31 janvier 2012

L’âge de faire la transition…

 Le Lot en Action | 5 janvier 2012 | par Bluboux

L’âge de Faire c’est une association, qui publie un mensuel national du même nom, tiré à 4.000 exemplaires et diffusé de façon militante. L’équipe de L’âge de Faire est un peu la « marraine » du Lot en Action. Leur ligne éditoriale est d’ailleurs très proche de la nôtre : « écologie, citoyenneté, solidarité »… ou encore « Je peux, tu peux, il peut… nous pouvons changer, notre monde peut change ! Entrons dans l’âge de faire ! ». Depuis plusieurs années ils relayent les initiatives citoyennes qui naissent et grandissent en France et sont évidemment un maillon important de la Transition.
Nous sommes nombreux à réfléchir, inventer et travailler sur cette transition, puisque la relocalisation de l’économie, la remise en question de nos modes de consommation est au cœur des préoccupations des citoyens qui ont compris que les solutions ne viendront ni des acteurs économiques majeurs, ni des responsables politiques actuels. L’équipe de l’âge de faire lance un vaste projet, totalement délirant mais tellement simple qu'il en devient génial, en faisant appel aux citoyens pour qu’ils créent eux-mêmes les outils indispensables au développement de l’économie solidaire en France, dans nos régions, nos départements, nos cantons. Nous vous livrons ici un résumé de ce plan ESSE (économie sociale solidaire et écologique) et vous invitons à consulter leur site internet pour en savoir plus .


Le Plan ESSE

La sortie durable des crises écologique, sociale et financière, toutes liées à la répartition injuste des richesses et à notre niveau de consommation excessif, passe inéluctablement par un changement profond de nos pratiques économiques et de nos modes de vie. L’économie sociale et solidaire qui doit aujourd’hui intégrer l’écologie à ses valeurs (ESSE), a vocation à participer largement à cette mutation. Créer les conditions d’une évolution ambitieuse et significative de son emprise (passer en 20 ans des quelque 8 % actuel du PIB à 35 %), tel est la raison d’être du Plan ESSE.

Le projet est étonnamment simple, eu égard aux enjeux et aux changements que l’on est en droit d’en attendre. De manière résumée, on distingue 3 axes d’actions complémentaires et coordonnées :

1) Localement, à l’échelle d’un territoire restreint, (le canton par exemple, qui est à taille humaine), attachée à un lieu dénommé Maison de l’ESSE, une association de citoyens motivés et d’associations ouvertes à la mutualisation, crée un emploi qualifié*. Avec lui, ils vont progressivement établir des conditions propices à un fort développement d’initiatives citoyennes, d’activités économiques et autres, en privilégiant les urgences écologiques, sociales et humanitaires, ainsi que l’émancipation et l’épanouissement humain. La relocalisation des productions et des échanges sera toujours privilégiée. Ce modèle économique souffrant principalement de n’être pas assez connu, il conviendra d’abord de relayer localement la campagne permanente d’éducation populaire à l’ESSE lancée par ailleurs au niveau national, tâche grandement facilitée par la mise à disposition d’outils adéquats d’emploi facile.

2) Au niveau national, le Plan ESSE favorise l’essaimage en mettant à disposition des acteurs de terrain :
a) Un mensuel national très grand public à fort tirage initial (300 000 ex.), diffusé localement à petit prix (0.20€) par un réseau de coopérateurs (sur le modèle de l’âge de faire qui a fait ses preuves : 1700 personnes ont contribué à son succès). Un numéro zéro est en chantier et doit sortir au printemps 2012.
b) Un site Internet local propre à chaque territoire, lui aussi pensé pour devenir très populaire en répondant d’abord aux attentes de la population tout en intégrant bien sûr un contenu informatif, contributif et interactif sur les possibilités d’implication de chacun dans le développement local de l’ESSE. Un prototype est en chantier pour être testé au printemps 2012.
c) Des visuels beaux et pertinents (logo, flyers, banderoles, fond de stand… pour donner de la visibilité et faciliter l’essaimage des valeurs de l’ESSE au sein de la population.
d) D’autres outils sont prévus et d’autres à inventer pour compléter la caisse commune à toutes les Maisons.

3) L’ALLIESSE, alliance nationale, regroupe de manière informelle toutes organisations, syndicats, associations… concernés par cette dynamique, afin de porter à la connaissance de leur réseau ce Plan ESSE, de manière attrayante, pour contribuer ainsi au recrutement des participants.
La France comptant plus de 4000 cantons, le Plan ESSE consiste donc à mailler progressivement le territoire national d’un réseau de Maisons, avec tous les avantages et la puissance d’action correspondants, ainsi que la satisfaction de savoir qu’ailleurs, beaucoup agissent de concert pour la réalisation d’un objectif global commun. Une structure nationale, SCIC probablement, ouverte aux associations volontaires, sera créée au moment opportun afin de gérer le projet dans sa phase exécution au niveau national. En se réappropriant progressivement l’économie, nous allons la relocaliser et la réorienter vers les vrais besoins de manière durable, au service des peuples dans le respect de leur environnement.


1) Dix personnes suffisent à initier le projet sur un territoire.

2) Il faudra 10 000 coopérateurs pour lancer le mensuel, cela fait en moyenne 3 personnes par canton.

3) Le financement : de l’ordre de 3000 € par mois seront nécessaire au fonctionnement de chaque Maison. Après une période de démarrage aidée (subvention, un an ?), le temps de faire connaître et de donner l’envie du lieu aux habitants, il est prévu un financement local, autonome pour le fonctionnement des Maisons et plusieurs sources sont envisagées : contributions citoyennes (petits dons à partir de 5 €/mois) mais aussi des ressources directes générées par la rémunération des actions de relocalisation et de soutien à la création d’activités économiques. L’économie solidaire est aussi avantageuse économiquement pour les consommateurs.
4) Une formation est prévue pour les animateurs.


En conclusion

Il s’agit d’un projet très concret pour amener ce modèle économique bienfaisant, où homme et nature font bon ménage et sont respectés, à gagner du terrain de manière significative face au modèle dominant.

Le Plan ESSE considère le changement d’économie comme un passage obligé vers les indispensables remises en question de nos modes de vie, notamment notre addiction à la consommation par la redéfinition de nos vrais besoins et, autant que possible, leur relocalisation.

Le Plan ESSE considère que le principal obstacle au développement de l’ESSE est la méconnaissance de ses vertus auprès du plus grand nombre.

Il innove en ce qu’il considère comme essentiel d’associer à cette transition :

1) En tant que porteurs du projet, toutes les sensibilités du monde associatif concernées par le devenir de la planète et des peuples, la plupart étant confrontées dans leurs actions au même « mur de l’argent ».

2) En tant qu’interlocuteur de la campagne de sensibilisation, l’ensemble de la population, sous peine de se cantonner encore à des cercles de convaincus. Pour cela seront créés des outils et un dispositif adaptés décrits plus loin, indispensables à une vraie campagne permanente d’éducation populaire ciblant toutes les couches sociales. Ce faisant, seront stimulée les valeurs humaines dont sont riches les populations habituellement en marge des alternatives.

3) Il innove encore dans l’option citoyenne retenue pour le financement du fonctionnement des Maisons.

Le Plan ESSE n’est pas une proposition d’alternative sur une problématique particulière mais un dispositif ouvert, polyvalent et puissant pour généraliser progressivement toutes les alternatives. Il s’agit de construire ensemble une infrastructure favorisant fortement le développement d’initiatives de toutes sortes, économiques bien sûr mais aussi citoyennes, environnementales, humanitaires, caritatives, culturelles…

C’est une offre de service aux porteurs de projet de toutes tailles souhaitant étendre leur influence. Tous en ont besoin pour grandir sans qu’aucun ne soit en mesure de le créer seul.

Le Plan ESSE est simple eu égard à son ambition. Ce n’est pas un gros projet mais la réunion de beaucoup de petits projets identiques. Une dizaine de personnes motivées suffiront à lancer le projet et le rendre désirable sur leur territoire (canton ?) avant d’être rejoints et d’essaimer. Il est réaliste pourvu qu’il soit porté rapidement (sans gros moyens) à la connaissance du plus grand nombre. Vous pouvez aider à impulser cette initiative vitale de diverses manières :
• en adhérant à l’ALLIESSE en tant que structure : associations, éditeur presse, coopérative…
• en diffusant la présentation résumée du projet à vos lecteurs, dans vos réseaux, à votre entourage, par un lien entre sites Internet, sur Twitter, Facebook et autres réseaux...
• en participant aux forums, liste de discussion pour faire part de vos remarques, connaissances et expériences…
Bien compris, le plan ESSE est porteur d’espérance voire d’enthousiasme. Il s’adresse à vous, à tous et ne réussira qu’avec votre participation à sa large diffusion.

 

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