6 mai 2008

OGM: Un résistant face à la "justice"

L’Alternative citoyenne de la Manche tient à saluer la résistance de
notre camarade Bertrand Dubard qui après sa condamnation pour le
fauchage de maïs OGM était convoquée hier à la gendarmerie de Granville
pour y subir un prélèvement ADN.

En toute conscience il s'y est opposé et sera donc convoqué au tribunal
d' Avranches (le 27 mai?) aux côtés de 2 autres résistants.

Non aux OGM ! Non à cette société policière! Résistance et solidarité
active !


communiqué de presse de Bertrand Dubard



J’ai été convoqué le 03 mai 2008 à la gendarmerie de Granville (50400)
pour qu’on effectue sur ma personne un prélèvement biologique de mon ADN
suite à ma condamnation par la cour d’appel d’Orléans pour fauchage de
maïs transgénique OGM.

Prélèvement que je refuse.

Prélèvement que je suis fondé de refuser ne rentrant pas dans le cadre
de la loi conçue pour l’identification de violeurs et assassins
récidivistes.

Je ne rentre pas dans ce cas de figure.

Je ne suis pas un délinquant mais je fais partie des lanceurs d’alerte,
servant un intérêt supérieur, intervenant dans la veille
environnementale et sanitaire, en conformité avec l’article 2 de la
Charte de l’environnement du 01 janvier 2005 qui dit que « Toute
personne a le devoir de prendre part à la préservation et à
l’amélioration de l’environnement. »


La situation dans laquelle j’ai pris part par l’acte de faucher des
maïs OGM correspond à l’article 5 de cette charte, qui décrit exactement
ce qu’aurait dû faire les pouvoirs publics et qu’ils n’ont pas fait.

A savoir : préserver l’intérêt général face à la culture et les risques
avérés de dissémination de plantes toxiques destinées à l’alimentation
de la population, qui sont, selon l’expression du professeur de génie
moléculaire Gilles Eric Séralini, des « éponges à pesticides ».

De nombreuses publications scientifiques ont signalé la dangerosité de
ces OGM.

En France, le CRIGEN ( Comité de Recherche et d’Information Indépendant
du Génie Génétique) alerte les pouvoirs publics et les firmes le 31
juillet 2001.

Le professeur honoraire de la faculté de Nantes, Bernard Herzog, publie
un livre rendant compte de ses études : La Transgénique.

Il nous prévient et nous dit :

Les cas cliniques étudiés ont tous la même cause : le bouleversement
des colonies bactériennes dues à l’apport dans l’alimentation d’éléments
mutants OGM, qui démontre scientifiquement que la consommation régulière
d’aliments OGM est la cause de nombreuses maladies dégénératives et
chroniques et qu’elle accroît la faiblesse générale de nos organismes et
favorise les risques d’épidémies.

En Grande Bretagne, Mae-Wan Ho de l’académie de médecine de Londres,
confirme la toxicité des OGM le 26 septembre 2005 dans : « Scientist
confirm failures of Bt crops. »

Si tout n’est pas fait dans l’urgence et la nécessité,
l’irréversibilité d’un désastre environnemental et sanitaire programmé
est inéluctable !!!

Face à cela il fallait réagir car nous sommes devant un « Etat de
Nécessité » stipulé dans l’article 122-7 du Code Pénal, où il est dit
que pour sauvegarder un intérêt supérieur il n’existe pas d’autre
ressource que d’accomplir un acte défendu par la loi pénale.

L’état de nécessité est un des fondements du droit, il part d’une
notion jurisprudentielle de 1898. L’état de nécessité lorsqu’on sert un
intérêt supérieur ne rend pas la personne responsable pénalement. Ceci a
été confirmé par une décision du tribunal de Poitiers en février 1997 et
un arrêté de la cour de Colmar du 06 décembre 1957.

Je ne suis donc ni un violeur ni un assassin ni un délinquant, et cette
demande de prélèvement biologique ADN est sans objet.

Je refuse de collaborer à la constitution d’un fichier discriminant,
car de discriminations en discriminations c’est un engrenage implacable
qui aboutit à l’Etoile Jaune. Cela je l’ai connu et je ne le veux pas.

Si nous n’agissons pas, si nous ne faisons rien, les générations qui
nous suivent et qui subiront de plein fouet les conséquences de notre
incurie, nous diront : Vous saviez et vous n’avez rien fait ! Que leur
répondrons nous ?

Je refuse donc d’être considéré comme un délinquant.

Je conçois que pour des récidivistes, assassins, violeurs et fous
dangereux le prélèvement d’ADN puisse se justifier. Mais de là à la
généralisation de cette prise de prélèvement biologique, non.

Nous assistons à ce que j’appelle une dérive sécuritaire. Cela fait
partie de dispositifs lourds de menaces : quadrillage de la population,
multiplication des fichages, nouvelles technologies de contrôle, et le
sentiment de peur qu’elles génèrent. Ce sont les outils de base de
répression des opposants à des politiques qu’ils réprouvent. Or on ne
bâtit pas une société où il fait bon vivre sur un climat de peur.

Non seulement les lois sécuritaires renforcent les dominations qui
pèsent sur la population, mais elles jalonnent le chemin vers des
régimes dictatoriaux.

J’ai connu le régime de Pétain, la collaboration, mais aussi la
Résistance, avec l’internement à Ravensbruck au bout du chemin pour une
de mes tantes.

On ne doit pas rester courbé et accepter. Il faut se redresser et dire
Non ; pas cette musique là.

Le 03 novembre 2005, Jacques Chirac, lors de l’inauguration du centre
européen du Résistant Déporté a dit : « Se souvenir toujours, pour
savoir s’engager et résister quand l’essentiel est en jeu »

C’est la raison pour laquelle, en conscience, je ne puis collaborer à
la mise en place d’un tel dispositif en me soumettant au prélèvement
biologique de mon ADN.

Bertrand Dubard de Gaillarbois, le 04 mai 2008.

 

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