20 janvier 2012

Gaz schistes: Ni exploration, ni exploitation

Par Françoise Degert | blogs de Médiapart | 19 Janvier 2012
 

Ni exploration, ni exploitation du gaz de schiste


À une cinquantaine de mètres du colloque organisé par François-Michel Gonnot, se tenait un rassemblement sur l’esplanade des Invalides, organisé par No Fracking France. 

Des Bulgares, des Québécois, des Polonais, ont rejoint des citoyens du Var, du Gard, de l'Ardèche, du Lot, de la Lozère, de la Drôme, de l'Isère, de la Haute-Savoie, de Paris et de sa région.

Dominique Orliac, député du Lot, à l’avant-garde de la lutte contre le gaz de schiste, et "No Fracking France" ont ensuite organisé conjointement une conférence de presse à l’Assemblée nationale. Elle portait sur les conséquences de la fracturation hydraulique et les raisons de la refuser.

Selon No Fracking France, le colloque sur "Le bouquet énergétique dans tous ses états" marque le coup d’envoi à une campagne de propagande pour faire accepter des fracturations hydrauliques en grand nombre sous couvert de recherche, d’exploration.

Le problème, c'est la fracturation hydraulique.

L’injection à haute pression, de 20 000 mètres cube d’eau agrémentés de 4 à 500 produits chimiques, dont « deux cent-vingt extrêmement toxiques » a expliqué le professeur André Picot, de l’Association Toxicologie-Chimie (ATC), lors de la conférence de presse. Ils contiennent des produits cancérigènes, dont « le benzène qui déclenche la leucémie » et une vingtaine de produits interdits par le règlement européen REACH, a-t-il expliqué.

Si 20 à 40% de cette soupe est récupérée, « nul ne sait où va le reste » a renchéri l’hydrologue Jacques Cambon. Sous l’effet de la pression, elle remonte dans les nappes phréatiques. Quant au liquide de fracturation récupéré, personne ne sait le traiter. Son évaporation a généré des émanations tellement toxiques que les compagnies envisagent aujourd'hui…de le réinjecter dans les profondeurs.

Ni exploration, ni exploitation

Très remonté, le maire de Tourtour (Var), Pierre Jugy, et les 153 maires qu’il fédère, ne veulent pas entendre parler de fracturation hydraulique. Que ce soit pour explorer ou exploiter. « Nous allons prendre des arrêtés contre le gaz et l’huile de schiste et pour sauver la qualité de notre eau ». A l’avant-garde de la lutte, Jean-François Lalfert, du collectif ardéchois « Stop au gaz de schiste » s’est insurgé contre la destruction de trente années de développement local dans l’agriculture et le tourisme. Martine Feraille a alerté sur les enjeux du permis de Gex, et des risques sismiques dans la zone du Cern (centre d’expérimentaiton nucléaire). « En Bulgarie, 37 permis ont été accordés à des compagnies étrangères dans le Nord-Est, le grenier à blé du pays, deux forages Chevron sont en cours » a raconté Roumania Ougartchinska avant de connaître l’abandon des permis par son gouvernement.

« Nous vivons une histoire qui n’est pas facile à écrire. La terre, l’air et l’eau sont en péril. Nos élus ne le savent peut-être pas. Dans l’affaire du sang contaminé, un premier ministre a dit qu’il ne savait pas… » a rappelé maître Muriel Bodin, avocate au Barreau de Paris. « Nous avons prévenu le Premier ministre, François Fillon, le 14 juillet, par lettre recommandé avec accusé de réception des conséquences sanitaires irréversibles liées à l’usage de la technique de la fracturation hydraulique ». Les autorités en place ne pourront pas dire qu’elles ne savaient pas. Leur responsabilité est donc engagée.

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Photos: Rassemblement de Cahors, le 21 janvier 2012

 

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