronat.

Cette loi s’accompagne par ailleurs d’une nouvelle augmentation du salaire minimum, qui en fait le plus élevé d’Amérique Latine. Une augmentation du pouvoir d’achat protégéee par la baisse continue de l’inflation depuis cinq mois consécutifs (0,8% en avril), par une loi de contrôle des prix pour les produits de première nécessité et l’offre concomitante de biens bon marché produits par les entreprises nationalisées.

Voici un résumé (non exhaustif) de quelques uns des droits dont jouissent à présent les travailleurs vénézuéliens.

Les indemnités auxquelles aura droit le travailleur lors de la fin ou lors de la rupture d’un contrat seront calculées en fonction du dernier salaire. Le travailleur y a droit de manière immédiate, tout retard dans le paiement entraînant des intérêts supplémentaires à lui verser. Ce calcul d’indemnités a un effet rétroactif à partir de de juin 1997, date à laquelle le gouvernement néo-libéral de Rafael Caldera et de Teodoro Petkoff avait modifié la loi au détriment des travailleurs. A présent le patron devra verser pour chaque trimestre et à chaque travailleur une somme équivalant à 15 jours de salaire. (Art. 141 y 142).

DAVANTAGE DE BÉNÉFICES NON SALARIAUX. La loi crée des avantages nouveaux (non décomptables des cotisations et des épargnes déjà établies en faveur des travailleurs) : notamment le remboursement de soins médicaux, l’octroi de bourses ou le financement de formations, de spécialisations. (Art. 105)

SANTÉ ET ÉDUCATION GRATUITES PROTÈGENT LE REVENU DU TRAVAILLEUR. (Art. 97)

DURÉE DU TRAVAIL. La durée du travail qui était jusqu’ici de 44 heures (ce qui obligeait à travailler les samedis) se réduit à 40 heures hebdomadaires (Art. 173). L’idée est d’avancer progressivement vers plus de temps libre (Art. 174)

SIX MOIS DE CONGÉ PRÉ- ET POST-NATAL (six semaines avant l’accouchement et vingt semaines ensuite) (Art. 336 y 338). Les pères auront droit de leur côté à quatorze jours de congé à partir de la naissance de leur enfant (Art. 339). Les parents sont désormais protégés contre toute forme de licenciement durant deux années à partir de l’accouchement. La loi prévoit des avantages semblables en cas d’adoption. L’idée est de permettre à l’enfant d’être mieux accueilli, mieux entouré affectivement par ses parents . Des repos quotidiens sont prévus pour l’allaitement des nourrissons (Art. 335-330-345)

LA SOUS-TRAITANCE DU TRAVAIL EST INTERDITE. Cette pratique s’était étendue à toute l’Amérique latine depuis les années 90 avec la néo-libéralisation du continent. On estime qu’au Venezuela 1 million 200 mille travailleurs en sont victimes.

RETOUR DE LA DOUBLE INDEMNISATION, comme l’avait annoncé le président Hugo Chávez peu avant la promulgation de la loi. Ce mécanisme vise à sanctionner le patron qui effectue un licenciement injustifié, et à compenser la perte de l’emploi pour le travailleur en doublant ses indemnités de licenciement (Art. 92)

LE PATRON PAIERA PLUS S’IL LICENCIE. Tandis qu’en Europe les politiques d’ajustement visent à rendre les licenciement moins chers pour le patronat, au Venezuela la nouvelle loi en élève le coût pour le patron (Art. 92)

QUINZE JOURS D’INDEMNITÉS DE VACANCES, c’est ce que devra payer à présent le patron au travailleur en plus du salaire normal (Art 192).

PLUS DE JOURS FÉRIÉS. La nouvelle loi prévoit quatre jours fériés de plus en faveur des travailleurs (Art. 184).

VACANCES OBLIGATOIRES. Le travailleur devra jouir de ses vacances de manière effective et obligatoire (Art 197).

LE CALCUL DES DIVIDENDES ET AUTRES BÉNÉFICES DE FIN D’ANNÉE DÛS AU TRAVAILLEUR se fera a présent sur la base de trente jours au lieu de quinze. La fourchette va donc à présent de trente jours minimum à quatre mois maximum de salaires (Art. 131-132). Les organisations syndicales pourront aussi inspecter les comptes de l’entreprise pour déterminer si ce qui est versé aux travailleurs reflète bien la réalité des bénéfices de l’entreprise (Art. 133-138)

Sanctions légales contre les patrons délinquants, avec DE POSSIBLES PEINES D’EMPRISONNEMENT. Nouveauté introduite par la loi, la détention comme mécanisme de sanction en cas d’infraction à la loi par un patron. Exemples d’infractions: le refus de réembaucher un travailleur, la violation du droit de grève, le refus d’appliquer ou l’obstruction aux actes des autorités du Travail. Ces infractions seront sanctionnées par une mesure de détention de six à quinze mois. (Art. 512, 538)

LA FERMETURE D’UN CENTRE DE TRAVAIL sera également cause d’une mesure de détention qui peut aller de six à quinze mois selon le verdict des organes juridiques compétents de la République. Toute récidive est punie d’une peine augmentée (Art. 539-540)

TRAVAILLEURS FIXES DÈS LE PREMIER MOIS. Les travailleurs de durée indéterminée (comme de durée déterminée, ou à la tâche) seront considérés comme fixes par la loi dès le premier mois et non à partir de trois mois (en fin de période d’essai) comme auparavant. Dans la loi antérieure le patron pouvait rompre le contrat en payant simplement la valeur de celui-ci au travailleur ou en s’appuyant sur les causes de licenciement (Art. 87).

ENTREPRISES SOUS CONTRÔLE OUVRIER : c’est le mécanisme établi par la loi pour faire face à la fermeture illégale ou frauduleuse d’entreprises et de centres de travail. Si le patron ne se soumet pas à l’ordonnance de reprise des activités productives, le Ministère du travail réunira les travailleurs pour former une instance d’administration et réactiver la production. Dans ce Conseil d’Administration Spécial est prévue la participation du patron. Si celui-ci s’y refuse, le contrôle revient totalement aux travailleurs. La loi prévoit la possibilité que l’État offre son assistance technique et participe à la gestion à travers les ministères compétents (Art. 149)

CE N’EST QU’APRÈS LE PAIEMENT DES TRAVAILLEURS et quand ceux-ci s’estiment pleinement satisfaits que les tribunaux peuvent désormais procéder à la déclaration de faillites. Le paiement des salaires est prioritaire par rapport à tout autre engagement de l’entreprise. (Art. 150-151)

CONTRE LE HARCÈLEMENT MORAL AU TRAVAIL ET SEXUEL. La loi interdit tout autant ce harcèlement au travail que sexuel et établit les sanctions. Elle définit le harcèlement au travail comme la pression constante et la conduite abusive exercée par le patron ou ses représentants ou un travailleur portant atteinte à la dignité ou à l’intégrité bio-psycho-sociale d’un travailleur. Le harcèlement sexuel est défini comme l’imposition d’une conduite sexuelle non désirée et non demandée, exercée de manière isolée ou de manière répétée par le patron ou ses représentants contre le travailleur. La norme légale établit à présent que l’État, les travailleurs, leurs organisations sociales, les patrons sont dans l’obligation de promouvoir des actions qui garantissent la prévention, l’enquête, la sanction, ainsi que la diffusion, le traitement, le suivi et l’appui aux dénonciations de harcèlement. (Art. 164-166)
 
Signature de la loi par Chavez: “Justicia social !”. 30 avril 2012.

Caracas, 1er mai 2012.


4 mai 2012

L’exploration du Gaz de Schiste validé à Cahors



Agora Vox | 4 mai 2012

Alerte ! Pendant que tout le monde est affairé avec les élections, les pétroliers ont ouvert la France à l’exploitation du Gaz de Schiste  

 


On se doutait que ça allait nous tomber dessus, mais on ne s’y attendait pas pendant une période aussi cruciale pour l’avenir de notre pays.

Le permis d’exploration du Gaz de Schiste vient d’être validé à Cahors ! Un lien d’un site ou il est recommandé d’adhérer si on veut préserver ce pays d’une catastrophe écologique sans précédent :

http://www.vigilance-perigord.net/

Dominique Pouyer-Hue, coprésidente de Vigilance Périgord, a appris la nouvelle mercredi.

La Dreal Midi-Pyrénées (Direction régionale de l'environnement, de l'aménagement et du logement) vient de terminer l'instruction du permis de Cahors et l'a validé !

Pourtant, la loi interdisait la fracturation hydraulique comme technique d'exploration et d'exploitation du gaz de schiste.

Mais voila, on avait oublié le côté retors des pétroliers. Ils veulent exploiter pour engranger un maximum de bénéfices, et bien sur ils sont prêts à tout. Avec une armada de spécialistes en sémantique et en contournement des textes, ils y sont arrivés. « Le terme de fracturation hydraulique n'apparaît pas dans les textes des pétitionnaires qui usent d'un vocabulaire adapté pour arriver à leur fin. Mais leur technique mentionnée correspond à sa définition », ajoute la coprésidente. Et c’est là ou est le problème. Nous allons droit vers une pollution des nappes phréatiques, du sol, et vraisemblablement vers des risques de secousses sismiques. Car ce sont les résultats de la fracturation hydraulique. Et les pétroliers auront beau dire que leurs techniques ont évoluées et que nulle part il n’est mentionné de fracturation hydraulique, le résultat on le connait : Pollution excessive et inutile.

Selon les sources de l'association sarladaise, (Sarlat, Périgord) le permis de Cahors, qui concerne une zone allant de Montauban jusqu'au sud du département, serait aujourd'hui sur le bureau de François Fillon, désormais en charge du Ministère de l'Écologie en relais de Nathalie Kosciusko-Morizet (NKM). « C'est une course contre la montre qui s'engage. Il ne faut pas qu'il le signe tant qu'il est en poste, peut-être jusqu'à dimanche, sinon, les sociétés américaines pourront venir explorer le gaz de schiste d'ici peu. » Et si la gauche passe ? « Je n'ai pas plus confiance en la gauche. Nous n'avons pas obtenu de la part de François Hollande la garantie qu'il ne signera pas. »


Les pétroliers ont bel et bien contournés la loi.

Fidèle à son travail d'alerte, Dominique Pouyer-Hue a appelé mercredi Jean-Fred Droin, le conseiller général du canton de Sarlat et a envoyé une communication au député Germinal Peiro, maire de Castelnaud qui figure sur la zone du permis de Cahors. Ce dernier s'est déclaré « révolté » par la nouvelle. « Ils ont contourné la loi en n'utilisant pas le terme de fracturation hydraulique. C'est une supercherie. Je me rappelle des déclarations de NKM l'an passé à La Roque-Gageac… On avait des craintes sur la position du gouvernement, malheureusement, elles étaient justifiées. »

Malgré la présidentielle, Il y a urgence si on veut éviter de voir débarquer les camions et commencer les forages, comme c'est déjà le cas dans l'Ain.

http://stopgazdeschiste.org/inf/dep...

Quant à la nuance de gravité entre permis d'exploration et permis d'exploitation, elle n'existe pour ainsi dire pas pour Dominique Pouyer-Hue : « Le permis d'exploration court sur 5 ans et les sociétés peuvent en bénéficier à trois reprises. Donc avant qu'une enquête publique ait lieu avec une étude d'impact, il peut se passer quinze ans. Quinze ans de dégâts et de pollution. »

C’est clair. En plus de la vigilance, il est nécessaire de se mobiliser. Quand les forages auront commencé, il sera trop tard. Le fléau ce sera abattu sur la région et sur ce pays. Au moyen-âge il y avait la peste, aujourd’hui elle revêt une autre forme, plus insidieuse, avec une mort plus lente mais impitoyable de toutes les formes vivantes : La pollution par les hydrocarbures.

72 associations japonaises lancent l'alerte

ACRO - mercredi 2 mai 2012

• 72 associations japonaises ont lancé un appel au gouvernement japonais et à l'ONU pour qu'il y ait une prise en compte internationale du danger que représente la piscine du réacteur n°4. Si un nouveau séisme endommageait cette piscine, la plus chargée du site, et que l'eau s'échappe, le refroidissement ne serait plus assuré. S'en suivrait une fusion d'une quantité phénoménale de matières radioactives non protégées par une enceinte de confinement et donc une pollution encore plus massive que Tchernobyl et Fukushima.


 http://www.acro.eu.org 
 
 Via Etienne Servant

3 mai 2012

Rafael Correa : l’insurrection citoyenne en 10 leçons

Michael Canovas | 28 avril 2012
 







“Le courage politique, c’est de tout faire pour libérer les peuples de la tyrannie des marchés”
R. Correa est un économiste de Gauche, titulaire d’un doctorat en Économie. Il est président de l’Équateur depuis 2006. En mars 2012, il apporte son soutien au Front de Gauche et affirme: ” c’est ainsi que nous avons débuté une révolution citoyenne destinée à changer les structures du pouvoir et à instaurer le bien vivre pour toutes et tous. Nos pas ne sont pas guidés par les recommandations du Fonds monétaire international (FMI) et de la Banque mondiale, mais par une nouvelle Constitution, adoptée directement par le peuple, et dont les droits de l’homme constituent la colonne vertébrale.”

Voici les 10 leçons enseignées par la révolution citoyenne équatorienne:

1. Prendre le pouvoir par les urnes

2. Diminuer par deux le salaire du président de la république (alors que Nicolas Sarkozy avait augmenté le sien de 140% en 2007), diminuer les salaires des hauts fonctionnaires équatoriens et endiguer la corruption.

3. Tenir un référendum dans le but d’autoriser la création d’une assemblée nationale constituante chargée de rédiger une nouvelle constitution. Cette dernière votée par le parlement, doit permettre la construction d’un nouvel État, Républicain, Social, Écologique, Multiethnique, Multiculturel et Citoyen.

4. Fixer le progrès social et écologique comme unique règle d’or.

5. Bâtir un État fort qui impulse la croissance économique et garantit des droits sociaux (contrairement à l’État minimum défendu par les néolibéraux).

6. Lancer un audit de la dette par un comité d’experts agrées pour déceler la partie illégitime de l’endettement, puis suspendre le paiement de cette partie illégitime (80% dans le cas de l’Équateur). Avoir le courage de dire NON à la dette, non au FMI!

7. Expulser le représentant permanent de la Banque mondiale de son territoire, puis celui du FMI. En Europe, l’équivalent serait de désobéir aux traités et au pacte de stabilité européen.

8. Créer une Banque du Sud, garante de l’indépendance latino-américaine face à la puissance « hégémonique » des États-Unis, des marchés et des pays du Nord, qui peut financer les États sans s’enrichir sur leur emprunt. Pour nous l’équivalent serait d’emprunter directement auprès d’une Banque Centrale Européenne publique.

9. Doubler la part des dépenses sociales: de 12% à 25% du budget pour privilégier les politiques sociales et non l’ajustement structurel néolibéral : le taux de chômage a chuté de 9 % à 7 %, les pensions de retraite ont été augmenté, des aides non-remboursables ont été donnés aux familles pauvres pour construire des logements.

10. Lancer une politique d’investissements à long terme créatrice d’emploi et permettant la modernisation du pays: routes, énergie, ports, infrastructures, etc… Ces investissements ont permis de dynamiser l’économie équatorienne.

Depuis 2006, la croissance économique de l’Équateur oscille désormais entre 3 ou 4%. Tous les indicateurs sociaux se sont améliorés depuis 2006, le chômage a diminué et la misère de masse a largement reculé.

Michael CANOVAS  Son blog : https://michaelcanovas.wordpress.com/

Le grand cirque médiatique

Agone | mercredi 2 mai 2012, par Alain Accardo


Déconnexion

J’ai suivi cette campagne électorale comme la précédente, avec un sentiment grandissant d’irréalité, comme si j’assistais à un spectacle un peu étrange, voire ésotérique, monté par des bateleurs pour rameuter les badauds.


Il me semble que cet effet de déréalisation, ressenti par beaucoup, est lié à la quasi-monopolisation du travail d’information, singulièrement en matière politique, par les grands médias et leurs journalistes. La dimension dramaturgique ou, si l’on préfère, la part de théâtralité inhérente à toute vie sociale, est devenue une fin en soi à mesure que s’est étendue la mise en scène par les médias des différents aspects de notre existence. Aujourd’hui le processus de théâtralisation est achevé : tout, la vie publique, la vie privée, la vie intime, tout est transformé en représentations et nous sommes tous acteurs et spectateurs à la fois. Les élections, comme le reste, ne sont plus qu’un spectacle déconnecté de la réalité.

De surcroît, ce spectacle est réalisé par une des pires espèces de professionnels que la classe moyenne ait historiquement engendrées : les journalistes. Quand on allait naguère au théâtre, c’était pour voir jouer une pièce dont l’auteur savait l’art de représenter, au moyen d’habiles fictions, les problèmes réels de la condition humaine. Aujourd’hui, les médias viennent à domicile, sous apparence de nous informer d’une « actualité », présentée comme authentique – mais profondément falsifiée –, nous donner la représentation artificieuse d’un monde réduit à la vision qu’on en a depuis les salles de rédaction des entreprises de presse. Les auteurs ne s’appellent plus Sophocle, Molière ou Tchékhov mais Pujadas, Calvi ou Giesbert. Des écrivains de génie aux scénaristes interchangeables, on mesure le chemin parcouru.

Les campagnes électorales sont le moment rêvé pour déployer leur talent de mise en scène. Leur emprise sur la représentation est totale. Des trois coups du régisseur aux commentaires du critique théâtral, de la distribution des rôles au choix des décors, des éclairages à la direction des comédiens, ils fabriquent littéralement sous nos yeux une pièce qui prétend montrer la réalité alors qu’elle n’en est que la caricature.

À chaque élection, les journalistes reprennent ces manipulations dont dépend leur standing matériel et symbolique. Pour donner l’impression que le spectacle se renouvelle, ils introduisent chaque fois quelques variantes scénographiques, telles que le « grand oral » auquel ils ont décidé de soumettre les candidat(e)s de la présidentielle comme si c’étaient de simples étudiant(e)s de Sciences Po. Nul doute que la prochaine étape verra les journalistes s’ériger carrément en jury d’admission pour désigner le meilleur des prétendants et l’introniser eux-mêmes. La souveraineté populaire aura alors vécu – ou plutôt elle sera enfin tout entière transférée entre les mains d’un clergé journalistique faisant et défaisant à sa guise les cardinaux papables.

En attendant la consécration suprême, les journalistes poursuivent, élection après élection, leur entreprise de démolition du débat démocratique. Le procédé, rodé et ritualisé au fil des années, demeure fondamentalement le même : convoquer le personnel politique sur des tréteaux médiatiques dressés tout exprès, des espèces de rings où le fin du fin est d’acculer les candidats dans les cordes en les malmenant, ou bien de les lancer les uns contre les autres comme des coqs de combat.

Certaines personnalités, plus intelligentes ou moins conciliantes que les autres, se rebiffent et volent dans les plumes de leurs tourmenteurs. Mais dans l’ensemble elles font preuve d’une inlassable complaisance, quand ce n’est pas de connivence, tant est grand leur souci de se faire bien voir d’une corporation qui contrôle étroitement l’accès à l’expression publique. Ainsi se sont vidées de leur contenu les campagnes électorales, transformées en comédies insipides, destinées à faire croire à la permanence d’un combat politique, dans une société dont les élites ne reconnaissent plus en fait que le pouvoir du Marché. Réglées dans les moindres détails par leurs ordonnateurs, avec leurs litanies de questions vicieuses et de réponses tactiques, allant rarement à l’essentiel, elles ne sont plus que des liturgies d’apparence démocratique dont les croyants du dimanche savent d’avance qu’elles n’engagent à rien pour la semaine à venir. Un sentiment d’irréalité, disais-je…

Alain Accardo

Chronique initialement parue dans le journal La Décroissance, du mois de mai 2012.
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Alain Accardo a publié plusieurs livres aux éditions Agone : De notre servitudeinvolontaire (2001), Introduction à unesociologie critique (2006), Journalistesprécaires, journalistes au quotidien (2006), Le Petit BourgeoisGentilhomme (2009), Engagements. Chroniques et autres textes(2000-2010) (2011).

2 mai 2012

Cahors : naissance d'un groupement d'achat


Le Lot en Action n°51. 13 avril 2012 par Sébastien Perroud


COURT-CIRCUIT : naissance d’un groupement d’achats à Cahors


Ce 30 mars 2012, une trentaine de personnes s’est réuni à la salle de la Bourse du Travail de Cahors, à l’appel d’un collectif de citoyens, afin de participer au lancement d’un groupement d’achats, dénommé Court-Circuit.


info-lot-groupement-d-achat-2.jpgL’idée a germé il y a trois-quatre ans dans l’esprit d’un petit groupe de personnes, qui souhaitaient promouvoir la production locale, de préférence biologique, tout en rejetant le modèle capitaliste : il fallait se passer de la grande distribution pour que les producteurs et productrices soient rémunéré(e)s à la hauteur de leurs efforts. Les bases étaient jetées et après de longues démarches et quelques contretemps, le fonctionnement global fut entériné.

Comme vient le rappeler la charte de ce groupement, « Le modèle actuel de production agricole menace l’environnement, ne garantit pas la sécurité alimentaire et provoque des inégalités sanitaires et économiques flagrantes. » Il devient donc urgent de «revaloriser les marchés locaux », ce que préconise même l’ONU, afin de mettre à profit « les savoirs-faire des communautés rurales […] qui savent concilier agriculture et préservation des ressources naturelles locales. »


C’est donc dans cette optique que le groupement d’achats a contacté nombre de producteurs et productrices locaux, dans des domaines aussi variés que la viticulture, la brasserie, l’agriculture céréalière, la cosmétique, la confiserie, et bien d’autres encore, afin de leur demander de participer au projet. Les réponses ont été nombreuses et très souvent enthousiastes. Il faut préciser qu’un des principes de ce groupement d’achats est de ne pas demander de ristourne aux producteurs et productrices, et de payer le prix demandé, « le prix juste » pour que les exploitant(e)s puissent vivre dignement de leur travail. Ce qui n’a pas empêché certains producteurs de proposer d’eux-mêmes un prix de gros.
info-lot-groupement-d-achat-3.jpgCette démarche s’inscrit clairement à l’extrême opposé des pratiques de la grande distribution, qui se voit donc « court-circuitée » par ce genre d’initiative, idée qui a donné son nom au groupement. Court-Circuit fait ainsi référence à ce concept mais également au « circuit court » entre les producteurs et les acheteurs, circuit vertueux qui fait économiser à la planète beaucoup de déplacements polluants. Vous ne trouverez donc pas de produits d’Afrique du Sud dans le catalogue de Court-Circuit... Qui plus est, ce groupement permettra aussi de tisser ou retisser le lien social entre tous les acteurs de ce projet car cette initiative locale s’inscrit dans un réseau d’alternatives qui tente d’apporter une réponse à la construction d’un monde plus solidaire.
Voilà en tout cas une initiative intéressante. Si vous résidez à Cahors ou dans sa proche périphérie, peut-être serez-vous tentés par l’aventure, mais attention, les places sont limitées. Dans ce cas, commencez par consulter la charte et le catalogue du groupement d’achats, disponibles sur le blog à l’adresse http://courtcircuit46.blogspot.com ou alors contactez le groupement à l’adresse mail achats46@gmail.com. Notez également que Court Circuit met à disposition de ceux qui le souhaitent, les documents tels que les catalogues, permettant ainsi de reproduire cette initiative ailleurs.

CHARTE DU GOUPEMENT D’ACHAT


L'objet du groupement d'achat est l'achat de denrées en commun entre ses membres dans le but de favoriser au maximum les productions locales de préférence issues de l'Agriculture Biologique.


Pourquoi ?


info-lot-groupement-d-achat-4.jpgLe modèle actuel de production agricole ne fonctionne pas. Focalisé sur la hausse de ses rendements, il menace l’environnement, ne garantit pas la sécurité alimentaire et provoque des inégalités sanitaires et économiques flagrantes. Telle est, en substance, la conclusion de l’Évaluation internationale des sciences et technologies agricoles au service du développement. Une prise de conscience historique. Plusieurs institutions internationales, dont la Banque mondiale et l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), ont soutenu ce rapport. Une soixantaine de gouvernements l’ont approuvé à Johannesburg, le 12 avril 2008. Seuls l’Australie, le Canada et les États-Unis émettent quelques réserves sur « le résumé global à destination des décideurs ».


Face aux dérives de l’agro-industrie, ce rapport officiel propose de revaloriser les marchés locaux. Un changement de cap radical après cinquante années d’aveuglement productiviste. Les scientifiques tiennent aussi à promouvoir les savoirs-faire des communautés rurales. Car, depuis toujours, celles-ci savent concilier l’agriculture et la préservation des ressources naturelles locales.

Au niveau national, l'agriculture conventionnelle est maintenue sous perfusion des deniers publics en permanence et pourtant 35000 exploitations continuent de disparaître chaque année. Alors que les fermes bios et paysannes créent de l'emploi.

Notre groupement entend donc participer à la relocalisation de l'agriculture et plus généralement de l'économie.



Le capitalisme repose sur l’exploitation infinie des ressources naturelles et sur la guerre pour leur appropriation. Notre façon de vivre basée sur la consommation à outrance et le maintien de plus de la moitié de l'humanité dans la pauvreté n’est pas possible à l’échelle du monde. Il faudrait 2 ou 3 planètes supplémentaires compte tenu de la prédation accélérée exercée sur les ressources naturelles.

Nous vivons dans une société de « l'avoir » où les individus, réduits au seul rang de consommateurs, sont priés de détenir de plus en plus d'objets, garants de la réussite sociale et donc du bonheur. Cette société atomise les individus en leur faisant croire qu'ils ne sont responsables que d'eux-mêmes.

Notre initiative s'inscrit dans une démarche de création d'alternative concrète au système capitaliste, notamment en court-circuitant la grande distribution. Elle a pour objet la réappropriation citoyenne d’espaces économiques, la recréation de lien social.

Concrètement le groupement permettra de favoriser les circuits courts avec les producteurs locaux et ainsi de leur payer le prix juste qui leur permettra de vivre correctement de leur production.

Notre groupement a aussi pour but de valoriser sa démarche pour en faire un argument politique de persuasion vis à vis des citoyens et aussi des décideurs afin qu'elle soit généralisée.
 

Comment ?


Nous avons répertorié les producteurs locaux susceptibles de fonctionner avec nous. Chaque adhérent établi sa commande à partir du catalogue (produits secs) de producteurs locaux établi par le groupement. Fréquence : tous les 2 mois. Les commandes individuelles sont envoyées (soit par courriel, soit par courrier) à la personne mandatée par le groupement. Elles sont regroupées en une commande collective pour chaque producteur avec ajustement si besoin ( si nécessaire au moyen d'une réunion d'adhérents) sur les quantités pour respecter le colisage. La livraison par les producteurs se fera en un lieu unique. La répartition à tous les adhérents se fera un samedi, décidé à l'avance. Chacun essaie de venir ce jour-là, amène ses contenants (poches, sacs, cartons). Ce sera un lieu d'échange, de partage, de convivialité. Réunion, à la fin de la distribution, pour faire le point sur la vie du groupement.

Des commandes ponctuelles sur des produits frais pourront être organisées.

1 équipe de 4 à 5 membres sera chargée de collecter les commandes, constituer les commandes groupées par producteur et de contacter ces derniers. Les commandes individuelles doivent parvenir 1 mois avant la distribution à la personne mandatée.

Pour le reste des achats, un partenariat a été établi avec certaines enseignes de vente de produits biologiques.

Le groupement est organisé en association pour faciliter la gestion de la trésorerie et aussi avoir pignon sur rue et ainsi tenter de peser sur les décisions politiques.


« Qui s'instruit sans agir, laboure sans semer » Proverbe africain.

1 mai 2012

Désormais, vous êtes tous des suspects


Le Grand Soir | 1er mai 2012


Désormais, vous êtes tous des suspects. Alors comment comptez-vous réagir ?

 

John PILGER
 
Vous êtes tous des terroristes potentiels. Peu importe que vous soyez en Grande-Bretagne, aux Etats-Unis ou au Moyen orient. La citoyenneté a été abolie. Allumez votre ordinateur et le Centre National des Opérations du département US de Homeland Security peut surveiller non seulement si vous êtes en train de taper « al-qaeda », mais aussi « exercice », « entraînement », « vague », « initiative » et « organisation » : autant de mots sous surveillance. L’annonce faite par le gouvernement britannique de son intention de surveiller tous les courriers électroniques et conversations téléphoniques n’est que du réchauffé. Le système de surveillance par satellite appelé Echelon le fait depuis des années. Ce qui est nouveau, c’est que l’état de guerre permanente vient d’être déclarée par les Etats-Unis et un état policier est en train de gangrener les démocraties occidentales.

Alors comment comptez-vous réagir ?

En Grande-Bretagne, sur instructions de la CIA, des tribunaux secrets se chargeront des « terroristes présumés ». Le Habeas Corpus se meurt. La Cour Européenne des Droits de l’Homme a jugé que cinq hommes, dont trois citoyens britanniques, pouvaient être extradés vers les Etats-Unis bien qu’aucun d’entre eux, sauf un, n’ait été accusé d’un crime. Tous ont été emprisonnés pendant des années en vertu du Traité d’Extradition de 2003 entre la Grande-Bretagne et les Etats-Unis qui a été signé un mois après l’invasion criminelle de l’Irak. La Cour Européenne avait condamné le traité parce que ce dernier pouvait entraîner une « punition cruelle et inhabituelle ». Un des hommes, Babar Ahmad, a reçu une indemnisation de £63.000 pour 73 blessures constatées lors de sa détention par la Police Métropolitaine. L’abus sexuel, une signature du fascisme, n’était pas le moindre des maux subis. Un autre homme est un schizophrène qui a subi un effondrement psychologique total et se trouve dans l’hôpital prison de Broadmore ; un autre souffre de tendances suicidaires. Tous seront extradés vers le Pays de la Liberté – en compagnie du jeune Richard O’Dwyer qui risque 10 ans de prison, fers aux pieds et dans une tenue orange, sous l’accusation d’avoir violé les droits d’auteur US sur Internet.

Au fur et à mesure que la loi se politise et s’américanise, ces travestis de justice se banalisent. En confirmant la condamnation d’un étudiant d’université de Londres, Mohammed Gul, pour dissémination de « terrorisme » sur Internet, les juges de la Cour d’Appel ont jugé que « des actes... contre des forces armées de n’importe quel état dans le monde qui cherchent à influer sur un gouvernement et qui ont été accomplis pour des raisons politiques » sont désormais des crimes. Convoquez Thomas Paine, Aung San Suu Kyi, Nelson Mandela.

Alors comment comptez-vous réagir ?

Le diagnostic est désormais établi : la tumeur que Norman Mailer appelait le « pré-fascisme » s’est transformée en métastase. Le procureur US, Eric Holder, défend le « droit » de son gouvernement d’assassiner des citoyens américains. Israël, le protégé, est autorisé à pointer ses armes nucléaires vers l’Iran qui n’en possède pas. Dans ce monde fait d’illusions, le mensonge est partout. Le massacre de 17 civils afghans le 11 mars, dont au moins neuf enfants et quatre femmes, est attribué à un soldat américain « devenu fou ». L’ « authenticité » de la chose est certifiée par le Président Obama lui-même, qui a « regardé une vidéo » et la considère comme « une preuve irréfutable ». Une enquête indépendante du parlement afghan a présenté des témoins oculaires qui ont fourni des éléments détaillés qui impliquent pas moins de 20 soldats, appuyés par un hélicoptère, qui ont ravagé leurs villages et se sont livrés à des meurtres et des viols : le mode opératoire habituel, quoique légèrement plus meurtrier, des forces spéciales US dans leurs « raids nocturnes ».

Faites abstraction des assassinats via la technologie des jeux vidéos – une contribution des Etats-Unis à la modernité – et le comportement devient somme toute banal. Baignant dans une culture d’autosatisfaction de bandes-dessinées, formés brutalement et à la va-vite, souvent racistes, obèses et dirigés par une classe d’officiers corrompus, les forces américaines délocalisent leurs homicides à domicile vers des pays lointains, là où ils ne comprennent absolument rien à ces luttes menées avec les moyens du bord. Dans une nation fondée sur le génocide de la population indienne, les habitudes ont la vie dure.

Le Vietnam lui aussi était un « pays indien » et ses « chinetoques » et « niakoués » devaient être « explosés ». L’explosion de centaines d’habitants du village vietnamien de My Lai en 1968, principalement des femmes et des enfants, était aussi un incident « isolé » et, de manière profane, une « tragédie américaine » (titre de la couverture du magazine Newsweek). Un seul des 26 accusés fut condamné et il fut ensuite libéré par le Président Richard Nixon. My Lai se trouve dans la province de Quang Ngai où, comme je l’ai appris en tant que reporter, environ 50.000 personnes ont été tuées par les troupes américaines, la plupart dans ce qu’on appelait « des zones de tir ». C’était ça le modèle de la guerre moderne : le meurtre à l’échelle industrielle.

A l’instar de l’Irak et de la Libye, l’Afghanistan est un parc d’attraction pour les profiteurs de la nouvelle guerre permanent
Alors comment comptez-vous réagir ? e des Etats-Unis : l’OTAN, les sociétés d’armement et de hautes technologies, les médias et l’industrie de « sécurité » dont les activités lucratives ont contaminé la vie quotidienne. La conquête ou la « pacification » d’un territoire est sans importance. L’important, c’est votre pacification à vous, la culture de votre indifférence.

Alors comment comptez-vous réagir ?

La descente vers le totalitarisme se produit par étapes. D’un jour à l’autre, la Cour Suprême de Londres décidera si le responsable de Wikileaks, Julian Assange, sera extradé vers la Suède. Si ce dernier appel devait échouer, celui qui a permis que la vérité soit révélée à une échelle sans précédant, et qui n’a été accusé d’aucun crime, risque la prison en isolement et des interrogatoires sur des accusations farfelues d’abus sexuels. Grâce à un accord secret entre les Etats-Unis et la Suède, il pourra être « extradé » vers le goulag américain à tout moment. Dans son propre pays, l’Australie, le premier ministre Julia Gillard a conspiré de concert avec ceux à Washington qu’elle appelle ses « véritables potes » pour s’assurer qu’un concitoyen innocent se retrouve dans une combinaison orange si d’aventure il rentrait chez lui. Au mois de février, son gouvernement a rajouté un « amendement Wikileaks » au traité d’extradition entre l’Australie et les Etats-Unis, amendement grâce auquel ses « potes » pourront facilement lui mettre le grappin dessus. Elle leur a même accordé le pouvoir de décision au détriment de la loi sur la liberté d’accès à l’information – ainsi ils pourront continuer à mentir au monde entier, comme ils en ont l’habitude.

Alors comment comptez-vous réagir ?

John Pilger

http://johnpilger.com/articles/you-are-all-suspects-now-what...
 
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La présidentielle est pliée, en route vers les législatives

30 avril 2012 | voir en ligne


La présidentielle est pliée. Quelle que soit l’issue du scrutin au soir du 6 mai, le vainqueur est tout désigné : le camp retranché de la mafia financière aura carte blanche pour imposer ses diktats au pays. Une seule possibilité pacifique d’échapper à cette malédiction : un sursaut citoyen lors des législatives à suivre.
Pas la peine, qui de ricaner, qui de se désespérer : la chance est extrêmement minime, je le sais. Et alors ? Dans l’isoloir, l’électeur est seul face à ses responsabilités. C’est à lui de voir. Pour moi, c’est tout vu.
Lors des législatives, la contrainte dégénérescente du vote utile se fait moins pressante. Les sondages ont moins de prise sur l’émotion populaire. On vote pour un de nos 577 représentants parlementaires. Chaque citoyen a tout loisir d’imposer ses volontés à son élu.
On notera que lors des différentes mandatures de la Ve République, c’est le parlement et non le président qui détermina in fine l’orientation gouvernementale (cf. les trois cas de cohabitation française en 1986, 1993 et 1997).


Des objectifs incontournables


Il n’y a pas trente-six manières de sortir notre pays du marasme. Juste répondre aux priorités les plus urgentes, s’attaquer franchement aux racines du mal. Là encore plusieurs objectifs me semblent devoir être remplies, incontournables.
1. Garantir un minimum vital décent à tous les citoyens travaillant ou non. Aujourd’hui, ce n’est pas l’augmentation du Smic qui est prépondérant pour une grande partie de nos concitoyens frappés par la précarité et le chômage, mais simplement la survie. Pour tous ceux-là, le Smic n’est plus un salaire minimum, mais presque un pauvre idéal à atteindre.

2. Mettre sous tutelle le système financier, coupable de tous les déboires actuels. En même temps, réfléchir et anticiper le nouvel ordre monétaire sain qui tôt ou tard s’imposera au monde entier.

3. Geler immédiatement la dette du pays. La dette, devenue monstruosité incontrôlable et surtout irremboursable, s’en trouve de fait injustifiable. A cause d’elle, des pays tombent comme des mouches : Grèce, Irlande, Espagne, Portugal, Italie, mais aussi la glorieuse Amérique dont on vient apprendre qu’elle a dû s’endetter en douce de 7 700 milliards de dollars (la moitié de son PIB !) pour sauver ses banques, sans même passer par l’autorisation du Congrès. La dette n’est qu’une arme oppressive aux mains de la mafia financière. Désarmons celle-ci avant quelle ne nous tue.

4. Remettre l’économie réelle en ordre de marche et au service de tous. Non dans une perspective de croissance meurtrière ou de plein-emploi obsolète, mais dans le cadre d’une gestion écologique des ressources, du partage des vraies richesses et de la satisfaction des besoins de chaque citoyen. Où la production privée régulée et les services publics de base se complèteront dans l’intérêt général.

Rompre avec la fatalité du désastre


La prochaine mandature devra tendre vers ces objectifs vitaux, sauf à précipiter le pays dans un marasme général meurtrier.

Aujourd’hui, le Front de gauche me paraît le plus en mesure d’y influer, même s’il est encore trop encombré par les vieilles lunes d’antan : productivisme, mirage du plein-emploi retrouvé, chimère de la croissance comme seul moteur de l’économie…

La bataille de la présidentielle n’a pas été gagnée. Quel que soit le résultat au soir du 6 mai, même si l’un des candidats offre des manières plus rondes que l’autre, nous nous dirigerons tout droit vers le désastre économique, la dissolution sociale et pour finir le déshonneur politique.

Élire une chambre qui enregistrerait passivement le déclin n’a aucun sens. Les élections législatives offrent une chance infime mais réelle de rompre dans la dignité avec la fatalité du désastre.

 

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